2012 : 10 mesures pour en finir avec l’épidémie

Publié par jfl-seronet le 21.03.2012
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A l’occasion de la campagne présidentielle 2012, AIDES a lancé une campagne d’affichage et publié un programme d’action, soit "10 mesures pour en finir avec l’épidémie". Passage en revue des propositions qui concernent le plan national et le plan international.
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AIDES a décidé d’entrer en campagne parce qu’en 2012, il y a une responsabilité historique, celle de choisir une politique qui peut vaincre le sida. "Les récentes études scientifiques le démontrent : en généralisant l’accès au traitement à toutes les personnes séropositives, il est possible d’arrêter le sida. Certains experts parlent même d’un horizon de 10 à 30 ans. Mais si la fin du sida est aujourd’hui techniquement possible, elle exige un investissement financier à la hauteur de l’enjeu et une détermination politique sur le long cours. Or cet espoir cale devant une brutale réalité. Les avancées remarquables de ces dix dernières années sont de plus en plus mises à mal par le désengagement des pays riches au Sud, et des politiques sociales irresponsables en France. Pendant ce temps, l’épidémie continue de gagner des points sur la lutte", explique l’association. Face à ces enjeux, l’association défend un programme de 10 mesures qu’elle compte soumettre aux candidates et candidats à la présidentielle… pour obtenir des engagements qui feront la différence. Des engagements qui concernent le plan national et le plan international.

Les revendications nationales
"Au niveau national, les populations concernées par l’épidémie ont été durement affectées par le recul des droits sociaux, l’accroissement des discriminations et la hausse constante des "restes à charge" médicaux. Sur ces différents points, la dernière mandature française a été particulièrement néfaste, affirme AIDES. L’accumulation de politiques inégalitaires et répressives ont pour effet de fragiliser les populations les plus touchées par l’épidémie (gays, personnes migrantes, femmes, usagers de drogue, travailleurs du sexe), avec pour seul résultat de les éloigner du dépistage et de la prise en charge médicale. Or l’épidémie, elle, ne fait pas de discriminations : en privant d’accès aux soins et à la prévention des populations déjà fragilisées, ce sont tous les français qu’on met en danger".

Mesure 1 : Garantir des conditions de vie dignes pour toutes les personnes vivant sur notre territoire, notamment en instaurant un revenu d’existence et une couverture santé véritablement universelle, en rétablissant le droit au séjour pour soins, et en répondant aux contraintes liées au vieillissement des personnes malades ;

Mesure 2 : Lutter efficacement contre les discriminations, en commençant par garantir l’égalité de droits pour les gays, les femmes et les trans et l’égalité effective aux soins et aux droits dans les départements français d’Amérique (Guyane et zone Caraïbes) ;

Mesure 3 : Privilégier la santé publique à la répression, en particulier concernant l’usage de drogues et le travail du sexe ;

Mesure 4 : Améliorer la participation des malades aux politiques de santé, notamment en les associant à toute modification du paysage sanitaire français ;

Mesure 5 : Assurer les moyens de la lutte contre le sida pour enrayer les épidémies à VIH et à hépatites virales, en augmentant les financements dédiés aux associations de malades et à la recherche publique (ANRS).

Les revendications internationales
"Sur le plan international, pour deux personnes mises sous traitement, on déplore cinq nouvelles contaminations. Encore 1,8 millions de personnes sont mortes en 2010 faute de traitement. Quant à l’accès universel aux antirétroviraux, il est compromis par les baisses de financement du Fonds Mondial", indique l’association.

Mesure 6 : Mettre en place la Taxe Robin des Bois sur les transactions financières, qui doit être affectée à la lutte contre les pandémies et pour le développement ;

Mesure 7 : Doubler la contribution de la France au Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme ;

Mesure 8 : Augmenter graduellement l’Aide publique au développement à hauteur de 0,7% du PIB d’ici 2015 ;

Mesure 9 : Promouvoir une diplomatie active pour la défense des droits des personnes séropositives et des populations les plus vulnérables : homosexuels masculins, trans, femmes, usagers de drogues et travailleurs-ses du sexe ;

Mesure 10 : Soutenir la production et la diffusion de traitements à moindres coûts et s’opposer à toutes dispositions susceptibles d’entraver la production de médicaments génériques, en particulier celles incluses dans les accords de libre échange négociés par la Commission européenne.

Commentaires

Portrait de romainparis

publiques à Aides puisqu'elle n'intervient pas dans le quotidien pratique des séropos ? Au vue des nouvelles contaminations, Aides ferait mieux de remettre en cause sa politique de communication plutôt que de demander des fonds supplémentaires.
Portrait de jean-rene

J'aurais bien aimé que la "Mesure 2" soit d'abord rédigée comme suit : "Lutter efficacement contre les discriminations, en commençant par les discriminations dont sont victimes les séropositifs, ...". Mais il est vrai que demander à une association en charge des intérêts des séropositifs, de s'intéresser d'abord aux séropositifs, c'est trop demander !
Portrait de Sebastyen

Entièrement d'accord avec Romain...

Sébastyen,

un ami qui vous veut du bien.

Portrait de BALTHAZAR

Arrêtez de prendre les gens pour des crétins et de brasser du vent ! Je ne vois vraiment pas en quoi ces 10 mesures, même si elles étaient appliquées, mettraient un terme à l'épidémie, qui au passage n'arrangerait pas les affaires des associations. La seule chose qui mettrait fin à l'épidémie seraient soit un vaccin (à brève échéance) soit une mise en oeuvre de l'avis suisse ( Bernard Hirschel ) sur l'indétectabilité et la non-transmission ( à moyen terme)