Consommation de cannabis : l’Académie de médecine charge encore

Publié par jfl-seronet le 10.04.2014
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Produitscannabis

Très régulièrement, l’Académie nationale de médecine monte à la charge contre la consommation de cannabis. Elle a récemment publié un nouvel avis qui dénonce la consommation et préconise des mesures très marquées par la contrainte, les interdictions… Explications.

Dans son dernier avis, l’Académie de médecine rappelle d’abord que "l’expansion de la consommation de cannabis a été multipliée par 4 entre 1993 et 2012" et qu’elle "affecte principalement les jeunes Français". "Ils sont les plus grands consommateurs en Europe. On dénombre en France 1 300 000 usagers réguliers et 550 000 consommateurs quotidiens". Ce constat a amené l’Académie nationale de médecine à rappeler la convergence des données neurobiologiques, cliniques et épidémiologiques attestant de la "toxicité somatique et psychique du cannabis". L’Académie nationale de médecine n’y va pas mollo et "souligne la gravité des conséquences de l’expansion de la consommation de cannabis. Ceci impose la mise en œuvre de mesures capables d’informer les jeunes et leurs éducateurs et de dissuader et punir ceux qui œuvrent pour cette pandémie". Evidemment, après avoir brossé ce tableau de fin du monde, l’Académie fait quelques recommandations.

Des propositions

L’Académie défend les "campagnes d’information qui doivent être mises en œuvre sur les dangers du cannabis et des cannabinoïdes de synthèse pour la santé physique et psychique, en particulier durant la période du développement du système nerveux, c'est-à-dire l’enfance et l’adolescence". Cela existe déjà, mais d’évidence, si on en juge par les chiffres rappelés par l’Académie elle-même, le succès en est limité. Ah oui, grande idée : "La lutte contre la consommation de cannabis doit-être érigée au rang de cause nationale".

Second point, les "effets délétères du cannabis et des cannabinoïdes de synthèse chez les personnes déjà porteuses de troubles mentaux justifient que les établissements accueillant ces malades veillent à prévenir toute forme de commerce et de consommation du cannabis en leur sein". Bon, en gros, il faut un contrôle renforcé des entrées dans les établissements spécialisés en psychiatrie. Autre lieu de privation de liberté : les prisons. L’Académie explique que "le taux de prévalence élevé des addictions en population carcérale doit être davantage pris en compte par l’autorité pénitentiaire, par la mise en œuvre d’actions de prévention auprès des populations concernées et, bien évidemment, par toutes mesures empêchant la circulation des drogues dans les lieux de privation de liberté".

Prévention et répression… pas très neuf comme solution. L’Académie demande aussi un plus grand contrôle pour empêcher l’achat de "matériels et de semences permettant la culture du chanvre indien" ; la "vente aux mineurs de vapoteurs", de pipes à eau, et de papier à cigarette "grand format" qui sont détournés pour la consommation du cannabis".

Bon, pas certain que cette nouvelle initiative fasse avancer le débat… ni les solutions concernant la consommation de ce produit.