Cannabis : un livre relance les débats

Publié par jfl-seronet le 09.04.2011
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Bon sens du timing pour la sortie de l’ouvrage de Stéphane Gatignon, maire de Sevran (Seine-Saint-Denis) et de Serge Supersac, un ancien policier à la retraite, consacré à la légalisation du cannabis. Intitulé "La fin des dealers", cet ouvrage "plaide pour une sortie de la prohibition des drogues (cannabis principalement) afin de casser les mafias".
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"Aujourd’hui, le trafic de cannabis pose des enjeux de santé majeurs. Il gangrène la vie économique de certaines zones où le montant de l’économie parallèle représente 30% de la richesse, et où les trafiquants seront bientôt en posture de choisir les vainqueurs des futures élections. Car l’argent de la drogue ne reste pas dans les cités : il irrigue l’ensemble du tissu social et crée une société parallèle. Enfin, ce trafic entraîne une impossibilité de vivre ensemble par la faute de quelques groupes de délinquants", c’est ainsi que l’éditeur (Grasset) présente l’ouvrage "La fin des dealers". Si on parle de bon sens du timing, c’est parce que l’ouvrage relance un sujet idéal pour les campagnes électorales (celles de 2012) en étant suffisamment en amont des échéances pour que le sujet ne soit pas noyé sous le reste. Si on en croît "Le Parisien" qui a lu l’ouvrage les deux auteurs ne se lancent pas dans "une apologie des drogues douces. Ils pointent surtout l’échec de la politique de prohibition et de répression menée en France" depuis les années 70. "Pour en finir avec les dealers" et casser les réseaux mafieux, Stéphane Gatignon et Serge Supersac "proposent donc de mettre fin aux poursuites pour les consommateurs et d’organiser au niveau de l’Etat la production ainsi que la distribution de cannabis. Ils plaident également pour une vraie politique de prévention face à une drogue dont personne ne discute la nocivité."
Interviewé par "Le Parisien" (4 avril), Stéphane Gatignon explique : "La France est le pays d’Europe où les lois sont les plus répressives et où l’on fume le plus de cannabis. La pénalisation de cette drogue n’a pas empêché la consommation de masse. Tout le monde le sait, y compris les plus fervents défenseurs de la prohibition. C’est toute l’hypocrisie de la société française (…) Aujourd’hui, il faut concevoir les usagers du cannabis comme les consommateurs d’alcool ou de tabac. C’est une question de santé publique". L’élu va même plus loin et préconise : "La dépénalisation de l’usage du cannabis, sa légalisation et la mise en place d’une structure économique pour la vente. Pour rompre avec les narcotrafics internationaux, il est nécessaire de favoriser la cannabiculture en France. Pourquoi pas des champs de pavot ou d’herbe en Ile-de-France ? Il faudra aussi proposer du travail aux 100 000 dealers de rue, qui touchent entre 900 et 1400 euros par mois".
"La fin des dealers", par Stéphane Gatignon et Serge Supersac, éditions Grasset, 12 euros.