2012 : pauvre France ?

Publié par jfl-seronet le 09.04.2012
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précaritépauvreté
Et un rapport de plus… et encore des mauvaises nouvelles… mais ce serait dommage de ne pas en parler surtout dans le contexte de la campagne présidentielle… après tout, c’est une occasion citoyenne de faire entendre sa voix et de juger en fonction des priorités qu’on imagine pour la France. Dans ce cadre, savoir qu’il y a, en France, plus de 11 millions de Français en situation de pauvreté ou d'exclusion… est une pièce majeure au débat.
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Plus de 11 millions de Français sont touchés par la pauvreté ou l'exclusion, souligne un rapport publié (29 mars) par l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes). Cet organisme officiel observe que la pauvreté sous toutes ses formes a augmenté en France depuis le milieu des années 2000. La France a "plutôt bien résisté" à la crise 2008-2009, note l’Onpes. Reste que ses conséquences sont "lourdes, multiples et échelonnées dans le temps", souligne l'Observatoire, cité par l’AFP.


Pour arriver à ce diagnostic, l'Observatoire a compilé et commenté une vingtaine d'indicateurs. Par exemple, en 2009 (dernière année disponible), 11,2 millions de personnes étaient touchées soit par la "pauvreté monétaire", soit par "des privations matérielles sévères" soit par une "très faible intensité de travail". Ces trois critères sont retenus et mesurés par la Commission européenne. Les chiffres indiquent aussi que parmi ces personnes, 700 000 d’entre elles cumulaient les trois indicateurs.


Autre exemple : 8,2 millions de personnes vivaient en 2009 avec moins de 60% du niveau de vie médian, soit 954 euros. Par ailleurs, près de deux millions de personnes vivaient en 2009 avec moins de 640 euros par mois, soit 3,3% de la population. Ce taux est "en nette progression (depuis) 2005, et sensiblement plus élevé qu'au cours de la première partie de la décennie" (2,7% en 2000 ; 2,5% en 2004 ; 3,2% en 2005). On comprend bien que la remontée de la pauvreté ne date pas de ces 5 dernières années, mais qu’elle s’est accentué avec la crise de 2008 et que cela ne va pas en s’améliorant.

Voici quelques uns des critères retenus, compilés et analysés par l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (On ne revient pas sur la pauvreté monétaire, les chiffres sont cités plus haut). Ils donnent une image de la France dont on parle peu surtout durant cette campagne et montre une dégradation de la situation des personnes les plus fragiles.

Surendettement : Le nombre de dossiers de surendettement déposés à la Banque de France a augmenté de 23,3% entre 2008 et 2011 (232 500 au total).

Emploi : Le taux de chômage tourne aujourd'hui autour de 10%, contre 8% environ à la mi-2007. Aujourd’hui, 40% des demandeurs d'emploi ne sont pas indemnisés. Par ailleurs, parmi les personnes qui travaillent, on compte 6,7% de personnes pauvres, contre 5,9% en 2005. Enfin, le temps partiel subi (le sous-emploi) représente près de 5,5% de l'emploi total (4,6% début 2008, 6% fin 2010).              
Logement, chauffage : Le "taux d'effort" des ménages les plus en difficulté pour payer leur logement a augmenté plus vite que celui de l'ensemble des ménages entre 1996 et 2006. Sur 2008-2010, il a progressé de 0,1 point pour l'ensemble des ménages et de 0,6 point pour les ménages les plus modestes. Autre signal, la proportion de personnes déclarant "avoir eu froid au cours de l'hiver" est passée de 10,9% en 1996 à près de 15% en 2006.
Soins : Le renoncement aux soins pour raisons financières concerne, en 2008, 15,4% de la population adulte (+1,2 point par rapport à 2006).   
Minima sociaux : 1,8 million de foyers touche le revenu de solidarité active (RSA). Les minima n'ont pas suivi l'évolution du niveau de vie médian. Entre 1996 et 2009, celui-ci a augmenté de douze points, alors que certains minima sociaux n'ont augmenté que d'un point (RSA majoré pour les parents isolés) ou de moins d'un point (minimum vieillesse).


Voilà, on parle de la France forte… ce serait bien aussi que dans cette campagne on se décide enfin sérieusement à parler de la France pauvre !