Covid-19 : point infos !

Publié par jfl-seronet le 04.03.2022
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ThérapeutiqueCovid-19

Les principaux indicateurs de l’épidémie poursuivent leur déclin en France. À tel point que le gouvernement annonce supprimer le pass vaccinal dans certains lieux, dès le 14 mars. Sinon, on voit arriver un nouveau vaccin, Novavax et ça se précise pour le vaccin de Sanofi. De son côté, l’OMS recommande le traitement de Merck (MSD) sous conditions, tandis que l’Union européenne actualise ses recommandations pour l’entrée de voyageurs-ses de pays tiers. Côté français, l’état d’urgence sanitaire est levé en Guyane et à Mayotte.

Libérés-es, délivrés-es !

On se prend à rêver. La « suspension » du pass vaccinal et la fin du port du masque dans de nombreux lieux en France sont prévues dès le 14 mars. C’est ce qu’a indiqué (3 mars), le Premier ministre Jean Castex. La fin du port du masque à partir du 14 mars, « là où il est encore applicable, c’est-à-dire plutôt à l’intérieur », dans les commerces, les entreprises ou encore les administrations, a-t-il expliqué. En revanche, le masque restera obligatoire dans les transports, les établissements de santé et les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), tout comme le pass vaccinal et l’obligation vaccinale pour les soignants-es. « Les conditions sont réunies pour une nouvelle phase d’allégement des mesures, donc je vous annonce qu’à partir du lundi 14 mars nous allons suspendre l’application du pass vaccinal, partout où il s’applique », a avancé le chef du gouvernement, cité par l’AFP.

Omicron BA.2 versus BA.1

Ouf ! Le sous-variant BA.2 d’Omicron (qui se répand rapidement au Danemark notamment et qui devrait se répandre ailleurs) ne « provoque pas de forme plus grave » de la Covid-19 que le variant BA.1 qui circule largement dans le monde, a affirmé (22 février) une responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Nous ne voyons pas de différence en termes de gravité entre BA.1 comparé à BA.2 et donc c’est un niveau de gravité similaire en termes de risques d’hospitalisation », a indiqué Maria Van Kerkhove, qui chapeaute la lutte contre la Covid-19 à l’OMS, citée par l’AFP. Cette conclusion « est vraiment importante, parce que dans de nombreux pays, il y avait une quantité substantielle de circulation aussi bien de BA.1 que de BA.2 ». Elle rapportait ainsi les conclusions tirées par un Comité consultatif d’experts-es.

Entrée de voyageurs-ses de pays tiers dans l'UE

Ça s’organise. Les pays membres de l’Union européenne (UE) se sont mis d’accord pour s’ouvrir davantage aux touristes de pays tiers qui sont vaccinés-es contre la Covid-19 ou guéris-es, en adoptant (22 février) une recommandation qui commencera à s’appliquer le 1er mars. Ces règles, qui sont toutefois non contraignantes, ont été actualisées en raison de l’évolution de la pandémie, de la hausse du taux de vaccination et de l’administration de doses de rappel. C’est aussi la conséquence de la reconnaissance d’un nombre croissant de certificats de pays tiers équivalents au certificat Covid de l’UE. Ces nouvelles recommandations visent à tenir compte davantage du statut sanitaire de chaque voyageur-se plutôt que de son pays de provenance. La recommandation, adoptée par les ministres des Affaires européennes, prévoit que « les États membres devraient autoriser les déplacements non essentiels pour les personnes vaccinées avec un vaccin approuvé par l’UE ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les personnes rétablies, et toutes les personnes en provenance d’un pays figurant sur la liste de l’UE », selon le communiqué du Conseil de l’UE. Pour les personnes vaccinées avec un vaccin approuvé par l’OMS, mais pas par l’UE, les États membres peuvent toutefois également exiger un test PCR négatif, tout comme pour les personnes rétablies après avoir contracté la Covid-19. Les personnes vaccinées doivent avoir reçu une deuxième dose au maximum neuf mois avant leur arrivée, ou avoir eu une dose de rappel. Les personnes rétablies doivent avoir contracté la Covid dans les 180 jours précédant leur voyage. La liste de pays dont les voyageurs-ses peuvent venir dans l’UE, même non vaccinés-es, comprend actuellement quatorze pays (Bahreïn, Chili, Colombie, Indonésie, Koweït, Nouvelle-Zélande, Qatar, Pérou, Rwanda, Arabie saoudite, Corée du Sud, Émirats arabes unis et Uruguay. La Chine y figure aussi, sous réserve de réciprocité d’une telle mesure, ce qui n’est pas encore le cas). Le texte adopté (22 février) prévoit que des pays peuvent figurer sur cette liste, régulièrement actualisée, s’ils ont un nombre de cas de Covid inférieur à 100 pour 100 000 habitants-es au cours des 14 derniers jours, et un taux de dépistage hebdomadaire de 600 pour 100 000 habitants-es.

Premières injections de Novavax

Les premières injections du vaccin contre la Covid-19 de Novavax, présenté comme une alternative pour ceux-celles auxquels-les les vaccins à ARN messager font peur, sont prévues début mars, a indiqué (22 février) le ministère de la Santé. La première livraison, d'environ 1,1 million de doses, est attendue en France dans les prochains jours, précise le ministère, cité par l’AFP. Sur le total de la première livraison Novavax, 600 000 doses vont être « sanctuarisées » pour les Outre-mer, dont quelque 120 000 envoyées d'emblée. Les 500 000 doses pour la métropole vont être envoyées dans les pharmacies hospitalières avant d'être réparties dans « au moins un centre de vaccination par département », détaille le ministère. Les professionnels-les de santé de ville pourront aller dans ces centres « retirer un flacon, voire une seringue si le centre accepte de leur préparer », sachant que chaque flacon contient dix doses. Puis, « si la demande se confirme pour ce vaccin », il sera mis à disposition des professionnels-les de ville « via le portail de commandes, comme pour Moderna ou Pfizer ». L'arrivée du vaccin de Novavax, un « bon vaccin en termes de sécurité et d'efficacité », est « une bonne nouvelle » pour compléter « l'arsenal », essentiellement pour des personnes réticentes aux vaccins à ARN messager de Pfizer et Moderna, a commenté le professeur Alain Fischer, responsable du programme de vaccination anti-Covid français. Comme il est « fondé sur une technologie classique, connue et plus facilement admise par la population du fait de son antériorité, on peut espérer qu'une portion de la population qui a peur — de manière infondée — des vaccins ARN » sera convaincue, a-t-il souligné. Le vaccin a pour nom commercial : Nuvaxovid. La Haute autorité de santé continue à estimer qu'il faut « privilégier » les vaccins à ARNm pour les premières injections comme pour le rappel, en raison de leur efficacité plus élevée, a rappelé le ministère.  A ce stade, il reste 4,1 millions de personnes de 12 ans et plus à n'avoir pas reçu la moindre dose de vaccin anti-Covid en France.

Vaccin Sanofi

Le laboratoire pharmaceutique français Sanofi a annoncé (23 février) des résultats positifs à grande échelle pour son vaccin anti-Covid, développé avec le britannique GSK, un projet qui aboutit ainsi avec près d’un an de retard après de multiples reports, pointe l’AFP. « Sanofi et GSK vont demander l’approbation réglementaire de leur vaccin contre la Covid-19 » aux États-Unis et dans l’Union européenne, ont annoncé dans un communiqué les deux groupes, au terme d’essais menés auprès de milliers de personnes. Les laboratoires, qui n’ont pas encore rendu publiques les résultats de leurs études, ont rapporté que ce vaccin s’était montré efficace pour éviter toute hospitalisation liée à la Covid-19. Ils ont également fait état d’une efficacité légèrement supérieure à 50 % contre l’ensemble des infections provoquant des symptômes. C’est « comparable à l’efficacité des vaccins déjà disponibles », a souligné Sanofi, dans un contexte où l’ensemble des vaccins existants ont perdu au fil du temps leur efficacité contre les infections, en particulier depuis l’essor fin 2021 du variant Omicron. Cette annonce, qui ouvre la voie à une mise sur le marché prochaine à condition d’un feu vert des autorités sanitaires, marque l’aboutissement d’un long feuilleton pour Sanofi, qui a enregistré plusieurs revers dans ses projets de vaccins anti-Covid. Par ailleurs, Sanofi a renoncé à un autre projet de vaccin anti-Covid, fondé sur la technologie de l’ARN messager comme ceux développés par Pfizer/BioNTech et Moderna. Le vaccin sur lequel se concentre désormais le groupe français utilise lui une technologie un peu moins innovante, sur la base d’une protéine recombinante, comme le vaccin de l’américain Novavax, qui va commencer à être distribué en France, dès mars. Les autorités sanitaires espèrent que ces vaccins seront en mesure d’être bien accueillis par les personnes méfiantes envers la technologie de l’ARN messager, tout en insistant sur le fait que ces craintes sont infondées.

Guyane et à Mayotte : fin de l'état d'urgence

Le gouvernement a décrété mercredi 2 mars la fin de l'état d'urgence sanitaire lié à la Covid-19 en Guyane et à Mayotte en raison de « l’amélioration de la situation épidémiologique », ces dernières semaines. Un décret pris en conseil des ministres  « met un terme anticipé à cet état d’urgence sanitaire », qui avait été déclaré le 5 janvier 2022 et prorogé jusqu'au 31 mars 2022. En Guyane, « après une forte progression de l'épidémie en janvier, le pic a été atteint et une forte décrue s'est amorcée », indique le gouvernement. Le taux d'incidence était tombé au 1er mars à 57 pour 100 000 personnes, contre 170 au 15 février. Le préfet a mis un terme aux mesures de couvre-feu. À Mayotte, l'amélioration de la situation sanitaire a conduit à lever les mesures de couvre-feu le 28 janvier 2022, et au 27 février 2022, le taux d'incidence sur sept jours consécutifs était tombé à 10 cas pour 100 000 habitants-es. Le gouvernement avait décrété le 5 janvier l’état d’urgence sanitaire en Guadeloupe, Guyane, à Mayotte, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, territoires d'outre-mer où, sous l'effet du variant Omicron, la circulation de la Covid-19 connaissait une « augmentation considérable » dans un contexte de soins fragile. De leur côté, la Martinique est en état d'urgence depuis le 8 décembre et l'île de La Réunion depuis le 27 décembre. Il a également été déclaré le 2 février en Nouvelle-Calédonie.

Traitement Merck sous conditions

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé mercredi 2 mars la pilule anti-Covid de l'américain Merck (MSD) pour les personnes atteintes d'une Covid 19 encore légère, mais qui présentent un risque élevé d'hospitalisation, notamment les personnes âgées. Ce traitement, nommé molnupiravir, est un antiviral qui doit être administré rapidement après l'apparition des symptômes, et pris durant cinq jours afin d'empêcher le virus de se répliquer. Il est recommandé pour « les patients atteints de Covid-19 non sévère qui présentent le risque le plus élevé d'hospitalisation », a déclaré (2 mars) un groupe d’experts-es internationaux-les de l'OMS dans le British Medical Journal (BMJ), indique l’AFP. Ces personnes présentant un risque d'hospitalisation sont les non-vaccinées, les personnes âgées, les personnes immunodéprimées ou les personnes qui souffrent de maladies chroniques. Cette recommandation est fondée sur de nouvelles données issues de six essais contrôlés randomisés portant sur 4 796 patients-es, soit le plus grand ensemble de données sur ce médicament jusqu’à présent, détaille l'OMS dans un communiqué. Les résultats de ces essais tendent à montrer que le molnupiravir réduit le risque d’admission à l’hôpital (43 admissions de moins pour 1 000 personnes à risque élevé) et le délai de résolution des symptômes (en moyenne 3,4 jours de moins). De façon moins certaine, ils soulignent un faible effet sur la mortalité (6 décès de moins pour 1 000 personnes). Le panel de l'OMS reconnaît que les problèmes de coût et de disponibilité associés au molnupiravir peuvent rendre son accès aux pays à revenu faible et intermédiaire difficile et exacerber les inégalités en matière de santé, souligne l’AFP. Les experts-es recommandent également un traitement combinant les anticorps monoclonaux de Regeneron (casirivimab et imdevimab) uniquement aux personnes dont il est confirmé qu'elles n'ont pas été infectées par le variant Omicron. En effet, ces anticorps se sont révélés inefficaces contre le variant. Le molnupiravir est, lui, la seule pilule anti-Covid avec le Paxlovid de l'américain Pfizer. Mais le traitement de Merck (MSD) suscite plus d'inquiétudes que ce dernier en matière d'effets indésirables. L'Agence américaine du médicament ne l'a, par exemple, pas autorisé pour les moins de 18 ans.