Covid-19 : comment se contamine-t-on ?

Publié par jfl-seronet le 20.03.2021
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InitiativeCovid-19

On a longtemps tâtonné pour répondre à cette question. On échafaudait des hypothèses. On supputait. On en sait maintenant bien plus, grâce aux résultats de l’étude ComCor (1). Cette dernière porte sur les « facteurs sociodémographiques, comportements et pratiques associés à l’infection par le Sars-CoV-2 ». Elle a été menée par l'Institut Pasteur, en partenariat avec la Caisse nationale d’assurance maladie, l’institut Ipsos et Santé Publique France.

Les circonstances de contamination

Pas moins de 45 % des personnes infectées connaissent la personne source qui les a infectées, 18 % suspectent un évenement particulier sans connaître la personne qui serait source de l’infection et 37 % ne savent pas comment elles se sont infectées, indique l’étude. Quand la personne source est connue, il s’agit avant tout d’une personne qui vit au même domicile (42 %), puis d’une source extra-domiciliaire qui relève de la famille élargie (21 %), d’une source professionnelle (15 %), d’amis-es (11 %) ou autre (11 %). Les réunions privées, avec famille élargie et amis-es, et le travail en bureaux partagés, constituent les circonstances de transmission du virus les mieux identifiées, indique l’étude. Les repas, aussi bien en milieu privé que professionnel, sont les circonstances les plus fréquemment rapportées à l’origine de ces transmissions. Les chercheurs-ses notent que le sur-risque associé aux réunions privées diminue entre octobre 2020 et janvier 2021, « témoignant sans doute d’une meilleure gestion des risques par les participants lors de ces réunions ».

Encore trop souvent (37 % des cas pour les transmissions hors du domicile), la « personne source de l’infection » était symptomatique au moment du contact infectant. C’est particulièrement vrai en milieu professionnel (46 % des cas).L’analyse de plus de 10 000 contacts uniques extra-domiciliaires à l’origine d’une infection montre que ce contact a eu lieu à l’intérieur avec fenêtres fermées dans 80 % des cas, à  l’intérieur avec fenêtres ouvertes dans 15 % des cas, et à l’extérieur dans 5 % des cas.

Données concernant l’isolement

Les personnes malades s’isolent vis-à-vis des personnes vivant hors de leur foyer, mais attendent de plus en plus le retour du résultat du test pour s’isoler au détriment d’un isolement dès le début des symptômes. Les personnes concernées s’isolent moins souvent vis-à-vis des personnes vivant au sein de leur foyer (60 %) qu’elles ne le font vis-à-vis des personnes qui vivent hors de leur foyer (98 %). « Cependant, sans doute parce que l’accès au test est plus rapide en janvier 2021 comparé à octobre 2020, le délai moyen entre le début des symptômes et l’isolement est passé de 1,7 jour en octobre à 1,3 jour en janvier », constatent les auteurs-rices de l’étude.

Écoles ouvertes et conséquences

Pas de panique, mais avoir un-e enfant scolarisé-e, au sein du foyer, représente un sur-risque d’infection pour les adultes, notamment ceux-celles gardés-es par une assistante maternelle (+39 %), et ceux-celles qui vont au collège (+27 %) et au lycée (+29 %). « Avec une exception toutefois : avoir un enfant scolarisé en primaire n’a pas été jusqu’à maintenant associé à un sur-risque d’infection pour les adultes vivant dans le même foyer », note l’étude. Depuis janvier 2021, on note une augmentation des infections intra-domiciliaires vers les adultes dues à des enfants de moins de 11 ans.

Risques au travail

Les catégories professionnelles les plus à risque sont, par ordre croissant de sur-risque, les cadres de la fonction publique, les ingénieurs-es et les cadres techniques d’entreprise, les cadres administratifs-ves et commerciaux-les d’entreprise, les chefs-fes d’entreprise de dix salariés-es ou plus, les professions intermédiaires de la santé et du travail social, et les chauffeurs-ses. Les catégories professionnelles les moins à risque sont, par ordre décroissant, les employés-es civils-es et agents-es de service de la fonction publique, les employés-es administratifs-ves de l’entreprise, les retraités-es, les professions intermédiaires administratives de la fonction publique, les personnels des services directs aux particuliers-ères, les policiers-ières et militaires, les professeurs-es des écoles et instituteurs-rices, les professions intermédiaires administratives et commerciales de l’entreprise, les professeurs-es et professions scientifiques, et les agriculteurs-rices.

Les autres catégories professionnelles sont considérées comme ayant un risque « moyen » d’infection. On trouve : les artisans-es et ouvriers-ières- artisans-es, commerçants-es et assimilés-es, professions libérales, professions de l’information, des arts et des spectacles, techniciens-nes, contremaîtres et agents-es de maîtrise, employés-es de commerce, ouvriers-ières qualifiés-iées de type industriel, étudiants-es, chômeurs-ses et inactifs-ves.

Les transports en commun n’ont pas été associés à un sur-risque d’infection. Le co-voiturage l’a été (+58 %). Le télétravail protège (-24 % pour le télétravail partiel, -30 % pour le télétravail total par rapport à des personnes effectuant le même travail en bureau).

Lieux fréquentés et impliqués

Surprenant… alors qu’ils ont beaucoup été fermés ou limités, voire interdits, mais les cours en amphithéâtre ou en salle pour la formation continue, le sport en extérieur, et la fréquentation des lieux de culte, des commerces, et des salons de coiffure, n’ont pas été associés à un sur-risque d’infection, indique l’étude ComCor. La fréquentation des lieux culturels n’a pas été associée à un sur-risque d’infection pendant la période où ils étaient ouverts (octobre). Le risque n’a pas pu être ré-évalué depuis leur fermeture en novembre, indiquent les auteurs-rices. La fréquentation des salles de sport en intérieur a été associée à un sur-risque à la limite de la significativité statistique pendant la période où elles étaient ouvertes (octobre). Le risque n’a pas pu être ré-évalué depuis leur fermeture en novembre. La fréquentation des bars et des restaurants a été associée à un sur-risque d’infection pendant la période où ils étaient ouverts (octobre). Le risque n’a pas pu être ré-évalué depuis leur fermeture en novembre.

Les déplacements à l’étranger ont été associés à un sur-risque d’infection (+53 %).

Ces résultats sont conformes aux données de la littérature internationale, et notamment les études de Fisher (MMWR, 2020), Chang (Nature, 2021), et la très récente étude de cohorte américaine de Nash (medRxiv, 2021) (2). Il apparait également que les clusters et épisodes de transmission bien caractérisés sont très majoritairement identifiés en espaces intérieur comparé à extérieur (Weed & Foad, medRxiv, 2020 ; Cevik M, CID, 2020 ; Bulfone, JID, 2021) (3).

Conclusion

Les auteurs-rices expliquent qu’il faut « continuer de bien communiquer sur les risques associés aux rencontres, notamment en milieu fermé sans aération, et sans respect des gestes barrières. Ce sont vraisemblablement les principales sources de transmission du virus ». Il faut aussi « insister sur l’importance de mettre un masque, de respecter les autres gestes barrières, et de s’isoler immédiatement dès le début des symptômes, et non pas au retour des résultats du test ». La contagiosité est maximale dans les cinq jours qui suivent le début des symptômes. « L’isolement doit se faire également vis-à-vis des personnes du même foyer, et il est important d’avoir recours aux services offerts par la Caisse nationale d’assurance maladie pour organiser l’isolement quand il est difficile » à réaliser par soi-même. « Il est essentiel de ne pas se rendre sur son lieu de travail si l’on est symptomatique », rappelle l’étude. Autre point concernant les écoles : « Avoir un enfant qui va au collège ou au lycée représente le sur-risque le plus important pour les adultes. Vis-à-vis des plus petits, le sur-risque pour les adultes semble plus important si les enfants sont gardés par une assistante maternelle comparés aux enfants qui vont en crèche ». Du côté du travail : les catégories professionnelles exerçant en milieu clos (chauffeurs-es), et celles associés avec de fréquents contacts avec d’autres personnes, qui semblent plus exposées. « Il est important en milieu professionnel d’aérer le lieu de travail, de s’assurer que les contacts inter-individuels sont protégés, notamment lors des réunions physiques, en bureau partagé, et lors de la restauration. Privilégier le télétravail quand il est possible ». Par ailleurs, il « n’y a pas de sur-risque documenté dans les transports en commun, probablement parce que les gestes barrières peuvent y être respectés. Attention au co-voiturage qui reste une circonstance importante et stable de transmission au cours de la période d’étude ». « La fréquentation des lieux publics où les gestes barrières peuvent être respectés (commerces, salles de cours, amphithéâtres, lieux de culte et salons de coiffure), n’a pas été associée à un sur-risque d’infection dans l’étude ». « Le sport en extérieur peut être recommandé tant que la distance physique est respectée ».

Mise en garde

Les auteurs-rices de l’étude préviennent que « tous ces résultats pourraient être remis en question par l’arrivée des variants anglais, sud-africains et brésiliens sur le territoire français ». Le variant anglais est environ 50 % plus transmissible que le virus traditionnel. Les modes de transmission semblent être les mêmes, mais la contagiosité est supérieure, et la durée d’excrétion du virus chez les personnes infectées pourrait être plus longue. Des chercheurs-ses européens-nes rapportent des « épidémies dans les crèches, maternelles, et écoles élémentaires qui n’avaient pas été rapportées jusqu’à présent, sans que l’on puisse savoir s’il s’agit d’une meilleure surveillance dans les écoles, d’une circulation visible car ces lieux sont souvent les derniers à rester ouverts en cas de circulation active du virus en communauté, ou d’un tropisme particulier du virus pour les enfants », expliquent ainsi les chercheurs-ses français-es. 

Source : étude des facteurs sociodémographiques, comportements et pratiques associés à l’infection par le Sars-CoV-2 (ComCor). Institut Pasteur : Unité d’épidémiologie des maladies émergentes : Simon Galmiche, Tiffany Charmet, Laura Schaeffer, Rebecca Grant, Arnaud Fontanet. Unité de modélisation des maladies infectieuses : Juliette Paireau, Simon Cauchemez. Centre pour la recherche translationnelle : Olivia Chény, Cassandre Von Platen. Caisse nationale d’assurance maladie : Alexandra Maurizot, Carole Blanc, Annika Dinis, Sophie Martin. Institut Ipsos : Faïza Omar, Christophe David. Sorbonne Université, Inserm, IPLESP, Hôpital Saint-Antoine, APHP : Fabrice Carrat. Santé Publique France : Alexandra Septfons, Alexandra Mailles, Daniel Levy-Bruhl.


(1) : Les résultats présentés sont ceux de l’analyse intermédiaire, au 1er mars 2021.
(2) : Fisher KA, Tenforde MW, Feldstein LR, et al. Community and Close Contact Exposures Associated with Covid-19 Among Symptomatic Adults ≥18 Years in 11 Outpatient Health Care Facilities - United States, July 2020. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2020 ; 69 : 1258–64.
(3) : Bulfone TC, et al. Outdoor transmission of Sars-CoV-2 and other respiratory viruses: a systematic review. J Infect Dis. 2021 ; 223 : 550-561.


Étude ComCor
L’étude ComCor, qui couvre à ce jour la période du 1er octobre 2020 au 31 janvier 2021, a inclus 77 208 participants-es avec infection aiguë par le Sars-CoV-2, hors personnels soignants (8,2 % des personnes contactées par mail par la Caisse nationale d’assurance maladie). L’étude permet de décrire les lieux et les circonstances de contamination. Elle compare également les comportements de 8 702 de ces cas avec ceux de 4 351 témoins identifiés par l’institut Ipsos et appariés sur l’âge, le sexe, le lieu, et la date. Les résultats publiés en mars dernier portent donc sur les quatre premiers mois de l’étude.

 

Commentaires

Portrait de jl06

"Il aurait fallu anticiper au-delà des Alpes-Maritimes", estime Dominique Costagliola, de l’Académie des Sciences PAR JEAN-FRANÇOIS ROUBAUD Mis à jour le 19/03/2021 à 22:21 Publié le 20/03/2021 à 09:30

Dominique Costagliola salue la décision du gouvernement, tout en la jugeant beaucoup trop tardive.

 

Dominique Costagliola salue la décision du gouvernement, tout en la jugeant beaucoup trop tardive. (Photo DR)

Mieux vaut tard que jamais... C’est en résumé le sentiment de Dominique Costagliola, après l’annonce jeudi soir d’une nouvelle formule après les deux premiers confinements de mars et de novembre.

Directrice de recherche à l’Institut Pierre-Louis, membre de l’Académie des sciences, cette épidémiologiste qui, il y a quelques semaines, recevait le Grand Prix de l’Inserm pour son travail remarquable sur le front de la lutte contre la pandémie de Covid salue la décision du gouvernement... tout en estimant qu’elle est trop tardive.

Et qu’en prime, cette saison 3 du confinement n’est pas assortie des mesures d’accompagnement, notamment dans les écoles et collèges qu’elle préconise depuis bientôt un an.

LE VIRUS NE CONNAÎT PAS LE PRINCIPE DU "EN MÊME TEMPS"

Tardive à cause d’une politique de l’"en-même-temps-isme"que Dominique Costagliola juge préjudiciable tant sur le plan sanitaire qu’économique.

"Face à un virus qui est obsessionnel et ne dévie jamais de sa route, les demi-mesures nous condamnent à combler les fuites en permanence. Et, du coup, c’est sans fin. Je prône un confinement strict depuis des mois. Il aurait selon moi l’avantage de rompre la chaîne de contamination - ce qui a été fait avec succès à Mayotte - tout en permettant à la campagne de vaccination d’avancer, certes à un rythme trop lent, mais suffisamment pour qu’au terme de ce confinement les personnes susceptibles de développer des formes graves, voire létale - n’oublions pas que, nous savons depuis peu, que la létalité du variant anglais est 60 % plus importante que celle de la souche initiale de la Covid - soient hors de danger et que la pression sur les services de réanimation ne soit plus qu’un mauvais souvenir."

L’équation sur le plan sanitaire pour l’épidémiologiste de l’institut Pierre Louis est évidente. Sur le plan économique, son analyse est là même : « Est-ce que notre économie souffrirait plus d’un confinement strict augurant à son terme d’une reprise totale de l’activité que de ces incessants va-et-vient de demi-mesures ? Je crois que le pari du tout en même temps n’est pas raisonnable. »

DES PROTOCOLES ULTRA-STRICTS POUR RECOUVRER LA LIBERTÉ ?

En décrétant un confinement - même s’il ne dit pas son nom - dans 16 départements, le gouvernement n’aurait cependant pris la mesure de la réalité épidémiologique qu’en apparence : « Franchement, est-ce que le variant britannique de la Covid va limiter son expansion aux régions ciblées par les mesures annoncées par M. Castex ? Bien évidemment non ! Je comprends que ces décisions soient difficiles à prendre, parce qu’elles sont difficiles à vivre pour les Français. Mais comment peut-on leur laisser à croire que, tôt ou tard, et je dirais même très vite, les départements aujourd’hui épargnés ne connaîtront pas la même flambée épidémique que celle constatée dans les Alpes-Maritimes, les Hauts-de-France ou l’Ile-de-France ? De mon point de vue, il eut été sage d’anticiper partout en France. Ce que l’on constate en Normandie où, en quelques jours, le taux d’incidence a grimpé en flèche démontre que ce virus ne connaît ni trêve, ni zone de non-contamination. »

Mais par-dessus tout, ce sont les mesures sanitaires d’accompagnement qui feraient défaut à ce nouveau confinement. Dominique Costagliola pointe la question scolaire : « On peut d’ailleurs la lier à celle des restaurants d’entreprise. Si en milieu scolaire, les protocoles sanitaires se limitent à l’obligation du port du masque, on ne brisera pas la chaîne de contagion. Je suggère depuis le printemps dernier que les protocoles sanitaires dans les écoles s’appuient sur l’installation d’instrument de mesure du CO2 dans l’air des zones pédagogique, sur des protocoles stricts d’aération et sur l’instauration partout de demi-jauge. C’est à ce prix-là qu’on pourra efficacement rompre le cercle vicieux de la contagion. C’est à ce prix-là qu’on pourra retrouver enfin une vie normale ! »

Portrait de Butterfly

Bonjour 

Faudrait dire aux gens que même vacciné ils seront tjrs contaminant ou contagieux bref OK c'est comme le vaccin de la grippe car là on va aller sur de grave relachement même si la covid sera moins dangereux ENFIN NO PREUVE APrés le VACCIN mais on peut l'attraper et le passer tjrs ............................................................ 

Perso ma CV est détectable aprés le 1er vaccin astrazeneca mais bon avec les autres ce sera pareil je pense ... vih depuis 86 mais bon je veux vivre encore ............................................................................................................................................... Désolé pour l'état. JE coute pas cher a part les traitements et ne suis pas une assistée encore mais va le devenir j'ai tout perdu TAF POUR discrimination de handicap invisible et ouai !! dit pas les chefs indirectement donc ministère des armées et personne pour me défendre si vous connaissez merci je suis travailleurs handicapé depuis 97 et a 80% depuis le 20 Mars 2020 mdr ILS CE SONT DIT ELLE VA CRevé surement donc on lui donne les 80% mais j'ai lutté et fait tribunal 20 ans pour l'avoir en même temps - BREF mERci POUR AVOIR UNE PERSONNE DE LA JUSTICE POUR HARCELEMENT MORAL MERCI !! les syndicats font rien enfin me le dise et Gt dans le secteur privé mais vu mes fatigues jai voulu la sécu de l'emploi snif snif

Respectueusement