Covid-19 : le vaccin fait encore campagne

Publié par jfl-seronet le 13.12.2022
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ThérapeutiqueCovid-19

Cette période a été marquée par la publication d’une nouvelle autorisation de l’EMA concernant les vaccins contre Omicron en tant que vaccin initial. Une vaccination que les autorités françaises encouragent fortement. Du côté des politiques, ce fut le mic-mac avec les discussions sur la réintégration des soignants-es non-vaccinés-es. Côté international, la Chine annonce un allègement général des règles sanitaires. Autre initiative en France, un appel d’associations de malades au port du masque obligatoire dans les transports et les lieux clos.

Vaccins contre Omicron en vaccin initial

L’Agence européenne de surveillance des médicaments (EMA) a déclaré mardi 6 décembre que deux vaccins contre la Covid ciblant des sous-variants d’Omicron pouvaient désormais être utilisés pour les premières injections, et pas seulement pour les rappels. L’EMA avait respectivement, en septembre et en octobre, approuvé les vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna contre les types BA.4 et BA.5, mais seulement chez les personnes ayant déjà reçu leur première dose. Le régulateur européen a souligné que son groupe de travail d’urgence avait décidé que les deux vaccins pouvaient à présent « être utilisés pour la primovaccination ». Ces vaccins ne sont actuellement autorisés qu’en tant que rappels et peuvent être utilisés pour les adultes et les enfants.  La décision a été prise après avoir examiné les études de laboratoire sur la réponse immunitaire des vaccins dits « bivalents », qui ciblent les nouveaux types d’Omicron ainsi que le virus original de la Covid qui a émergé en Chine fin 2019. La sécurité des rappels était « comparable à celle des vaccins ARNm originaux », a-t-elle ajouté. Alors que les précédents « variants préoccupants » comme Alpha et Delta ont fini par disparaître, Omicron et ses sous-lignées ont dominé tout au long de l’année 2022. Les types BA.4 et BA.5 ont notamment contribué à une hausse du nombre des nouveaux cas de la maladie en Europe et aux États-Unis au cours des derniers mois.

Appel pour le port du masque obligatoire

Sortons masqués-es. Douze associations de malades (ADMD, AFH, Aider à Aider, Alliance du cœur, ANDAR, ELLyE, Fédération Caire, FFAAIR, Les Séropotes, Patients en réseau, Renaloo, RoseUp) exhortent le gouvernement à imposer de nouveau le port du masque obligatoire dans les transports, pharmacies et autres magasins bondés en ces fêtes de fin d’année. Elles ont publié une tribune dans les colonnes du Parisien (7 décembre). Les signataires y insistent sur les risques de la situation actuelle : « Ils concernent non seulement les plus fragiles, mais aussi notre système hospitalier, qui pourrait se retrouver submergé, à la veille des fêtes de fin d’année ». Et les auteurs-rices de la tribune d’expliquer : « La vaccination contre la grippe et la Covid est une stratégie de première importance. Mais le bât blesse puisque, de l’aveu même du ministre de la Santé, les niveaux de vaccination sont très insuffisants. Les campagnes de vaccination Covid et grippe de cet automne sont à ce jour un échec cuisant (…) il semble désormais trop tard pour que la vaccination puisse à elle seule contenir une situation qui se dégrade de jour en jour ». Pour elles et eux, le port du masque est désormais une solution à privilégier face à une « situation » qui « n’est plus tenable ». « Face à sa gravité et à ses enjeux, nos associations appellent à ce que le port du masque redevienne obligatoire dans les espaces de grande promiscuité. Le masque, c’est parfois pénible à porter (…) Mais aujourd’hui, cet outil dont l’utilité est démontrée, doit contribuer à faire baisser la pression sur les établissements de santé et les professionnels qui y exercent. Il doit aussi contribuer à la protection solidaire des plus vulnérables, en leur permettant d’échapper aux risques de contracter le virus, et parfois d’en mourir ». Et de conclure : « Protégeons hôpital. Protégeons les patients. Protégeons les soignants. Protégeons les plus vulnérables d’entre nous. Protégeons-nous les uns les autres ».

Réintégration des soignants-es non-vaccinés-es

Les députés-es du Rassemblement national vont remettre à l'ordre du jour de l'Assemblée la proposition de loi controversée de leurs adversaires de la France insoumise (LFI) sur la réintégration des soignants-es non vaccinés-es contre la Covid, à l'occasion de leur journée réservée en janvier. Ce texte fait partie d'une série de propositions de loi que le groupe de Marine Le Pen a inscrit à l'agenda de sa « niche » parlementaire du 12 janvier dans l'hémicycle. Pour la réintégration des soignants-es non-vaccinés-es, le RN a choisi de reprendre une proposition de loi de LFI portée par la députée Caroline Fiat, plutôt que de défendre son propre texte qui aurait moins de chances d'être adopté. Le RN a toutefois échoué à obtenir que l'un-e de ses députés-es soit désigné-e co-rapporteur-rice. Les autres groupes s'y sont opposés lors d'un vote en commission. La députée LFI Caroline Fiat « en restera l'unique rapporteure », a souligné son groupe dans un communiqué. « Le texte sera donc examiné lors de la niche RN ; s'ils souhaitent nous laisser la moitié de leur niche, libre à eux », ont ajouté les parlementaires LFI. L'examen tronqué de cette proposition de loi, lors de la journée réservée de LFI le 24 novembre, avait créé de vives tensions. Les oppositions semblaient en passe de pouvoir l'adopter, mais le camp présidentiel, opposé à cette mesure, avait joué la montre en prolongeant les débats jusqu'à minuit, horaire couperet. Les oppositions de tous bords avaient fustigé « obstruction » et « mépris ». Marine Le Pen a expliqué avoir décidé de reprendre l'examen du texte là où il s'était arrêté ; ce qui lui permet, une nouvelle fois, de créer des remous dans la Nupes.

Les députés-es LFI ont annoncé mercredi 6 décembre retirer leur proposition de loi sur la réintégration du personnel non-vacciné des établissements de santé, un texte que le RN avait décidé d’inscrire à l’agenda de sa journée réservée à l’Assemblée en janvier. « Les soignants suspendus n’ont pas vocation à servir les coups de communication du RN », a justifié le groupe des députés-es Insoumis dans un communiqué, ajoutant qu’il déposerait « une nouvelle proposition de loi » sur le sujet. Marine Le Pen avait annoncé mardi l’inscription de ce texte controversé à l’agenda de sa « niche parlementaire » du 12 janvier. Son examen aurait donc pu reprendre là où il s’était arrêté le 24 novembre, lors de la journée réservée aux Insoumis. Cet examen tronqué avait créé de vives tensions à l’Assemblée.

Chine : allègement des règles sanitaires

La Chine a annoncé mercredi 7 décembre 2022 un allègement général des règles sanitaires contre la Covid, abandonnant son approche stricte face au virus après des manifestations historiques de colère et de protestation à travers le pays. Ce revirement semble mettre fin à l'essentiel de la politique « zéro Covid » en vigueur depuis bientôt trois ans, que la Chine était l'un des derniers pays au monde à appliquer.  Cette stratégie implique confinements à répétition, tests PCR à grande échelle de la population et longues quarantaines pour toute arrivée de l'étranger, de quoi chambouler le quotidien et pénaliser fortement l'économie, souligne l’AFP.  Son allègement survient dix jours après une vague de manifestations d'une ampleur inédite depuis les mobilisations pro-démocratie de Tiananmen en 1989. Dans une dizaine de villes du pays, les manifestants-es, jeunes pour la plupart, avaient crié leur lassitude de cette politique sanitaire dure, voire violente. Le pouvoir qui avait fait du « zéro Covid » sa marque de fabrique, a désormais infléchi son discours, reconnaissant que le variant Omicron, moins mortel, « ouvre la voie à plus de souplesse dans les restrictions ». Selon les nouvelles consignes dévoilées par la Commission nationale de santé (NHC) — qui a valeur de ministère —, « les personnes infectées asymptomatiques et les cas légers qui peuvent être isolés à domicile le seront de manière générale ».  C'est un changement radical par rapport à la norme auparavant qui exigeait que tout cas positif soit emmené dans un centre de quarantaine, dont les conditions de vie étaient particulièrement pénibles. Changement aussi dans la stratégie de dépistage : les tests à grande échelle ne seront désormais plus menés que dans « les écoles, les hôpitaux, les maisons de retraite et les centres de travail à haut risque ».  Le recours aux confinements, parfois appliqués sur des quartiers voire des villes entières, sera également réduit, les zones à risque n'ayant enregistré aucun cas pendant cinq jours devant être rouvertes. La Chine va aussi accélérer la vaccination des personnes âgées, son point faible qui l'empêchait jusque-là d'assouplir ses règles sanitaires.  Autre nouveauté annoncée mercredi: il sera désormais possible de voyager d'une province chinoise à l'autre sans avoir à présenter un test PCR négatif de moins de 48 heures et aucun test ne sera non plus exigé à l'arrivée. Cet allègement national des restrictions fait suite à des assouplissements, annoncés ces derniers jours, par plusieurs villes et provinces chinoises. Pékin a annoncé que les parcs, les immeubles de bureau ou encore les commerces, dont les supermarchés, n'exigeront plus la présentation d'un test PCR négatif, une mesure aussi appliquée à Shanghai, longuement confinée au printemps dernier.

600 millions d'euros pour le contact tracing

Douloureuse. Le traçage des « cas contacts » exposés à la Covid-19 pourrait avoir coûté plus de 600 millions d'euros depuis le début de l'épidémie, indique la Cour des comptes dans un rapport publié mardi 6 décembre, concluant à « l’efficacité incertaine » du dispositif. C'était le pilier central de la stratégie : « Tester, tracer, isoler », mise en œuvre à la sortie du premier confinement. En un peu plus de deux ans — de mai 2020 à août 2022 — le « contact tracing » a permis de joindre 32 millions de personnes testées positives au coronavirus et plus de 22 millions de leurs contacts « à risque », précise cet « audit flash ».  Une masse d'appels, textos ou mails générés par l'Assurance maladie, qui a « recruté des milliers » d'enquêteurs-rices à cette fin. Si les effectifs ont désormais « été fortement réduits » (de 6 500 équivalents temps plein en 2021 à 350 en septembre), les dépenses totales aux frais de la Sécu « pourraient dépasser 600 millions d'euros » à la fin de l'année.  Le tout pour « une efficacité globale incertaine », puisque les effets sur le nombre d’infections et les hospitalisations « ne peuvent être quantifiés en l'absence d'évaluation scientifique ».  Performant pour établir le contact en moins de 24 heures dans une grande majorité des cas, ce dispositif n'a cependant touché « qu'une partie potentiellement minoritaire » de sa cible, car la plupart des personnes infectées n'ont « déclaré aucune personne contact ».  Quant à ceux-celles qui ont pu être joints-es, « les rares éléments d'analyse disponibles font apparaître un respect partiel (...) des consignes de prévention », note l’AFP.  Censé s'arrêter fin janvier — sauf nouvelle prolongation par la loi — le « contact tracing » doit au moins servir de leçon. La Cour des comptes appelle ainsi à « concevoir un dispositif plus efficace », pouvant être « activé puis désactivé dans des délais rapides dans l'éventualité de nouvelles épidémies de grande ampleur ».

Appel solennel à la vaccination

Le ministre de la Santé et de la Prévention, François Braun, a lancé dimanche 4 décembre sur BFM-TV un « appel solennel à la vaccination » contre la Covid-19, reconnaissant que la campagne actuelle « ne fonctionne pas ». Il a également conseillé fortement le port du masque, sans plaider pour le moment pour son obligation.  Reprenant les termes de la Première ministre Élisabeth Borne, le ministre a fait cet « appel solennel » pour inciter les personnes les plus fragiles à se faire vacciner face à une neuvième vague de Covid-19.  « Les personnes cibles sont les mêmes pour la grippe et le Covid », a-t-il rappelé. « Le rythme s'est un peu accéléré depuis une semaine » : parmi les plus de 80 ans, environ 20 % ont reçu une quatrième dose, 35-40 % pour les 60-80 ans, « c'est largement insuffisant », a-t-il estimé, cité par l’AFP. Hormis la vaccination, il persiste à « conseiller très fortement le port du masque », tout en rappelant qu'il n'était « pas favorable à la coercition ». Mais si les chiffres continuent d'augmenter et s'il faut décider d'une obligation, « mon bras ne tremblera pas », a-t-il assuré, martial.  « Je suis la situation au jour le jour et les décisions suivront l'évolution de la situation », a expliqué le ministre.  Quels critères pourraient décider le gouvernement à prendre une telle mesure ? « La saturation des hôpitaux ou l'évolution de l'épidémie de grippe », a répondu le ministre.  La France fait, en effet, face à une « triple épidémie », avec la circulation simultanée du Covid, de la bronchiolite et de la grippe, une situation inédite dont l'évolution est encore difficile à prévoir.

90 % de la population mondiale immunisée

Au moins 90 % de la population mondiale présente une forme d’immunité contre la Covid-19 a déclaré, vendredi 2 décembre, le directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus, tout en mettant en garde contre la baisse de vigilance, explique l’AFP. Cette forme d’immunité laisse la porte ouverte à l'émergence d’un « nouveau variant » susceptible de se répandre et de supplanter le variant Omicron, actuellement dominant, a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus. Il a ensuite mis en garde contre la tentation d'affirmer prématurément que la phase émergente de la pandémie de Covdi-19 est terminée. « Nous n'en sommes pas encore là », a-t-il déclaré. « Des lacunes dans la surveillance, les tests, le séquençage et la vaccination continuent à créer les conditions idéales pour l'émergence d'un nouveau variant préoccupant qui pourrait causer une mortalité significative », a-t-il prévenu. Le variant Omicron, qui avait été déclaré source de préoccupation par l'OMS il y a un an, s'est depuis répandu dans le monde, s'avérant bien plus contagieux que son prédécesseur Delta. Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, plus de 500 sous-variants d'Omicron circulent actuellement, tous très contagieux et présentant des mutations les rendant capables de vaincre plus facilement les barrières immunitaires, bien qu'ils causent des formes moins sévères de la maladie que les variants précédents, indique l’AFP. Un total de 6,6 millions de décès a été rapporté par les pays à l'OMS, tandis que près de 640 millions de cas confirmés ont été enregistrés. Mais le bilan réel est bien plus lourd, selon l'OMS.

Vaccination pour les personnes fragiles

Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a appelé, jeudi 1er décembre, les Français-es âgés-es ou les personnes malades à faire un nouveau rappel du vaccin contre la Covid-19, déplorant que « seuls 20 % » d'entre eux-elles soient « à jour » en pleine reprise épidémique de Covid-19 et de grippe.  « Je m'adresse aux Français : si vous avez 60 ans et plus, si vous êtes porteur de maladie ou si vous êtes en contact au quotidien avec des gens fragiles ou âgés, faites-vous vacciner contre la Covid si vous n'êtes pas à jour de votre rappel », a déclaré le ministre lors d’une interview sur RMC-BFMTV.  « Ça vous prend cinq minutes et ça vous protégera, ça limitera les risques de complications et d'hospitalisation », a-t-il ajouté, évoquant le retard pris pour le deuxième rappel de vaccination contre la Covid-19. « Les gens qui sont jeunes et qui ont été exposés ou qui ont eu (la Covid-19), qui ont été vaccinés, gardent une immunité plus solide que les gens plus âgés », a rappelé l'ancien ministre de la Santé.  « On a un variant qui circule beaucoup, on a des jours avec des dizaines de milliers de contaminations, on a une hausse de plus de 20 % de l'activité hospitalière en réa, liée à la Covid, il fragilise notre hôpital et notre système de santé », a insisté Olivier  Véran.  Quant à la grippe, « elle est précoce, on ne sait pas mais il n'est pas impossible qu'elle soit forte » et « on a 15 % de réduction des vaccinations » par rapport à 2021, « ce n'est pas normal », a-t-il, par ailleurs, regretté.