AAH, pensions d'invalidité : très faible...hausse !

Publié par olivier-seronet le 02.09.2008
1 738 lectures
Notez l'article : 
0
 
travailleur handicapépension d'invaliditéAAHhandicap
Cette rentrée, les prestations sociales et les retraites ont été revalorisées. D'habitude, c'est plutôt en juillet. Les hausses du 1er septembre 2008 qui ne suivent malheureusement pas le rythme de l'inflation, sont critiquées par les syndicats et les associations de malades. Revue des chiffres et réactions.
chien.jpg

L'allocation aux adultes handicapées a été revalorisée de 3,9 % au 1er septembre. Cela devrait porter cette allocation à 652,6 euros (elle était de 628 euros) et de permettre de respecter l'engagement de Nicolas Sarkozy, en mars dernier, d'une revalorisation totale de 5 % de cette allocation sur la seule année 2008. Il faut dire que ce rythme de progression est la moindre des choses lorsqu'on a promis une augmentation de 25 % de cette allocation au terme du quinquennat présidentiel. Bon, il n'y a pas de quoi non plus ouvrir le champagne. Car, comme le rappelle le collectif  Ni Pauvre, ni soumis, cette revalorisation de 3,9 % ne concerne pas les "compléments d'AAH (...) limitant de fait ce coup de pouce, alors qu'ils sont attribués aux personnes ayant les handicaps les plus sévères". Les compléments de l'AAH sont des minima de subsistances pour personnes malades. C'est, par exemple,  le complément de ressources accessible aux personnes en situation de handicap qui ne peuvent pas travailler et qui ont un logement indépendant.

Tout comme pour le "minimum vieillesse" (aujourd'hui, on dit l'allocation de solidarité personnes âgées), la revalorisation des pensions d'invalidité est de 0,8 %. Cette hausse de 0,8 % s'ajoute à celle de 1,1 % intervenue en janvier dernier. Cette hausse de septembre avait été décidée en mai par le gouvernement pour compenser une inflation plus importante que prévu. Sans être un as des mathématiques, on comprend vite que l'addition de ces deux revalorisations ne permettra pas de suivre le rythme de l'inflation cette année. L'Insee table, en effet, sur une inflation de 3,4 %, minimum. "Nous sommes encore très loin du compte",  estime la CGT. A l'évidence, la promesse présidentielle sera difficile à tenir puisque, là aussi, l'engagement est une revalorisation de 25  % à l'issue du quinquennat.

Du côté de la FNATH (accidentés du travail et handicapés), on juge que la revalorisation des pensions d'invalidité ainsi que celle des rentes accidents de travail-maladies professionnelles, également de 0,8 %, est "indigente". Même sanction chez Ni Pauvre, ni soumis. Le collectif dénonce cette "absence de réévaluation effective des ressources de bon nombre de personnes en situation de handicap ou atteintes de maladies invalidantes au regard de leurs difficultés à vivre décemment alors que tout augmente !". "Les revalorisations annoncées restent donc dans le quotidien des personnes concernées bien théoriques et en dessous des pourcentages affichés. Le niveau de vie réel de celles et ceux qui ne peuvent pas travailler pour cause de handicap ou maladie invalidante ne cesse de plonger ! Inadmissible et contradictoire avec la volonté affichée par le gouvernement de renforcer le pouvoir d'achat des Français !", dénonce le Collectif. 

Note : vous souhaitez remplir un dossier d'AHH ? Une fiche est à votre disposition sur Seronet. 

Crédit photo : Camera Capers