Covid-19 : recos et reflux des cas

Publié par jfl-seronet le 19.08.2022
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ThérapeutiqueCovid-19

Les chiffres récents concernant la Covid-19 en France montrent que la 7e vague est sur la descente. Ce qui est une bonne chose, mais il faut désormais anticiper une éventuelle nouvelle hausse qui pourrait démarrer cet automne. Dans ce contexte, la Haute autorité de santé (HAS) recommande une dose de rappel vaccinal additionnelle pour plus de personnes. De son côté, l’Union européenne ouvre la porte à un nouveau vaccin qui pourrait être utile pour les rappels.

Fin des régimes d’exception

Le 1er août a marqué une nouvelle étape dans la gestion de la Covid-19 en France. En effet, à cette date ont pris fin les régimes d’exception qui prévalaient jusqu’alors — durant un peu plus de deux ans et quatre mois. Le Parlement a adopté définitivement, mardi 26 juillet, par un ultime vote du Sénat, le projet de loi qui a mis explicitement fin le 1er août au pass sanitaire et à d’autres mesures contre la Covid-19. Le nouveau texte prévoit cependant la possibilité d’un test obligatoire aux frontières.

Le texte abroge formellement la partie du code de la santé publique relative à l’état d’urgence sanitaire ainsi que le régime de gestion de la crise sanitaire, ce qui marque le retour au droit commun. Les mesures de contrainte de la vie quotidienne prévues par ces régimes — pass sanitaire, obligation du port du masque, confinement, couvre-feu, etc. — ne pourront plus être rétablies. Selon un arrêté publié dimanche 31 juillet au Journal officiel, le port du masque pourra être imposé dans les hôpitaux, structures médico-sociales et de soins, mais aussi dans les pharmacies et laboratoires de biologie médicale par le responsable de la structure, pour les personnes de plus de 6 ans. Des hôpitaux, parmi lesquels tous ceux de l’AP-HP, ont indiqué que le port du masque restait obligatoire dans leurs murs pour les personnels, comme pour les patients-es et visiteurs-ses.

Voyageurs-ses de l’étranger et des Outre-mer

Le projet de loi distingue deux cas de figure, pour lesquels le gouvernement pourra, jusqu’au 31 mars 2023, exiger des personnes âgées de plus de 12 ans la présentation d’un test Covid négatif. Ce sera le seul justificatif accepté : ni certificat de vaccination ni justificatif de rétablissement ne seront valables. Pour les voyages internationaux et en cas d’apparition d’un variant dangereux dans un pays, susceptible de constituer une menace sanitaire grave, le gouvernement pourra imposer ce certificat sanitaire de voyage avant l’embarquement dans l’avion à destination du territoire français, rappelle l’AFP. La même disposition pourra s’appliquer pour les voyageurs-ses en provenance des territoires ultramarins, toujours dans l’hypothèse d’un variant dangereux qui ne serait pas présent dans l’hexagone.

Dispositifs SI-Dep et cas contacts

Le système d’information national de dépistage (SI-Dep), qui centralise l’ensemble des résultats des tests, est prolongé jusqu’au 30 juin 2023, afin que les Français-es puissent accéder facilement aux attestations leur permettant de voyager en Europe, explique lAFP. DE son côté, Contact Covid, qui assure le suivi et l’accompagnement des personnes infectées et de leurs cas contacts, est prolongé jusqu’au 31 janvier 2023.

Soignants-es non vaccinés

Elle n’est, pour l’heure, pas d’actualité. La Haute autorité de santé (HAS) s’est prononcée contre leur réintégration. Reste que cette position pourrait changer ou être confirmée dans un futur avis de la même autorité. En effet, la HAS pourra s’autosaisir ou être saisie par le ministre de la Santé et de la Prévention, le comité de contrôle et de liaison Covid-19 ou par les commissions des Affaires sociales de l’Assemblée nationale ou du Sénat.

Recul de la 7e vague

Le reflux de la septième vague de l'épidémie de Covid-19 se poursuivait en France, fin juillet, avec une amorce de baisse des admissions à l'hôpital. « La diminution de la circulation du Sars-CoV-2 s’est confirmée sur le territoire national » dans la semaine du 18 au 24 juillet, mais les indicateurs restaient « toutefois à des niveaux élevés dans toutes les régions et classes d’âge », observait alors Santé publique France (SpF). À l'hôpital, « une baisse des nouvelles hospitalisations s’est amorcée » (-4 %), mais les nouvelles entrées de patients-es atteints-es par la Covid-19 et les nouvelles admissions en soins critiques demeuraient à « des niveaux élevés », selon SPF.  Des disparités apparaissaient selon les territoires. Certaines régions de métropole, notamment Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine et Corse, connaissaient toujours une hausse des admissions en soins critiques. Les décès ont, eux, continué à augmenter, avec 641 à l'hôpital ou en établissement médico-social (+1% sur une semaine). L'actuelle vague est portée par des sous-variants d'Omicron, notamment BA.5, désormais largement majoritaire en France. Fin juillet, trois cas d'un nouveau membre de la famille Omicron surveillé de près, BA.2.75, ont été détectés en France.  La couverture vaccinale « reste insuffisante », notamment chez les plus âgés-es, a réaffirmé Santé publique France, appelant à accentuer l'effort. Seuls 31,2 % des 60-79 ans, 41,8 % des 80 ans et plus et 46,9 % des résidents-es en Ehpad éligibles avaient reçu leur deuxième dose de rappel au 25 juillet.

Dose de rappel additionnelle

Mi-juillet, la Haute autorité de santé (HAS) a recommandé d’élargir l’administration d’une dose de rappel additionnelle (2e rappel ou 4e dose le plus souvent) aux adultes de moins de 60 ans identifiés-es comme étant à risque de forme grave de Covid-19, aux femmes enceintes et aux personnes vivant dans l’entourage ou en contacts réguliers avec des personnes immunodéprimées ou vulnérables. Alors qu’une dose additionnelle de rappel est d’ores et déjà recommandée pour les personnes de 60 ans et plus, la HAS recommande ainsi l’élargissement aux adultes de moins de 60 ans présentant des comorbidités et aux femmes enceintes dès le 1er trimestre de grossesse, lesquelles sont à risque de développer des formes graves de Covid-19. Elle préconise également une stratégie de « cocooning » pour les personnes vivant dans l’entourage ou en contacts réguliers avec des personnes immunodéprimées ou vulnérables, qui pourront recevoir une dose de rappel additionnelle si elles le souhaitent. Enfin, pour les personnes immunodéprimées quel que soit leur âge, ainsi que les enfants et adolescents-es à haut risque, et souffrant de pathologies le justifiant, la HAS rappelle qu’elles sont éligibles à une dose de rappel additionnelle et qu’elles doivent, plus largement, pouvoir bénéficier d’une prise en charge spécifique selon les recommandations en vigueur. La HAS précise également les délais à respecter entre deux doses de rappel : trois mois pour les personnes de 80 ans et plus, les résidents en Ehpad et en USLD (unité de soins de longue durée) et les personnes immunodéprimées ; six mois pour les autres. Pour tous-tes, si une infection par le Sars-CoV-2 est survenue après la dernière dose, une dose de rappel additionnelle reste recommandée en respectant un délai minimal de trois mois après l’infection.

L'UE signe un accord avec Hipra

La Commission européenne a annoncé mardi 2 août la signature d'un contrat de préachat avec la société pharmaceutique espagnole Hipra pour la fourniture de son vaccin contre la Covid-19. Cet achat est sous réserve d'approbation par l'Agence européenne des médicaments (EMA). L'accord implique 14 pays. Il doit permettre d'acheter jusqu'à 250 millions de doses, a précisé l'exécutif européen dans un communiqué. Hipra espère que son vaccin sera commercialisé d'ici l'automne. La commissaire européenne à la santé, Stella Kyriakides, a déclaré qu'en raison de l'augmentation des infections par la Covid-19 en Europe, l'UE devait assurer une « préparation maximale à l'approche des mois d'automne et d'hiver », précise Reuters.  « Le vaccin Hipra est une option supplémentaire qui vient compléter notre large portefeuille de vaccins pour nos États membres et nos citoyens », a-t-elle dit, ajoutant qu'une augmentation de la vaccination et des rappels deviendrait essentielle au cours des prochains mois.  Le vaccin Hipra est utilisé à des fins de rappel chez les personnes de 16 ans et plus déjà vaccinées. Comme le vaccin de l'américain Novavax, il utilise une protéine recombinante. Il peut être déplacé facilement à basse température et produit en grande quantité, d’où l’intérêt manifesté par l’UE. Dans le cadre de sa stratégie de lutte contre la Covid, l’UE a déjà homologué six autres vaccins développés par les groupes Pfizer/BioNTech, AstraZeneca, Johnson & Johnson, Moderna, Novavax et Valneva. Un contrat a, par ailleurs, été signé avec Sanofi-GSK pour un autre vaccin de rappel ; lui aussi toujours en cours d’évaluation par le régulateur européen.

Goût et odorat affectent 5 % des patients-es

Quelque 5 % des personnes atteintes de la Covid-19 subissent une perturbation durable de leur odorat ou leur goût, estime une vaste étude publiée le 28 juillet dans le British Medical Journal. « Une part conséquente des patients atteints de Covid-19 semblent développer une modification durable de leur sens du goût ou de l’odorat », concluent les auteurs-rices de ce travail publié dans l’une des principales revues scientifiques. On a donc de nouvelles indications concernant les formes longues de Covid-19. Deux ans et demi après le début de la pandémie, la perte du goût et de l’odorat, ou leur perturbation, font désormais partie des symptômes connus comme les plus particuliers de la Covid. Mais on manque largement de chiffres quant à leur fréquence et, surtout, quant au temps qu’ils mettent à se résorber et disparaître. Pour y répondre, cette étude a compilé une vingtaine de travaux préalables, qui représentent un total de plus de 3 500 personnes. Au terme de cette étude, les auteurs-rices concluent qu’après six mois, 2 % des patients-es disent ne pas avoir retrouvé leur goût et 4 % font de même à propos de leur odorat. Il existe néanmoins un flou quant au fait d’avoir intégralement retrouvé ces sens, ou seulement en partie. En tenant compte de cet élément, les chercheurs-ses estiment que ces sens restent durablement perturbés chez environ 5 % des personnes — 5,6 % pour l’odorat et 4,4 % pour le goût. Les femmes semblent plus affectées que les hommes, un phénomène sur lequel l’étude n’est pas en mesure d’expliquer. Les auteurs-rices avancent toutefois une piste. La sensibilité olfactive et gustative tend à être plus élevée à la base chez les femmes ; ces dernières vont donc plus facilement remarquer une perturbation. Cette étude a fait le choix de ne retenir que les travaux qui se fondent sur les déclarations des patients-es eux-elles-mêmes quant au fait d’avoir retrouvé le goût et l’odorat. Ces derniers n’y sont pas évalués par des tests objectifs. Selon les auteurs-rices, leurs chiffres seraient probablement plus élevés en intégrant les études fondées sur ce type de tests. Les évaluations objectives tendent, en effet, à rapporter plus de problèmes de goût ou d’odorat, par rapport à ce qu’en disent les patients-es eux-elles-mêmes.

Symptôme durable pour 1 personne sur 8

Parmi les personnes atteintes de Covid 19, une sur huit garde à long terme l'un des symptômes caractéristiques de la forme dite longue de la Covid , montre une étude publiée le 5 août dans The Lancet. Ces symptômes comprennent « des douleurs abdominales, des difficultés et des douleurs respiratoires, des douleurs musculaires, une agueusie ou une anosmie [perte du goût ou de l'odorat : ndlr], des picotements, une gêne dans la gorge, des bouffées de chaleur ou de froid, une lourdeur des bras ou des jambes ainsi qu'une fatigue générale », énumère cette étude réalisée aux Pays-Bas. « Chez 12,7 % des patients, on peut attribuer ces symptômes à la Covid-19 », trois à cinq mois après l'infection, concluent les auteurs-rices. En l'état actuel des connaissances, on sait qu'il existe chez certains-es patients-es des séquelles spécifiques à une infection au coronavirus et que celles-ci ne s'expliquent pas uniquement par des troubles psychosomatiques, comme l'ont avancé initialement certains médecins. Mais on ignore largement la fréquence de ces troubles et, plus encore, les mécanismes physiologiques par lesquels ils interviennent. Si l'étude du Lancet ne répond pas à ce deuxième questionnement, elle permet de mieux préciser le premier élément, d'abord car elle a été réalisée sur un nombre important de patients-es : plus de 4 000 personnes atteintes de la Covid. Chez ces personnes, l'épisode de Covid 19 a été avéré par un test PCR ou le diagnostic d'un-e médecin.  Enfin, et c'est là une nouveauté importante, les réponses de ces patients-es ont été comparées à celles données par un groupe de personnes qui n'ont pas eu le Covid.  Car il est possible de ressentir l'un des symptômes énumérés, sans que le Covid en soit la cause. De fait, presque 9 % de personnes n'ayant pas eu la Covid présentent un des symptômes précédemment décrits.  Chez les anciens-nes patients-es Covid, la proportion monte à 21,4 %. C'est par une soustraction que les chercheurs-ses parviennent à conclure qu'un peu plus de 12 % de personnes frappées par la Covid développent une séquelle spécifiquement liée à la maladie.