Covid-19 : point infos !

Publié par Sophie-seronet le 26.03.2022
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ThérapeutiqueCovid-19

La stratégie française reste assez discutée chez les experts-es. Pour autant, Olivier Véran défend la levée des restrictions malgré le rebond épidémique. Car, il y a bel et bien un rebond des contaminations en France. Côté recherche, une étude française a comparé l’impact des variants Delta et Omicron dans les services d’urgences de l’AP-HP. Du côté des firmes pharmaceutiques, Pfizer demande aux États-Unis d'autoriser une deuxième dose de rappel (soit la quatrième dose). En France, la quatrième dose a été ouverte, tout récemment, aux personnes de plus de 80 ans.

Levée des restrictions

Droit dans ses bottes ! Le gouvernement a pris « la bonne décision » de lever les restrictions liées à la Covid-19 en France, malgré un rebond des contaminations, a expliqué sur France Info (16 mars) le ministre de la Santé Olivier Véran, assurant qu'il n'y avait « pas de risque de saturation des hôpitaux ». L'essentiel des restrictions anti-Covid ont été levées le 14 mars en France. Reste que la longue cinquième vague de l'épidémie, en décrue depuis quelques semaines, est repartie à la hausse depuis plusieurs jours, avec un rebond des contaminations (voir ci-dessous). « Oui, nous avons pris la bonne décision (…) On savait qu'il y avait un risque de rebond, on le constate, et il n'est pas d'ailleurs que français », a commenté le ministre. « Ce qui est important à comprendre, ce que nous disent le Conseil scientifique et les modèles de l’Institut Pasteur, c'est qu'effectivement, ça va monter pendant 10-15 jours, probablement jusqu'à la fin mars. On risque d'atteindre 120 000-150 000 contaminations par jour, et ensuite, on s'attend à une décroissance », a ajouté le ministre, cité par l’AFP. « Le plus fondamental, c'est que la charge hospitalière (...) sera contenue », a-t-il affirmé. Il n'y a « pas de risque de saturation des hôpitaux », selon lui. Interrogé sur une « banalisation de l'épidémie », Olivier Véran s'est défendu en rappelant l'autorisation donnée aux patients-es de 80 ans et plus de recevoir une dose de rappel, et le maintien de différentes mesures (masque dans les transports…). « Il y a un mouvement de relâchement général en France, il ne faut pas se le cacher, en Europe et dans le reste du monde (...). C'était attendu, mais la vigilance, elle, continue », a indiqué Olivier Véran.

Rebond épidémique en France

Le nombre d’infections par la Covid-19 avait bondi à plus de 116 000 cas en France, selon les données de Santé publique France publiées mardi 15 mars, au lendemain de la levée de l’essentiel des restrictions sanitaires. Depuis le 14 mars, toute personne qui le désire peut accéder aux cinémas, théâtres, restaurants, musées, établissements accueillant du public (hors hôpitaux, établissements médico-sociaux, ephad, etc.)... sans justifier d’un pass vaccinal. Le masque est tombé dans les commerces, écoles et lieux de culture et de loisirs et entreprises. Il demeure obligatoire dans les transports. Ces mesures d’allègement avaient été annoncées par le gouvernement français début mars quand la forte et longue cinquième vague de l’épidémie redescendait clairement, mais ce n’est maintenant plus le cas, commene en témoignent les chiffres de SPF. Les laboratoires avaient enregistré 116 618 cas positifs depuis lundi 14 mars. La moyenne quotidienne sur sept jours, qui lisse les écarts journaliers, était remontée à plus de 60 000 cas depuis vendredi 11 mars. Le nombre de patients-es hospitalisés-es était alors stable (20 919) ; celui des entrées à l’hôpital sur sept jours remontait très légèrement. La vaccination stagne, avec 80,5 % de la population totale ayant reçu au moins une dose de vaccin. Le gouvernement a décidé d’ouvrir dès à présent la quatrième dose de vaccin aux personnes de plus de 80 ans.

Novavax en Martinique

Le vaccin sans ARN messager Nuvaxovid (laboratoire pharmaceutique Novavax) a été administré à seulement une quarantaine de personnes en Martinique lors de sa première semaine de distribution, selon l’Agence régionale de santé (ARS) et cela malgré le rebond de l’épidémie de Covid-19 depuis le début du mois, explique l’AFP. Le Nuvaxovid est administré depuis le 8 mars, uniquement sur rendez-vous, dans cinq centres de vaccination en Martinique. « Bien que les gens attendaient ce vaccin, ils ne se sont pas précipités », constate le Christian Pierre-Louis, médecin au centre de vaccination de la Clinique Saint-Paul. Selon lui, plusieurs patients-es ont renoncé car le parcours vaccinal de Novavax ne garantit pas l’absence totale d’injection avec ARN messager. Le ministère de la Santé a, en effet, indiqué le 2 mars que ce vaccin n’était « à ce stade » pas autorisé en vaccination de rappel. « Les personnes qui auront été vaccinées avec ce vaccin en primo-vaccination devront recevoir une dose de vaccin à ARN messager pour le rappel », a indiqué le gouvernement, suivant les recommandations de la Haute Autorité de Santé. Le programme de vaccination ne fonctionne pas en Martinique avec seulement 200 à 300 injections quotidiennes, selon l’ARS. Initialement prévue le 7 mars, l’entrée en vigueur du pass vaccinal a été repoussée par le préfet de la Martinique au 28 mars. D’ici là, le pass sanitaire reste nécessaire dans les établissements recevant du public et le couvre-feu de 22h à 5h du matin s’applique toujours. Selon l’ARS, le taux d’incidence est de 3 175 cas pour 100 000 habitants-es. La population restant majoritairement défavorable à la vaccination (44,8 % présentent un schéma vaccinal complet), la préfecture a misé sur le vaccin du laboratoire Novavax dont 20 000 doses sont arrivées sur l’île début mars. Les autorités sanitaires espèrent un nouveau souffle dans les prochains jours. À suivre.

Delta et Omicron à l'étude

Des équipes des services d’accueil des urgences (SAU) de plusieurs hôpitaux de l’AP-HP, en lien avec la Fédération Hospitalo-Universitaire FHU IMPEC, ont réalisé une étude de cohorte rétrospective visant à comparer les caractéristiques des personnes infectées par les variants Delta et Omicron prises en charge dans les services d’urgence du 30 novembre 2021 au 10 janvier 2022, explique un communiqué de l’AP-HP. Cette étude, coordonnée par le Pr Yonathan Freund (Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP, Sorbonne Université) et la Dre Donia Bouzid (Hôpital Bichat – Claude-Bernard AP-HP, Université Paris Cité), a fait l’objet, le 15 mars, d’une publication au sein de la revue Annals of Internal Medicine. Cette étude de cohorte rétrospective a inclus les personnes prises en charge dans des services d’accueil des urgences de l’AP-HP avec un prélèvement pour la Covid-19 positif et un séquençage effectué pendant la cinquième vague Delta - Omicron. Le séquençage des prélèvements de ces patients-es a montré que 818 patients-es étaient infectés-es par le variant Delta contre 898 par le variant Omicron. Les caractéristiques des personnes concernées, dont l’âge médian était de 58 ans et dont 49 % étaient des femmes, différaient significativement entre les deux groupes. Les personnes infectées par Omicron étaient plus jeunes (54 versus 62 ans), présentaient moins de comorbidités (8,0 % versus 12,5 %), et étaient plus souvent vaccinés-es (65 % versus 39 % pour une dose, et 22 % versus 11 % pour trois doses) que les personnes infectées par le variant  Delta. Les symptômes de ces patients-es étaient plus souvent ORL avec une composante inflammatoire. Après ajustement, ces travaux montrent que le variant Omicron est un facteur indépendant de meilleur pronostic, avec un taux inférieur d'hospitalisation, de passage en réanimation et de décès souligne l’AP-HP. Ces résultats se vérifient également dans la sous-population de personnes hospitalisées pour la Covid-19.

Source : Référence: Comparison of Patients infected with Delta versus Omicron COVID-19 Variants Presenting to Paris Emergency Departments: A Retrospective Cohort Study. Annals of Internal Medicine.

La Suisse condamnée pour des mesures liberticides

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné mardi 15 mars la Suisse pour « violation de la liberté de réunion » devant les mesures, jugées disproportionnées, d'interdiction des manifestations publiques adoptées en 2020 face à l'épidémie de Covid-19. La CEDH avait été saisie en mai 2020 par la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS), une association suisse qui se plaignait d'avoir dû renoncer à organiser une manifestation le 1er mai après l'adoption par le gouvernement, par une ordonnance, de mesures destinées à lutter contre le coronavirus en mars 2020, explique l’AFP. Parmi ces mesures figurait notamment l'interdiction des manifestations publiques et privées. En cas de non-respect de l'interdiction, des sanctions pénales étaient prévues, allant jusqu'à trois ans de prison. L'interdiction de toute manifestation avait été assouplie le 30 mai, puis levée le 20 juin 2020. Dans son jugement publié mardi, la CEDH rappelle d'emblée que la « menace pour la santé publique » provenant du coronavirus « était très sérieuse », et imposait aux États de « réagir rapidement ». Mais elle souligne qu'une « interdiction générale d'un certain comportement » est une « mesure radicale qui exige une justification solide et un contrôle particulièrement sérieux par les tribunaux ». Elle estime que ce contrôle « n'a pas été effectué par les tribunaux internes », alors même que, dans le contexte d’urgence dans lequel l'ordonnance a été prise, ce contrôle était « d’autant plus impérieux ». À une majorité de quatre voix contre trois, les juges européens-nes ont donc condamné la Suisse, jugeant que l'atteinte à la liberté de réunion et d'association, sur une durée « considérablement longue », n'était « pas proportionnée », « pas nécessaire dans une société démocratique », et constituait, de ce fait, une « violation » de la Convention européenne des droits de l'homme. Ils ont imposé à la Suisse le versement de 3 000 euros à l'association.

Pfizer veut une 2e dose de rappel

Pfizer et BioNTech ont annoncé mardi 15 mars avoir demandé à l'agence américaine des médicaments (FDA) d'autoriser une dose de rappel supplémentaire de leur vaccin contre la Covid-19 chez les personnes de 65 ans et plus. Cette demande est faite sur la base de données venant d'Israël et analysées au moment où le variant Omicron circulait à grande échelle, ont indiqué les deux firmes, dans un communiqué. Ces données montrent, selon Pfizer et BioNTech, « qu’une dose de rappel supplémentaire de vaccin à ARN messager augmente l'immunogénicité » — la capacité à provoquer une réaction immunitaire — « et réduit les taux d'infections confirmées et de maladies graves ».  Les compagnies ont donc demandé une autorisation d'utilisation d'urgence de la part de la FDA.  Israël a été le premier pays à lancer une nouvelle campagne vaccinale. Une quatrième dose du vaccin anti-Covid de Pfizer y est administrée depuis début janvier aux plus de 60 ans, étendue fin janvier aux plus de 18 ans à risque.  Elle permet de multiplier de trois à cinq fois les anticorps par rapport à la troisième dose, selon le ministère israélien de la Santé.  Une deuxième dose de rappel (souvent une quatrième dose de vaccin) ciblée sur les plus âgés-es et/ou vulnérables est, depuis, à l'ordre du jour dans plusieurs pays d'Europe : Danemark, Espagne, Allemagne, Suède.

4e dose pour les plus de 80 ans

Jean Castex a annoncé (12 mars) l'ouverture de la quatrième dose de vaccin « aux plus de 80 ans ayant reçu leur dose de rappel depuis plus de trois mois », face au léger rebond de l'épidémie de Covid-19 ; l’annonce a été faite dans une interview au Parisien.  Le Premier ministre a aussi recommandé « fortement aux personnes fragiles du fait de leur âge ou de leurs pathologies de maintenir le port du masque dans les lieux clos et dans les grands rassemblements ».  Concédant qu'il y avait actuellement une « reprise des cas », Jean Castex a cependant exclu de « changer de stratégie », alors que la plupart des restrictions ont été levées lundi 14 mars, comme le pass vaccinal.  « Le conseil scientifique, que j’ai sollicité, nous dit que c’est surtout le sous-variant BA2 [d’Omicron, ndlr] qui est à l’origine de ce rebond » épidémique.  « Il est plus transmissible que l’Omicron initial, mais il ne semble pas plus dangereux », a-t-il expliqué au Parisien, s'appuyant sur le fait que « la pression hospitalière, qui reste notre juge de paix, continue de baisser ».  « L’amélioration à l’hôpital et notre couverture vaccinale élevée nous conduisent à maintenir la levée des mesures », a-t-il défendu. Dans ce contexte, le Premier ministre a dit vouloir « accompagner les personnes les plus vulnérables ». En ce sens, « nous allons ouvrir dès à présent la quatrième dose aux plus de 80 ans ayant reçu leur dose de rappel depuis plus de trois mois, qui sont confrontés à une perte progressive de leur immunité », a-t-il déclaré. Depuis le 14 mars, le pass vaccinal, qui impose d'être vacciné-e contre la Covid-19 pour accéder à de nombreux lieux, a été levé même si sa version « sanitaire », qui fonctionne aussi avec un test négatif au virus, sera maintenue dans les établissements de santé au sens large : hôpitaux, Ehpad, etc. Le masque, lui, ne sera plus obligatoire, à l'exception des transports et, là encore, des établissements de santé. Cet allègement concerne notamment les écoles, les commerces et les entreprises, qui garderont le choix de l'imposer ou non à leurs employés-es.

140 000 décès en France

Le seuil des 140 000 décès liés à la Covid-19 en France a été franchi vendredi 11 mars, deux ans après le début de l’épidémie, selon Santé publique France. Deux ans, presque jour pour jour, après le premier confinement, les autorités dénombrent 140 029 personnes infectées par la Covid-19 et décédées à l’hôpital, en maison de retraite ou dans d’autres établissements médico-sociaux. La barre des 130 000 décès avait été dépassée le 27 janvier, ce qui signifie que la cinquième vague épidémique a emporté 10 000 malades en six semaines, souligne l’AFP. Entre-temps, le rythme des infections s’est effondré, avant d’amorcer une reprise depuis quelques jours. Avec 72 399 cas positifs enregistrés en 24 heures, la moyenne des sept derniers jours repasse au-dessus de 60 000, contre un peu plus de 52 000 une semaine plus tôt. Un « rebond » relevé le 11 mars par le ministre de la Santé Olivier Véran et que l’épidémiologiste Arnaud Fontanet relie à « un cocktail de facteurs » : nouveau variant plus contagieux, rentrée scolaire et relâchement des comportements. Cette inversion de tendance reste, pour l’heure, sans effet à l’hôpital, où le nombre de patients-es ayant la Covid continue de refluer. La vaccination est par ailleurs quasiment à l’arrêt, avec moins de 32 000 injections en 24 heures. À ce jour, 54,25 millions de Français-es ont reçu au moins une dose (soit 80,5 % de la population), 53,31 millions sont complètement vaccinés-es (79,1 % de la population totale), et 39,27 millions ont reçu une dose de rappel, selon la Direction générale de la santé.

Peu d'effet pour la 2e dose de rappel

Une deuxième dose de rappel des vaccins actuels à ARN messager pourrait n'avoir qu'un « bénéfice marginal » contre les infections à la Covid-19 chez les jeunes adultes en bonne santé, selon une étude israélienne publiée mercredi 16 mars par le New England Journal of Medicine. L'étude couvre environ 600 travailleurs-ses de santé du centre médical Sheba, dont 270 ont reçu un second rappel des sérums Pfizer ou Moderna quatre mois après avoir reçu leur troisième dose. Le reste des participants-es n'a reçu que trois doses du vaccin de Pfizer. D'une manière générale, la quatrième dose s'avère sûre et ramène le taux d'anticorps neutralisants, qui bloquent l'infection des cellules par le coronavirus, à son niveau d'après-troisième dose, souligne l’AFP. L'étude, qui a eu lieu au moment où le variant Omicron circulait à grande échelle en Israël, suggère toutefois que la quatrième dose apporte peu de protection additionnelle contre l'infection malgré la baisse graduelle du taux d'anticorps pour ceux ayant reçu trois doses. La quatrième dose de Pfizer fait baisser de 30 % le risque d'être infecté-e par la Covid-19 par rapport à trois doses et celle de Moderna fait baisser ce risque de 18 %. La protection contre les formes symptomatiques de la maladie est un peu meilleure que pour ceux-celles ayant reçu trois doses : 43 % avec Pfizer et 31 % avec Moderna. Ces résultats suggèrent des bénéfices mineurs mais ils sont à prendre avec précaution, au vu du petit nombre de participants-es. Selon leurs auteurs-rices, l'étude semble indiquer que les trois doses de vaccins élaborées contre la forme originelle de la Covid-19 ont atteint un plafond en termes de réponse immunitaire et que les rappels ne font que restaurer cette immunité sans l'augmenter. Des experts-es extérieurs-es à l'étude ont estimé que cette étude montrait la nécessité de développer des nouveaux vaccins. « Si Omicron continue à circuler et que nous utilisons encore les vaccins anti-Covid de première génération, je suis d'accord avec les conclusions des auteurs » pour les jeunes adultes en bonne santé, a commenté Julian Tang, virologue à l'université de Leicester, cité par l’AFP. « Une quatrième dose sera plus profitable aux personnes âgées et aux groupes plus vulnérables » comme ceux-celles ayant des comorbidités, a-t-il ajouté.  « Dans l'idéal, nous avons besoin de nouveaux vaccins contre la Covid-19 élaborés spécifiquement contre Omicron si on veut améliorer la protection des plus vulnérables, comme lorsqu'on développe chaque année le vaccin contre la grippe », a-t-il expliqué.