Analyse de produits… tout savoir

Publié par Rédacteur-seronet le 24.06.2021
972 lectures
Notez l'article : 
0
 
Interviewdrogues

Outil de réduction des risques, l’analyse de produits, dont les techniques sont nombreuses, est de plus en plus utilisée par les associations qui s’adressent aux personnes consommatrices de produits. Quelles sont ces techniques ? Quel sont leurs atouts et limites ? Comment se passe une séance d’analyse de produits ? Margot Andriantseheno, chargée de mission Parcours et programmes nationaux (Direction Innovations et Programmes) fait le point pour Seronet.

En quoi consiste l’analyse de produits ?

Margot Andriantseheno : Elle consiste à donner une indication, quantitative et/ou qualitative, sur la composition d’un produit psychoactif. L’information peut être sur le produit majoritaire, le produit de coupe… selon les dosages et les méthodes utilisées. Cela permet à la personne consommatrice d’être informée sur ce qu’elle a ou va consommer, si cela correspond à ce qu’elle pense avoir acheté.

Quand a-t-elle été mise en place ?

L’analyse de produits, d’abord connue sous le nom de testing, même si ce n’est pas la même chose, a été mise en place dès la fin des années 90, plus particulièrement dans le milieu festif. À l’origine, c’est au moyen des tests colorimétriques (test de Marquis), puis en 2005 un décret a fait interdire le testing par les acteurs-rices associatifs-ves. À partir de 1999, Médecins du Monde (MdM) accompagne le développement de l’analyse avec la création d’une mission d’appui technique : la mission XBT. Elle a pour objectif de soutenir les équipes de terrain en l’absence de cadre réglementaire. En complément du testing, le programme XBT développe une nouvelle technique d’analyse : la chromatographie (HPLC) sur couche mince (CCM). Au départ, ce programme est centralisé autour d’un laboratoire en région parisienne. Au fur et à mesure, il s’étend au point de former un réseau avec l’ouverture de nouveaux laboratoires en région, portés par des associations partenaires autres que MdM. L’élargissement de la mission XBT et l’intégration de l’analyse de produits dans la loi de modernisation de notre système de santé en 2016 ont alors poussé MduM à se désengager du projet pour le laisser au droit commun, et dans ce cas précis aux structures associatives de réduction des risques (RDR).

Quelles sont aujourd’hui les principales techniques utilisées, leurs avantages et inconvénients ?

Les techniques d’analyses se sont énormément développées. Il en existe plusieurs, à l’utilisation plus ou moins complexe et coûteuse et ce sont là de gros enjeux.

Dans le milieu associatif, la technique la plus utilisée est la chromatographie sur couche mince (CCM). Son avantage est qu’elle permet de séparer et détecter les différents composants d’un produit, à condition d’avoir les produits « témoins » pour comparer. L’autre avantage est le rapport entre le coût (investissement pour la mise en place, coût d’utilisation) et les performances de la méthode, c’est ce qui a poussé Médecins du Monde puis diverses structures de RDR à se tourner vers cette technique. Pour la mettre en place, il faut disposer d’un laboratoire spécifique (notamment pour des questions d’extraction de l’air) et surtout d’un-e laborantin-e pour réaliser les analyses ! Depuis quelques années, une seconde technique d’analyse se développe dans le milieu associatif : la spectrométrie infrarouge. Ici, on dépose l’échantillon à analyser sur un petit cristal diamant qui conduit une lumière infrarouge et génère un spectre. Le spectre de notre produit est ensuite directement comparé à ceux de plusieurs bases de données. Le logiciel relié au spectromètre va alors nous indiquer tous les spectres qui ressemblent à notre échantillon avec un système de score (1) nous indiquant si la correspondance est forte ou non. Son avantage est sa rapidité puisque l’analyse en elle-même ne prend que quelques minutes. Elle est facilement utilisable. Après une formation à l’outil, l’analyse peut être faite par des intervenants-es sans formation de chimiste. L’analyse par HPLC qui est une méthode quantitative – elle donne donc une information sur le pourcentage des composants du produit - est mise en place par quelques associations notamment le Bus 31/32 à Marseille et Sida Parole en région parisienne.

Pour revenir sur les avantages, les inconvénients et la fiabilité, j’aurais tendance à dire que cela dépend totalement des ressources que l’on a à y accorder. Chacune de ces techniques répond à un objectif de RDR, et c’est là l’enjeu principal. L’avantage que l’on a tout de même est que ces méthodes, même si aucune n’est optimale, se complètent et se combinent entre elles. Un échantillon peut être contre-analysé avec une technique différente et ainsi obtenir un résultat affiné. Elles sont toutes faillibles et le point essentiel est de connaître les limites de chaque technique, pour pouvoir les expliquer aux consommateurs-rices qui viennent à notre rencontre et leur permettre, ici encore, de faire un choix éclairé.

D’autres techniques d’analyse de précision sont ensuite utilisées par les laboratoires de toxicologie dans le cadre de la veille sanitaire. C’est le cas des laboratoires mobilisés par le dispositif Sintes ou des laboratoires de pharmacovigilance. La technique de référence pour ces laboratoires et la technique dite GC-MS (chromatographie en phase gazeuse – spectrométrie de masse) qui est plus fiable et plus précise en termes de spécificité et de sensibilité. Mais là, on rentre dans un autre niveau de compétences… Si vous souhaitez en savoir plus sur ces différentes techniques, au Canada, l’Institut universitaire sur les dépendances a publié des fiches pratiques très complètes et qui permettent d’avoir une idée des différentes techniques qui existent. De même, je vous conseille l’article de Jean-Claude Alvarez (3) sur les techniques de l’analyse de drogues publié dans le numéro de Swaps (4) consacré au testing.

En quoi l’analyse de produits est-elle un outil de RDR ? Est-elle reconnue par la loi ?

Depuis 2016 et la loi de modernisation de notre système de santé (2), l’analyse de produits est reconnue par la loi en tant qu’outil de RDR. L’analyse de produits permet d’informer les usagers-ères sur les produits qu’ils-elles consomment, sur leur composition, la correspondance avec ce qu’ils-elles pensent avoir acheté. Cela veut donc dire que l’analyse permet à chacun-e d’être éclairé-e sur ses consommations, de pouvoir ainsi les adapter, les modifier en fonction des résultats obtenus. Bien que la majorité des produits analysés aient déjà été en partie consommés, on observe que celles-ceux qui viennent faire analyser un produit avant toute consommation ont plus fortement tendance à décider de ne pas le consommer si le résultat rendu n’est pas conforme avec celui attendu. Plus que des résultats sur les produits majoritaires, les techniques d’analyse renseignent aujourd’hui largement sur les produits de coupe et cela a un impact fort. Les usagers-ères voient donc leurs connaissances et compétences renforcées avec ce nouvel outil et pour les intervenants-es cela offre de nouveaux espaces de discussion et d’échanges autour des pratiques de consommation et des conseils de RDR. Analyser un produit c’est une porte d’entrée supplémentaire pour mener des entretiens individuels de RDR, discuter des consommations des personnes et surtout orienter vers l’ensemble des outils de RDR proposés dans AIDES, notamment les séances Aerli.

En matière d’analyses de produits, qu’a mis en place AIDES et dans quel cadre ?

À AIDES, plusieurs techniques d’analyse sont utilisées, cela dépend des régions, des partenaires locaux et des besoins. Depuis la mise en place du réseau XBT par Médecins du Monde, plusieurs de nos Caarud font appel aux laboratoires CCM dans leurs régions. La collecte d’échantillons à analyser peut se faire en milieu festif, durant des permanences Caarud mais aussi lors de soirées spécifiques, comme au Spot Beaumarchais où cela est proposé lors de certains groupes de parole. En parallèle, nous avons également décidé de nous lancer dans une autre technique d’analyse qui est la spectrométrie infrarouge, avec l’achat de plusieurs machines dans le réseau. À ce stade, nous sommes dans une période d’expérimentation dans deux régions, l’Occitanie et la Nouvelle Aquitaine. Nous avons choisi cette méthode pour plusieurs raisons, tout d’abord pour sa rapidité d’analyse et de rendu de résultat. L’analyse se fait en quelques minutes et le résultat peut donc être rendu dans l’heure, ou au moins sur une même permanence à un-e usager-ère. L’autre point essentiel pour nous, était la facilité de manipulation du spectromètre qui permet une utilisation par une personne non qualifiée en chimie, là où pour les autres techniques il faut nécessairement avoir un-e laborantin-e pour l’analyse. Cela ne veut pas pour autant dire que l’on va au-delà de nos compétences, nous connaissons nos limites et celles de l’outil et nous mettons en place divers partenariats avec des laborantins-es pour pouvoir assurer des lectures complémentaires ou de nouvelles analyses quand cela est nécessaire. Notre objectif n’est pas de choisir entre les méthodes mais bien de pouvoir les proposer en complémentarité et en fonction des ressources disponibles localement.

D’un point de vue scientifique que sait-on de l’impact de l’analyse de produits sur les pratiques des consommateurs-rices de produits et leur santé ?

Pour ce qui est de l’impact de l’analyse de produits, les études scientifiques françaises font défaut car nous manquons de recul sur la pratique, mais plusieurs études ont déjà été menées dans d’autres pays, notamment au Portugal ou au Canada. Les différentes évaluations de dispositifs d’analyse de produits qui ont été menées montrent que le rendu d’un résultat non conforme à celui attendu est fréquemment suivi d’une décision de ne pas consommer le produit ou à une modification de sa consommation (diminution du dosage). Il y a donc un impact réel de l’analyse sur les consommations des personnes, bien que les comportements face au rendu de résultat varient en fonction des contextes et profils des personnes.

On remarque par exemple que ce sont les personnes les plus insérées qui vont avoir tendance à faire venir analyser leur produit avant de le consommer tandis que les personnes ayant des profils plus précaires auront tendance à faire analyser des produits dont ils ont déjà consommé une partie. Au Boom Festival au Portugal (3), parmi les participants-es – un public festivalier plutôt bien inséré socialement –  94,3 % déclaraient alors ne pas prendre le produit si le résultat du test était différent de celui attendu. Dans cette même étude, 95 % des participants-es considéraient le service d’analyse de produits comme très utile. Auprès d’un public plus précaire comme celui rencontré dans les Caarud, on observe que, même quand la décision prise n’est pas celle de ne pas consommer un produit, cela induit quand même des changements dans la consommation notamment sur le dosage. Ainsi, à Vancouver dans la salle d’injection supervisée Insite où l’analyse de produits est proposée, 11,4 % des 1121 personnes ayant fait analyser un produit déclarent le jeter quand le résultat est positif au fentanyl et 36,3 % déclarent prévoir de réduire la dose.

Côté français, on avance ! La pratique de l’analyse de produits se développe de plus en plus dans nos structures et de fil en aiguille les acteurs-rices terrain ainsi que les pouvoirs publics s’interrogent de plus en plus sur l’impact. Sur le terrain, l’impact nous le voyons mais il reste à objectiver. Le Sesstim a de ce fait été mandaté par la DGS pour mener une évaluation du déploiement et de l’efficacité de l’analyse de drogues en France, c’est le projet Druid.

Aujourd’hui, l’analyse de produits est-elle le meilleur moyen d’informer les personnes usagères, d’augmenter le savoir sur les produits, leurs effets, leur usage ?

À mon sens oui, l’analyse de produits est le meilleur moyen d’informer les consommateurs-rices, d’augmenter leurs connaissances sur les produits mais également de leur donner les informations nécessaires à une consommation éclairée. Leur donner des informations sur les produits qu’ils-elles consomment, leur composition, la tendance des produits majoritaires et des produits de coupe, c’est permettre ensuite à chacun-e d’adapter ses pratiques de consommation, son dosage, etc. Et quel meilleur moyen d’être informés-es sur ce qu’on consomme que par son analyse directe ? Sur le terrain on le voit, le rendu de résultat est vraiment un moment de partage et d’échange avec les usagers-ères, c’est un moment où on prend le temps de faire des recherches sur les produits que l’on ne connaissait pas, que l’on ignorait consommer, surtout les produits de coupe. L’idéal reste le schéma dans lequel la personne peut avoir son résultat immédiatement et où elle a recourt à l’analyse avant de consommer un produit pour la première fois. J’espère que l’on y viendra, cela se fait au fur et à mesure que cet outil se fait connaître et est approprié par les usagers-ères.

L’analyse de produits permet-elle aujourd’hui d’aller au-delà de la réponse individuelle et, par exemple, de lancer des alertes plus générales quant au contenu de certains produits, aux risques repérés, par exemple, sur l’usage de certains produits de coupe ?

Aujourd’hui, en parallèle de la collecte qui est faite par les intervenants-es pour l’analyse de produits dans leurs structures, il y également de la collecte qui est faite pour la veille sanitaire avec le dispositif SINTES. La différence avec l’analyse de produits que nous pratiquons est que dans le cadre de la veille sanitaire, la collecte n’a lieu qu’à certaines conditions, comme la survenue d’effets indésirables voire dangereux. Cela implique donc que le produit a été consommé et s’est avéré dangereux ; nous sommes donc dans un objectif différent de la RDR et dans des temporalités bien plus longues pour obtenir un résultat. Le lien entre l’analyse comme outil de RDR que nous développons et la veille sanitaire existe évidemment et nous travaillons tous-tes en collaboration avec ce dispositif. Le réseau national d’analyse qui se met en place, a d’ailleurs parmi ses membres un représentant de l’OFDT.  Quand des résultats ne correspondent pas au produit attendu et montrent la présence de substances dangereuses, inconnues ou nouvelles et en grande évolution, nous pouvons envoyer des échantillons à Sintes. Cela nécessite cependant que l’usager-ère nous donne un second échantillon de son produit.

La constitution de bases de données est aussi une solution pour aller au-delà de la réponse individuelle. L’ensemble des analyses réalisées sont répertoriées et organisées en bases de données. Chaque nouveau produit identifié vient donc nourrir cette base de données et celle-ci peut être partagée entre les acteurs-rices utilisant une même technique d’analyse. On peut imaginer que la circulation d’un produit nouveau et/ou dangereux pourrait donc être identifié par ce biais et partagé ensuite avec les acteurs-rices de la veille sanitaire. Enfin, l’analyse de produit permet également d’aller au-delà d’une réponse individuelle dans la mesure où elle est une très bonne source d’échanges collectifs. En effet, comme cela est le cas pour de nombreux outils de RDR, la dimension individuelle de l’analyse de produit peut s’élargir à un groupe dans des temps d’échanges de pratiques et/ou d’expérience. Cela s’illustre bien sur le terrain comme par exemple au Spot Beaumarchais où le rendu de résultat se fait de manière collective et sert ensuite de base de discussions dans le groupe de parole dédié. J’ai également beaucoup retrouvé cette dimension en échangeant avec nos équipes qui se sont lancées dans l’analyse par spectrométrie infrarouge. Le temps du rendu de résultat individuel est certes un moment privilégié avec l’usager-ère pour discuter de ses consommations, faire des recherches sur les produits inconnus et renforcer les connaissances de chacun-e mais on se rend compte que ces nouvelles connaissances acquises sont transmises entre pairs, que l’outil est approprié, relayé et que ces échanges-là ont tout intérêt à être portés en grand groupe. En somme, l’information donnée par l’analyse d’un produit, peut avoir un intérêt plus large et, au-delà du résultat c’est surtout les enseignements que l’on en tire, les messages de RDR que l’on adapte, qui sont bons à partager collectivement.

Propos recueillis par Jean-François Laforgerie

(1) : Selon les modèles de spectromètre le score est donné de 0 à 1 ou de 0 à 900.
(2) : Article L3411-8 alinéa 5 du code de la santé publique
(3) : Evaluation of a drug checking service at a large scale electronic music festival in Portugal Helena Valentea,b,c,⁎, Daniel Martinsb,d, Helena Carvalhoe,f, Cristiana Vale Piresb,g,h, Maria Carmo Carvalhob,h, Marta Pintoa,c,i, Monica J. Barrattj).

Les différentes phases de l’analyse de produits
L’analyse de produits se déroule en trois phases : l’entretien de collecte, l’analyse et l’entretien de rendu de résultat. Ici encore, nous voyons bien le lien avec la RDR puisque le processus d’analyse offre à l’usager-ère et à l’intervenant-e deux temps privilégiés pour discuter des pratiques de consommation, des besoins de la personne, prodiguer des conseils de RDR ou encore orienter vers d’autres outils ou services !
Durant l’entretien de collecte, l’usager-ère va nous dire ce qu’il-elle estime nous donner comme produit, qui est donc le résultat attendu. C’est aussi un moment de discussion sur les raisons de l’analyse : volonté de connaître la composition, effets indésirables ressentis, etc. La dernière information importante récoltée à ce moment-là est la consommation ou non d’une partie du produit avant l’analyse. Toutes ces informations vont permettre ensuite à l’intervenant-e d’orienter son analyse et d’affiner sa lecture du résultat mais également d’orienter les discussions avec la personne. Quelle que soit la technique utilisée, l’entretien de collecte est toujours assez similaire et repose sur une règle essentielle imposée par la loi : c’est à l’usager-ère de manipuler son produit. La durée de l’analyse en elle-même dépend de la technique utilisée, et du temps d’attente pour obtenir le résultat. Quand l’analyse se fait sur place comme dans le cadre de la spectrométrie infrarouge dans nos Caarud ou de certaines permanences où notre partenaire vient proposer de la CCM au Spot Beaumarchais par exemple, le résultat de l’analyse peut être rendu dans l’heure ou tout au plus au cours de la permanence (on compte 2 heures par exemple au Spot Beaumarchais, le temps d'un groupe de parole). Dans les cas où l’analyse ne peut pas se faire immédiatement (laborantin-e non disponible, envoi d’échantillon,…), les résultats sont plus longs et il faut compter plusieurs jours, voire une semaine pour obtenir un résultat. Le résultat de l’analyse est rendu à l’usager-ère au cours d’un rapide entretien individuel comme dans le cadre de la collecte. Le rendu se fait uniquement à l’oral, aucun rendu écrit n’est possible. Dans certains cas spécifiques, le rendu peut se faire en collectif comme cela est le cas au Spot Beaumarchais. Ce moment de rendu de résultat est l’occasion de discuter de l’impact sur la consommation de la personne. Quand le résultat diffère de celui attendu, on peut questionner la volonté de consommer quand même le produit ou non et des manières d’adapter sa consommation. Si jamais un résultat est difficile à rendre parce que l’analyse n’est pas concluante ou qu’elle met en évidence un produit dangereux, une nouvelle collecte est proposée pour une contre analyse dans un autre laboratoire et/ou pour un envoi à Sintes afin de la faire remonter au système de veille sanitaire.


Le dispositif Sintes
Le dispositif Sintes (Système d'identification national des toxiques et substances) de l’OFDT est opérationnel depuis 1999. À sa création, il vise essentiellement à documenter la composition des produits circulants, illicites ou non règlementés (dosage, identification de nouvelles molécules et logos), à partir des résultats de l’analyse des saisies effectuées par les services répressifs d'une part et des collectes de produits réalisées par des acteurs socio-sanitaires directement auprès des usagers-ères d'autre part. Le dispositif permet, en outre, de documenter le contexte de consommation de chaque échantillon, à l'aide d'un questionnaire soumis à l'usager-ère lors de la collecte. Les questions portent sur le produit (prix, forme, voie d'administration), sur l'usager (âge, sexe) et sur son usage (produits consommés en association, effets recherchés et ressentis, fréquence).


Le réseau national
Depuis 2016 et l’intégration de l’analyse de produits dans la loi de santé, Médecins du Monde a souhaité entamer la dernière phase de la mission XBT, à savoir son transfert. En effet, pour la mission XBT, le transfert aux différentes structures impliquées dans le dispositif ainsi que son élargissement à de nouvelles structures et de nouvelles techniques doit contribuer à inscrire juridiquement – et de façon pérenne – l’analyse de produit comme une mission de réduction des risques. Depuis 2019, un groupe de travail s’est mis en place, piloté par la Fédération Addiction aux côtés de Médecins du Monde, pour construire avec les structures intéressées, les contours d’un nouveau réseau national d’analyse. Le réseau « Analyse ton prod » s’est officiellement lancé en janvier ; il a vocation à rassembler les structures  mettant en place l’analyse de produits dans un objectif de RDR, quelles que soient les techniques analytiques utilisées. L’appartenance d’une organisation au réseau se traduit par la signature d’une charte et d’un règlement de fonctionnement.