AIDES & Marisol : rencontre au sommet !

Publié par Rédacteur-seronet le 26.07.2012
3 652 lectures
Notez l'article : 
0
 
Conférencesvisite ministérielleAIDS 2012

Encadrée de ses conseillers, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, a visité, mercredi 25 juillet, durant une demi-heure le stand de AIDES au village associatif de la conférence sida de Washington. Une occasion pour la ministre de découvrir les différentes activités de l’association et de s'exprimer sur certains enjeux de la lutte contre le sida.

Marisol_stand_Aides.jpg

La conférence internationale sur le sida est, c’est presque une tradition, l’occasion pour les militants de AIDES présents d’échanger avec la ministre de la santé. A Vienne, c’est Roselyne Bachelot, alors ministre, qui était venue faire un test de dépistage rapide. A Washington, c’est donc Marisol Touraine qui est venue échanger sur les questions de démocratie sanitaire, sur les problèmes de santé en prison et les programmes d'échange de seringues. Sur ce dernier point, la ministre a indiqué qu'elle était certaine que la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, soit partante. Donc d’accord avec cette demande. Toutefois la stratégie reste à préciser. En effet, la ministre évoque deux pistes possibles : faut-il des centres pilotes ou engager une stratégie globale ?
 
Une militante de AIDES dans les Caraïbes a interpellé la ministre : "Je m'appelle Indira et je travaille en Guyane avec des personnes vivant avec le VIH. Nous avons des permanences en Guyane, je réalise des tests de dépistage rapides à orientation diagnostic [TROD, ndlr]. J'accompagne des gens pour le droit, car notre situation est très particulière avec des problèmes de papiers, d'accès aux soins, notamment l’éloignement par rapport aux structures de soins". Claire milite avec Indira en Guyane. Elle évoque la question du fleuve Maroni qui est la frontière entre la France et le Guyana. "Il y a de nombreuses personnes sans droit et nous avons un manque cruel de moyens. Nous n'arrivons pas à faire fléchir la courbe de l'épidémie en Guyane". Bruno Spire, président de AIDES,  insiste sur ce point : "Nous avons développé nos activités en Guyane à partir de nos fonds privés". La parole est donnée à un autre militant, avant que la ministre ne réponde. Dommage car le sujet est important.
 
Jonathan, militant à Grenoble, évoque la mise en place du dépistage rapide. La ministre saisit la balle au bond pour revenir sur la question des autotests. Déjà le matin, lors de sa visite au stand France de la conférence, elle avait été interpellée sur ce point par l'association WARNING. Cette fois-ci, elle répond au militant de AIDES : "La question du dépistage, on l'a évoquée, lors de la conférence. Après le débat qui portait sur les tests de dépistage rapide ces dernières années et où maintenant il y a un consensus, j'ai entendu la demande ce matin sur les autotests. Je suis consciente de la question", avance la ministre. Pour Marisol Touraine, les autotests doivent s'inscrire dans une approche complémentaire avec le dépistage médicalisé, les TROD, et en particulier pour des personnes qui ne se font pas dépister dans ces structures-là ou par ces moyens-là. Notamment les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes qui ne se font pas dépister dans les structures classiques. "il faut sortir des débats idéologiques, on passe à une nouvelle étape, où l'on doit être assez adaptables pour répondre à la diversité des demandes".

Sur le stand de AIDES, d'autres militants s'expriment, les partenaires étrangers de l’association et les membres de la coalition Africagay contre le sida. Parfait Benoît Behen, président d'Alternatives Cameroun, insiste sur le soutien que AIDES a offert à Africagay contre le sida. "Le taux de prévalence est très élevé chez les homosexuels au Cameroun et notre gouvernement ne respecte pas les 15 % décidés à Abuja [Il y a 10 ans à Abuja les gouvernements africains avaient, tous ensemble, décidé de consacrer 15 % de leur budget, chaque année, à l’amélioration du système de santé. 10 ans plus tard, seuls six pays (Burkina Faso, Bostwana, Rwanda, Niger, Malawi et Zambie) ont atteint cet objectif sur les 54 pays qui s’y étaient engagés, ndlr]. Pour nous, être devant vous, madame la ministre, c'est un moment de plaidoyer pour pouvoir intercéder auprès de notre ministre de la Santé, pour pouvoir défendre un assouplissement du droit pour les homosexuels, mais aussi pour tout le monde. Les homosexuels au Cameron sont condamnés à cinq ans de prison ferme et d'importantes amendes. Nous ne pouvons pas continuer ainsi".


L'échange entre les militants et la ministre, faute de plus temps, s'interrompt. La ministre file rencontrer l'ambassadeur américain sur le VIH : Eric Goosby.