Covid-19 : point infos !

Publié par jfl-seronet le 01.06.2022
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ThérapeutiqueCovid-19

Même si la Covid-19 semble passer aujourd’hui au second plan, du fait de la guerre en Ukraine, de la survenue de la variole du singe, elle n’a pas disparu et cause, chaque jour, des morts en France. Une étude récente de l’Insee indique que la Covid-19 a causé une surmortalité dans notre pays. Ailleurs, ce sont des annonces concernant les traitements, des autorisations complémentaires ou encore des homologations concernant des vaccins (Convidecia, VLA2001, Vaxzevria) qui ont fait les gros titres, ces dernières semaines.

Paxlovid aux États-Unis

La pilule anti-Covid de Pfizer, commercialisée sous le nom de Paxlovid, « fait la différence » en permettant de limiter le nombre d'hospitalisations et de décès, au moment où les Etats-Unis vivent une nouvelle vague épidémique, s'est félicité, mercredi 19 mai, un haut responsable de la Maison-Blanche. Après des débuts poussifs à cause d'un accès difficile pour les personnes, ce médicament, pris oralement durant cinq jours le plus rapidement possible après l'apparition des symptômes, a été quatre fois plus utilisé le mois dernier, a déclaré le Dr. Ashish Jha, nouveau coordinateur pour la crise sanitaire. Désormais « 20 000 prescriptions de Paxlovid sont faites chaque jour », a-t-il déclaré, cité par l’AFP. « Je pense que c'est une des raisons importantes pour lesquelles, malgré la forte hausse des infections, nous n'avons pas vu une hausse comparable de décès. Nous avons vu une augmentation des hospitalisations, mais pas autant qu'attendu à ce stade », a-t-il dit. Les États-Unis enregistrent actuellement environ 95 000 nouveaux cas déclarés de Covid-19 par jour — un nombre qui serait sous-estimé à cause de l'expansion des tests rapides à domicile, dont les résultats ne sont pas toujours communiqués aux autorités. Le Paxlovid, traitement antiviral, agit en diminuant la capacité du virus à se répliquer, freinant ainsi la maladie. Par ailleurs, la Maison-Blanche a renouvelé son appel à ce que le Congrès vote 22,5 milliards de dollars supplémentaires de financements. Ces fonds doivent permettre d'acheter des doses de vaccins à la formule potentiellement mise à jour, pour mieux combattre les variants en circulation. « Sans ces fonds additionnels du Congrès, nous ne serons pas capables d'acheter assez de vaccins pour tous les Américains qui en veulent un, une fois que ces nouvelles générations de vaccins sortiront à l'automne et à l'hiver », a averti Ashish Jha. « Ce serait terrible. Nous verrions beaucoup de décès inutiles ». Selon lui, d'autres pays sont déjà en discussion avec les entreprises pharmaceutiques pour ces commandes, ce que les États-Unis ne peuvent faire faute de moyens sur la table.

Une surmortalité constatée

De mars 2020 à décembre 2021, les décès observés ont été nettement supérieurs à ceux attendus en l’absence d’épidémie de Covid-19, explique une étude de l’Insee. Au total, cette surmortalité calculée a atteint +55 600 de mars à décembre 2020, puis +39 100 en 2021, selon cette étude de l'Insee parue jeudi 19 mai. La France a enregistré une surmortalité de 95 000 décès, durant la pandémie entre mars 2020 et décembre 2021, un chiffre cependant inférieur au bilan estimé de la Covid-19 car certaines « personnes fragiles seraient décédées même sans l'épidémie ». Pour arriver à ce résultat, les experts-es de l'institut public ont déterminé le nombre de décès « attendus en l'absence d'épidémie » — compte tenu de l'augmentation et du vieillissement de la population, et de la tendance à la baisse des risques de décès à chaque âge. Puis, ils-elles l’ont comparé au nombre de décès réellement constaté, toutes causes confondues. Sur la même période, le bilan humain de l'épidémie de Covid-19 a pourtant été nettement plus lourd : de 130 000 à 146 000 personnes auraient été emportées par le coronavirus, selon différentes estimations. Cette différence s'explique par le fait que certaines victimes de la Covid sont des personnes « fragiles » dont les démographes considèrent que, même sans l'épidémie, elles seraient décédées d'une autre cause (diabète, maladie cardiovasculaire, cancers, etc.). Par ailleurs, l'épidémie a également réduit d'autres causes de décès, comme les accidents de la route, moins nombreux du fait des confinements. Dans son étude, l’Insee ajoute aussi que la surmortalité, soit l’excédent des décès observés par rapport à ceux attendus, reste élevée en 2021 (6,3 %, après 7,5 % en 2020). Comparativement à 2020, l’année 2021 se distingue par une hausse de la surmortalité avant 75 ans et par une baisse après 85 ans. L’écart entre femmes et hommes s’est accru, puisque la surmortalité s’est stabilisée pour les hommes (8,6 % en 2020 et 8,3 % en 2021), tandis que celle des femmes a diminué (de 6,4 % à 4,3 %).

Convidecia homologué par l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé (19 mai) l’homologation d’urgence du vaccin anti-Covid Convidecia des laboratoires chinois CanSino Biologics, au moment où Pékin se bat contre une résurgence de la pandémie. Ce vaccin est fondé sur un adénovirus humain modifié, il est administré en une seule dose et l’OMS le recommande pour tous les groupes d’âge à partir de 18 ans, précise un communiqué de l’agence. Le vaccin est efficace à 64 % pour la forme symptomatique de la Covid-19 et à 92 % contre les formes sévères. Ce label permet notamment au système international Covax de l’utiliser le cas échéant pour la vaccination en particulier dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires. La Chine a dû faire face ces derniers mois à une résurgence de la pandémie sans précédent dans le pays, où les premiers cas de Covid-19 ont été détectés fin 2019. Le variant Omicron et ses sous-variants sont tellement contagieux qu’ils parviennent à contourner les mesures sanitaires pourtant très strictes imposées par les autorités chinoises.

Valneva bientôt en Europe

Le laboratoire franco-autrichien Valneva a annoncé (19 mai) une nouvelle étape vers l’autorisation de son candidat-vaccin contre la Covid-19 par l’Agence européenne du médicament (Ema). La société a indiqué que l’Ema avait accepté la soumission du dossier d’autorisation de mise sur le marché de son candidat-vaccin Vla2001. Valneva pourrait donc obtenir une opinion positive du CHMP (comité des médicaments à usage humain) en juin 2022, indique la société pharmaceutique. Cette nouvelle étape est importante pour Valneva, dans le cadre de son contrat avec l’Union européenne. La Commission européenne avait indiqué, quelques jours plus tôt, envisager de résilier son contrat de fourniture de 60 millions de doses de vaccin contre la Covid. Le contrat entre l’Union européenne et Valneva donnait, en effet, le droit à la Commission européenne d’y mettre fin si le vaccin n’avait pas reçu une autorisation de mise sur l’Ema au 30 avril 2022. Le vaccin Vla2001 a déjà reçu une autorisation conditionnelle de mise sur le marché au Royaume-Uni. Il a aussi été autorisé pour une utilisation d’urgence aux Émirats arabes unis et au royaume de Bahreïn.

Astrazeneca en troisième dose

Le laboratoire pharmaceutique britannique Astrazeneca a annoncé lundi 23 mai que son vaccin anti-Covid-19, Vaxzevria, avait été approuvé en troisième dose pour les adultes dans l'Union européenne (UE). « Les professionnels de santé peuvent maintenant utiliser Vaxzevria en troisième dose chez les patients qui ont précédemment reçu des doses de Vaxzevria ou d'un vaccin à ARN messager approuvé dans l'Union européenne ». L'Agence européenne du médicament (EMA) a donné (19 mai) l'autorisation « après un ensemble de preuve suffisantes démontrant une augmentation de la réponse immunitaire après une troisième dose de Vaxzevria » faisant suite à deux doses du vaccin d'Astrazeneca ou d'un autre approuvé dans l'UE, d'après un communiqué sur le site de l'agence, cité par l’AFP. Aztrazeneca a indiqué, fin avril, qu'il avait distribué dans le monde 2,9 milliards de doses de Vaxzevria, qui est approuvé dans nombre de pays hors UE, notamment en Asie et Amérique du Sud, mais pas aux États-Unis. Astrazeneca avait mis sur le marché son vaccin à prix coûtant et a commencé depuis quelques mois à prendre un bénéfice, tout en assurant que ce dernier resterait faible sur ce produit.

Anticiper une nouvelle vague

La HAS recommande d'anticiper une vaccination à l'automne des personnes à risque de développer des formes graves. Trois scénarios imaginés : Scénario 1 - Retour à la normale : les futurs variants qui apparaissent sont significativement moins sévères, l’immunité contre les formes graves est maintenue. Campagne de rappel vaccinal chez les personnes immunodéprimées (dans le cadre d’une décision médicale partagée) pour réduire la morbi-mortalité associée à la Covid-19. Scénario 2 - Reprise périodique : le virus poursuit son évolution. L’immunité baisse au cours du temps, mais reste suffisante contre les formes graves et les décès pour une majorité de la population. Des pics de transmission se produisent entraînant une reprise épidémique périodique. Campagne de rappel vaccinal pour les populations à risque pour réduire la morbi-mortalité associée à la Covid-19. Scénario 3 : Émergence d’un variant plus virulent qui entraînerait une baisse de l’immunité contre les formes graves et les décès et occasionnerait une nouvelle vague épidémique. Campagne de rappel vaccinal pour la population générale avec priorisation des populations les plus à risque pour réduire la morbi-mortalité associée à la Covid-19, réduire la diffusion de l’épidémie et maintenir les besoins vitaux de fonctionnement du pays. Pour définir ses recommandations vaccinales pour l'automne 2022, la HAS retient le « scénario d'évolution de la crise sanitaire qu'elle considère comme le plus probable, dans lequel l'impact de la circulation du virus, toujours active, serait moindre grâce une immunité durable et suffisante permettant de limiter les formes graves et les décès ». Dans ce scénario : « L'incidence et le nombre de cas graves sont découplés, ce qui conduirait à des vagues épidémiques de moins en moins graves ; des pics de transmission périodiques pourraient se produire en raison de l'augmentation de la proportion de personnes ayant une baisse d'immunité, rendant nécessaire l'administration périodique d'une dose de rappel vaccinal pour les personnes les plus à risques de forme sévère ». La HAS recommande, aujourd’hui, d'anticiper l'organisation d'une « campagne de rappel vaccinal pour l'automne 2022 des populations les plus à risque de formes graves de la maladie (en particulier, les personnes immunodéprimées et leur entourage, les personnes de 65 ans et plus et/ou présentant des comorbidités à risque de forme grave) ». Elle recommande également « d'envisager la vaccination des professionnels de santé au regard notamment des futures données d'efficacité vaccinale contre les formes asymptomatiques de la maladie (question de l'efficacité contre la transmission de la maladie) ». Pour des raisons de mobilisation et de logistique, la HAS préconise de coupler cette campagne de vaccination contre la Covid-19 à celle de la grippe. Dès que de nouveaux vaccins (notamment les vaccins bivalents et les nouvelles plateformes vaccinales) obtiendront leur autorisation de mise sur le marché (AMM), la HAS les évaluera, précisera leur place dans cette stratégie vaccinale et indiquera le cas échéant le type de vaccin à privilégier pour chaque population en fonction de ses caractéristiques propres. Évidemment, il reste pas mal d’incertitudes qui pourraient remettre en cause ce scénario : évolution de l'épidémie, situation épidémiologique en France, émergence possible de nouveaux variants, plus sévères et/ou plus transmissibles, disponibilité de futurs vaccins et traitements curatifs (avec des niveaux d'efficacité variables), degré de mobilisation des populations ciblées par ces stratégies, etc. La HAS note qu'il est donc « nécessaire d'être prêts à anticiper le scénario pessimiste pour lequel une campagne de vaccination à large échelle devrait être rapidement organisée ». En parallèle de sa recommandation pour l'automne prochain, la HAS préconise de poursuivre les efforts de vaccination des personnes à risque non vaccinées ou n'ayant pas encore reçu leur première dose de rappel. Elle cible en particulier les personnes les plus âgées pour lesquelles la couverture vaccinale complète incluant une dose de rappel est encore insuffisante (76 % seulement des plus de 80 ans ont bénéficié d'une primovaccination et d'un premier rappel au 11 mai 2022. En outre, elle appelle à un effort particulier pour faciliter l'accès à la vaccination des publics vulnérables les plus éloignés du système de santé (promotion de la vaccination dans les structures médico-sociales, actions communautaires ou « d'aller-vers », vaccination à domicile, etc.).