Augmentation spectaculaire de la pauvreté

Publié par jfl-seronet le 20.10.2020
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Droit et socialpauvreté

La précarité au rapport ! Le Secours populaire s'alarme, dans son dernier baromètre annuel publié le 30 septembre, des ravages de la crise sanitaire liée à la Covid-19. L’ONG met en garde « contre une flambée de pauvreté sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, après un confinement qui a fait exploser le nombre de nouveaux précaires ».

Un chiffre ! Pendant les deux mois du confinement, 1 270 000 personnes ont sollicité l'aide du Secours populaire dans ses permanences d'accueil – contre 3,3 millions sur toute l'année 2019. Parmi ces personnes demandeuses, 45 % étaient jusque-là inconnues de l'association, indique ce baromètre annuel réalisé avec l’institut Ipsos. « Un chiffre absolument énorme », s'alarme Henriette Steinberg, secrétaire générale de l'association, citée par l’AFP. « Mais, j'ai bien peur que ce soit encore en train d'augmenter », explique-t-elle. « Nous n'avons jamais vécu une situation pareille depuis la Seconde Guerre mondiale, et il y a urgence », affirme-t-elle. « Beaucoup n'avaient jamais demandé d'aide à personne. Et là, non seulement ils n'ont plus de quoi se nourrir, mais ils ne peuvent plus payer leur loyer ni l'électricité. » Le constat est net : le confinement a accéléré les inégalités. Pour 2020, le Secours populaire s'attend donc à un chiffre « largement supérieur » de demandes d'aide par rapport à l'année précédente. Dans les rues de la capitale, les files d'attente pour les distributions alimentaires continuent de s'allonger, face à l'afflux inédit de nouvelles personnes venant s'ajouter aux personnes précaires, dont la situation a empiré. Familles monoparentales, personnes âgées, étudiants-es, mais aussi intérimaires, ou travailleurs-ses indépendants-es : personne ne semble plus à l'abri de la précarité, selon le Secours populaire. « Ce qui nous inquiète particulièrement, c'est la fermeture de petites entreprises, comme celles du bâtiment ou de la restauration, qui représentent beaucoup d'emplois et qui sont obligées de licencier », poursuit Henriette Steinberg. « Vous n'avez qu'à regarder le nombre de rideaux baissés qui n'ont pas rouvert après le déconfinement, dit-elle. Ces anciens salariés, que personne n'aide aujourd'hui, ce sont eux les nouveaux visages de la pauvreté. Des gens qui vivaient modestement et discrètement, mais qui subvenaient à leurs besoins et qui, aujourd'hui, n'ont plus de quoi manger ». La situation que connaît la France, se retrouve ailleurs. Selon l’Onu, à l'échelle mondiale, la pandémie de Covid-19 pourrait faire basculer plus de 130 millions de personnes supplémentaires dans la faim chronique d'ici à la fin de l'année. En France, les étudiants-es, nombreux à occuper de petits boulots pour financer leurs études, sont eux aussi durement touchés par la crise, note l'association.

Un-e Français-e sur trois a subi une perte de revenus

Le Baromètre de la pauvreté Ipsos 2020 pour le Secours populaire indique que 33 % des Français-es estiment que leurs revenus leur permettent juste de boucler leur budget et 18 % confient ne pas y parvenir. Une descente financière qui s’explique par une perte de revenus entre les mois de février et d’août 2020 pour un tiers des Français-es. Un phénomène qui ne touche pas seulement les personnes qui ont perdu leur emploi, mais aussi les actifs, comme l’explique Jean Stellittano, secrétaire national du Secours populaire dans les colonnes de 20 minutes : « 43 % de ceux qui ont vu leurs revenus fondre sont des actifs. Car certains d’eux ont été mis au chômage partiel et leur entreprise n’a pas compensé la perte de salaire. D’autres n’ont pas pu faire d’heures supplémentaires et ceux qui cumulent deux emplois en ont parfois perdu un. Sans compter les chefs d’entreprise qui ont baissé leur rémunération ou ne se sont pas payés pour sauver leur boîte. Ou bien encore les sous-traitants de grosses boîtes qui ont perdu des contrats ».

Des inquiètudes pour demain

« Ce quotidien difficile [tel que décrit dans le baromètre, ndlr] se double d’une inquiétude forte en ce qui concerne l’avenir, pour soi, mais aussi et surtout pour ses enfants », souligne Amandine Lama, l’une des auteures de l’étude chez Ipsos : 57 % des Français-es ont craint de basculer dans la précarité, à un moment de leur vie. Ce niveau est supérieur de trois points à celui enregistré en  2019. Il est en constante augmentation depuis 2007 (+12 points). Les craintes sont encore plus fortes sur l’avenir des générations les plus jeunes : 81 % des personnes interrogées considèrent que le risque de pauvreté est plus élevé encore pour leurs enfants que pour eux-mêmes.

Baromètre effectué auprès de 1 002 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 16 ans et plus selon la méthode des quotas. Elles ont été interrogées par téléphone les 4 et 5 septembre 2020.

 

Commentaires

Portrait de jl06

Le Covid-19 pourrait ne jamais être éradiqué

 Lorsque nous n'étions encore qu'au début de la pandémie, plusieurs suppositions fusaient sur la manière dont le Covid-19 disparaîtrait. Certain·es espéraient que la chaleur estivale vaincrait le virus, d'autres pensaient que la stratégie de l'immunité collective serait efficace. Cependant, les mois passant, et malgré la pratique de la distanciation physique et le port du masque, la pandémie n'a pas encore disparu. Le virus s'étant propagé pratiquement partout dans le monde, les regards sont dorénavant tournés vers le développement d'un futur vaccin. Néanmoins, même lorsque celui-ci aura été trouvé et que des traitements efficaces contre le Covid-19 auront été mis au point, il est probable que le virus reste et ne disparaisse jamais.

Avec le temps, le nouveau coronavirus pourrait évoluer et devenir endémique. Le virus continuerait à être transmis de façon plus lente, et serait la source de quelques pics de contamination, réguliers mais modérés, comme c'est actuellement le cas pour la grippe. En effet, selon Nükhet Varlik, professeure d'histoire à l'université de Caroline du Sud, les précédents exemples de pandémies laissent peu d'espoir quant à la possibilité d'éradiquer complètement le Covid-19.

La variole, seule maladie éradiquée

Qu'elles soient bactériennes, virales ou parasitaires, quasiment toutes les maladies infectieuses qui se sont développées existent encore aujourd'hui, puisqu'il est presque impossible de les éradiquer complètement. À ce jour, la seule maladie totalement éradiquée dans le monde est la variole, et ce depuis 1980. Elle reste cependant une exception.

Prenons l'exemple de la malaria, aussi appelée paludisme. Transmise par des parasites, cette maladie est presque aussi vieille que l'humanité, et reste malgré tout un fardeau considérable. Pour la seule année 2018, on compte environ 228 millions de cas de malaria et 405.000 morts de cette maladie dans le monde, qui reste endémique dans certains pays. De même, des maladies comme la tuberculose, la lèpre ou la rougeole existent depuis des millénaires et n'arrivent pas à être éradiquées. Il faut ajouter à ces maladies anciennes des virus plus récents, comme le VIH ou Ebola, ainsi que la grippe ou le coronavirus (dont le SARS-CoV-2 qui a causé le Covid-19).

Même lorsque des vaccins sont trouvés, certaines maladies continuent à faire des victimes. C'est notamment le cas de la peste, l'une des maladies infectieuses les plus mortelles dans l'histoire de l'humanité, qui se manifeste encore régulièrement aux quatre coins de la planète.

Il faut espérer que le Covid-19 ne persistera pas pendant des millénaires. Toutefois, jusqu'à la découverte d'un vaccin efficace, et même probablement après, nous ne serons pas complètement protégé·es contre ce virus.