Criminalisation : mettre un frein au phénomène

Publié par olivier-seronet le 05.11.2008
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justice et VIH
On le mesure sans doute mal, mais le phénomène de criminalisation envoie un message bien négatif sur le VIH dans la population générale. Il contribue à renforcer la stigmatisation et la discrimination à l'encontre des personnes vivant avec le VIH.

C'est pour ces raisons que la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida interpelle le ministre de la Santé et des Services sociaux pour exiger que ses services collaborent avec le ministère de la Justice afin que soit élaboré un cadre de référence respectueux des droits de la personne. De tels cadres existent ailleurs. Les Britanniques, véritables précurseurs sur cette question, ont récemment rendu publique une politique appliquée par le Service des poursuites judiciaires (Crown Prosecution Service) dans lequel les autorités reconnaissent l’existence d’une tension entre le droit criminel et la santé publique. Au Royaume-Uni, seuls les cas de transmission avérée du VIH sont criminalisés en l’absence de dévoilement. A ce jour, aucune preuve ne démontre l’efficacité des mesures de criminalisation sur la prévention du VIH.  Au contraire, la plupart des associations de lutte contre le sida à travers le monde et des organismes comme l’ONUSIDA ou l'Organisation Mondiale de la Santé considèrent que la criminalisation nuit à la prévention puisqu'elle dissuade les personnes de passer des tests de dépistage, qu'elle renforce les obstacles au dévoilement et qu'elle alimente la stigmatisation à l’encontre des personnes vivant avec le VIH. Les gouvernements doivent être prudents sur cette question et comprendre que c'est le virus qui doit être combattu par les personnes touchées. C’est ce message que nous souhaitons diffuser chez les autorités de santé publique et de la justice afin que justice soit rendue pour Diane et pour éviter que de tels dérapages ne surviennent à nouveau.

illustration : Yul Studio

Commentaires

Portrait de seanaque

indépendamment de cette affaire québecoise dans laquelle je me garderai bien de "bêler de concert" sans connaître précisément le dossier je trouve que l'on ne peut pas tenter d'insinuer sinon de faire admettre qu'il faille banaliser une transmission consciente du virus désolé je suis hélas bien placé pour savoir qu'il n'est pas agréable d'être contagieux mais je ne vois pas pourquoi le VIH devrait bénéficier d'une gestion différente de la tuberculose, de la syphillis ou autres... à brailler pour tout et n'importe quoi dans le but jamais déclaré de faire parler de soi on en devient grotesque mais peut être ai-je mal compris ?
Portrait de seanaque

les violences physiques ne sont jamais que les plus visibles il existe d'autres formes de violences aux conséquences meurtrières et discrètes sinon clandestines qui ne sont pas plus défendables