Covid-19 : point infos !

Publié par jfl-seronet le 30.09.2021
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ThérapeutiqueCovid-19

La rentrée est passée et l’actualité autour de la Covid-19 ne faiblit pas. En ce moment, se sont les débats sur la troisième dose qui agitent les médias ; d’autant que les informations et points de vue sont contradictoires, aux États-Unis surtout, mais aussi en Europe. De son côté, l’OMS critique toujours les stratégies au Nord qui poussent à l’administration d’une troisième dose, alors que les pays du Sud n’obtiennent toujours pas un accès large aux vaccins.

Covid graves : Moderna supérieur à Pfizer

Le vaccin de Moderna offre une meilleure protection sur le long terme contre les effets graves de la Covid-19, par rapport à celui de Pfizer, conclut une étude publiée le 17 septembre dernier par des chercheurs-ses des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC). Ils et elles ont analysé un échantillon de près de 3 700 adultes hospitalisés-es pour un Covid-19 associé à des symptômes graves, entre le 11 mars et le 15 août 2021, soit une période qui précède et inclut la prédominance du variant Delta. Sur cette durée, le vaccin Moderna s'est révélé efficace à 93 % contre les hospitalisations, celui de Pfizer efficace à 88 % et celui de Johnson & Johnson efficace à 68 %. La perte d'efficacité du vaccin de Pfizer au fil du temps est particulièrement notable : son taux d'efficacité passe de 91 % sur la période de 14 à 120 jours après l'injection à 77 % pour la période après 120 jours. En comparaison sur les mêmes périodes, le taux d'efficacité du vaccin Moderna passe de 93 % à 92 %. Plusieurs études récentes vont dans le même sens, confirmant l'apparente supériorité du vaccin Moderna sur Pfizer, rappelle l’AFP.

Les États-Unis autorisent une 3e dose

Les États-Unis ont autorisé (23 septembre) l'injection d'une troisième dose du vaccin de Pfizer contre la Covid-19 pour les personnes de 65 et plus, ainsi que pour celles à « risque », y compris du fait d'un emploi les exposant particulièrement au virus. Cette dose de rappel pourra être administrée à partir de six mois après la deuxième injection, a annoncé l'Agence américaine des médicaments (FDA), citée par l’AFP. Entre 18 et 64 ans, les personnes éligibles pour cette dose de rappel sont celles présentant un « haut risque » de développer une forme grave de la maladie, y compris à cause d'une « exposition fréquente » au virus liée à l'exercice de leur profession ou à leur situation, selon un communiqué de l'agence sanitaire. Cette définition permet d'inclure « les travailleurs de santé, les enseignants et personnels scolaires, les employés de supermarchés et ceux dans des refuges pour sans-abris ou des prisons, et d'autres », a déclaré la cheffe par intérim de la FDA, Janet Woodcock. Un comité d'experts-es des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique du pays, doit préciser qui doit être compris dans le terme « haut risque ». Si les catégories de population concernées sont potentiellement très larges, cette décision de la FDA reste un revers pour l'administration du président Joe Biden, qui avait annoncé mi-août que les rappels pourraient être administrés à tous les adultes américains sans distinction ; ce qui ne sera pas le cas.  Le conseiller du gouvernement sur la crise de la Covid-19, l'immunologue Anthony Fauci, a rejeté l'idée que la décision des experts-es sanitaires soit un revers pour le gouvernement.  Selon lui, la décision sur une dose de rappel pour les deux autres vaccins autorisés aux États-Unis, ceux de Moderna et de Johnson & Johnson, pourrait intervenir dans les semaines qui viennent. Moderna a soumis tout début septembre à la FDA de premières données montrant l'efficacité d'une dose de rappel, qui doivent encore être analysées. Johnson & Johnson vient, pour sa part, tout juste de livrer ces données (23 septembre). Certaines personnes immunodéprimées peuvent déjà recevoir une troisième dose des vaccins de Pfizer ou de Moderna aux États-Unis depuis début août : par exemple, les personnes ayant eu une transplantation. D'autres pays, comme la France ou l'Espagne, ont déjà lancé des campagnes de rappel à destination d'une partie de leur population : la plus âgée. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) continue de désapprouver cette stratégie d’une troisième dose, dénonçant les inégalités vaccinales entre pays riches et pauvres. Selon l'OMS, il serait à la fois plus éthique, mais aussi plus pragmatique d'un point de vue de santé publique, de d'abord vacciner un maximum de personnes dans le monde.

Europe et 3e dose

Le régulateur de l’Union européenne a annoncé (23 septembre) qu’il donnerait ou non son accord, début octobre, à une troisième dose du vaccin Pfizer/BioNTech contre la Covid-19 pour la population de plus de 16 ans. L’Agence européenne des médicaments (AEM) doit, en même temps, se prononcer sur les doses de rappel des vaccins Pfizer et Moderna pour les personnes âgées et immunodéprimées, a déclaré à la presse le responsable de la stratégie vaccinale de l’AEM, Marco Cavaleri. La protection contre la Covid-19 tend à décroître dans les mois suivant les premières doses, a-t-il indiqué. « Les données disponibles montrent que l’immunité contre la Covid-19 acquise avec les premières doses faiblit avec le temps, et la protection contre l’infection et ses symptômes décroît dans différentes parties du monde », a-t-il poursuivi. En conséquence, l’AEM est en train d’évaluer la demande de Pfizer pour l’utilisation d’une troisième dose au moins six mois après la deuxième pour la population âgée de plus de 16 ans. « Le résultat de cette évaluation est attendu début octobre, à moins qu’un supplément d’informations ne soit nécessaire », selon Marco Cavaleri.  Le responsable de l’AEM a également estimé que « les preuves deviennent de plus en plus tangibles » qu’il faut administrer une troisième dose peu de temps après les premières aux personnes immunodéprimées qui « répondent faiblement » aux doses initiales. Les taux d’hospitalisation des personnes les plus âgées commencent notamment à augmenter, l’effet des premières doses faiblissant, selon lui. L’agence indiquera « d’ici à début octobre si des recommandations spécifiques doivent être incluses dans l’information sur les produits » des vaccins Moderna et Pfizer pour ces personnes, a-t-il ajouté. Une quinzaine de pays dans le monde ont commencé à administrer une troisième dose aux plus fragiles, notamment certains pays de l’UE (France, Italie, Allemagne...) qui n’ont pas attendu le feu vert des autorités européennes, anticipant un regain hivernal de l’épidémie.

Le variant Delta plus fort

Delta force ! Les variants Alpha, Bêta et Gamma représentent désormais moins de 1 % des cas séquencés de coronavirus à travers le monde. Le variant « préoccupant » Delta, présent dans 185 pays, a largement pris la place des trois autres variants Alpha, Bêta et Gamma, eux aussi jugés « préoccupants » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), indique l’AFP. Tous les virus, dont le Sars-CoV-2 responsable de la Covid-19, mutent avec le temps. L'apparition, fin 2020, de variants qui présentaient un risque accru pour la santé publique mondiale a conduit l'OMS à caractériser des variants « à suivre » et d'autres comme « préoccupants », afin de hiérarchiser les activités de surveillance et de recherche au niveau mondial, concernant lesdits virus. « Le virus prédominant qui circule actuellement est le variant Delta. Et en fait, moins de 1 % des séquences actuellement disponibles sont (les variants préoccupants) Alpha, Bêta et Gamma », a confirmé la directrice de l'équipe technique Covid-19 à l'OMS, Maria Van Kerkhove. « Ce virus est devenu plus fort, il est plus transmissible et il est en train de concurrencer, de remplacer les autres virus qui circulent », a-t-elle ajouté. Actuellement, l'OMS considère que quatre variants sont « préoccupants ». L'organisation considérait par ailleurs jusqu'à présent que cinq autres variants (Êta, Iota, Kappa, Lambda et Mu) étaient « à suivre ». Mais trois d'entre eux - Êta, Iota, Kappa - viennent d'être déclassés, a précisé l’experte de l’OMS.

Six milliards de doses dans le monde

Un gros chiffre et des inégalités d’accès. Plus de six milliards de doses de vaccins contre la Covid-19 ont donc été administrées dans le monde, selon un décompte réalisé mi-septembre, par l'AFP. La vaccination reste cependant très inégalitaire : les pays à « revenu élevé » selon le classement de la Banque mondiale ont administré en moyenne 124 doses pour 100 habitants-es, les pays à « faible revenu » seulement 4 pour 100 habitants-es. De son côté, Washington veut 70 % de personnes vaccinées dans chaque pays. Du coup, les États-Unis ont annoncé doubler leurs dons de vaccins contre la Covid-19 et tâcher de rallier la communauté internationale autour d'un objectif très ambitieux, à savoir 70 % de la population de chaque pays vaccinée d'ici un an (on est très, très loin du compte), ont indiqué de hauts responsables de l'administration américaine. Washington va acheter et distribuer aux pays en développement 500 millions de doses supplémentaires du vaccin Pfizer/BioNTech.

Le PDG de Moderna prévoit la fin de l'épidémie

Prémonition. La pandémie de coronavirus prendra fin dans un an car il y aura suffisamment de doses de vaccin pour immuniser la planète entière, a déclaré (23 septembre) le PDG de Moderna, Stéphane Bancel, au journal suisse Neue Zuercher Zeitung. « Si l'on considère l'expansion des capacités de production (...) au cours des six derniers mois, suffisamment de doses devraient être disponibles d'ici le milieu de l'année prochaine pour vacciner tous les habitants de la planète. Les rappels devraient également être possibles si nécessaire », a-t-il développé dans un entretien. « Les personnes non-vaccinées vont s'immuniser naturellement, parce que le variant Delta est très contagieux. En ce sens, nous allons nous retrouver dans une situation semblable à celle de la grippe. Soit vous vous faites vacciner et vous passez un bon hiver. Soit vous ne le faites pas, et vous risquez de tomber malade, voire de finir à l'hôpital », a expliqué Stéphane Bancel. Pour lui, cela implique un retour à la normale « dans un an, à partir d'aujourd'hui », a-t-il affirmé, cité par Reuters.

Anticorps de Regeneron

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a officiellement recommandé (24 septembre) un troisième traitement contre la Covid-19 (le Ronapreve), les anticorps de synthèse de Regeneron, mais seulement dans certains cas bien précis. Selon un avis des experts-es de l’OMS publié dans la revue médicale The BMJ, ce traitement est recommandé d’une part chez « les patients avec des formes non-sévères du Covid qui sont à haut risque d’hospitalisation », comme les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli (par un cancer ou après une greffe d’organe, par exemple). D’autre part, le traitement est recommandé chez les patients-es atteints-es « d’une forme sévère ou critique et qui sont séronégatifs, c’est-à-dire qui n’ont pas développé leur propre réponse en anticorps » malgré l’infection. « Pour tous les autres types de patients-es Covid-19, il est peu probable que les bénéfices apportés par ce traitement aux anticorps soient significatifs », écrit The BMJdans le communiqué de presse qui accompagne cet avis, cité par l’AFP. « Etant donné le coût élevé et la faible disponibilité de ce traitement, (l’agence internationale d’achat de médicaments) Unitaid est en train de négocier avec le laboratoire Roche (...) pour obtenir des prix plus bas et une distribution équitable à travers toutes les régions, en particulier les pays à faible et moyen revenu », a souligné l’OMS. L’OMS demande aussi au laboratoire de « transférer sa technologie pour permettre la fabrication de versions équivalentes de ce traitement, afin que tous les patients qui en ont besoin puissent y avoir accès ». Ces derniers mois, des ONG ont dénoncé le prix élevé du Ronapreve, qu’elles évaluaient à environ 2 000 dollars (1 700 euros) la dose. Il s’agit seulement du troisième traitement contre le Covid-19 recommandé par l’OMS.