Aides aux Marches des fiertés 2015 : "Je marche, la PrEP aussi !"

Publié par Rédacteur-seronet le 07.06.2015
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Mode de vieMarche des fiertés 2015

Comme chaque année, Aides va participer activement aux Marches des fiertés un peu partout en France. A cette occasion, l’association s’est choisie un slogan ; slogan qui met en avant les enjeux de santé chez les LGBT et tout spécialement la prophylaxie pré-exposition contre le VIH : "Je marche, la PrEP aussi !" Aides détaille dans un communiqué ses raisons de défiler en 2015.

Quelles raisons avons-nous encore de marcher ? Telle est la question que nous devons nous poser à la veille des Marches des fiertés. Est-ce que le mariage a réglé toutes nos revendications liées à l’accès aux droits ? Bien sûr que non. Pas d’accès à la PMA, un parcours de transition toujours aussi compliqué pour les personnes trans, et au plus près du combat de Aides, une épidémie de VIH qui ne cesse d’avancer, lentement, mais inexorablement ? En France, la prévalence du VIH chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes est estimée entre 15 % et 20 %. Et pourtant les solutions sont là.

Plus personne n’osera le contester : une personne séropositive sous traitement et bien suivie ne transmet plus le virus. Généraliser le dépistage et l'accès au traitement, c'est casser la chaîne de transmission du VIH. La première solution est donc à notre portée : la solidarité avec les personnes atteintes. Le soutien que la communauté doit apporter à ses membres touchés par le VIH profite à tous : mieux protégés de la stigmatisation, mieux dépistés, mieux soignés, plus acceptés, nos amours, amis, amants séropositifs nous aideront à faire baisser la quantité de virus en circulation dans notre communauté. C’est pour ça que nous marchons. C’est pour eux. C’est pour nous.

Il faut que nous prenions conscience que l’entraide et la solidarité de la communauté homosexuelle, ainsi qu’une couverture universelle du traitement antirétroviral, doivent venir compléter l’arsenal déjà constitué par le préservatif et le dépistage. Mais à cet arsenal manque encore un outil qui pourrait s’avérer crucial : la PrEP.

La PrEP c'est quoi ? C'est la prise d'un traitement antirétroviral par des personnes séronégatives pour bloquer l'entrée du virus dans l'organisme. Depuis les premiers résultats des essais qui ont mené à autoriser la PrEP aux Etats-Unis, Aides s’est engagée pour un accès encadré destiné aux personnes les plus vulnérables au VIH. Parallèlement, Aides s'est investie dans Ipergay, un projet de recherche mené avec l'ANRS afin d'évaluer l'efficacité d'une PrEP "à la demande", c'est à dire au plus près des conditions réelles d'utilisation. Et les résultats publiés récemment sont spectaculaires : 86 % de réduction de transmission du VIH. En fait, près de 100 % lorsque le traitement est correctement pris. En Grande Bretagne, l'essai Proud mené sur la même période a donné des résultats équivalents.

Dans ces conditions, qui osera contester l’efficacité de la PrEP ? Qui osera nier l'urgence à la rendre disponible pour tous ceux qui en ont besoin ? Combien de contaminations notre communauté devra-t-elle encore subir avant que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités ? Certes la PrEP pose des challenges importants. Il va falloir accompagner les personnes, trouver un circuit de prescription et de remboursement mais depuis quand devons-nous reculer face à l’ampleur de la tache ? Avons-nous peur d’une pilule bleue ? Si nous avions eu les mêmes atermoiements sur l’accès aux traitements anti-VIH, nombre d’entre nous ne marcheraient pas cet été.