AG2R La Mondiale : "Le bien vieillir, un sujet fondamental"

Publié par jfl-seronet le 28.06.2013
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InitiativeCCCV 2013

AG2R La Mondiale est l’un des premiers groupes de protection sociale. Cet assureur organise son activité autour de deux piliers : la gestion, pour le compte des fédérations Agirc-Arrco de retraite complémentaire de 3,4 millions de salariés et de 2,7 millions d’allocataires retraités d’une part, l’assurance de personnes (prévoyance, retraite, épargne, santé) d’autre part. Cette entreprise à la gouvernance paritaire et mutualiste finance quatre fondations dont le Fonds pour le "Bien-être et le bien vieillir des personnes", sous l’égide de la Fondation de France, qui a soutenu le projet de conférence de consensus de AIDES ; projet déposé et retenu dans le cadre d’un appel à projets de grande envergure. Directrice de la responsabilité sociale des entreprises et des fondations chez AG2R La Mondiale, Delphine Lalu explique ce choix.

"Le groupe AG2R La Mondiale que je représente s’est engagé sur ce projet pour une raison centrale : parce que nous intervenons dans le champ de la protection sociale  et que nous sommes un spécialiste de la retraite sous tous ses aspects. Cet engagement auprès des personnes vieillissantes pour accompagner la question de l’avancée en âge existe depuis la création du Groupe", explique Delphine Lalu, en particulier dans le cadre de nos activités sociales, et des orientations définies par l’action sociale des Fédérations Agirc-Arrco. Le Groupe engage près de 50 millions d’euros par an pour soutenir ses allocataires les plus en difficulté, ou pour soutenir des associations, des projets en partenariat avec des associations ou des établissements tels que des EPHAD ou des maisons de retraite et cela dans une double logique d’assistance et d’innovation sociale".

"En complément des interventions au titre de l’action sociale institutionnelle, AG2R La Mondiale s’est dotée de quatre fondations qui traitent de différents sujets tous en lien avec une orientation centrale : l’autonomie des personnes tout au long de la vie. Deux d’entre elles [la Fondation AG2R et la Fondation du Pôle alimentaire] se sont réunies pour traiter de la question du bien vieillir des personnes dans notre société… en prenant notamment en compte la question du regard que celle-ci porte sur l’avancée en âge et sur les différences qui apparaissent très fortement à cette période".

"A la différence de ce que j’ai parfois entendu lors de la conférence, je ne crois pas qu’en vieillissant les singularités s’estompent", indique Delphine Lalu. "Selon moi, elles sont de plus en plus fortes. En revanche, il y a une cause commune qui unit toutes les personnes qui avancent en âge, c’est qu’elles vivent et ressentent, à des titres divers, des phénomènes d’exclusion. Ce qui est très intéressant dans la démarche déployée par AIDES, c’est précisément de poser la question du vieillissement précoce pour des personnes qui vivent avec le VIH. Ce sujet, à ma connaissance, n’a encore jamais été traité par les groupes de protection sociale – en tout cas, pas dans le cadre de l’action sociale institutionnelle".

Les deux fondations ont lancé un appel à projets sous l’égide de la Fondation de France. Elles ont constitué un comité scientifique composé d’experts indépendants du Groupe. "Lorsque le projet de AIDES a été discuté en comité, la dimension innovante et originale de l’association a été saluée par les experts. Un consensus s’est établi rapidement. Tous ont considéré ce sujet comme fondamental estimant qu’il pourrait apporter des éléments de réflexion, voire de réponses au problème de la dépendance précoce qui touche toutes les personnes vivant avec une maladie chronique très lourde. En outre, le Comité attend de ce projet qu’il apporte des éléments pour améliorer l’accueil et la prise en charge des personnes vivant avec le VIH par les établissements ou par la société.

"Le Comité a choisi ce projet aussi car il est porté par AIDES : pour nous, l’association a toujours été précurseur en matière d’accompagnement social des personnes vivant avec le VIH à domicile. Dès les débuts de la maladie, le mouvement s’est donné pour vocation d’accompagner non seulement les malades et leurs familles, mais aussi le monde médical et médico-social pour améliorer le traitement social des problématiques de santé liées au VIH. Comment puis-je rester à la maison ? Comment vais-je arriver à avoir des interlocuteurs pour m’aider dans mes formalités administratives ? Comment concilier ma vie professionnelle, familiale, militante et ma maladie ?  Il nous paraissait donc naturel, que l’association AIDES, 20 ans après avoir posé cette question de l’accompagnement à domicile, ait des choses à nous dire sur la façon dont il faudrait aménager aujourd’hui l’ensemble des éléments de la chaîne autour de cette question : la précocité du vieillissement des personnes vivant avec le VIH".

"Le comité scientifique a validé le projet pour une troisième raison : parce qu’il est très structuré. Sa méthode, participative, itérative et relative nous semble particulièrement adaptée. Il s’agit de partir de l’expérience de vie des personnes puis de "remonter", recherche à l’appui, pour d’une part émettre des recommandations techniques et d’autre part construire des éléments de plateforme politique qui permettent de faire avancer ce sujet au plan national. Ce que j’ai entendu aujourd’hui lors de la conférence de consensus prouve bien que les intuitions que nous avions, les uns et les autres, étaient malheureusement justes. Les inquiétudes, les difficultés et les idées exprimées par les militants rejoignent celles des familles de personnes âgées, en perte d’autonomie. Nous sommes tous concernés par des parents, des proches qui ont vécu en maison de retraite : le regard sur la vieillesse est catastrophique dans notre société, la singularité de chaque personne est encore trop peu prise en compte dans les maisons de retraite, cela tient plus à un problème de moyens humains, de formation des personnels et donc à des questions financières souvent mal arbitrées… la fameuse injonction contradictoire qui pèse sur les directeurs d’établissement : faire mieux avec beaucoup moins. Il y a également des tas de questions sur l’organisation du système de soins, sur la perception qu’ont les travailleurs sociaux de leur métier et sur la perception des travailleurs sociaux par la société… Tout ce que vous soulevez, chez AIDES, avec votre parole militante et politique est important, et aura des effets sur l’ensemble des personnes vieillissantes. En général, lorsque vous vous saisissez d’un sujet vous embarquez tout le monde, vous y allez et vous partagez avec les autres les résultats de vos travaux", conclut Delphine Lalu.