Covid-19 : point infos !

Publié par jfl-seronet le 03.07.2021
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InitiativeCovid-19

Pas mal de changements sur cette dernière période concernant la Covid-19. Le certificat Covid européen a certes des avantages, mais il pourrait s’avérer discriminant pour les pays du Sud. La vaccination augmente en France, mais pas assez vite, d’autant que les cas augmentent en Europe, notamment en lien avec la progression du variant Delta. Ce dernier suscite de vives inquiétudes et pourrait même déboucher sur une obligation de vaccination pour les professionnels-les de santé.

Pass européen

L’Union africaine (UA) et ses centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC-Africa) ont averti (29 juin) que la non-prise en compte de la version indienne du vaccin d’AstraZeneca par le « certificat sanitaire européen » posait des risques de discrimination pour les personnes vaccinées en Afrique. Ce certificat, entré en vigueur le 1er juillet dernier, est censé dispenser son-sa titulaire d’un test supplémentaire ou d’une quarantaine à l’arrivée en Europe. Selon ces nouvelles règles, les 27 pays de l’Union européenne, plus la Suisse, le Liechtenstein, l’Islande et la Norvège, sont tenus d’accepter sur leur sol les voyageurs-ses vaccinés-es avec les quatre produits autorisés au niveau européen : ceux de Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson. Problème, l’Agence européenne des médicaments ne reconnaît pas, jusqu’ici, le Covishield, la version de l’AstraZeneca produite par le Serum Institute of India (SII), l’un des principaux fournisseurs des pays en voie de développement via le dispositif international Covax. « Les règles actuelles mettent en péril le traitement équitable des personnes vaccinées dans des pays ayant recours au programme Covax, y compris dans la majorité des États membres de l’Union africaine », ont jugé, dans un communiqué commun, l’Union africaine et les CDC-Africa. « Ces développements sont préoccupants car le Covishield constitue la colonne vertébrale du dispositif Covax, soutenu par l’Union européenne, d’appui aux programmes de vaccination des pays de l’Union africaine », souligne le communiqué. Un porte-parole de la Commission européenne à Bruxelles, Adalbert Jahnz, a néanmoins expliqué que les États membres ont la possibilité (et non l’obligation) d’autoriser sur leur sol les personnes pleinement vaccinées avec des vaccins figurant sur la liste de l’OMS, ce qui est notamment le cas de la version indienne de l’AstraZeneca. L’Afrique est loin derrière le reste du monde dans la course à la vaccination. Elle est actuellement frappée par une troisième vague de contaminations qui met sous pression des hôpitaux en manque de moyens. « La troisième vague s’accélère, se propage plus vite et frappe plus fort », a déclaré le 24 juin la directrice Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Matshidiso Moeti, selon qui « cette vague risque d’être la pire ». Selon l’OMS, les cas de Covid-19 ont augmenté pendant cinq semaines consécutives depuis le début de la troisième vague le 3 mai 2021. Cette recrudescence survient alors que la pénurie de vaccins persiste sur le continent où seul « un peu plus de 1 % de la population a été complètement vaccinée », d’après l’OMS et que la défiance reste forte contre les vaccins anti-Covid dans de nombreux pays. Et voilà donc que les personnes vaccinées ur le continent africain pourraient se voir exclues d’une entrée dans l’Union européenne… au motif qu’elles n’auraient pas eu le « bon » vaccin.

La moitié des Français-es primo-vaccinés-es

Mi-parcours. La moitié des Français-es ont reçu au moins une première dose de vaccin contre la Covid-19, a annoncé, mardi 29 juin, le ministère de la Santé. Avec 33 690 499 personnes ayant reçu au moins une première injection, la France a franchi, fin juin, le cap de 50 % de la population totale primo-vaccinée. Un tiers de la population, soit 22 265 100 personnes, présente désormais un schéma vaccinal complet, selon les données du ministère de la Santé. Ces derniers jours, le gouvernement et les autorités sanitaires ont insisté sur l’importance d’être complètement vacciné-e pour faire barrage au variant Delta du coronavirus, plus transmissible que les autres souches. L’avancée de ce variant suscite des inquiétudes dans l’exécutif qui envisage désormais de contraindre les soignants-es à la vaccination anti-Covid.

Vaccination obligatoire pour les soignants-es ?

Jean Castex a annoncé mercredi 30 juin qu’il allait lancer « dans les jours qui viennent » une consultation avec les associations d’élus locaux et les présidents-es de groupes parlementaires autour de la vaccination obligatoire des soignants-es. Cette concertation a vocation à impliquer celles et ceux qui sont « à la manœuvre ». Elle portera d’abord sur « la question de la vaccination obligatoire des soignants » et sur le « recours au pass sanitaire pour inciter encore plus de personnes à se faire vacciner ». Seront également abordées « les questions de l’isolement » des personnes atteintes par la Covid-19, a expliqué le premier ministre. Pourquoi prendre cette initiative ? D’une part parce que de plus en plus de scientifiques conseillent désormais la vaccination obligatoire des personnels soignants. C’est, par exemple, que le cas du professeur Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique. Il a  indiqué (30 juin) lors d’une interview sur France Inter, avoir « changé d’avis » sur ce sujet : « J’étais contre l’obligation, mais il me semble que maintenant on a atteint le niveau où on va devoir l'envisager ». D’autre part, l’exécutif s’inquiète vraiment d’une éventuelle quatrième vague à l’automne, qui pourrait être causée par le variant Delta (apparu en premier en Inde) et un recours encire trop faible à la vaccination en France. Cette idée de vaccination obligatoire des soignants-es est relancée depuis le cas récent d’un cluster dans un Ehpad des Landes qui a concerné plusieurs soignants-es de l’établissement. En réaction, le gouvernement a fixé, fin juin, un objectif « d’au moins 80 % » des personnels des Ehpad et des hôpitaux vaccinés contre la Covid « d’ici septembre », faute de quoi serait ouverte « la voie d’une d’obligation ». Relevant que « seuls 55 % des professionnels ont reçu au moins une dose » dans les Ehpad et unités de soins de longue durée (USLD), les ministres de la Santé Olivier Véran et de l’Autonomie Brigitte Bourguignon ont jugé que ce ratio était « insuffisant », dans un courrier adressé aux directeurs-rices d’hôpitaux et de maisons de retraite. Concernant cette obligation aux professionnels-les de santé, l’exécutif peut déjà compter sur le soutien de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui a appelé (30 juin) à « une vaccination obligatoire des professionnels de santé et tous ceux qui sont au contact des patients », quitte pour cela à « envisager des mesures législatives ». La FHF fait notamment valoir que « la vaccination des professionnels contribue à ne pas déstabiliser les équipes en cas de reprise épidémique ».

Une 4e vague à la rentrée ?

Le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, s'attend à « une quatrième vague » épidémique de Covid-19 à la rentrée, mais elle sera « beaucoup plus nuancée que les trois » précédentes, en raison du niveau de vaccination de la population, a déclaré mercredi 30 juin le professeur sur France Inter. Il a, par ailleurs, qualifié de « faussement rassurants » les récents bons chiffres concernant l'incidence du virus, à cause de la présence du variant Delta, extrêmement contagieux. Or le vaccin est efficace « quand on a eu deux injections » (pour les vaccins qui nécessitent deux injections) et il ne l'est pas « quand on a eu une seule injection », souligne-t-il. « D'où le message, il faut se faire vacciner » et « avoir eu ses deux injections pour la rentrée ».  Interrogé sur la pertinence d'une troisième dose pour les personnes les plus fragiles ou les plus âgées, Jean-François Delfraissy a indiqué qu'on n'avait « pas encore de données scientifiques extrêmement solides là-dessus ». Mais « le fond de ma pensée, c'est qu'il faudra une troisième dose pour stimuler un système immunitaire qui est un peu défaillant quand on a un certain âge, pour les personnes au-dessus de 60 ou 70 ans », a-t-il souligné.

France : PCR payants

La France a décidé de rendre les tests de dépistage de la Covid-19 payants pour les touristes étrangers-ères à compter du 7 juillet, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, dans une interview aux Echos.  « Nous avons décidé de rendre les tests payants dès le 7 juillet pour les touristes étrangers, à hauteur de 49 euros pour les PCR et 29 euros pour les antigéniques. C'est une question de réciprocité sachant que ces tests sont payants dans la plupart des pays pour les Français qui voyagent », a expliqué Gabriel Attal.  Quant à la possibilité de rendre payants les tests dits « de confort » pour les Français-es, comme le préconise l'Académie de médecine, Gabriel Attal a répété que « la question va évidemment se poser pour la rentrée », mais que dans l'immédiat, la campagne vaccinale doit se poursuivre. « Beaucoup de Français attendent encore d'avoir leur deuxième dose de vaccin », a rappelé le porte-parole du gouvernement.

5 pays n'ont pas commencé à vacciner

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré qu'elle apportait son soutien aux cinq derniers pays (Burundi, Erythrée, Haïti, Corée du Nord et Tanzanie) qui n'ont pas encore lancé leur campagne de vaccination contre la Covid-19, alors que le monde a passé, mardi 29 juin, le cap des trois milliards de doses de vaccin administrées. «L'OMS continue de soutenir ces pays dans leur prise de décision concernant le début des vaccinations », a déclaré une porte-parole de l’OMS à l'AFP. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait émis le souhait que chaque pays commence à vacciner ses personnels de santé et les personnes les plus vulnérables dans les cent premiers jours de 2021, une date qui a été dépassée en avril. « Nous sommes confrontés à une pandémie à deux vitesses, alimentée par l'inégalité », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 29 juin. Le dispositif Covax, qui vise à garantir l'accès des pays les plus pauvres aux vaccins, a jusqu'à présent fourni 89 millions de doses à 133 territoires participants. Mais l'approvisionnement de ce dispositif s'est pratiquement tari en juin, selon l'OMS, qui co-dirige le programme. « Le monde est en train d'échouer », a d’ailleurs averti le patron de l’OMS.

600 millions d’euros pour l'Afrique

Les bailleurs de fonds internationaux ont promis (30 juin) 600 millions d’euros au géant pharmaceutique sud-africain Aspen pour relancer la production de vaccins contre le coronavirus en Afrique, où seulement 1 % de la population est vaccinée. Le continent, qui dépend principalement de l’aide à l’approvisionnement de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’Union africaine (UA), est loin derrière le reste du monde pour l’immunisation de sa population, alors qu’il fait face à une troisième vague virulente de Covid-19. L’institution de développement de la Banque mondiale (Société financière internationale, IFC) a annoncé (30 juin) ce financement exceptionnel pour Aspen, « afin de soutenir le développement de vaccins pour les pays africains ». L’enveloppe sera cofinancée par des institutions de développement françaises, allemandes et américaines. « Le fait que nous n’ayons qu’un pour cent de la population africaine vaccinée rendra la reprise plus lente », a déclaré à l’AFP le directeur de l’IFC, Makhtar Diop, pour qui la vaccination est essentielle au redressement économique de l’Afrique après la pandémie. Le département d’État américain a déclaré dans un communiqué que ce financement « soutient l’objectif de l’administration d’augmenter la production de vaccins, investir dans l’ingéniosité et la résilience de l’Afrique et d’aider la communauté mondiale à vaincre cette pandémie ». Les gouvernements africains et l’OMS ont régulièrement appelé les pays les plus dotés à soutenir les États en manque de vaccins, mais la réponse actuelle n’est pas à la hauteur des enjeux. Ainsi, les pays occidentaux se sont vu reprocher de n’avoir pas encore tenu leur promesse de fournir un milliard de doses aux États les plus pauvres.

Efficacité décevante pour CureVac

Bof ! Le vaccin développé par le laboratoire allemand CureVac n’est efficace qu’à 48 % pour prévenir la Covid-19, un taux bien plus faible que les autres vaccins à ARN messager déjà approuvés et mis sur le marché, selon des résultats complets d’un essai clinique à grande échelle. C’est ce qu’a annoncé (30 juin) le laboratoire fabricant. Chez les participants-es à l’essai, « le candidat-vaccin CVnCoV a démontré une efficacité globale de 48 % (83 cas dans le groupe vacciné, 145 dans le groupe placebo) contre la maladie Covid-19, quelle que soit sa gravité », a indiqué dans un communiqué le laboratoire. CureVac a signé un important contrat de commande (405 millions de doses) avec l’Union européenne, mais on voit mal comment cette commande serait confirmée, au vu des résultats bien moindres qu’espérés. CureVac indique que la performance de son vaccin est légèrement meilleure dans la tranche d’âge des 18-60 ans, où l’efficacité atteint 53 %. Au sein de ce groupe, l’effet protecteur contre les formes modérées et graves de la maladie atteint 77 % et il est de 100 % dans la prévention des hospitalisations et des décès, selon le communiqué. En revanche, « chez les participants âgés de plus de 60 ans, représentant 9 % des cas étudiés, les données disponibles n’ont pas permis de déterminer l’efficacité de manière statistiquement claire ». Il revient à présent à l’Agence européenne des médicaments (EMA), qui a déjà engagé une procédure d’examen en continu du vaccin, de donner son feu vert ou non à sa mise sur le marché.

Les cas augmentent en Europe

Mauvais signal. Les cas de Covid-19 ont recommencé à augmenter fin juin en Europe après dix semaines consécutives de recul, a annoncé jeudi 30 juin la branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle met d’ailleurs en garde contre un risque de nouvelle vague. « Il y aura une nouvelle vague dans la région européenne, sauf si nous restons disciplinés », a affirmé le directeur de l’OMS Europe Hans Kluge. Selon l’organisation onusienne, fin juin, le nombre de cas a augmenté de 10 % dans la région Europe, qui compte 53 territoires, « en raison de l’augmentation des brassages, des voyages, des rassemblements et de l’assouplissement des restrictions sociales ». « Cette évolution s’inscrit dans le contexte d’une situation qui évolue rapidement, d’un nouveau variant préoccupant - le variant Delta - et dans une région où, malgré les efforts considérables des États membres, des millions de personnes ne sont toujours pas vaccinées », a alerté Hans Kluge.  Le variant Delta du coronavirus, particulièrement contagieux, devrait représenter 90 % des nouveaux cas de Covid-19 dans l’Union européenne d’ici fin août, a estimé, de son côté, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). L’OMS Europe s’attend à ce qu’il devienne « dominant » d’ici août sur le Vieux continent, a-t-elle affirmé jeudi. Ce variant, repéré initialement en Inde, est 40 à 60 % plus transmissible que le premier variant (apparu en Grande-Bretagne) selon l’agence sanitaire. En laboratoire ou en vie réelle, les études convergent sur un point : recevoir une seule dose de vaccin n’apporte qu’une protection limitée contre le variant Delta. En août, la région Europe de l’OMS, « ne sera pas totalement vaccinée (63 % des personnes attendent toujours leur premier vaccin) ... et sera encore majoritairement exempte de restrictions, avec une augmentation des voyages et des rassemblements », a souligné (30 juin) l’OMS.