Canada : trop de procès , vraiment trop !

Publié par jfl-seronet le 12.01.2012
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"Poursuivre les personnes séropositives parce qu'elles n'ont pas fait état de leur séropositivité à leurs partenaires sexuels stigmatise ceux qui ont le VIH/sida, tout comme les personnes les plus à risque de contracter le virus, et ne protège pas les gens de l'infection", souligne un récent article (19 décembre) de Julio Montaner publié dans le "Canadian Medical Association Journal". Un coup de tonnerre dans un pays qui condamne à tour de bras.
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Coup de tonnerre certainement que cette tribune publiée mi décembre et dont les signataires sont trois médecins spécialistes du VIH dont Julio Montaner. Médecin au Centre d'excellence en VIH/Sida à l'Hôpital Saint-Paul de Vancouver, Julio Montaner est un très important expert du VIH/sida. A ce titre, il a présidé l'International Aids Society (IAS) qui organise la plus importante conférence sur le VIH/sida tous les deux ans.

Dans ce texte aussi remuant (le sujet fait toujours polémique) que passionnant (il pointe des faits marquants), les trois médecins mettent en parallèle un paradoxe. D’un côté, ils constatent que "de remarquables progrès de la médecine" dans le traitement du VIH/sida en "ont fait une maladie gérable". De l’autre que "le nombre de personnes inculpées et poursuivies pour avoir prétendument exposé au virus leurs partenaires sexuels a augmenté".

"Le Canada se classe maintenant parmi les pays de tête concernant le taux de ces poursuites", écrivent les médecins. L’agence de presse QMi rappelle que "deux cas de personnes accusées d'agression sexuelle et d'agression sexuelle grave pour ne pas avoir informé leurs partenaires de leur séropositivité seront entendus en Cour suprême le 8 février".

"Dans un cas, une femme a été condamnée par les tribunaux inférieurs, mais elle a été acquittée par la Cour d'appel, qui a constaté qu'elle n'avait pas exposé son partenaire à "un risque important de préjudice grave", parce que sa charge virale était indétectable pendant la période couverte par les accusations", précise QMI.

En cas de charge virale indétectable,
un risque de transmission "négligeable"

"Bien que certains aspects de cette affaire pourraient bien mériter une poursuite complète et équitable, il n'existe aucune preuve que les poursuites pénales pour non-divulgation du VIH/Sida protègent les individus contre l'infection", soutiennent les médecins.

Très clairement, les trois médecins indiquent que : "Les personnes vivant avec le VIH/Sida qui suivent le TAHA [traitement antirétroviral hautement actif , ndlr] pendant six mois, sans d'autres infections des voies génitales, présentent un risque négligeable de transmission du VIH, et donc ces personnes ne devraient pas être déclarées coupables pour avoir exposé au VIH des partenaires sexuels".

Autre phénomène dénoncé par les médecins : la couverture médiatique des affaires. Ils estiment que la grande couverture médiatique des cas de personnes accusées d'agression sexuelle pour avoir omis de divulguer leur séropositivité à un partenaire sexuel "peut dissuader des individus de dépister le VIH".