Drogues : qui consomme quoi ?

Publié par jfl-seronet le 11.01.2019
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L'Observatoire des drogues et des toxicomanies (OFDT) a publié (21 décembre) sa traditionnelle note de synthèse sur les consommations de drogue en France. La cocaïne, le crack et le gaz hilarant sont de plus en plus consommés par les Français-es.

La cocaïne : une « accessibilité exceptionnelle »

La dernière note de l’OFDT indique que 1,6 % des 18-64 ans consomment régulièrement de la cocaïne, contre 1,1 % en 2014. Cette évolution est le fait des efforts des trafiquants pour la rendre plus accessible, autant pour les catégories socioprofessionnelles (CSP) élevées que pour les populations précarisées, notent les experts-es. A cela, il faut ajouter une baisse des prix en 2017, après huit années consécutives de hausse ; baisse qui soutient la croissance de la demande. Comme cela a déjà été constaté au niveau européen : la cocaïne vendue présente des « taux de pureté sans précédent », en moyenne de 59 % pour les saisies de rue (moins de dix grammes), soit un taux deux fois plus élevé qu'en 2014, indique l’OFDT.

Le crack concerne des « populations socialement intégrées »

La consommation du crack - cocaïne transformée pour être fumée, offrant des effets plus brefs, mais plus intenses - se développe chez les personnes usagères socialement intégrées, note l’OFDT. Arrivé en France dans les années 1980, le crack est rapidement devenu populaire dans certains milieux et auprès des populations précaires. Depuis les débuts des années 2000, le crack concerne des CSP plus élevées, souvent familières de la cocaïne, rappelle l’AFP. Le rapport de l'OFDT constate ainsi « une intensification des consommations d'usagers auparavant occasionnels, mais surtout de nombreux transferts d'usagers vers la cocaïne basée [crack, NDLR]». Ces transferts « déstabilisent les progrès effectués concernant la maîtrise des consommations et conduisent à des aggravations rapides des situations sociales et sanitaires, y compris chez des usagers insérés ou semi-insérés », notent les experts-es

Le « gaz hilarant » de plus en plus consommé

Le protoxyde d’azote, plus communément appelé « gaz hilarant » ou « proto », est utilisé dans le champ médical pour ses propriétés anesthésiques et analgésiques et employé comme gaz de pressurisation d’aérosol, en particulier alimentaire. Des usages détournés de protoxyde d’azote sont observés de façon discontinue depuis 1999 par le dispositif TREND lors de free parties. Mais à partir de 2015, on constate qu’il devient très disponible sur les scènes festives alternatives. Extrait de bonbonnes industrielles, il est conditionné dans des ballons vendus un à deux euros l’unité. Apprécié pour ses effets fugaces et euphorisants, il est principalement utilisé pour potentialiser ou moduler les effets d’autres produits consommés, rappellent les experts-es de l’OFDT. Des usages sont pareillement observés dans d’autres contextes festifs : en festival généraliste en Île-de-France, en soirées étudiantes (observé notamment en soirées « médecine » à Bordeaux, à Lyon, à Paris et à Lille) où le produit est recherché et les consommations rapidement banalisées (cartouches prêtes à consommer au bar dans certaines soirées lyonnaises). En 2017, la visibilité du protoxyde d’azote dans l’espace public s’accroît dans la métropole lilloise où les cartouches vides jonchent les trottoirs de certains quartiers, témoignant du caractère massif des consommations. Le site TREND de Lille a identifié différents profils de consommateurs : jeunes impliqués dans le trafic de stupéfiants, personnes prostituées, personnes précaires, mais aussi des collégiens-nes et des lycéens-nes, indique l’OFDT. Les sites TREND de Lille et de Bordeaux insistent sur le manque d’information des personnes usagères, notamment les plus jeunes d’entre elles, concernant la dangerosité du produit. La diffusion d’informations sur le protoxyde d’azote est d’autant plus nécessaire que des consommations répétées et à intervalles trop rapprochés peuvent entraîner des maux de tête, des vertiges, mais également des troubles du rythme cardiaque graves (notamment si le gaz est associé à des stimulants).

Une banalisation de la consommation

La drogue dite « dure » est de plus en plus socialement acceptée, note l’AFP. Elle concerne désormais une « population socialement insérée, amatrice d'effets psychoactifs dans un cadre récréatif » et bénéficie d'une « banalisation des occasions d'usage, d'une diversification des produits consommés et, au final d'une intensification des consommations ». La consommation de produits n'est plus le fait d'occasions exceptionnelles. Les drogues utilisées sont plus variées et les personnes usagères s'orientent vers des drogues auparavant mal considérées. Des substances inhalées, telles que les poppers ou le protoxyde d’azote, se consomment de manière totalement « anodine », alors que le GHB-GBL fait son retour en espace festif, note l’OFDT.

« L’hybridation des scènes festives à l’œuvre actuellement joue certainement un rôle dans cette évolution, en favorisant une certaine porosité entre publics. Des substances comme la kétamine, le GHB-GBL ou les poppers, qui circulaient à l’origine dans des milieux restreints et bien spécifiques, souvent en recherche d’expériences radicales (dissociations, pratiques sexuelles dites « hard »), sont utilisées par des populations festives plus larges. En parallèle, le dynamisme commercial des dealers (relances téléphoniques, offres promotionnelles, approche des usagers potentiels dans la rue, etc.) renforce sans cesse la pression exercée sur les usagers. Par suite, l’usage récréatif d’une multiplicité de substances, en espace festif mais pas uniquement, apparaît de plus en plus comme pourvoyeur d’usages problématiques, comme en témoignent les demandes de prise en charge en lien avec la cocaïne, mais aussi avec des produits comme les cathinones ou le GHB, concluent les experts-es de l’OFDT.

Consommations de produits : Tendances donne les… tendances
Créé en 1999 par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), le dispositif Trend (Tendances récentes et nouvelles drogues) assure une veille des phénomènes émergents dans le champ des drogues et décrit les populations particulièrement consommatrices. Ces éléments de connaissance permettent aux pouvoirs publics comme aux professionnels-les d’éclairer leurs pratiques et les politiques publiques. Les principaux constats de la dix-huitième année d'observation de Trend sont présentés dans le dernier numéro de Tendances, publié en décembre 2018.
Un des principaux points évoqués porte sur la très large diffusion de la cocaïne sur le marché français et ses conséquences en incluant la question de la cocaïne basée. Un autre volet de l’analyse de Trend se penche sur la diffusion de substances traditionnellement consommées dans des cadres festifs spécifiques et qui, compte tenu de la porosité entre les différents types d’événements et du dynamisme commercial des dealers, sont désormais accessibles dans des espaces plus généralistes. Le GHB/GBL et la kétamine sont concernés par ces évolutions, mais aussi les poppers et le protoxyde d'azote. Enfin, le dispositif insiste sur la persistance du succès des comprimés d’ecstasy en espace festif (préférés à la MDMA sous forme poudre). Concernant les nouveaux produits de synthèse (NPS), Trend confirme la focalisation sur quelques produits, dont les cathinones consommées, parmi d’autres substances, en contexte sexuel. Tendances n° 129, OFDT, 8 p. Décembre 2018.

 

Des données européennes concordantes
La « disponibilité » et la « pureté » de la cocaïne se sont accrues en Europe, où la production de drogues s'est intensifiée de manière générale, s'inquiète l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) dans son rapport annuel publié mi-décembre dernier. « La disponibilité de la drogue reste forte et la production de drogue en Europe est en hausse », a d’ailleurs souligné Dimitris Avramopoulos, commissaire européen aux Affaires intérieures. Et « les substances détectées sont de plus en plus puissantes, donc plus dangereuses », a-t-il prévenu, en présentant le document devant la presse à Bruxelles. Si le cannabis reste la drogue la plus consommée en Europe, avec 17,2 millions de personnes consommatrices âgées de 15 à 34 ans, l'OEDT tire la sonnette d'alarme cette année sur la « résurgence » de la cocaïne. Quelque 98 000 saisies de cocaïne ont été réalisées en 2016 dans l'Union européenne, contre 90 000 en 2015, note le rapport, relevant que la pureté du produit, malgré un prix stable - 60 à 70 euros le gramme -, a grimpé autour de 60 % en moyenne. « La pureté de la cocaïne disponible dans les rues est arrivée à un niveau record sur la dernière décennie, c'est un changement majeur », a insisté le directeur de l'OEDT, Alexis Goosdeel, devant la presse, estimant que ce phénomène « aura certainement des impacts » en termes de santé publique, toutefois encore difficiles à observer.

 

Commentaires

Portrait de Dakota33

Portrait de jl06

Me faite pas croire que cela et volontaire ..... un oublie de taille  ,   L'ACOOL ....  en vente libre  ...combien de mort  ?  bien plus que les drogues classiques  ,je parle même pas des vies  saccagés   , accident de la route ...le pognon que cela côute dans les services de désintox ....                  mais chut le lobby veille ...  

l,acool fait un véritable saccage sur la jeunesse aussi , merci de la rapellé 

Portrait de Butterfly

Dakota33 wrote:

Cool Bonne année !! moi suis soft là et j'adore ce style de musique tjrs c sup Merci :) !! pas besoin de prendre un cachet comme on dit pour écouter musique ... aussi :)