Covid-19 : point infos !

Publié par jfl-seronet le 31.01.2022
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ThérapeutiqueCovid-19

On y croit à la fin de l’épidémie avec la variant Omicron qui nous ferait passer de la pandémie à l’endémie… On y croit, un peu, mais la question fait débat entre la lueur d’espoir que voit l’OMS Europe et les mises en garde de la maison mère au niveau mondial : ne nous emballons pas ! Alors tandis qu’on joue avec nos craintes et nos espoirs, les nouvelles s’accumulent encore et encore. Autotests, sous-variant Omicron, déplacements dans l’UE, essais vaccinaux, records de doses, plaintes… de quoi perdre la tête. Seronet fait le point.

Une fin de la pandémie plausible

Le variant Omicron pourrait infecter 60 % des Européens-nes d’ici mars. Parallèlement, ce variant a amorcé une nouvelle phase de la pandémie de Covid-19 dans la région et pourrait la rapprocher de son dénouement, a estimé (23 janvier) le directeur de l’OMS Europe. « Il est plausible que la région se rapproche d’une fin de la pandémie », a expliqué, à l’AFP, Hans Kluge, appelant toutefois à la prudence du fait de la versatilité du virus. « Une fois que la vague Omicron sera calmée, il y aura pendant quelques semaines et quelques mois une immunité globale, soit grâce au vaccin, soit parce que les gens seront immunisés en raison de l’infection et aussi une baisse en raison de la saisonnalité », a-t-il estimé. Pour autant, nous ne sommes pas dans « une ère endémique », a souligné le responsable onusien. « Endémique signifie (...) que l’on peut prévoir ce qui va se passer, ce virus a surpris plus d’une fois. Nous devons donc être très prudents », a-t-il insisté. Dans la région Europe OMS qui compte 53 pays dont certains sont situés en Asie centrale, Omicron représentait au 18 janvier 15 % des nouveaux cas de Covid, soit plus de la moitié que la semaine précédente, selon les données de l’OMS. Dans l’Union européenne et l’Espace économique européen (EEE), ce variant est désormais dominant d’après l’agence de santé européenne.

Autotests en grande surface

La vente des autotests en grande surface, autorisée depuis début janvier pour un mois, sera prolongée de deux semaines, jusqu'au 15 février, selon un arrêté publié le 22 janvier au Journal officiel. « Considérant que l'autorisation de vente au détail, à titre exceptionnel, des autotests en dehors des officines de pharmacies, a permis de faire face à la très forte demande », l’exécutif a jugé que « la soutenabilité de la stratégie de dépistage, dans un contexte de circulation intense du variant Omicron (...) implique de prolonger une fois la durée de cette dérogation de quinze jours, soit jusqu'au 15 février 2022 », souligne l'arrêté ministériel. L'autorisation, annoncée fin décembre, avait provoqué la colère des pharmaciens-nes qui avaient jusqu'alors le monopole de la vente des autotests, rappelle l’AFP. Avec l'arrivée du variant Omicron, l'incidence a explosé en France, et conduit à une hausse sans précédent du nombre de tests effectués. Rien qu'en janvier, le coût des tests pour l'état, qui comprend donc les PCR, les antigéniques et les autotests à certaines conditions, s'élèvera à 1,5 milliard d'euros, a rappelé (21 janvier) sur France Info TV le ministre délégué aux Comptes publics Olivier Dussopt, contre 6,9 milliards d'euros pour l'ensemble de l'année 2021.

Sous-variant d’Omicron

Un sous-variant d’Omicron, apparu il y a quelques semaines, est désormais suivi de près par les scientifiques : s’il ne « change pas la donne », selon le ministre français de la Santé, ses caractéristiques précises, encore inconnues, interrogent, comme l’indique l’AFP. Appelé BA.2, ce sous-variant a été repéré dans plusieurs pays du monde, notamment en Europe. « Il y a des variants assez régulièrement », a rappelé Olivier Véran, le ministre français de la Santé lors d’une conférence de presse. « Pour ce que nous savons pour l’instant, il correspond peu ou prou aux caractéristiques que nous connaissons d’Omicron ». Il ne « change pas la donne » à ce stade. Pour le moment, les caractéristiques précises du sous-variant n’ont pas été analysées. Mais certaines données attirent l’attention : il serait ainsi devenu majoritaire au Danemark où le nombre de cas quotidien est reparti à la hausse depuis quelques jours. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a classé Omicron comme « variant préoccupant », ne fait, à ce stade, pas de distinction avec le sous-variant BA.2. « On a une situation internationale où le variant Omicron circule beaucoup, il est normal qu’on observe au cours du temps des sous-lignages », a indiqué l’agence Santé publique France. « Ce qui nous intéresse, c’est : s’il possède des caractéristiques différentes en terme de contagiosité, d’échappement immunitaire ou de sévérité », a-t-elle poursuivi. À ce jour, le variant a été détecté en France, « mais à des niveaux très faibles ». Au Danemark en revanche, il remplace progressivement le BA.1, le variant Omicron « classique ». « Les autorités danoises n’ont pas d’explication à ce phénomène mais il est suivi de près », selon l’agence de santé publique.

Voyages dans l’UE : accord des 27

Les Vingt-Sept ont convenu (25 janvier) de mieux coordonner les règles applicables aux déplacements au sein de l’Union européenne et de ne pas imposer de restrictions aux personnes détentrices d’un certificat sanitaire européen, comme certains pays l’ont fait face à l’émergence d’Omicron. Plusieurs pays, dont l’Italie, exigent que les voyageurs-ses, même vaccinés-ses ou guéris-es de la Covid, présentent des tests négatifs pour entrer sur leur territoire. « Les voyageurs-ses en possession d’un certificat Covid numérique de l’UE en cours de validité ne devraient pas être soumis-es à des restrictions supplémentaires à la libre circulation », indique le Conseil de l’UE dans un communiqué. Les ministres des Affaires européennes ont adopté une nouvelle recommandation — un acte non contraignant juridiquement — pour coordonner leurs mesures en matière de libre circulation. Cette mise à jour des règles applicables répond à l’augmentation significative de la couverture vaccinale (près de 70 % de la population européenne est pleinement vaccinée, selon l’agence de santé européenne ECDC) et au déploiement du certificat Covid numérique de l’UE (attestant d’un vaccin, d’un test ou d’un rétablissement après une infection par le Sars-CoV-2 de moins de six mois). La Commission européenne a appelé les États membres à « mettre en application sans délai les règles agréées ». Cette recommandation entrera en vigueur le 1er février, de même que la mesure fixant à neuf mois (270 jours) la durée de validité des certificats de vaccination, faute d’une dose de rappel, pour les voyages dans l’Union.

Essai d’un vaccin contre Omicron

L’alliance Pfizer-BioNTech a démarré le recrutement pour un essai clinique qui vise à tester, sur des adultes de 55 ans et moins, la sécurité et la réponse immunitaire de leur vaccin contre la Covid-19 qui vise spécifiquement le variant Omicron, ont annoncé les deux entreprises, le 25 janvier dernier. Si les données actuelles indiquent que les doses de rappel du vaccin original protègent contre les formes graves d’Omicron, l’entreprise préfère agir par « excès de prudence », a estimé la responsable des vaccins chez Pfizer, Kathrin Jansen, dans le communiqué. « Nous reconnaissons l’importance d’être prêt dans le cas où cette protection diminuerait avec le temps, et d’aider à faire face à Omicron et d’autres variants dans le futur », a-t-elle indiqué, citée par l’AFP. Pour le PDG de l’entreprise allemande BioNTech Ugur Sahin, la protection du vaccin initial contre les formes légères ou modérées du Covid-19 semble disparaître plus rapidement contre Omicron. « Cette étude prend place dans le cadre de notre approche scientifique qui vise à élaborer des vaccins ciblés contre les variants qui parviennent à développer des niveaux de protection similaires face à Omicron, comme pour les variants apparus plus tôt, mais avec une plus longue durée de protection », a détaillé le chercheur.

Johnson & Johnson : 3 milliards de dollars

Pactole. Le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson prévoit de vendre 3 à 3,5 milliards de dollars de vaccins anti-Covid en 2022. Le labo qui écoule son vaccin au prix coûtant depuis le début de la pandémie, en a vendu pour 2,385 milliards de dollars l'an dernier. Johnson & Johnson s'attend donc à vendre entre 3 et 3,5 milliards de dollars de son vaccin à dose unique contre la Covid-19 en 2022, soit un peu plus qu'en 2021, selon un communiqué présentant ses résultats diffusé mardi et cité par l’AFP. De son côté, Pfizer prévoyait, début novembre, de vendre au total 36 milliards de dollars de son vaccin développé en partenariat avec la biotech allemande BioNTech en 2021, et mise sur la vente supplémentaire de 29 milliards de dollars en 2022. Moderna de son côté devrait avoir vendu pour 17,5 milliards de dollars de son vaccin anti-Covid en 2021 et a reçu en début d'année pour 18,5 milliards de dollars de commandes pour 2022, avec des options pour 3,5 milliards de dollars supplémentaires.

Grandes entreprises aux USA

L'administration du président Joe Biden a formellement retiré (25 janvier)  l'obligation de vaccination dans les entreprises de plus de 100 employés-es. Elle n’avait pas d’autre choix, prenant acte du veto émis par la Cour suprême des États-Unis. L'Agence pour la santé et la sécurité au travail (Osha) a annoncé ce retrait dans un court communiqué. Elle a précisé « encourager vivement les employés à se vacciner contre les dangers permanents posés par la Covid-19 sur le lieu de travail ».  Aux Etats-Unis, où le virus a fait plus de 870 000 morts, seulement 63 % de la population est totalement vaccinée en raison de fractures politiques très marquées sur la question. Le président démocrate Joe Biden avait annoncé en septembre vouloir rendre la vaccination obligatoire pour les employés-es de grandes entreprises, du secteur médical et les fonctionnaires fédéraux. Sa décision avait immédiatement été dénoncée comme un abus de pouvoir par les élus-es républicains-es et par une partie du monde économique, qui avaient saisi la justice. Le 13 janvier, la Cour suprême leur a donné raison en ce qui concerne les quelque 84 millions de personnes employées dans des grandes entreprises. Elle a en revanche validé l'obligation de vaccination pour les employés-es des structures de santé bénéficiant de fonds fédéraux.

Hospitalisations : seuil des 30 000 cas dépassé

Le nombre d'hospitalisations pour cause de Covid-19 est repassé au-dessus de 30 000 pour la première fois depuis fin 2020, mais celui des patients-es en services de soins critiques reflue légèrement, selon les chiffres officiels publiés mardi 25 janvier. Les laboratoires ont enregistré, à cette date, 501 635 cas de contaminations en 24 heures, un niveau record. Le niveau toujours élevé du nombre de contaminations se traduit par un afflux des malades de la Covid dans les hôpitaux, qui ont enregistré 3 842 nouvelles admissions en 24 heures. Au total, 30 189 patients-es atteints-es par la Covid étaient hospitalisés-es au 25 janvier. Les chiffres concernant les soins critiques, qui accueillent les patients-es avec les formes les plus graves de la maladie, confirment un tassement.  Alors que le pass vaccinal est entré en vigueur lundi 24 janvier, 53 857 474 personnes ont reçu au moins une injection (soit 79,9 % de la population totale) et 52 534 085 personnes ont un schéma vaccinal complet (soit 77,9 % de la population totale). Par ailleurs, 34 301 653 personnes ont reçu une dose de rappel.

20 000 plaintes classées sans suite

Dans le viseur. Le Premier ministre Jean Castex, des ministres Olivier Véran, Jean-Michel Blanquer, etc. étaient visés par des centaines de plaintes dénonçant notamment le pass sanitaire et la promotion de la vaccination contre la Covid-19 et plus largement la gestion de l’épidémie. Ces plaintes avaient pour particularité d’être des « plaintes types » rédigées en des termes identiques à partir d'un formulaire payant mis en ligne par l'avocat Fabrice Di Vizio. Elles avaient été déposées entre le 28 juillet et le 31 décembre 2021 auprès de la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR), seule juridiction habilitée à poursuivre et juger des ministres pour des infractions commises dans l'exercice de leurs fonctions. La Cour de justice de la République a classé sans suite les 19 685 plaintes « types » déposées contre plusieurs membres du gouvernement. Dans un communiqué, le procureur général François Molins, explique que ces plaintes ont été examinées par la commission des requêtes en novembre, décembre et janvier, et qu'elles ont toutes été classées sans suite. Certaines accusaient Jean Castex et Olivier Véran d' « abstention de combattre un sinistre ». Or, la commission a estimé que le pass sanitaire et l'obligation vaccinale constituaient des « actes positifs et non des abstentions », explique l’AFP. D'autres visaient aussi Jean Castex et Jean-Michel Blanquer pour « extorsion », soutenant que « du fait de la réglementation relative au pass sanitaire », ils exerçaient « une contrainte morale » pour « contraindre les Français à se faire vacciner ». La commission a estimé que « le pass sanitaire n'étant pas obligatoire et alors qu'il existe des alternatives pour mener une vie quotidienne normale, aucune contrainte morale (...) ne saurait être retenue ». La CJR mène, depuis juillet 2020, une instruction sur la gestion gouvernementale de l'épidémie de Covid-19, visant l'ex-Premier ministre Édouard Philippe, l'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn et Olivier Véran, qui lui a succédé. En septembre, Agnès Buzyn a été mise en examen pour « mise en danger de la vie d'autrui » et placée sous le statut plus favorable de témoin assisté pour « abstention volontaire de combattre un sinistre ».

4e dose non justifiée

Une de plus ? Une quatrième dose de vaccin anti-Covid n'est pas justifiée à ce stade, juge le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale (COSV), instance présidée par le Pr Alain Fischer. Le conseil pourra toutefois revoir sa position si les données scientifiques évoluent. « Les données disponibles n'appellent pas actuellement à la mise en place d'un second rappel vaccinal [qui, dans les faits, serait le plus souvent une quatrième dose, ndlr], bien que la question soit rendue légitime par le contexte actuel de forte circulation virale », estime cette instance consultative dans un avis daté du 19 janvier et publié le 26 janvier, indique l’AFP. Seule exception, les « personnes sévèrement immunodéprimées, pour qui le COSV a d'ores et déjà recommandé l'injection systématique d'une seconde dose de rappel ». Pour les autres, les données actuelles ne montrent pas de « bénéfice individuel significatif ». De plus, « l'intérêt collectif (...) apparaît tout autant limité à court-terme », puisqu'un deuxième rappel ne concernerait actuellement qu'une « cible restreinte à environ trois millions de personnes », souligne le COSV. Enfin, a joué la crainte qu’une quatrième dose immédiate puisse avoir « un effet contre-productif ». Elle « pourrait être interprétée comme un signal d'inefficacité de la vaccination par l'opinion et ainsi induire un risque de désengagement à l'égard d'une vaccination perçue comme trop fréquente », met en garde le COSV. Le COSV préconise de « maintenir une surveillance attentive de l'évolution de la courbe des hospitalisations des personnes âgées de 80 ans ou plus ayant reçu leur premier rappel vaccinal ». « Si la légère hausse du nombre d'hospitalisations, débutée en décembre, venait à se poursuivre au cours des prochaines semaines, le COSV pourrait recommander l'administration systématique d'un second rappel vaccinal pour ces personnes », souligne-t-il, tout en ajoutant que ce n'est pas le cas pour l'instant.