Covid-19 : point infos !

Publié par jfl-seronet le 16.03.2022
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ThérapeutiqueCovid-19

Ces jours derniers, les cas d’infections augmentent dans certains endroits, dont la France. Parallèlement et paradoxalement, différentes mesures d’assouplissement sont prises avec la fin du masque en entreprises. L’épidémie continue et des experts-es cherchent à comptrendre précisément le nombre de décès que cette pandamie aurait provoqués. Un chiffre est lancé : plus de 18 millions dans le monde.

France : nouvelle hausse

Pas loin de 74 818 nouveaux cas en 24 heures. Selon les chiffres publiés par les autorités sanitaires françaises (en date du 10 mars), le nombre de patients-es hospitalisés-es avec un diagnostic Covid-19 continue de baisser. Ils étaient 21 287 (jeudi 10 mars) contre 21 509 la veille. Les services de soins critiques accueillaient, eux, 1 928 patients-es atteints-es de la Covid contre 1 962 la veille. Santé publique France déplorait la mort de 100 patients-es dans les hôpitaux français, jeudi 10 mars. Reste que le nombre d’infections remonte depuis plusieurs jours. Les dernières données publiées (10 mars) faisaient état d'un nombre de nouveaux cas positifs de 74 818 contre 60 225 il y a une semaine. La moyenne sur sept jours, témoin le plus fidèle de la tendance réelle des contaminations enregistrées, s'établissait à 58 335 cas contre 56 251 cas. Cette tendance pose question aux experts-es qui se demandent si on assiste à l’émergence d’une sixième vague ou à un ressac de la cinquième.

Monde : 18 millions de décès

La pandémie de Covid-19 aurait provoqué plus de 18 millions de décès dans le monde entre début 2020 et fin 2021, plus de trois fois le bilan officiel, selon une étude publiée vendredi 11 mars dans la revue The Lancet. « Les statistiques officielles sur les décès de la Covid-19 ne donnent qu'une image partielle du véritable bilan de la mortalité » liée à la pandémie dans le monde, observent les auteurs-rices de l'étude, citée par l’AFP. La Covid-19 est potentiellement l'une des principales causes de mortalité en 2020 et 2021, selon eux. Si le chiffre officiel compte 5,94 millions de décès dans le monde entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2021, divers travaux l'ont jugé fortement sous-estimé et ont tenté de mieux évaluer le bilan global de la pandémie. Dernière étude en date, celle du Lancet qui réévalue le nombre de décès liés à la Covid-19 à 18,2 millions sur cette période, plus du triple du bilan officiel, à partir de calculs fondés sur l'excès de mortalité. Officiellement, la pandémie a fait au moins 6 019 383 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, sur plus de 449 millions d’infections confirmées, selon un bilan établi par l'AFP (10 mars). Les États-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de décès (963 819), devant le Brésil (653 498) et l'Inde (515 459). Mais rapporté à la population, les pays où l'épidémie a fait le plus de ravages sont le Pérou avec 641 décès pour 100 000 habitants-es, la Bulgarie (518) et la Bosnie-Herzégovine (475). L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée à la Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé que celui qui est officiellement établi.

Chine : hausse des cas

La Chine a fait état jeudi 10 mars de 402 nouveaux cas de Covid-19, soit près du double de la veille, au moment où la très contagieuse souche Omicron touche désormais le tiers des provinces du pays, rapporte l’AFP. Ces contaminations restent sans commune mesure avec les bilans dans le reste du monde, mais elles sont pour la Chine à leur plus haut niveau depuis mars 2020. Le pays, où le coronavirus a été initialement détecté fin 2019, observe une politique du « zéro Covid », qui a permis d'endiguer rapidement l'épidémie, mais s'accompagne d'un coût social et économique élevé.

États-Unis : 8 milliards de fraude

À aides exceptionnelles, fraude exceptionnelle, commente l’AFP. En effet, plus de 8 milliards de dollars ont été détournés dans le cadre de malversations aux mesures de soutien financier adoptées dans le pays depuis le début de la pandémie, a estimé (10 mars) le ministère de la Justice. Résultat ? Un millier de personnes font l'objet de poursuites pénales et 1 800 personnes ou organisations d'enquêtes au civil pour ces fraudes d’un montant très élevé, a précisé le ministère. Un-e procureur-e en chef chargé-e de coordonner la lutte contre ce phénomène droit être prochainement nommé-e.

United Airlines : retour des salariés-es non vaccinés-es

Assouplissement. La compagne aérienne américaine United Airlines va autoriser ses salariés-es non vaccinés-es contre la Covid-19 à reprendre le travail habituel à partir du 28 mars, lit-on dans un message interne, cité par Reuters. La compagnie aérienne, l'une des premières grandes entreprises américaines à avoir rendu la vaccination obligatoire pour ses salariés-es, précise qu'environ 2 200 d'entre eux ont été autorisés-es à prendre un congé sans solde ou affectés-es à un poste sans contact direct avec la clientèle pour des raisons religieuses ou médicales liées à cette obligation. Le directeur général du groupe, Scott Kirby, avait déclaré en décembre qu'environ 200 salariés-es sur un effectif total de 67 000 avaient été licenciés-es pour avoir refusé la vaccination sans motivation jugée valable. Ces 200 personnes ne seront pas réintégrées.

Entreprise : fin du protocole sanitaire

Le protocole sanitaire en entreprise a cessé de s’appliquer depuis lundi 14 mars, date à laquelle le port du masque n’est plus obligatoire dans les lieux fermés. C’est ce qu’a annoncé (8 mars) la ministre du Travail, Élisabeth Borne. « Le protocole sanitaire en entreprise va lui aussi disparaître à partir de lundi prochain » et « on va reprendre des règles normales en entreprise », a annoncé la ministre. Elle a précisé qu’il faudrait « continuer évidemment à appliquer des règles d’hygiène », comme le lavage des mains, le nettoyage des surfaces et l’aération des locaux. « Les règles de distance vont disparaître », de même que celles appliquées dans la restauration collective, a-t-elle précisé. Quant au télétravail, « on avait déjà rendu la main aux entreprises », il dépend donc déjà de « règles qui se définissent dans le dialogue social au sein des entreprises », a rappelé la ministre. Un guide repère sur les « mesures de prévention des risques de contamination à la Covid-19 hors situation épidémique », partagé par la ministre aux partenaires sociaux, doit remplacer le protocole national en entreprise. « Dans les circonstances actuelles où le virus continue à circuler, les salariés-es qui le souhaitent pourront continuer à porter un masque, sans que l’employeur ne puisse s’y opposer », indique ce guide. « Le référent Covid-19 poursuit ses missions. Dans les entreprises de petite taille, il peut être le-la dirigeant-e. Il s’assure de la mise en oeuvre des mesures définies et de l’information des salariés », précise-t-il.

Monde : une vaccination inéquitable

La pandémie de Covid-19 n'est pas finie et la distribution des vaccins anti-Covid dans le monde reste « scandaleusement inéquitable » a expliqué (9 mars) le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un communiqué marquant le deuxuième anniversaire du déclenchement de cette pandémie. « Le bilan le plus tragique de la pandémie a porté sur la santé et la vie de millions de personnes, avec plus de 446 millions de cas dans le monde, plus de six millions de décès confirmés et d'innombrables autres personnes aux prises avec une détérioration de la santé mentale », a-t-il pointé, cité par l’AFP. « Grâce à des mesures de santé publique sans précédent et au développement et au déploiement extraordinairement rapides de vaccins, de nombreuses régions du monde parviennent à maîtriser la pandémie. Mais ce serait une grave erreur de penser qu'elle est terminée », a-t-il mis en garde. Une des raisons tient dans un accès trop inégalitaire à la vaccination, ce qu’il a dénoncé. « La distribution des vaccins reste scandaleusement inégale » et « notre monde ne peut pas se permettre une reprise à deux niveaux après le Covid-19 », fait-il valoir. « Les fabricants produisent 1,5 milliard de doses par mois, mais près de trois milliards de personnes attendent toujours leur premier vaccin », a d’ailleurs dénoncé le chef de l'ONU, en évoquant un « échec » dû à des « décisions politiques et budgétaires qui donnent la priorité à la santé des habitants des pays riches par rapport à la santé des habitants des pays pauvres ». Il s'agit là d'une « recette pour plus de variants, plus de confinements et plus de chagrin et de sacrifice dans chaque pays », a-t-il fermement dénoncé.

Covid et cerveau

Le Covid est avant tout une maladie respiratoire, mais il pourrait aussi frapper le cerveau. Soupçonnés depuis le début de la pandémie, les effets neurologiques de la maladie semblent désormais avérés par des travaux récents, y compris en cas de formes légères, explique l’AFP.  On observe « un impact délétère lié au Sars-Cov-2 », le virus à l'origine de la Covid, dans les cerveaux de personnes infectées des mois plus tôt, selon une étude publiée lundi 7 mars dans la revue Nature.  Ce travail apporte les preuves les plus solides en date que la Covid peut avoir des conséquences à long terme sur le cerveau, en particulier la « substance grise » qui comprend les neurones. La piste n'est pas nouvelle. Elle est quasiment évoquée depuis le début de la pandémie, début 2020 ; nombre de médecins ayant alors constaté des troubles neurologiques chez des patients-es atteints-es de la Covid. Depuis, de multiples études sont allés dans ce sens. Certaines ont montré que la proportion de troubles cognitifs était plus élevée chez les anciens-nes malades de la Covid. D'autres ont directement observé le cerveau de patients-es et y ont constaté des anomalies. Reste que la première catégorie d'études ne peut mettre en évidence un mécanisme direct de cause à effet. Quant aux seconds travaux, ils étaient réalisés sur un petit nombre de patients-es, généralement atteints-es de formes graves. L'étude publiée lundi 7 mars est plus concluante. Elle étudie un nombre relativement important de personnes - plusieurs centaines - et s'intéresse à l'état de leur cerveau, selon qu'elles aient été atteintes ou non par la Covid.  Quand elles ont attrapé la Covid, la plupart de ces personnes n'ont pas été hospitalisées. Ce travail donne donc une idée des effets neurologiques d’une Covid sans gravité, comme en ont subi la grande majorité des gens.  Par ailleurs, pour chaque cas étudié, l'étude dispose d'un point de repère qui remonte avant l'apparition de la Covid. Les patients-es avaient tous-tes réalisé une imagerie cérébrale plusieurs années auparavant. Quels sont les résultats ? En moyenne, une infection au Sars-Cov-2  se solde, plusieurs mois après, par une perte ou la lésion de 0,2 % à 2 % des tissus cérébraux en plus de ce qui est observé chez les personnes non-malades. « Pour se faire une idée de l'ampleur de ces effets, on peut les comparer à ce qui se passe lors d'un vieillissement normal : on sait que les gens perdent chaque année entre 0,2 % et 0,3 % de substance grise dans les régions liées à la mémoire », explique Gwenaëlle Douaud, principale chercheuse de cette étude. Faut-il pour autant s'affoler et imaginer un virus qui remonte systématiquement au sein du cerveau et attaque les neurones ? Loin de là, et l'étude ne permet de conclure ni sur les mécanismes de ces atteintes cérébrales ni sur leur irréversibilité. Les chercheurs-ses font une observation cruciale, mais qui peut être interprétée de plusieurs façons : après une infection à la Covid, les zones du cerveau les plus frappées sont celles liées à la perception des odeurs. Or, la perte de l'odorat est l'un des symptômes les plus courants de la Covid. C'est probablement car le nerf olfactif est attaqué par le virus ou, comme le suggère une récente étude, par la réponse immunitaire à l'infection. Gwenaëlle Douaud formule donc plusieurs hypothèses : le cerveau pourrait être frappé par une inflammation, par exemple transmise par le canal olfactif, provoquée par le virus lui-même ou par la réaction de l'organisme à celui-ci. Mais il est aussi possible de prendre les choses dans l'autre sens. Et si c'était la perte de l'odorat elle-même qui affectait le cerveau ? « On sait, en effet, qu'une perte durable d'odorat (...) provoque une diminution de la substance grise dans les régions du cerveau liées à l'olfaction », remarque la chercheuse. Or cet effet est réversible : « On peut penser qu'avec le retour de l'odorat, ces anomalies cérébrales deviendront moins marquées au fil du temps », conclut la chercheuse.

Autriche : fin de la vaccination obligatoire

Le gouvernement autrichien a annoncé mercredi 9 mars la suspension de la loi sur la vaccination obligatoire contre la Covid-19, un mois à peine après son entrée en vigueur, indique l’AFP.  « Nous avons décidé de suivre l'avis de la commission des experts » et de « suspendre » le texte, a annoncé la ministre chargée de la Constitution Karoline Edtstadler. « Nous ne voyons pas en ce moment la nécessité de mettre en place l'obligation vaccinale au vu du variant actuel », qui provoque des symptômes moins sévères que le variant Delta auparavant dominant, a-t-elle expliqué. « Il y a actuellement beaucoup d'arguments pour dire que cette atteinte aux droits fondamentaux n'est pas justifiée », a ajouté Karoline Edtstadler. La loi était entrée en vigueur le 5 février, une mesure inédite dans l'Union européenne (UE). Elle avait suscité une forte opposition d'une partie de la population de 8,9 millions d'habitants-es. L'ensemble des résidents-es de plus de 18 ans étaient concernés-es, à l'exception des femmes enceintes, de celles et ceux qui ont contracté le virus il y a moins de 180 jours et enfin de celles et ceux pouvant être exemptés-es pour raisons médicales. Les contrôles devaient débuter mi-mars, avec des sanctions variant de 600 à 3600 euros. À suivre.

Moderna à l'assaut de virus négligés

Moderna, la biotech à l'origine de l'un des premiers vaccins contre la Covid-19, entend s'atteler à développer des vaccins contre quinze virus et bactéries émergents ou parfois négligés (dengue Virus Ebola, tuberculose, etc.), pour limiter les risques d'une nouvelle pandémie. La biotech américaine, spécialisée dans la technologie innovante de l'ARN messager, travaille déjà sur des vaccins à ARN contre certains virus, comme le VIH et Zika. Désormais, elle compte cibler les quinze agents pathogènes identifiés comme les plus grands risques de santé publique par l'Organisation mondiale de la santé et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), a-t-elle annoncé, le 8 mars. CEPI avait, de son côté, annoncé en 2021 un projet de 3,5 milliards de dollars pour accélérer le développement de nouveaux vaccins. Dans le détail, Moderna souhaite faire progresser d'ici à 2025 le développement de vaccins ciblant notamment le virus du chikungunya, la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, la dengue, le virus Ebola, le paludisme, ou encore la tuberculose. Il ne s'agit pas de mener pour chacun les recherches jusqu'à la commercialisation du vaccin, a précisé le directeur général Stéphane Bancel lors d'un entretien à l'AFP. En réalité, la société veut pousser le développement de ces vaccins potentiels jusqu'aux premiers essais cliniques sur l'homme.  L'objectif est d'établir une sorte de bibliothèque de vaccins, qui, en cas d'émergence d'une pandémie de l'un ou l'autre de ces agents pathogènes, seront prêts à être dégainés et à entrer en phase III d'essais cliniques, la toute dernière étape avant leur mise sur le marché. L’objectif serait de ganger plusieurs mois de temps : « Cela permet d'aller plus vite », précise Stéphane Bancel. Moderna table sur la coopération entre laboratoires publics et privés, via « mRNA Access », un programme permettant aux chercheurs-ses du monde entier d'utiliser sa plateforme technologique d'ARN messager, pour poursuivre leurs recherches dans leurs propres laboratoires sur les maladies infectieuses émergentes. « Il s'agit d'un outil internet qui permet à n'importe quel scientifique partenaire avec Moderna de designer n'importe quel vaccin depuis son laboratoire », explique la firme.  Si ces partenariats sont surtout tournés vers la recherche publique, Moderna se dit ouvert à des collaborations avec des laboratoires privés. Il s'engage, par ailleurs, à mener ces recherches avec ou sans partenaire, si nécessaire. « Si sur certains virus, personne ne veut de partenariat, nous le ferons seuls. Ces virus sont connus depuis longtemps », explique Stéphane Bancel, qui plaide pour une « responsabilité » du secteur pharmaceutique. Faute de débouchés commerciaux estimés suffisants, l'industrie pharmaceutique hésite, en effet, à se lancer dans des recherches longues et coûteuses sur des maladies infectieuses, privilégiant d'autres aires thérapeutiques comme l'oncologie.