Arrêter le sida : tout un programme !

Publié par jfl-seronet le 01.12.2011
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1er décembre
Aujourd’hui, nous savons comment mettre fin au sida. A l’occasion du 1er décembre, AIDES entend être force de proposition et demande à tous les responsables politiques de se mettre à la hauteur de l’enjeu. Le 1er décembre, l’association compte aussi lancer deux actions-phare, l'une pour informer le public quant à la maladie, l'autre pour le sensibiliser au problème des stigmatisations et des discriminations. Explications.
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A l'occasion du 1er décembre 2011, Journée mondiale de lutte contre le sida, AIDES souhaite mettre l'accent sur le dépistage rapide et les discriminations. Dans un communiqué, AIDES dresse le "bilan amer" de la situation toujours préoccupante quant au regard que porte la société sur le VIH et les personnes qui en sont infectées : "Après 30 ans de lutte, ce regard évolue peu. Ses modes de transmissions en font toujours dans les perceptions "une maladie à part". Les discours restent culpabilisateurs entre les "bons" et les "mauvais" infectés avec cette idée persistante que les personnes infectées ont peut-être fait quelque chose de mal. La solidarité par rapport aux personnes recule (…) Notre société est marquée par un retour aux valeurs avant tout individuelles et de moins en moins de visibilité est accordée au sida".
L'association a décidé de saisir l’opportunité du 1er décembre pour lancer deux actions ayant pour but de lutter contre les stigmatisations et "les discriminations qui subsistent car elles constituent le principal frein à la prévention et au dépistage..." Elle a décidé de réitérer sa "semaine de la santé sexuelle et du dépistage" (du mardi 29 novembre au dimanche 4 décembre). Deux bus de prévention seront stationnés derrière le BHV (34 rue de la Verrerie - 75004 Paris, de 17h à 23h, proposant un accueil attentif, convivial et efficace, prêt à répondre aux questions les plus pointues du public, tout en mettant à sa disposition les outils de prévention existants et une offre de dépistage rapide d’orientation diagnostic (réalisé en 30 minutes). Par ailleurs, AIDES va reprendre sa campagne : "On est tous le trop ou le pas assez de quelqu'un", en lui donnant cette fois une dimension participative. Les commerçants du Marais vont soutenir AIDES et exprimer leur solidarité en exposant et/ou déclinant, à leur tour, cette campagne. Chaque commerce participant va réaliser sa galerie de portraits qui sera exposée lors du 1er décembre".

Outre ces deux actions (ici celles de Paris, mais l’ensemble du réseau AIDES en propose plus de 170…) l’association entend être force de proposition et demande à tous les responsables politiques de se mettre à la hauteur de l’enjeu : l’arrêt de l’épidémie.
En 2011, la lutte contre le sida vit son plus grand bouleversement depuis l’arrivée des antirétroviraux en 1996, explique AIDES. "L’utopie d’hier devient réalité : la fin de l’épidémie est possible. Les études scientifiques se succèdent, ébauchant le même espoir. Non seulement les traitements sauvent les malades, mais nous sommes désormais certains qu’ils empêchent les nouvelles infections. Une révolution intime pour toutes les personnes séropositives qui craignent de contaminer leur partenaire. Une formidable promesse pour les pays du Sud, accablés par un fléau qui ne cesse de gagner du terrain, affirme l’association. Car c’est là tout le paradoxe : alors que nous détenons enfin la solution, les financements patinent et partout les droits des publics les plus vulnérables reculent. Cette année encore, 2 millions de personnes sont mortes faute de traitement. Pour deux personnes mises sous traitement, on déplore encore cinq nouvelles contaminations. Sans moyens adéquats et détermination politique, l’épidémie avancera toujours plus vite que la lutte".
En 2012, l’enjeu est donc "historique". "Les prochaines élections seront l’occasion de placer nos dirigeants, actuels ou futurs devant cette responsabilité historique, indique AIDES. Car des solutions existent pour mettre fin au sida. AIDES en a fait un recueil de propositions concrètes, qui peut se résumer par un slogan clair : "PROTEGER + DEPISTER + TRAITER = FIN DU SIDA".
En France, AIDES demande la "mise en œuvre d’une politique volontariste et ambitieuse, qui protège les populations les plus fragiles en garantissant leur droit à la santé, à des conditions de vie décentes et à une prise en charge de qualité. "Lutter contre le sida, c’est tout le contraire de la politique qui consiste à faire la chasse aux pauvres et aux étrangers. Cette politique-là, nous constatons chaque jour ses effets délétères sur le terrain. Elle précarise les plus vulnérables, les éloigne du dépistage et de la prise en charge médicale. Les résultats des enquêtes menées auprès de nos différents publics sont édifiants. Ils démontrent clairement que sans accès effectif aux droits et aux soins pour ces populations, il est impossible d’arrêter l’épidémie !", explique Bruno Spire, président de AIDES.
Sur le plan international, l’association demande à la France qu’elle retrouve "son leadership passé, et qu’elle tienne ses promesses en faveur de l’accès universel aux traitements". Là aussi, AIDES propose des solutions pérennes et appelle les dirigeants à ne plus considérer la lutte contre le sida comme une charge économique. Garantir l’accès aux traitements et le respect des droits pour TOUS et PARTOUT, c’est garantir la fin du sida. C’est investir dans l’avenir et dans la croissance économique du monde en développement.