AFRAVIH 2014 : Lutter contre le sida, lutter contre le HPV

Publié par Nico-Seronet le 30.04.2014
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ConférencesHPVpapillomavirus

La session sur le thème des cancers et du VIH a évoqué à plusieurs reprises la question de l’infection par le HPV (papillomavirus humain) chez les personnes vivant avec le VIH.

Comme dans chaque session, données du Nord et données du Sud viennent éclairer un sujet et montrent là encore l’importance d’une approche transversale et globale. Dans le cas du HPV (papillomavirus humain), principal responsable du cancer du col de l’utérus, c’est la question de la santé sexuelle des femmes vivant avec le VIH qui est en jeu. D’abord au Nord, une étude française a regardé l’évolution de la survie après un cancer. Concernant le cancer du col de l’utérus, le taux de survie après un tel cancer chez les femmes vivant avec le VIH (81 %) est supérieur à celui de la population générale (62 %). Il est avancé que cette amélioration serait notamment liée au nombre de CD4 qui est plus élevé au moment du traitement et aussi liée au traitement VIH.

Au Sud, le cancer du col de l’utérus est la principale cause de mortalité chez les femmes en Afrique subsaharienne. Parallèlement, on estime à 22 millions le nombre de personnes infectées par le HPV en Afrique. Nous retrouvons dans une étude menée au Burkina Faso et en Afrique du Sud l’importance du niveau de CD4 dans l’infection HPV. L’étude suggère que la prévalence du HPV chez les femmes séropositives varie en fonction du niveau des CD4. Une autre étude conduite au Sénégal, chez 209 femmes séropositives qui ont été suivies pendant plus de deux années, montre un taux d’infection par le HPV de 73 %. Des facteurs de risques ont été identifiés comme : une immunodéficience sévère et le stade de l’infection VIH, le jeune âge du premier rapport sexuel et le multi-partenariat. Cette étude montre aussi que d’être infecté par plusieurs virus HPV (il existe différentes souches) est associé avec l’apparition de complications et de lésions sévères liées aux virus.

Lors des présentations, les questions de l’amélioration et de l’intensification du dépistage précoce des lésions du col de l’utérus et celle de la vaccination ont été avancées en conclusion. Il y a des attentes pour que la vaccination contre le HPV soit intégrée dans les programmes vaccinaux. Par exemple, la vaccination du HPV est disponible en Côte d’Ivoire, mais n’est pas encore inclue dans le plan de vaccinations national. Les attentes sont aussi très fortes sur les vaccins de deuxième génération qui agiront sur d’autres types de HPV non couverts par les vaccins actuels.