Drogues : la consommation mondiale au rapport

Publié par jfl-seronet le 16.08.2012
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Qui prend des drogues dans le monde ? C’est à cette question qu’entend répondre le Rapport mondial sur les drogues 2012 publié fin juin par l’ONUDC (Office des Nations Unis contre la Drogue et le Crime). Selon cet organisme, environ 230 millions de personnes, soit 5 % de la population adulte mondiale, auraient consommé une drogue illicite au moins une fois en 2010. Voici le détail des consommations.
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Opium et opiacés
En ce qui concerne l’opium, l’ONUDC indique qu’en Afghanistan, la production est revenue à des niveaux élevés car elle a augmenté de 61%, passant de 3 600 tonnes en 2010 à 5 800 tonnes en 2011, indique la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie (MILDT) qui présente les points saillants du rapport. Selon l’ONUDC, la consommation d’opiacés en Amérique du Nord et en Europe semble demeurer stable ou diminuer. En revanche, il est possible qu'en Afrique et en Asie, qui représentent environ 70 % des personnes usagères, cette consommation s'inscrive à la hausse sans être détectée, faute de données précises. En 2010 et 2011, la superficie de culture du pavot a bondi de 16 % en Asie du Sud. Le Myanmar (Birmanie) s'est maintenu au rang de deuxième producteur mondial de pavot et d'opium après l'Afghanistan, avec des cultures en hausse de 14 % en 2011.

Cocaïne
Pour la cocaïne, la prévalence mondiale de consommation se situerait entre 0,3 et 0,4 %  (soit  entre 13,3 et 19,7 millions de personnes). Pour l’ONUDC, les principaux marchés restent l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Australie. Aux Etats-Unis, la consommation de cocaïne a diminué de 2,2 % en 2010. En Europe, elle reste stable. En revanche, elle augmente en Australie et en Amérique du Sud. Elle s'étend aussi à certaines régions de l'Afrique et de l'Asie. La superficie totale des cultures a chuté de 18 % entre 2007 et 2010, notamment en raison d'une forte baisse des cultures en Colombie. Toutefois, les cultures se sont déplacées vers d’autres pays de la zone comme la Bolivie et le Pérou. Cela a eu pour effet de réduire considérablement l'offre de cocaïne en Amérique du Nord, qui provient presque exclusivement de Colombie. Autre conséquence : en Europe, des quantités plus importantes de cocaïne en provenance du Pérou et de la Bolivie ont partiellement contrebalancé la baisse de l'offre venant de Colombie.

Amphétamines
Pour les stimulants de type amphétamine, la consommation et les saisies sont restées largement stables, indique l’ONUDC. En 2010, les saisies de méthamphétamine (45 tonnes) ont plus que doublé par rapport à 2008 (21,5 tonnes), en raison d'importantes saisies opérées en Amérique centrale et en Asie du Sud-Est. En Europe, les saisies de comprimés d'ecstasy ont plus que doublé (passant de 595 kg en 2009 à 1,3 tonne en 2010), ce qui indique un marché plus important sur ce continent. L'offre et la consommation de drogues semblent en hausse aux Etats-Unis et en Océanie, et les saisies ont augmenté en Asie de l'Est.

Cannabis
Le cannabis est la drogue la plus consommée dans le monde (entre 119 et 224 millions de consommateurs), l'Europe est le plus grand marché de résine de cannabis (haschisch) qui provient essentiellement du Maroc. La plupart des pays de l’Union européenne signale une augmentation de la culture en intérieur d'herbe de cannabis (marijuana). En Afghanistan la culture du cannabis est devenue plus lucrative que celle du pavot puisqu’en 2010, le revenu d'une famille cultivant le cannabis était de 9 000 dollars contre 4 900 dollars pour une famille cultivant le pavot, indique le Rapport de l’ONUDC.

Autres spécialités
De nouvelles substances psychoactives, chimiquement conçues pour échapper aux mesures de contrôle international, sont vendues comme des "euphorisants légaux" et substituts d'autres stimulants illicites, comme la cocaïne ou l'ecstasy. Ces substances, comprennent la méphédrone ou la MDPV, souvent vendues comme "sels de bains" ou "engrais", et la pipérazine, explique l’ONUDC. D'autres préparations comme le "spice", reproduisent  les effets du cannabis et du salvia divinorum, plante hallucinogène. En raison d'une pénurie d'héroïne dans certains pays, des substituts très dangereux à base de codéine semblent s'imposer : c'est le cas de la désormorphine, également appelée "krokodil", qui pose de sérieux problèmes sanitaires, même si son utilisation reste limitée.

Commentaires

Portrait de ouhlala

     Merci de nous signaler ce rapport, Jean-François. J'aimerais pouvoir le lire, en français si possible, et si j'en avais le courage, ce n'est donc pas pour demain... mais si ton article reflète bien le contenu dudit rapport, il me semble mériter quelques commentaires. L'emploi du terme "drogues" est un peu vague, il est question de substances psychoactives illégales. Il existe d'autres substances psychoactives légales, comme l'alcool, le tabac, les médicaments psychoactifs, prescrits ou détournés, susceptibles d'entraîner des dépendances et addictions.      Le bilan sanitaire en terme de mortalité de l'alcool ou du tabac dépasse certainement celui de l'ensemble des "drogues" identifiées par le susdit rapport... Un état des lieux en terme d'addictologie rend compte de la consommation de tous les produits psychoactif. D'ailleurs je crois que, en France, depuis 2007-08 les services d'addictologie et d'alcoologie au niveau local sont légalement regroupées au sein d'entités uniques. Il y a une rationalité administrative à cela, et aussi logique, du fait de la polytoxicomanie qui caractérise de plus en plus les personnes qui nécessitent une prise en charge. On peut être dépendant à l'alcool et à la cocaïne, ou aux benzodiazépines en même temps. Consommer du cannabis et être atteint d'une tabagie pathologique, etc...etc...

     De plus il resterait à considérer pour tous ces produits les niveaux d'usage pathologiques, leurs taux respectifs de mortalité etc... Pour ces données mondiales, l'ONU se base sur les données issues des enquêtes nationales sur la consommation de ces produits. Or en France le baromètre Santé de l'Inpes ou les enquêtes sur la vie quotidienne des Français de l'Insee, ou Escapad pour les jeunes de 17 ans, ou encore tous travaux sérieux en santé publique tiennent tous compte de l'ensemble des substances psychoactives susceptibles d'entraîner des conséquences en terme de santé publiques, et les résultats sont publiées sans distinction, de l'héroïne et au cannabis jusqu'à l'alcool et le tabac.

     Bref, se limiter à quelques substances regroupées sous le vocable flou de drogues me semble tout droit sorti du cerveau d'une sorte d'Etienne Apaire bloqué dans les années 80.

     Piocher quelques produits illicites et les ranger sous le vocable unique de drogues est donc insensé scientifiquement ou même logiquement. Soit on se base sur la santé publique, auquel cas on inclue l'alcool, le tabac et les médicaments psychotropes, soit on se base sur le droit et la légalité et on ne voit pas bien l'intérêt en terme de santé publique... Est-ce que l'alcool d'ailleurs n'est pas interdite dans certaines cultures (interdit d'ailleurs piétiné dans les faits, comme la tentative avortée de prohibition de l'alcool aux states au début du 20è siécle) ? Mais peut-être que ça ne compte pas, qui décide de ce qui est une "drogue", illicite ou pas ?

     Il me semble que l'ONU a aussi récemment émis des avis assez progressistes sur la réponse à apporter au phénomène, en terme de dépénalisation et de réduction des risques. L'ONU est composée d'offices et de commissions divers où se nouent des luttes idéologiques, ce qui est peut-être le cas pour ce rapport.

     Bref, vraiment, tout ça pour dire que s'il apporte des infos intéressantes, ce rapport reflète une position occidentalocentrée et répressive, idéologiquement manipulatrice des représentations sur la réalité des risques et des situations sanitaires, et n'a donc AUCUN INTERÊT

Cool