Covid-19 : point infos !

Publié par jfl-seronet le 24.11.2021
303 lectures
Notez l'article : 
0
 
ThérapeutiqueCovid-19

Les nouvelles sur le champ de la Covid-19 se précipitent… encore et toujours. En ce moment, on parle beaucoup des rappels vaccinaux, de la crainte des éventuelles conséquences de la nouvelle vague en cours en Europe… On réfléchit aux moyens de concilier : circulation des personnes et mesures efficaces contre l’épidémie. On pointe du doigt de rares médecins qui profitent de la crise pour délivrer de faux certificats de vaccination et faire leur beurre.

Un rappel pour tous les adultes ?

Un rappel de vaccin contre la Covid-19 peut s’envisager pour toutes les personnes adultes à cause de la dégradation de la situation en France, estiment les deux instances consultatives créées par le gouvernement à l’occasion de la pandémie, indique l’AFP (22 novembre). Selon le Conseil scientifique, présidé par l’infectiologue Jean-François Delfraissy, et le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV), présidé par l’immunologue Alain Fischer, cet élargissement du rappel à tous les adultes, six mois après la vaccination, pourrait permettre de « freiner l’épidémie et réduire le nombre de formes graves ». « Pour restaurer l’efficacité vaccinale à des niveaux permettant le contrôle de l’épidémie, la généralisation de la dose de rappel à l’ensemble de la population adulte pourrait être une approche efficace », estime le COSV. En France, la dose de rappel (qui est le plus souvent une troisième dose) ne concerne pour l’instant que les personnes de plus de 65 ans et les personnes à risques de formes graves de la maladie (ainsi que les soignants-es). Cette dose sera exigée pour prolonger leur pass sanitaire à partir du 15 décembre. Le 9 novembre, le président de la République Emmanuel Macron avait annoncé que la dose de rappel serait proposée aux 50-64 ans à partir du 1er décembre, sans même attendre l’avis de la Haute autorité de santé (HAS) pourtant chargée d’inspirer la politique de l’exécutif sur ces questions. Dans son avis, le Conseil scientifique plaide, lui, pour que la dose de rappel devienne nécessaire pour prolonger le pass sanitaire des 50-64 ans, « selon les mêmes modalités » que pour les plus de 65 ans, « mais avec une temporalité adaptée ». De son côté, la HAS a recommandé d’injecter la dose de rappel à partir de 40 ans. « L’élargissement du rappel aux moins de 50 ans sera étudié prochainement », a indiqué dans la foulée le ministre de la Santé Olivier Véran sur Twitter. L’accélération actuelle de l’épidémie, conjuguée à la baisse d’efficacité des vaccins avec le temps, est susceptible d’entraîner « une augmentation significative du nombre d’admissions journalières à l’hôpital et en soins critiques », souligne le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale dans son avis. « Même si le risque de formes graves reste très supérieur pour les personnes non-vaccinées (...), le nombre absolu de personnes vaccinées hospitalisées en soins conventionnels ou en soins critiques est loin d’être négligeable », poursuit-il pour justifier le principe d’un rappel.

HAS : rappel pour les plus de 40 ans

Alors que l’épidémie de Sars-CoV-2 connaît un nouveau rebond en France métropolitaine et qu’une baisse de l’efficacité vaccinale dans le temps est à prévoir, la HAS (Haute autorité de santé) recommande d’élargir le périmètre des populations éligibles à une dose de rappel vaccinal contre la Covid-19. Elle préconise ainsi de proposer un rappel aux personnes âgées de 40 ans et plus, six mois après la primo-vaccination, les dernières études suggérant en effet un bénéfice pour cette tranche d’âge. Cette dose de rappel doit être réalisée à partir de six mois après la primo-vaccination avec un vaccin à ARNm, Comirnaty de Pfizer ou Spikevax de Moderna. Dans un communiqué, la HAS explique avoir analysé les derniers articles publiés afin de déterminer l’utilité d’une dose de rappel et définir les populations dans lesquelles celle-ci serait pertinente. La HAS a notamment pris en compte les données en vie réelle israéliennes démontrant que la dose de rappel confère d’excellents niveaux de protection contre l’infection par Sars-CoV-2, y compris chez les personnes âgées de moins de 60 ans. « Par ailleurs, les données issues d’une étude observationnelle israélienne de grande envergure publiées dans le Lancet apportent de solides arguments en faveur d’une dose de rappel chez les personnes âgées de 40 ans et plus. On observe une diminution du risque de survenue d’infections, de formes sévères, d’hospitalisations et de décès chez les personnes de 40 ans et plus ayant bénéficié d’une dose de rappel, comparativement à celles qui n’en n’ont pas bénéficié », souligne le communiqué de la HAS. Sur la base de l’ensemble de ces éléments, la HAS « recommande désormais d’administrer une dose de rappel à l’ensemble des personnes âgées de 40 ans et plus ».

Elle recommande de « respecter un délai minimal de 6 mois entre la primovaccination complète et l’administration d’une dose de rappel et réitère ses précédentes recommandations relatives au choix des vaccins à utiliser pour le rappel. Ainsi, un vaccin à ARNm doit être utilisé pour le rappel, quels que soient les vaccins administrés auparavant tout en respectant les contre-indications connues et validées pour ces vaccins. Le rappel s’effectue avec une pleine dose pour le vaccin de Pfizer, et avec une demi-dose pour celui de Moderna ».  De nouvelles données attendues avant de se prononcer pour les autres tranches d’âge, explique l’agence de santé.

Quand des médecins dérapent

Un médecin exerçant près de Paris, soupçonné d’avoir vendu au moins 220 faux pass sanitaires, au prix de 1 000 euros pièce a été interpellé et placé en garde à vue le 23 novembre, indique l’AFP, citant une source policière. Les complices présumés-es du médecin et une vingtaine d’acheteurs-ses ont également été placés-es en garde à vue, selon la même source. Le praticien, âgé de 56 ans, tient un cabinet dans la commune de Joinville-le-Pont (Val-de-Marne). Lors de la perquisition de son cabinet, les enquêteurs-rices ont saisi, entre autres, des pass et des tests PCR factices. Ces affaires de falsification liées à la pandémie de Covid-19 mettent souvent en cause « des personnes employées dans les centres de vaccination (...) des cyber-attaquants qui utilisent le code du médecin pour faire de faux pass », mais rarement « un médecin qui se met à monnayer », a commenté la source policière. En juillet, les enquêteurs avaient été alertés de l’existence d’un compte Snapchat proposant des faux tests PCR et de faux pass sanitaires. Leurs investigations ont « démontré que les patients ne sont jamais venus au cabinet ». Autre affaire en Belgique, cette fois. La justice belge enquête sur un médecin soupçonné d’avoir enregistré 2 000 fausses vaccinations anti-Covid, la fraude « la plus grave » à ce jour dans la gestion de la pandémie en Belgique, selon la ministre wallonne de la Santé qui a révélé les faits (23 novembre). Ce praticien de la partie francophone du pays aurait offert ses services « aux quatre coins de la Wallonie », parfois en se faisant rémunérer pour des injections qui n’avaient pas lieu. L’objectif était de faire bénéficier le-la patient-e d’un pass sanitaire lui permettant d’échapper aux restrictions en vigueur. « C’est une fraude à la vaccination de la part d’un médecin qui a encodé un nombre astronomique de personnes qu’il aurait vaccinées (...) 2 000 personnes au total », a affirmé au micro de la RTBF Christie Morreale, ministre de la Santé de la région wallonne. La justice et l’ordre des médecins ont été saisis du dossier, et ce généraliste a d’ores et déjà été privé de l’accès à la banque de données qui centralise les vaccinations. Il devrait être poursuivi pour faux et usage de faux.

700 000 morts supplémentaires d’ici le printemps

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est inquiétée (23 novembre) de l’« emprise » de l’épidémie de Covid-19 en Europe. La nouvelle vague en cours pourrait déboucher sur 700 000 morts supplémentaires sur le continent, portant le nombre total de décès à 2,2 millions d’ici le printemps, estime l’agence sanitaire internationale.  « On peut s’attendre à ce que les lits d’hôpitaux soient soumis à une pression élevée ou extrême dans 25 pays et à une pression élevée ou extrême dans les unités de soins intensifs dans 49 des 53 pays d’ici au 1er mars 2022. Les décès cumulés signalés devraient atteindre plus de 2,2 millions d’ici le printemps prochain, sur la base des tendances actuelles », a expliqué l’organisation dans un communiqué, cité par l’AFP. Actuellement, plus de 1,5 million de personnes sont mortes du Covid dans la région. Pour l’OMS, l’augmentation des cas s’explique par la combinaison de la prévalence du variant Delta hautement contagieux, d’une couverture vaccinale insuffisante et de l’assouplissement des mesures anti-Covid. Selon ses données, les décès liés au Covid ont plus que doublé depuis fin septembre, passant de 2 100 par jour à près de 4 200 quotidiens. « La situation liée au Covid-19 à travers l’Europe et l’Asie centrale est très sérieuse. Nous faisons face à un hiver plein de défis », a affirmé le directeur régional de l’OMS pour l’Europe Hans Kluge, appelant à adopter une approche « vaccin plus », associant vaccination, port du masque, mesures d’hygiène et distanciation. D’après l’OMS, le port du masque réduit de 53 % l’incidence de la maladie. Une généralisation de son usage jusqu’à 95 % pourrait permettre d’éviter plus de 160 000 décès d’ici le 1er mars. En outre, « il apparaît de plus en plus évident que la protection induite par la vaccination contre les infections et les formes bénignes décline », a relevé l’OMS. L’institution recommande donc un rappel pour les personnes les plus vulnérables, dont les immunodéprimées.

Europe : actualiser le certificat

L’Union européenne va tenter d’actualiser le certificat Covid-19 pour préserver la mobilité des citoyens-nes, mise à mal par les restrictions imposées dans plusieurs pays à cause d’une flambée des contaminations avant les fêtes de fin d’année, explique l’AFP. La Commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides travaille actuellement à une « mise à jour » des recommandations et doit présenter ses propositions dans les prochains jours. « La proposition qui sera adoptée (…) insistera sur le rôle important du certificat numérique Covid de l’UE que les voyageurs portent aujourd’hui sur eux », a-t-elle d’ores et déjà précisé. Il faut « préserver cet instrument pour la mobilité », ont insisté (23 novembre) plusieurs ministres européens-nes à leur arrivée à Bruxelles pour un premier échange sur le certificat et la coordination des mesures face à la nouvelle vague de contaminations. L’injection d’une troisième dose est défendue par plusieurs États membres. « Elle renforce l’effet du vaccin », a insisté le ministre allemand des Affaires européennes Michael Roth. Le développement de la pandémie est « dramatique », a déploré le ministre allemand. Il paralyse les activités politiques et économiques. Les Européens-nes doivent coordonner leur action, mais aussi poursuivre les campagnes de vaccination. « Un tiers des Européens ne sont pas encore complétement vaccinés, cela fait beaucoup de monde et permet au virus de se propager », a souligné (22 novembre) la Commission européenne. « Des différences très importantes sont en outre constatées au sein de l’UE, avec des taux de vaccination inférieurs à 30 % dans certains États membres », a regretté la porte-parole de l’exécutif européen. La France et la Grèce plaident pour une 3e injection obligatoire six mois après la deuxième, pour les plus de 65 ans pour la première pour conserver leur certificat, et pour les plus de 60 ans pour la seconde.

« Vaccinés, guéris ou morts »

Tout en force. La chancelière sortante Angela Merkel a de son côté prévenu lundi que les restrictions actuelles en Allemagne n'étaient « plus suffisantes ». Les Allemands seront « vaccinés, guéris ou morts » d'ici la fin de l'hiver en raison de la flambée actuelle des infections au Covid-19 dans le pays, a averti, tout en tact, le 22 novembre dernier,  le ministre de la Santé Jens Spahn. « Vraisemblablement à la fin de l'hiver chacun sera vacciné, guéri ou mort » en raison de la propagation du variant Delta « très, très contagieux », a jugé le ministre, appelant une nouvelle fois les Allemands-es à se faire vacciner « urgemment » face à une explosion des cas de coronavirus ces dernières semaines dans le pays. De son côt, la chancelière sortante Angela Merkel a prévenu que les restrictions actuelles en Allemagne n'étaient « plus suffisantes » face à la « situation dramatique » provoquée par la flambée des infections au Covid-19.

Pas de retour à la gratuité des tests

« La question est que tout le monde se fasse vacciner », a insisté (22 novembre) le ministre chargé des Comptes publics, Olivier Dussopt, au micro de Sud Radio. Alors que plusieurs candidats-es à la présidentielle réclament le retour de la gratuité des tests de dépistage de la Covid-19 (Michel Barnier, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Marine le Pen), Olivier Dussopt a maintenu la position du gouvernement.  « Les tests ont été gratuits pendant 18 mois. Et nous sommes le seul pays en Europe avec le Danemark à avoir pratiqué la gratuité des tests », a-t-il insisté en expliquant que la gratuité des tests pour tous-tes ne sera pas remise en place. Olivier Dussopt a rappelé que le protocole de vaccination était gratuit de la première jusqu'à la troisième dose de rappel. « Les tests sont également gratuits pour les personnes vaccinées, sur prescription médicale et pour les mineurs »,  a indiqué le ministre.

Semaines difficiles à venir pour les hopitaux

La cinquième vague de Covid-19 va avoir « un impact important » sur les établissements de santé, de l'ordre de « 1 000 à 1 500 hospitalisations par jour », et ce « pendant plusieurs semaines », a indiqué (22 novembre) le professeur Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique. Le pic serait ainsi plus élevé que fin août (environ 900 en moyenne hebdomadaire), mais « beaucoup plus limité » que celui de la troisième vague (plus de 2 100 mi-avril), a-t-il nuancé. Le Pr Delfraissy a prédit que les soignants-es allaient « vivre ça pendant plusieurs semaines », annonçant même « des semaines pas faciles, autour de Noël ».  Pour surmonter l'épreuve, « le vaccin ne suffira pas, il va falloir remettre des restrictions », a-t-il estimé, évoquant « le port du masque », mais aussi une intégration plus précoce que prévu de la troisième dose au pass sanitaire pour les personnes de plus de 65 ans.

Commentaires

Portrait de Superpoussin

Quelqu'un aurait-il accès aux dernières données britanniques sur le taux de mortalité covid selon que l'on a été ou pas vacciné?

Le Pr Perronne affirme que ce taux de mortalité y serait plus important parmi les vaccinés mais malheureusement ne retrouve pas la source de cette information qui serait pourtant essentielle si elle était avérée.