ANRS : une mobilisation générale pour guérir l'hépatite B

Publié par jfl-seronet le 06.07.2015
9 890 lectures
Notez l'article : 
5
 
Thérapeutiquevhbhépatite B

L’agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) conduit un programme baptisé "HBV Cure" qui a pour objectif : la guérison virologique chez les personnes atteintes d’hépatite B et l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques. Ce programme est développé au sein d’une nouvelle action coordonnée (un groupe de travail de l’ANRS) : l’AC 34, présidée par le professeur Fabien Zoulim, spécialiste du VHB, responsable du service Hépatologie, hospices civils de Lyon, Université de Lyon. Un atelier de l'AC 34 intitulé justement "HBV Cure" s’est tenu en mai 2015. A cette occasion, l’ANRS a publié une interview de Fabien Zoulim. Extraits.

Dans son interview, le professeur Fabien Zoulim rappelle que l’hépatite B "touche aujourd’hui 250 millions de personnes dans le monde" et qu’elle constitue la première cause de cancer du foie. Dans les pays qui disposent des ressources pour les financer, les traitements actuels sont efficaces pour induire chez une majorité de personnes un contrôle de la réplication virale. Mais on ne peut pas avec les traitements actuels obtenir d’éradication de ce virus. "Il est par conséquent nécessaire de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques qui permettent d’obtenir une guérison virologique dans des délais relativement courts, sur le mode de ce qui a été récemment acquis contre l’hépatite C", explique Fabien Zoulim. Pour cela, il préconise de mobiliser davantage d’équipes et de moyens afin "d’accélérer les recherches à la fois fondamentales, translationnelles et cliniques".

C’est l’objet du programme "HBV Cure" qu’il préside. Ce programme, selon le médecin et chercheur, bénéficie d’un contexte favorable : une meilleure connaissance du cycle viral du VHB, différentes cohortes mises en place par l’ANRS (Hepather par exemple), permettent de faire le lien entre la clinique et la recherche fondamentale et un regain d’intérêt des fabricants de médicaments pour le VHB. "L'idée, avec l'AC 34, est donc de mobiliser toutes ces opportunités et de les coordonner pour construire un programme de recherches innovantes visant à obtenir la guérison virologique chez les patients", explique-t-il dans l’interview publiée par l’ANRS. Côté priorités scientifiques, Fabien Zoulim explique que son objectif principal est "de parvenir à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques". "Ces cibles sont tout d’abord virologiques, en particulier l’ADN ccc du VHB. Cette forme particulière de l’ADN viral, qui est circulaire au sein des cellules, est responsable de la persistance du virus. Jusqu’à présent, nous n’avons pas réussi à le bloquer. Il faut trouver des moyens d’y parvenir, soit directement, soit en intervenant sur des facteurs viraux ou cellulaires qui influent sur son activité", précise-t-il. Les autres cibles possibles sont immunitaires. "Le but est de parvenir à comprendre les mécanismes de l’action du virus sur l’immunité et de les détourner pour restaurer des réponses immunitaires spécifiques et efficaces".

Les recherches translationnelles, c’est quoi ?
Ce concept de recherche translationnelle s’est imposé depuis deux décennies. Il est l’expression d’un besoin des scientifiques : celui que les promesses de la recherche fondamentale se traduisent rapidement par une amélioration de la santé des personnes ainsi qu’une meilleure prise en charge des malades. L’agence nationale de la recherche en propose cette définition : "La recherche translationnelle en santé est à la fois un continuum et une passerelle directe entre la recherche exploratoire et la recherche clinique en stimulant cette dernière par des innovations thérapeutiques, méthodologiques ou des outils d’investigation émanant de la recherche fondamentale, et réciproquement par la dissémination vers la recherche fondamentale d’observations nouvelles sur la nature et la progression des maladies".