Covid-19 : ça mérite un rappel !

Publié par jfl-seronet le 30.03.2023
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ThérapeutiqueCovid-19

Ces dernières semaines, pas mal d’infos sur les avancées de la recherche en matière de Covid-19, tout spécialement sur les vaccins et l’efficacité des rappels. Rappels qui protègent. Des études montrent que la vaccination améliore légèrement les symptômes en cas de « Covid long ». On en sait un peu plus sur le calendrier des vaccinations anti-Covid en 2023. Du nouveau aussi concernant le dépistage Covid-19 et son remboursement. À l’étranger, c’est toujours le bras de fer entre la Chine et les États-Unis à propos de la pandémie.

Dépistage et remboursement

Jusqu’à présent, les personnes vaccinées contre la Covid-19 pouvaient effectuer un test intégralement pris en charge par la Sécurité sociale (100 %). Depuis le 28 février, les tests Covid ne sont plus entièrement et systématiquement pris en charge par la Sécurité sociale y compris auprès des Français-es vaccinés-es, même si ce remboursement intégral est maintenu pour certaines catégories (professionnels-les de santé, personnes âgées de plus 65 ans, enfants). « Le ralentissement notable de la circulation du virus Sars-CoV-2 permet d’adapter la stratégie de dépistage en la rapprochant des règles de prise en charge de droit commun », estime le ministère de la Santé dans un arrêté paru au Journal officiel (JO), fin février. Cette prise en charge à 100 % sera également possible pour les personnes en ALD. Pour tous les cas où un remboursement total n’est plus prévu, l’Assurance maladie en prendra toutefois toujours une grande partie à sa charge : 70 % quand le test est effectué par un-e médecin ou un-e pharmacien-ne, 60 % quand il est fait par un-e infirmier-ère ou un-e kinésithérapeute. Le reste sera pris en charge par la mutuelle si on en possède une. En tenant compte de ce que rembourseront les mutuelles, « la très grande majorité » des Français-es n’aura toujours rien à payer, a assuré le ministère de la Santé dans un communiqué précisant l’impact de la mesure.

Vaccinations en 2023

La Haute autorité de santé (HAS) a été saisie sur la question de l'anticipation des campagnes de vaccination contre la Covid-19 en 2023, alors que le virus du Sars-CoV-2 circule toujours sur le territoire. Dans un récent avis (24 février), la HAS recommande de prévoir une campagne de rappel à l'automne pour les personnes à risque de forme sévère, en même temps que la campagne de vaccination contre la grippe. Elle préconise également que, dans l'intervalle, les « personnes à très haut risque puissent bénéficier d'une dose supplémentaire si leur état de santé et leur niveau de protection vaccinale le nécessitent ». La HAS recommande donc d’organiser une campagne de rappel, l’automne prochain, pour toutes les personnes à risque de forme sévère et de faire un rappel possible dans l'intervalle pour les plus vulnérables d'entre elles. Pour être précis, la HAS recommande « l'administration d'une dose de rappel à l'automne 2023 pour les personnes à risque de forme grave de la maladie ainsi que les personnes de leur entourage ou en contact régulier avec elles (dont les professionnels-les des secteurs sanitaire et médicosocial) : les personnes atteintes de certaines comorbidités quel que soit leur âge, les personnes âgées de 65 ans et plus ainsi que les femmes enceintes ». Par ailleurs, en complément, parce que leur protection vaccinale diminue plus vite et plus fortement, la HAS « recommande que les personnes âgées de 80 ans et plus, les personnes immunodéprimées et les personnes à très haut risque de la maladie puissent bénéficier d'un rappel supplémentaire dès le printemps. Cette vaccination doit tenir compte de la situation médicale de ces personnes, dans le cadre d'une décision médicale partagée avec l'équipe soignante ». Cette nouvelle dose est recommandée dans un délai d'au moins six mois depuis la dernière dose ou infection, et ce, quel que soit l'âge de la personne ou le nombre de rappels précédents. En matière de choix du vaccin, la HAS recommande préférentiellement l'utilisation des vaccins à ARNm bivalents adaptés à Omicron quel(s) que soi(en)t le(s) vaccin(s) administré(s) précédemment.

Les rappels protègent

Si, à ce stade, il est impossible de prédire précisément l'évolution du virus Sars-CoV-2, la Haute autorité de santé (HAS) considère « néanmoins probable que la situation sanitaire de cette année [2023] se caractérise par des reprises épidémiques périodiques causées par un variant proche des variants qui circulent actuellement ». Pour la HAS, La « vaccination est un outil efficace pour protéger des conséquences de la Covid-19, et le rappel prolonge cette protection dans le temps ». Une étude récente conduite en France par EPI-PHARE confirme ainsi, qu'en comparaison à l'absence de vaccination, l'efficacité d'une dose de rappel par vaccin à ARNm monovalent (les premiers qui ont été déployés) sur le risque d'hospitalisation est de 82 % deux mois après la dernière injection et de 52 % à plus de neuf mois de celle-ci. Par ailleurs, la HAS a également pris en compte les données concernant la protection supplémentaire apportée par l'administration d'une dose de rappel avec un vaccin à ARNm bivalent contre la survenue d'infections symptomatiques, les hospitalisations et les décès. Les études montrent notamment que « l'administration d'une dose de rappel avec un vaccin bivalent apporte une protection supplémentaire contre la survenue d'infections symptomatiques (de 21 à 56 %), contre les hospitalisations (de 31 à 84 %) et contre les décès (86 %) par rapport à l'absence de rappel ». Cette protection baisse avec le temps. Cette baisse de protection varie selon l'âge (elle est plus rapide chez les personnes de 80 ans et plus) et selon le critère de jugement considéré (baisse de protection contre les infections plus précoce que contre les formes graves).

La Chine fustige les propos du FBI

Polémique. Le gouvernement chinois a estimé (1er mars) que le FBI entamait sa crédibilité après des propos de son directeur estimant qu’un accident de laboratoire dans la ville chinoise de Wuhan était « très probablement » à l’origine de la pandémie de Covid-19 dans le monde. Les déclarations de Christopher Wray à la chaîne d’information Fox News intervenaient deux jours après qu’un ministère américain, celui de l’Énergie, ait avancé une position similaire. Le FBI « ressort cette théorie d’une fuite de laboratoire, ce qui n’est en aucun cas en mesure de discréditer la Chine, mais ne fait qu’entamer encore davantage sa propre crédibilité », a réagi Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. « Étant donné les mensonges, les tromperies et les innombrables méfaits commis par les services de renseignement américains, leurs conclusions n’ont absolument aucune crédibilité », a-t-elle souligné. De nouveaux éléments de renseignement auraient fait basculer l’analyse du ministère du côté de l’hypothèse de la fuite, selon des sources anonymes citées par le Wall Street Journal, le New York Times et CNN, précise l’AFP. Dans son interview, Christopher Wray a également accusé la Chine de tenter de bloquer l’enquête menée par les États-Unis sur les causes de la pandémie qui a surgi début 2020, tuant depuis près de sept millions de personnes et bousculant la marche du monde pendant des mois. « Le gouvernement chinois (...) a fait de son mieux pour essayer de contrecarrer et embrouiller le travail que nous faisons, le travail que notre gouvernement américain et nos proches partenaires étrangers » sont en train d’effectuer, a-t-il assuré. Pékin conteste vigoureusement ces affirmations. « Les États-Unis devraient respecter la science et les faits, coopérer au plus vite avec l’OMS, inviter des experts internationaux à mener des recherches sur l’origine du virus et partager les résultats des recherches avec la communauté internationale », a déclaré, de son côté, Mao Ning. Pour la communauté scientifique, il est crucial de déterminer l’origine de la pandémie du Covid-19, afin de mieux prévenir et combattre une prochaine vague épidémique.

Une loi de transparence

Le président américain Joe Biden a annoncé lundi 20 mars dans un communiqué avoir promulgué une loi qui permet de déclassifier des documents concernant les origines de la pandémie de Covid-19, apparue en Chine. « Nous devons aller au fond des choses en ce qui concerne les origines de la pandémie de Covid-19 pour assurer que nous saurons mieux prévenir les pandémies futures », a indiqué la président américain. « Mon administration va déclassifier et publier le plus possible d’informations », dans le respect toutefois de la « sécurité nationale », a promis Joe Biden. Porté au départ par l’opposition républicaine, ce texte a finalement fait l’objet d’un consensus massif avec les Démocrates, puisqu’il a été voté à l’unanimité de la Chambre des représentants — à majorité conservatrice. C’est d’autant plus notable que la pandémie a creusé des clivages partisans particulièrement profonds aux États-Unis, que ce soit sur la vaccination ou les mesures de prévention.

Italie : enquête en vue

Il n’y a pas qu’en France que se développent les critiques, voire les doutes sur la gestion politique de la Covid-19. L’ex-Premier ministre italien Giuseppe Conte, en fonction au début de la pandémie de Covid-19, est ainsi visé par une enquête pour de possibles négligences dans sa gestion de cette crise sanitaire, ont rapporté (2 mars) des médias italiens. Le parquet de Bergame (Lombardi) qui avait été l’un des principaux foyers de coronavirus à son arrivée en Europe, a clos, au bout de trois ans, son enquête, selon les principaux quotidiens dont Il Corriere della Sera. Giuseppe Conte, Premier ministre de 2018 à 2021, et actuel président du Mouvement Cinq Étoiles (parti populiste dans l’opposition), avait été entendu dès juin 2020 par un magistrat sur la gestion de cette crise. Les magistrats-es soupçonnent Giuseppe Conte et son gouvernement d’avoir sous-estimé la diffusion du virus bien que les données à sa disposition montraient que la situation à Bergame et la région alentour empirait rapidement, et ce alors que les forces de l’ordre étaient déjà prêtes à isoler ces zones du reste du pays. Les magistrats-es leur reprochent, en particulier, de ne pas avoir créé les conditions d’isolement aux débuts de l’épidémie de deux villes particulièrement touchées par la Covid-19. Selon l’hypothèse formulée par les procureurs-es de Bergame, qui se fondent sur des expertises scientifiques, le confinement de cette zone de Bergame aurait permis de sauver plusieurs milliers de vies. Giuseppe Conte, cité notamment par  Il Corriere, a réagi à cette annonce en se disant « serein », assurant « avoir agi avec le plus grand engagement et un grand sens des responsabilités durant l’un des moments les plus durs vécus par notre République ».

Vaccination et Covid long

Bonne nouvelle. De premières données suggéraient un effet de la vaccination contre la Covid sur les symptômes prolongés de l’infection (Covid long), des résultats issus de la cohorte française ComPare (communauté de patients-es pour la recherche de l’AP-HP), publiés dans le BMJ Medicine, semblent conforter cet impact, explique le Quotidien du Médecin. Cette étude avait pour objectif de déterminer si « les vaccins peuvent être un traitement en mesure de réduire les symptômes de la Covid long », a expliqué au journal médical le Dr Viet-Thi Tran, épidémiologiste, co-investigateur de ComPaRe (université Paris Cité/AP-HP) et premier auteur. Cet essai s'appuie sur les données de la cohorte ComPaRe Covid long créée en octobre 2020. Les participants-es, tous-tes atteints-es de Covid long et inclus-ses avant le 1er mai 2021, ont été soumis-es tous les 60 jours à une évaluation. « Au total, 910 patients (âge moyen de 47 ans et 80,5 % de femmes) ont été inclus dans les analyses : 455 dans le groupe vacciné et 455 dans le groupe contrôle. Ces 455 paires de personnes vaccinées et non vaccinées ont été appariées selon plusieurs variables telles que l'âge, le sexe, le niveau d'éducation, les comorbidités, l'hospitalisation pendant la phase aiguë de l’infection et la gravité du Covid long », détaille le Quotidien du Médecin. Il en ressort que la vaccination a permis de réduire le nombre de symptômes persistants de la Covid : à 120 jours, le groupe « vacciné » déclarait en moyenne 13 symptômes contre 14,8 dans le groupe contrôle. Surtout, la vaccination a doublé le taux de patients-es en rémission : 16,6 % contre 7,5 %. « Concernant l’impact du Covid long sur la vie quotidienne, mesuré sur une échelle allant de 0 (aucun impact) à 60 (impact maximal), celui-ci est également réduit par la vaccination. À 120 jours, la note moyenne était de 24,3 chez les vaccinés contre 27,6 chez les non-vaccinés », précise le quotidien médical.