Covid-19 : point infos !

Publié par jfl-seronet le 26.04.2022
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ThérapeutiqueCovid-19

Cette dernière période a moins mis en avant les infos sur la Covid-19, sans doute l’effet de saturation, la prédominance de la guerre en Ukraine et la campagne présidentielle française. Pour autant, la Covid-19 n’a pas complètement déserté le champ de l’actualité. En Allemagne, certains antivax se montrent dangereux. Au niveau mondial, l’OMS appelle à ne pas baisser la garde et estime que la « Covid peut encore provoquer de grandes épidémies ». Enfin, des recommandations de traitements sont adoptées un peu partout. Seronet fait le point.

Allemagne : coup de filet chez des antivax

Délire. La justice allemande a annoncé (14 avril) l’arrestation de quatre membres d’un réseau d’extrême droite dans la mouvance des antivax et opposants-es aux règles anti-Covid qui envisageaient des « attentats violents » en Allemagne et des enlèvements de « personnalités publiques ». Le ministre de la Santé social-démocrate, Karl Lauterbach, faisait partie de leurs cibles, a indiqué l’AFP, citant des sources ministérielles. Ce « réseau » baptisé « Patriotes unis » visait la destruction « du système démocratique allemand », ont précisé le parquet de Coblence et la police du land de Rhénanie-Palatinat dans un communiqué. Les suspects avaient notamment prévu de s’attaquer aux réseaux d’électricité pour provoquer « une panne de courant de longue durée sur tout le territoire », qui aurait, dans leur esprit, créé les conditions d’une « guerre civile ». Les autorités enquêtaient depuis octobre 2021 sur ce groupe, leurs fondateurs et leurs partisans dans plusieurs régions du pays. Lors du coup de filet de mercredi, ils ont notamment saisi des armes à feux et des munitions, de lingots d’or et pièces d’argent, des devises d’une valeur supérieure à 10 000 euros, ainsi que des téléphones portables, des faux certificats de vaccination contre la Covid-19, ou encore plusieurs documents écrits sur leurs plans pour renverser l’État. Les opérations policières visant la frange radicale de la mouvance anti-restrictions sanitaires se sont multipliées dans le pays qui a érigé la violence d’extrême droite au premier rang des menaces pour l’ordre public, avant le risque jihadiste.  Cette mouvance est particulièrement mobilisée en Allemagne depuis le début de la pandémie de Covid-19 et active dans des groupes Telegram proférant des menaces contre les élus-es ou lors de manifestations.

Le Royaume-Uni autorise le vaccin Valneva

Le vaccin contre la Covid-19 du laboratoire franco-autrichien Valneva a été approuvé au Royaume-Uni, a annoncé (14 avril) le régulateur britannique, le MHRA. « Le vaccin contre la Covid-19 développé par Valneva a reçu aujourd’hui l’approbation réglementaire de l’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) », a annoncé l’agence, dans un communiqué, affirmant que le régulateur britannique est le premier au monde à l’approuver. Valneva avait déjà reçu une autorisation pour l’utilisation d’urgence de son sérum au Royaume de Bahreïn, qui lui a acheté un million de doses. Le laboratoire a aussi signé un accord avec la Commission européenne pour la fourniture d’un maximum de 60 millions de doses sur deux ans en 2022 et 2023. Le vaccin Valneva pourra être utilisé chez les personnes âgées de 18 à 50 ans, les premières et deuxièmes doses devant être prises à au moins 28 jours d’intervalle. Ce vaccin peut être stocké à la température de réfrigérateurs classiques, ce qui facilite son utilisation. Le Royaume-Uni a été durement affecté par la pandémie de coronavirus qui y a fait plus de 171 000 morts. Plus de 92 % de la population âgée de 12 ans et plus a reçu une première dose de vaccin contre la Covid-19, 86,2 % une deuxième dose et 67,8 % une dose de rappel.

OMS : attention à la suite de l'épidémie

La Covid-19 est loin d'être endémique et peut encore provoquer « de grandes épidémies », ont indiqué des responsables de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le 14 avril dernier.  « Nous sommes toujours au milieu de cette pandémie, nous aimerions tous que ce ne soit pas le cas, mais nous ne sommes pas à un stade endémique », a déclaré la responsable de la lutte contre la Covid pour l'OMS, Maria Van Kerkhove, citée par l’AFP. Depuis Genève, Michael Ryan, le responsable des urgences de l'OMS, a renchéri : « Je ne pense pas que nous soyons proches d'une situation endémique avec ce virus ».  « Il ne suit pas encore totalement une cadence temporelle, ou un schéma saisonnier, (...) et la maladie reste donc assez volatile », a-t-il expliqué. La maladie « est toujours capable de provoquer de grandes épidémies comme nous l'avons vu, et même au sein des populations qui ont été précédemment exposées », a-t-il rappelé. Michael Ryan a, par ailleurs, souligné que lorsqu'une maladie devient endémique cela ne signifie pas pour autant que la maladie n'est pas grave. « La tuberculose est endémique, le paludisme est endémique... ces maladies tuent des millions de personnes chaque année. S'il vous plaît, ne croyez pas qu'endémique signifie que c'est fini et que c'est bénin », a-t-il insisté. Le Comité d'urgence de l'OMS sur la Covid-19 a été unanime, mi-avril, à estimer que ce n'était pas « le moment de baisser la garde ». Le directeur général de l'organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a donc maintenu (13 avril) l'urgence de santé publique de portée internationale pour la Covid-19, le niveau d'alerte le plus élevé de l'OMS.

Pfizer : vaccin multivariant à venir ?

Un vaccin contre la Covid-19 efficace contre de multiples variants d’ici à l’automne « est une possibilité, mais pas une certitude », a expliqué (13 avril) le patron du géant pharmaceutique américain Pfizer, Albert Bourla. « J’espère que d’ici l’automne — mais ce n’est pas une certitude — nous pourrons avoir un vaccin » efficace « contre tout ce qui est connu pour le moment », a-t-il souligné, lors d’un point de presse organisé par la Fédération internationale de l’industrie pharmaceutique (Ifpma). Pfizer mène actuellement des études pour savoir quelle pourrait être la meilleure formule. Pfizer et l’allemand BioNTech ont mis au point l’un des premiers et plus efficaces vaccins contre la Covid-19 injecté pour la première fois au Royaume-Uni fin 2020, moins d’un an après que la maladie eut été détectée en Chine. Ce vaccin à ARN messager — comme celui de Moderna — a vu son efficacité réduite face au variant Omicron du virus et ses sous-variants qui donnent la Covid-19, même s’il protège encore très efficacement contre les symptômes graves, les hospitalisations et le risque de mort. Pfizer teste actuellement différents vaccins et différentes doses. « Une fois que nous saurons quelle est la meilleure voie à suivre nous demanderons l’homologation » aux États-Unis, en Europe et ailleurs dans le monde, a-t-il précisé.

Portugal : Fin masque en intérieur

Et un de plus. Le Portugal a décidé à son tour, jeudi 21 avril, de mettre fin à l’obligation du port du masque en intérieur, une mesure sanitaire qui continuera toutefois de s’appliquer dans les transports en commun, les hôpitaux ou les maisons de retraite, mais pas en milieu scolaire. « Compte tenu de l’évolution positive de la situation épidémiologique au Portugal, le gouvernement a décidé de revoir certaines restrictions encore en vigueur », a annoncé l’exécutif du socialiste Antonio Costa dans un communiqué officiel. Le port obligatoire du masque se limitera désormais « aux lieux qui se caractérisent par une spéciale vulnérabilité des personnes qui les fréquentent (...) et aux locaux d’utilisation intensive », a indiqué le gouvernement. Cette décision a été promulguée dans la foulée par le président de la République. Le Portugal figure parmi les pays aux taux de vaccination les plus élevés au monde, le nombre de nouveaux cas d’infection au coronavirus était en baisse, à 577 cas pour 100 000 habitants-es sur sept jours, selon un rapport de la Direction générale de la santé au Portugal, fin avril.

Antiviral Pfizer pour les patients-es à risques

L'OMS « recommande fortement » l'antiviral du groupe pharmaceutique américain Pfizer — nirmatrelvir associé au ritonavir — pour les patients-es « à plus haut risque d'hospitalisation » atteints-es des formes moins sévères de la Covid-19. Pour les experts-es de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la combinaison « est le médicament de choix » pour les patients-es non vaccinés-es, âgés-es ou immunodéprimés-es. Pour ce même type de patients-es et de symptômes, l'OMS a émis une « recommandation faible » pour le remdesivir de Gilead, qu'elle déconseillait jusque-là. Le paxlovid doit être privilégié par rapport au molnupiravir de Merck ou le remdesivir ainsi que les anticorps monoclonaux, précise l'organisation, qui continue toutefois à militer pour la vaccination. « Il est crucial d'empêcher les gens de développer une forme grave de la maladie, de mourir. Et la vaccination est une intervention clé pour la prévention », a insisté la docteure Janet Diaz, responsable de l'équipe clinique chargée de la riposte à la Covid-19.