Covid-19 : point infos !

Publié par jfl-seronet le 02.06.2021
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ThérapeutiqueCovid-19

Des annonces à donner le tournis. En France, la campagne de vaccination prend des allures de courses de vitesse. Bonne nouvelle du côté des vaccins qui semblent être efficaces contre tous les variants de la Covdi-19 ; ce qui est plus que rassurant. L’accès universel aux vaccins est toujours à la peine dans les pays du sud, mais certaines grandes puissances font des dons. La vaccination accessible à toutes et tous est d’autant plus nécessaire que les pays du Sud connaissent des cas graves qui débouchent plus fréquemment qu’au Nord sur des décès.

200 millions de doses administrées dans l’UE

Plus de 200 millions de doses de vaccins anti-Covid ont été administrées dans l’Union européenne, selon un décompte réalisé le 18 mai par l’AFP, et près de 53 millions d’Européens-nes sont désormais entièrement vaccinés-es. Au moins 11 millions de doses ont été administrées à environ 148 millions de personnes au sein des Vingt-Sept, soit 33,2 % de la population de l’UE, selon un comptage à partir de sources officielles, arrêtées au 18 mai. Au total, au moins 52,90 millions de personnes sont complètement vaccinées (avec les deux doses requises ou avec le vaccin à dose unique Johnson & Johnson), soit 11,8 % de la population européenne. Malte se distingue avec quelque 32,5 % de sa population déjà entièrement vaccinée, tandis que 64 % de ses habitants-es ont déjà reçu au moins une dose. À l’inverse, la Bulgarie marque le pas : seulement 10,2 % de ses habitants-es ont reçu une dose de vaccin, et à peine 6 % sont complètement vaccinés-es. En France, 29,63 millions de doses ont été administrées à 20,66 millions de personnes, soit 30,6 % de la population. Parmi elles, 9,13 millions de personnes sont complètement vaccinées (13,5 % de la population). L’Allemagne, elle, a administré au moins une dose à 36,8 % de sa population, et 11 % des Allemands-es sont désormais entièrement vaccinés-es.

Pfizer au réfrigérateur pendant un mois

Pratique. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé le 17 mai dernier le stockage du vaccin Pfizer/BioNTech contre la Covid-19 au réfrigérateur pendant une période pouvant aller jusqu’à un mois, contre cinq jours auparavant. Cette décision pourrait accélérer son déploiement dans l’Union européenne. La période de stockage au frigidaire pour les flacons non utilisés est ainsi singulièrement rallongée par rapport aux cinq jours déjà autorisés, a indiqué l’Agence européenne des médicaments (EMA). Depuis sa mise sur le marché, la haute efficacité du vaccin Pfizer a été tempérée par la difficulté de stocker et de transporter les flacons en raison de la nécessité de conditions de stockage : entre -90 et -60°C. « Une plus grande flexibilité dans le stockage et la manipulation du vaccin devrait avoir un impact significatif sur la planification et la logistique du déploiement du vaccin dans les États membres de l’UE », a déclaré l’EMA. « Cette modification prolonge la période de stockage autorisée d’un flacon décongelé non-ouvert à une température de 2 à 8 °C de cinq jours à un mois », ajoute l’Agence.

Étude sur une troisième dose

Le gouvernement britannique a lancé mercredi 19 mai des essais cliniques (présentés comme les premiers dans le monde) sur la réponse immunitaire développée par une troisième dose de vaccin contre la Covid-19 en vue d'une campagne de rappels au Royaume-Uni, où le variant indien progresse, indique l’AFP. Pour préserver les progrès effectués dans la gestion de l’épidémie grâce à une importante campagne de vaccination, les autorités prévoient de lancer une campagne de rappels à l'automne, à la suite d'essais cliniques sur la réponse immunitaire provoquée par une troisième dose de vaccin. Cette étude menée par le service public de santé (NHS), à laquelle participeront 2 886 volontaires totalement vaccinés-es, examinera les effets de sept vaccins différents - Oxford/AstraZeneca, Pfizer/BioNTech, Moderna, Novavax, Valneva, Janssen et Curevac. Financée à hauteur de 19,3 millions de livres (22,4 millions d'euros) par le gouvernement, elle débutera en juin et les premiers résultats sont attendus en septembre, indique l’AFP. Le pays a déjà vacciné 70 % de ses adultes dont 40 % d'entre eux avec deux doses, soit près de 21 millions de personnes.

Vaccin GSK-Medicago

Le laboratoire britannique GSK et la société biopharmaceutique canadienne Medicago ont annoncé le 18 mai dernier des résultats positifs intermédiaires d’un essai clinique de phase 2 pour leur candidat-vaccin contre la Covid-19. « Ces résultats font partie d’essais de phase 2 et 3 en cours et réitèrent le profil prometteur observé pendant la phase 1 », notent les deux groupes dans un communiqué commun. L’immunogénicité (capacité à déclencher une réaction immunitaire) obtenue avec le candidat-vaccin, qui contient l’adjuvant à usage pandémique de GSK, est « élevée, (...) dix fois plus que dans un lot de sérum provenant de patients convalescents de la Covid-19 », et sans « effets indésirables négatifs sérieux », quel que soit l’âge des personnes ayant reçu la dose, détaille le communiqué, cité par l’AFP. Les essais de phase 3, qui devraient porter sur 30 000 personnes, ont été lancés le 16 mars avec des volontaires au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Brésil.

Le Canada investit

Le Canada va investir près de 200 millions de dollars canadiens (136 millions d'euros) dans le projet d'une société américaine visant à fabriquer dans ce pays des centaines de millions de doses de vaccins contre la Covid-19, a annoncé mardi 18 mai le Premier ministre canadien Justin Trudeau. C'est un investissement « essentiel pour qu'on soit prêts à faire face à toute crise sanitaire future », a déclaré Justin Trudeau, en conférence de presse. Le Canada ne dispose actuellement d'aucune capacité de production de vaccins anti-Covid et dépend d'importations pour vacciner ses 38 millions d'habitants-es. Ce projet totalisant plus de 400 millions de dollars (272 millions d'euros) permettra à la filiale canadienne de fabriquer à terme, sous contrats, « entre 112 et 640 millions de doses de vaccins à ARN messager par année » destinées au marché intérieur et à l'exportation.

Dépistage par des chiens

La capacité des chiens à détecter le virus de la Covid-19 dans la sueur humaine donne des résultats « très prometteurs », selon une étude française dont les conclusions ont été publiées le 19 mai. L'étude a été lancée à l'initiative de l'École nationale vétérinaire d'Alfort (EnvA), dans le cadre du projet « Nosaïs-Covid-19 » porté par le Pr Dominique Grandjean, et de l'unité de recherche clinique Necker-Cochin du Pr Jean-Marc Tréluyer, à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP). L'étude, menée du 16 mars au 9 avril, compare deux méthodes de dépistage de la Covid-19 : le test de référence RT-PCR sur prélèvement nasopharyngé et le test olfactif canin, expliquent ses initiateurs-rices dans un communiqué, cité par l’AFP. Un peu plus de 300 volontaires âgés-es de 6 à 76 ans y ont participé, ainsi que neuf chiens entraînés et des pompiers français et venus des Émirats arabes unis. Les participants - des personnes venues se faire tester dans plusieurs centres de dépistage parisiens - ont posé des compresses deux minutes sous leurs aisselles. Ces compresses ont ensuite été enfermées dans des bocaux puis reniflées par au moins deux chiens différents, qui n'ont pas été en contact avec les volontaires. L'expérience de détection s'est faite « en aveugle », les maîtres-chiens ignorant quelles compresses étaient positives. Sur les 335 personnes testées, 109 étaient positives au test PCR de référence nasopharyngé. « La sensibilité du test olfactif canin », c'est-à-dire la capacité de la truffe du chien à détecter les vrais positifs, « est de 97 % » et « la spécificité », la proportion des vrais négatifs décelés, « est de 91 % », conclut l'étude. « Le test avec les chiens n'est pas destiné à le remplacer, mais plutôt à cibler les gens qui doivent bénéficier d'un dépistage virologique et faciliter le dépistage de masse du fait de la rapidité de la réponse des chiens »,  a indiqué le Pr Jean-Marc Tréluyer. « Ces résultats confirment scientifiquement la capacité des chiens à détecter une signature olfactive de la Covid-19 », souligne l'AP-HP, précisant que cette étude, pas encore publiée dans une revue médicale, est « la première de ce type réalisée au niveau international ».

Variant indien au Brésil

Ici et là. Le Brésil a détecté, mi-mai, ses premiers cas de variant indien de la Covid-19, sur six membres d’équipage arrivés à bord d’un cargo battant pavillon de Hong Kong dans le nord-est du pays, indique une source officielle, citée par l’AFP. Des tests « ont révélé la présence du variant B.1.617.2 de la Covid-19 (…) sur des membres d’équipage » d’un bateau, partis d’Afrique du Sud, a annoncé dans un communiqué officielle. « À ce stade aucune transmission locale du variant indien n’a été décelée », ajoutent toutefois les autorités locales. Le Brésil est en proie à une deuxième vague d’épidémie meurtrière, avec quelque 442 000 morts en un peu plus d’un an. Le pays redoute l’arrivée du variant indien sur son sol alors que les courbes des décès ont cessé de progresser depuis quelques semaines. Apparu en octobre 2020, le variant indien a été détecté dans 44 pays et fait des ravages en Inde qui déplore 287 000 morts. Les deux variants, indien et brésilien, sont considérés par les scientifiques comme étant potentiellement plus dangereux que la souche d’origine du coronavirus.

Plus de 300 000 décès en Inde

L’Inde a franchi la barre des 300 000 décès dus au coronavirus, devenant le troisième pays au monde à atteindre ce chiffre, derrière les États-Unis et le Brésil, alors que la pandémie continue de faire rage dans ce vaste pays de 1,3 milliard d’habitants-es. Selon le ministère de la Santé, le nombre total de décès s’élève à 303 720, dont 50 000 en un peu moins de deux semaines, et le nombre cumulé de contaminations a dépassé les 26,7 millions, détaille l’AFP. Nombre d’experts estiment que les chiffres réels sont sans doute largement sous-évalués, d’autant que l’épidémie s’est propagée au-delà des grandes villes, dans les zones rurales où les hôpitaux sont rares et où les registres sont mal tenus.

Alternative à la levée des brevets

L’Union européenne sera « constructive » dans le cadre de l’organisation mondiale du commerce (OMC) pour évaluer une levée des brevets de vaccins anti-Covid, voulue par Washington, mais elle proposera d’abord des mesures permettant d’augmenter rapidement la production, a affirmé mercredi 19 mai la Commission européenne, avant un débat où les eurodéputés-es ont affiché leurs divisions. « Accélérer la production et partager les vaccins fabriqués plus largement et plus rapidement à un coût accessible, c’est la seule solution efficace pour combattre cette pandémie partout », a déclaré le vice-président de l’exécutif européen, Valdis Dombrovskis. La Commission soumettra « bientôt » à l’OMC une « proposition » pour « faciliter les échanges et mettre de l’ordre dans les restrictions d’exportation » des pays producteurs, a-t-il dit au Parlement européen. L’UE proposera d’« étendre la production, en obtenant des garanties des laboratoires » et « de clarifier et faciliter les flexibilités » des règles régissant la propriété intellectuelle pour permettre des « licences obligatoires ». Ces licences obligatoires sont octroyées par une autorité nationale, encadrées et assorties d’une indemnisation financière pour le détenteur du brevet. Concernant une levée indiscriminée des droits de propriété intellectuelle sur les vaccins, encouragée par les États-Unis, les Vingt-Sept ont déjà exprimé leur scepticisme. La nouvelle directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, était mercredi 19 mai à Bruxelles. « Nous allons travailler ensemble pour trouver des solutions pragmatiques et efficaces », a annoncé sur Twitter la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, après l’avoir reçue. Ce débat agite les parlementaires européens-nes dont certains-es ont d’ailleurs d’excellents arguments. « L’idée de maintenir les monopoles de laboratoires pendant la pandémie résulte inévitablement en des millions de morts qui auraient pu être évitées », a ainsi fait valoir Iratxe Garcia Perez (eurodéputée espagnole du S&D), arguant du précédant des traitements contre le VIH.

Neuf nouveaux milliardaires

Les vaccins contre la Covid ont permis à au moins neuf personnes de devenir milliardaires, dont le PDG français de Moderna Stéphane Bancel, et leur fortune cumulée permettrait de vacciner les pays les plus pauvres, a affirmé jeudi 19 mai l'ONG Oxfam, citée par l’AFP. Ces nouvelles fortunes ont émergé « grâce aux profits faramineux des groupes pharmaceutiques qui ont un monopole sur la production de vaccins contre le Covid », estime Oxfam dans un communiqué publié avant un sommet mondial sur la santé du G20. Les deux premières fortunes sont détenues par le PDG de Moderna, Stéphane Bancel (4,3 milliards de dollars) et le PDG et cofondateur de BioNTech, Ugur Sahin (4 milliards). Huit autres milliardaires, dotés de « vastes portefeuilles d'actions »dans des sociétés pharmaceutiques, ont connu une hausse cumulée de leur patrimoine de 32,2 milliards de dollars, « assez pour vacciner toute la population indienne », ajoute le communiqué.

StopCovid : le PNF enquête

Enquête en cours. Le Parquet national financier (PNF) a ouvert en septembre dernier une enquête préliminaire pour « favoritisme » après un signalement de l’association Anticor concernant le contrat de maintenance de l’application StopCovid, devenue depuis « TousAntiCovid ». C’est ce qu’indique une source judiciaire citée par l’AFP. Anticor, l’association anticorruption avait alerté le PNF au printemps 2020, estimant que la maintenance payante réalisée par la société Outscale, filiale de Dassault Systèmes, pour l’application lancée en juin 2020 aurait dû faire l’objet d’un appel d’offres, ce qui ne semble pas avoir été le cas. Le développement de l’application, annoncé pendant le premier confinement, a été présenté comme réalisé à titre gratuit par différentes entreprises privées, parmi lesquelles Dassault Systèmes, Capgemini, Orange ou Withings, mais son exploitation et sa maintenance ont fait l’objet d’une facturation pour un coût « entre 200 000 et 300 000 euros par mois », selon des révélations de L’Obs. Anticor estimait que « le choix de recourir à la société Outscale », filiale de Dassault Systèmes, « en tant qu’attributaire du marché de maintenance de l’application StopCovid n’a fait l’objet d’aucune procédure de passation de marché public », pourtant obligatoire pour un tel montant. Le gouvernement est tenu de procéder à un appel d’offres à partir de 139 000 euros hors taxes pour les marchés de fournitures et de services selon les règles de la commande publique, indiquait l’association. Alors qu’un rapport parlementaire de novembre dernier évaluait le coût global de cette application à 6,5 millions d’euros de début juin à fin octobre, l’association a depuis porté plainte à la Cour de justice de la République (CJR) contre le ministre de la Santé Olivier Véran pour les mêmes faits. La commission des requêtes de la CJR a classé cette plainte, estimant qu’elle ne comportait pas suffisamment d’éléments pour permettre de dire que c’est Olivier Véran lui-même qui avait conclu les contrats dénoncés comme litigieux.

Les vaccins fonctionnent contre tous les variants

Les vaccins actuellement disponibles et approuvés fonctionnent jusqu'à présent contre tous les variants (y compris ceux qui sont considérés comme préoccupants) de la Covid-19, a assuré, le 20 mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), tout en appelant à continuer à agir avec « prudence » face au virus. « Tous les variants du virus de la Covid-19 qui sont apparus jusqu'à présent répondent aux vaccins disponibles et approuvés » par l'OMS, a souligné Hans Kluge, le directeur de l'OMS Europe, cité par l’AFP. Interrogée sur l'efficacité du vaccin d'AstraZeneca sur le variant B.1.351, identifié pour la première fois en Afrique du Sud, l'OMS estime que la vaccination avec ce sérum réduit les formes graves de Covid-19. En février, l'Afrique du Sud a suspendu le déploiement du vaccin d'AstraZeneca après qu'une étude a montré que le vaccin mis au point par le laboratoire suédo-britannique pourrait être inefficace contre les formes légères et modérées du variant en question. « Bien qu'une confirmation dans des études de plus grande envergure soit nécessaire », le vaccin AstraZeneca réduira toujours le nombre des hospitalisations et les morts liées au variant sud-africain, a indiqué l'OMS. Par ailleurs, l’agence de santé explique que même si en Europe la situation sanitaire s'améliore, les voyages internationaux doivent toujours être évités « face à une menace persistante et à de nouvelles incertitudes ». Phénomène courant et en majeure partie bénin, les variants peuvent devenir dangereux « s'ils modifient le comportement du virus », a relevé l'OMS dans une note parue sur son site. « Nous devons surveiller de près ces évolutions, en suivant la progression des variants au sein des populations et en prenant les mesures les plus appropriées pour les contenir et les contrôler. C'est la clé pour éviter qu'ils ne deviennent incontrôlables », écrit l'organisation.

Partager les doses

Les principales organisations de l'industrie pharmaceutique ont exhorté mercredi 19 mai à « intensifier un partage responsable des doses » de vaccins contre la Covid-19 dans le monde, estimant que la production sera suffisante pour « vacciner la population adulte mondiale » d'ici la fin de l'année, souligne l’AFP « Actuellement, les vaccins contre le Covid-19 n'atteignent pas équitablement toutes les populations prioritaires dans le monde. Les fabricants, les gouvernements et les ONG doivent travailler ensemble pour prendre des mesures urgentes afin d'agir davantage sur cette inégalité », ont estimé dans un communiqué commun les principales associations professionnelles du secteur basées en Europe et aux États-Unis (IFPMA, PhRMA, EFPIA, ABPI, Vaccines Europe, BIO, ICBA). Ces associations estiment que 11 milliards de doses de vaccins pourront être produites d'ici la fin 2021 - contre 2,2 milliards à la fin mai-, un nombre suffisant pour « vacciner la population adulte mondiale ». Le lobby pharmaceutique encourage notamment les gouvernements bien dotés en vaccins à partager « une part significative de leurs doses » via le dispositif Covax, destiné à approvisionner les pays défavorisés.

Variant indien détecté dans 53 territoires

Le variant du coronavirus détecté en Inde pour la première fois a été officiellement signalé dans 53 territoires, a annoncé (26 mai) l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un rapport. L’OMS a, en outre, reçu des informations, provenant de sources non officielles, selon lesquelles le variant B.1.617 a été trouvé dans sept autres territoires, d’après les chiffres de la mise à jour épidémiologique hebdomadaire de l’agence de santé des Nations unies, portant le nombre total à 60. Selon le rapport, ce variant B.1.617 manifeste une transmissibilité accrue tandis que la gravité des cas concernée est en cours d’étude. Le nombre de nouveaux cas et de décès liés à la Covid-19 a continué de décroître la semaine passée avec plus de 4,1 million de nouveaux cas et 84 000 décès supplémentaires, soit des baisses respectives de 14 % et 2 % par rapport à la semaine précédente. La région Europe de l’OMS est celle qui a enregistré le recul le plus fort de contaminations et de décès sur les sept jours écoulés, suivie par l’Asie du Sud-Est. Le nombre de cas constatés dans les Amériques, la Méditerranée orientale et la région Afrique est similaire à celui de la semaine précédente. « Malgré une tendance mondiale à la baisse ces quatre dernières semaines, les cas de Covid-19 et les décès restent élevés et des hausses significatives ont été répertoriées dans nombre de pays à travers le monde », précise le document. Les chiffres les plus élevés en ce qui concerne les nouveaux cas enregistrés sur les sept derniers jours proviennent d’Inde (1 846 055, en baisse de 23%), d’Argentine (213 046, en hausse de 41 %), les États-Unis (188 410, en baisse de 20 %) et la Colombie (107 590, en baisse de 7 %).

100 millions de doses offertes par l'UE

L’Union européenne va fournir 100 millions de doses de vaccins contre la Covid-19 aux pays à revenus faible et intermédiaire, a annoncé vendredi 21 mai la présidente de la Commission européenne lors d’un sommet du G20 sur la santé. « Tout le monde, partout », doit avoir accès aux vaccins, a déclaré Ursula von der Leyen à Rome. « Team Europe entend donner au moins 100 millions de doses aux pays à revenus faible et intermédiaire avant la fin 2021 », a-t-elle ajouté. L’accès des pays les plus vulnérables aux vaccins, la solidarité internationale et la prévention des futures pandémies sont au cœur du sommet des chefs-fes d’État et de gouvernement du G20, auquel sont associés la Commission européenne, des États d’Afrique et d’Asie ainsi que douze organisations internationales et fondations privées. « Tandis que nous nous préparons pour affronter la prochaine pandémie, notre priorité doit être de nous assurer que nous surmontons la pandémie actuelle ensemble. Nous devons vacciner le monde, et vite », a prévenu le Premier ministre italien Mario Draghi dont le pays assure la présidence tournante du G20. Le texte ne devrait cependant pas soutenir l’idée controversée d’une suspension provisoire des brevets des laboratoires pharmaceutiques pour les vaccins, mais plaider en faveur du « partage volontaire des licences » et de la levée des obstacles aux exportations. La suspension des droits exclusifs des brevets est encouragée par Washington, mais les Vingt-Sept ont déjà exprimé leur scepticisme, mettant en avant la longueur et la complexité du processus, rappelle l’AFP.

Indemnités pour AstraZeneca

L'Union européenne a réclamé mercredi 26 mai devant un tribunal de Bruxelles des indemnités à hauteur de 10 euros par dose de vaccin anti-Covid et par jour de retard à AstraZeneca, dans le cadre d'une action en justice liée aux retards de livraisons du laboratoire anglo-suédois. L'UE réclame également au moins dix millions d'euros supplémentaires pour être dédommagée de ces délais qui ont pénalisé les campagnes de vaccination nationales des Vingt-Sept. Le bras de fer judiciaire ne fait que commencer.

Plus de morts en Afrique qu'ailleurs

Injustice. Les malades graves de la Covid-19 meurent davantage en Afrique que sur les autres continents, sans doute à cause du manque d'équipements de soins critiques, suggère une étude publiée vendredi 21 mai. « Notre étude est la première à dresser un tableau complet du sort des malades sévèrement atteints par le Covid en Afrique », commente l'auteur principal de l'étude, le Pr Bruce Biccard (Hôpital Groote Schuur/Université du Cap, Afrique du Sud), cité dans un communiqué de la revue médicale The Lancet, qui publie ces travaux. « Malheureusement, cela montre que notre capacité à fournir un niveau de soins adéquat est compromise par un manque de lits en soins critiques et des moyens limités dans les unités de soins intensifs », ajoute Bruce Biccard. L'étude se fonde sur l'évolution clinique de quelque 3 000 personnes admises dans des services de réanimation à cause de la Covid entre mai et décembre 2020, dans 64 hôpitaux de dix pays d'Afrique (Egypte, Ethiopie, Ghana, Kenya, Libye, Malawi, Mozambique, Niger, Nigeria et Afrique du Sud). Au bout de 30 jours, près de la moitié (48 %) de ces patients-es étaient morts-es. Pour établir une comparaison, les chercheurs-ses ont collecté plusieurs autres études quantifiant la mortalité sur les autres continents (pour un total de 35 000 malades). Ces études-là montrent que la proportion des malades graves qui meurent de la Covid au bout de 30 jours ailleurs qu'en Afrique est moins élevée, 31,5 % en moyenne. « Un accès insuffisant à des techniques capables de sauver des vies, comme la dialyse, le décubitus ventral (installer les patients sur le ventre pour faciliter le travail des poumons) et les dispositifs de mesure de l'oxygène dans le sang pourraient être des facteurs qui ont joué dans la mort de ces patients », selon le Pr Biccard.  L'étude montre, en outre, que les personnes atteintes d'autres problèmes de santé (VIH, diabète, maladies rénales...) avaient plus de risques de décéder que les autres. Les auteurs-rices de l'étude espèrent qu'elle permettra d'enrichir les connaissances sur le devenir des malades les plus gravement atteints-es en Afrique, qu'on a du mal à cerner précisément, faute de données exhaustives.

6 à 8 millions de morts directes et indirectes

La surmortalité causée par la pandémie est deux à trois fois plus élevée que les décès attribués à la Covid-19 depuis l’apparition des premiers cas fin 2019 en Chine, a indiqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vendredi 21 mai, citée par l’AFP. L’annonce a été faite à l’occasion de la publication du rapport annuel de l’OMS sur les statistiques sanitaires mondiales, l’agence a également indiqué que la Covid-19 a causé, en 2020, au moins trois millions de morts directes et indirectes, tandis que le nombre de décès officiels attribués au virus s’est élevé à environ 1,8 million. « Cela correspond aux estimations similaires qui prévoient toutes que le nombre total de décès soit au moins deux à trois fois plus élevé » que le bilan officiel des morts de la Covid, a indiqué la Dr Samira Asma, sous-directrice générale chargée des données à l’OMS, lors d’une conférence de presse. D’après ses calculs, l’experte estime ainsi que la pandémie a causé jusqu’à présent « environ 6 à 8 millions » de morts directes et indirectes. L’écart entre ce que les experts-es appellent la surmortalité ou « l’excès de décès » et le bilan officiel du nombre de morts liés au Covid est dû à plusieurs facteurs. Certains pays prennent notamment du retard dans la notification des décès, tandis que des personnes meurent sans avoir été testées. D’autres sont décédées d’autres maladies pour lesquelles elles n’ont pas pu se faire soigner, soit par crainte d’aller dans les centres de santé, soit en raison des mesures de confinement, du report des interventions voire des soins.