Appel citoyen à des Etats-généraux de la santé

Publié par Rédacteur-seronet le 15.02.2018
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Initiativehopitaux

"C'est inédit dans l'histoire des hôpitaux. Plus de mille médecins et cadres de santé, venant de toutes sortes d'établissements, hôpital local comme centre universitaire, répartis sur toute la France, ont signé un appel s'alarmant de la situation dramatique des hôpitaux français et pointant un système de financement, avec la tarification à l'activité (T2A), à bout de souffle, devenant une menace pour la qualité des soins". Cet appel a été publié le 15 janvier dernier dans "Libération". Aujourd’hui, un "Appel citoyen à des Etats-généraux de la santé" lui fait écho et le prolonge. Cette tribune a été publiée, mi février dans "Libération". AIDES et France Assos Santé en sont signataires.

"Nous citoyens, habitants de France, soutenons l’appel lancé par les médecins hospitaliers et les cadres de santé : Hôpital : mille signatures et une urgence.

La dégradation des conditions de travail des personnels hospitaliers a un impact sur nos vies, dans leurs moments les plus délicats lorsque nous sommes le plus fragile : accidentés, frappés par la maladie, grabataires, en fin de vie. La qualité des soins et l’attention dont nous avons besoin sont de plus en plus menacées malgré le dévouement et l’humanité des personnes à qui nous confions nos vies, nous laissant souvent nous et nos proches dans de terribles détresses.

La souffrance au travail des médecins, infirmiers, aides-soignants et personnel paramédical nous concerne tous. Les cris d’alarmes ne cessent de se multiplier dans tous les secteurs : urgences, pédiatrie, gériatrie…

Le suicide d’un neurochirurgien sur son lieu de travail dans un bloc opératoire du centre hospitalo-universitaire de Grenoble a conduit la ministre des solidarités et de la santé à commander un rapport sur les conditions de travail dans cet hôpital. Ce rapport met en évidence des services sous tension, des situations de conflits, de maltraitance et de souffrance au travail liés aux modes de gestion et de réorganisation des services imposés par le haut, sous pression budgétaire et sans concertation.

Nous sommes attachés à l’hôpital public et à notre système social de santé nous garantissant l’accès aux avancées médicales de pointe. Pourtant, certains services de soins sont vétustes, frôlant l’insalubrité y compris dans certains hôpitaux des plus grandes villes de France. Cette situation est indigne de notre histoire collective.

Notre système social de santé est notre bien commun. Son devenir ne peut se décider sans nous. Nous refusons de voir ses principes humanistes, de solidarité et d’accès pour tous se déliter en raison de logiques de rentabilité, de tarifications et d’organisation dogmatiques et inadaptées.

Nous ne pensons pas qu’il existe une solution simple mais nous sommes persuadés que la sauvegarde de notre système de santé relève d’un choix de société qui nécessite un grand débat national. L’hôpital est le lieu à partir duquel l’ensemble de notre système de santé peut être repensé : Son organisation, son financement, son mode de gouvernance, la place et le lien avec la médecine de ville, la santé communautaire, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, lieux là aussi de grande souffrance humaine. C’est pourquoi, nous appelons à l’organisation d’états-généraux de la santé dans toutes ses dimensions et sur l’ensemble du territoire national. Ce grand débat démocratique est impératif et urgent."

 

Commentaires

Portrait de IMIM

Enfin une explication claire et net du mode de fonctionnement des hopitaux publics depuis une décénnie !!

Enfin des "jeunes" qui prennent conscience de la façon dont on leurs demande d'excercer leur métier qui n'est pas garagiste !!

Voilà une nouvelle génération de soignants à qui on a appris à "soigner" au gré des contraintes budgétaires avec un  mot d'ordre RENTABILITE....et SANTE, ça ne fait pas bon ménage......surtout qu'à la finale nous sommes TOUS perdants....!

J'entends tout à fait la souffrance et la frustration des personnels hospitaliers

De ceux qui, comme moi, naïvement, associaient "médecine et humanisme"

Mais, parmi les médecins, n'oublions pas non plus ceux qui viennent "arrondir leur fin de mois", "agrémenter leur retraite" avec qq heures de consult à l'hopital ! Associées aux primes labos...la belle vie.........

Aura-t-il fallut que ce "système"soit "à bout" pour qu'enfin on évoque LA SOUFFRANCE DES PATIENTS ?????

Qui les a écoutés à ce jour....nous n'étions que des "pleureuses"...mdr

Après des solutions existent .....Mais combien de temps encore pour les penser et les appliquer.....Je crains aussi que ce dossier ne soit qu'un feu de paille vite "maitrisé" comme les dépenses mdr.....

"Appel citoyen à des Etats-généraux de la santé"

Pourquoi ne pas associer à cette demande "impérative et urgente"les patients par le biais de pétitions ou autres....

 

Portrait de zut

C'est là qu'on touche du doigt notre intersextion !

Portrait de IMIM

J'ai lu beaucoup de rapport sur la T2A

On y parle que de rentabilité,  rémunérations docs, d'impots, taxe, détaxes,.....il n'est jamais question de l'intérêt des malades!!??......

D'autres part UN TRI a bien été effectué par les médecins en 2007/08 pour savoir quels patients bénéficieraient d'un suivi digne de ce nom au détriment d'autres......

Ds les hopitaux publics français ont été effectués des SELECTIONS !!.....sur le prorata de je ne sais quoi !!!

(ça peut paraitre leger, parce que je ne retrouve pas ce texte dsl)

Egalement certains actes (dont je n'arrives pas à trouver la liste) sont plus rémunérés que d'autres

Aussi, je ne suis plus étonnée qu'à mes demandes concernant le VIH on me réponde vaccins et tabacologie !!!!

Et enfin , les médecins touchent 1 FORFAIT ANNUEL pour les malades en ALD

Sous entendu, qu'ils te soignent ou pas, ils sont rémunérés de la mm manière

Pas étonnant qu'une partie des patients est été délaissés........