Dry January, sans soutien de l'État !

Publié par jfl-seronet le 05.01.2022
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ProduitsDry january 2022

Comme chaque année, c’est le 1er janvier qu’a commencé l’opération Dry January : un mois sans boire une goutte d'alcool, pour toutes les personnes qui sont volontaires. Comme chaque année, cette opération de santé publique n'a toujours pas droit au soutien de l'État contrairement à des campagnes de même nature contre le tabagisme. Explications et réactions.

« On n'a pas d'aide gouvernementale (et) on est toujours sans moyens », souligne, auprès de l'AFP, la juriste Claude Rambaud, vice-présidente de la fédération d'associations France Assos Santé ; réseau qui chapeaute cette nouvelle édition de la campagne Dry January. C’est la troisième année de suite, en France, qu’est proposée cette campagne. Une campagne construite sur le modèle d'opérations semblables dans le monde anglo-saxon et scandinave. Le Dry January fonctionne sur un principe simple et sur la base du volontariat : ne pas boire d'alcool pendant tout le mois de janvier. Le choix de la période ne doit rien au hasard, il se situe juste après les fêtes de fin d’année souvent marquées par une importante consommation d'alcool. Le but est d’une part de reposer son organisme, mais surtout de créer un contexte qui permette de se rendre compte par soi-même de ce qui change dans un quotidien sans alcool. « L'idée, c'est d'essayer de faire cette pause, mais la campagne ne se veut pas du tout moralisatrice : chacun peut essayer de mesurer son rapport à l'alcool pendant ce mois-là », explique d’ailleurs Claude Rambaud. Comme le rappelle l’AFP, ce type de campagne fait de plus en plus ses preuves en matière de santé publique. Au lieu de mettre l'accent sur les risques représentés par une substance (en l’occurrence l'alcool), on insiste sur les avantages à ralentir sa consommation. Les participants-es sont aussi stimulés-es par un défi qui rassemble de nombreuses personnes au même moment, dans un temps donné.

« Beaucoup de gens qui font cette pause continuent ensuite » à moins consommer d'alcool, rapporte Claude Rambaud, sur la foi d'études faites dans des pays anglo-saxons, à la suite d’interventions équivalentes. C'est le même principe que le Mois sans tabac, lancé chaque année à l'automne, avec une petite nuance : le Dry January ne vise pas à définitivement inciter à une abstinence totale, mais bien à prendre conscience de son rapport à l’alcool et selon les besoins individuels d’en adapter la consommation au mieux de sa santé. Curieusement, ces deux opérations ne bénéficient pas du même regard de la part des autorités de santé. Ainsi, le Mois sans tabac est soutenu depuis des années par l'État, via l'agence Santé publique France, alors que le Dry January est mis en place grâce à la mobilisation de la société civile, d’équipes municipales, mais sans aucun soutien de l’État. « Cela n'a rien à voir avec ce qui se passe au Royaume-Uni où ils sont extrêmement soutenus par le gouvernement », déplore d’ailleurs Claude Rambaud. Les associations reprochent à l'État de céder aux lobbies de l'alcool, en premier lieu les viticulteurs, qui agitent le spectre d'une campagne hygiéniste et inadaptée à « l'art de vivre » à la française. Du côté de Santé publique France qui, selon plusieurs sources, avait sérieusement envisagé de se lancer dans la campagne pour sa première année en 2020, mais y avait renoncé in extremis, le jeu d'équilibriste perdure. Comme le note l’AFP, l'agence de santé, qui dépend du ministère de la Santé, ne cache pas son intérêt pour le Dry January ; elle a mené plusieurs enquêtes sur son déroulement et son vécu par les participants-es. Mais elle se tient éloignée d'une implication directe. Santé publique France se place « en soutien » des organisateurs-rices du Dry January, expliquait l'automne dernier, sa directrice générale Geneviève Chêne, mettant l'accent sur d'autres campagnes de l'agence contre les risques liés à la consommation excessive d’alcool. Mais l’objectif n’est pas le même. En effet, ces opérations publiques sont plus axées sur les risques liés aux comportements - agressivité, danger sur la route - que les risques qui touchent directement la santé des personnes consommatrices. Or, ces risques pour la santé sont souvent mal appréhendés, comme en témoigne une incompréhension fréquente sur le Dry January. La campagne ne concerne pas uniquement les personnes dont la consommation est excessive (les gros-ses buveurs-ses), mais toutes les personnes qui consomment, car une consommation modérée mais régulière représente aussi un risque pour la santé.

« Pour les non-participants, la cible de l'opération est en priorité constituée des personnes dépendantes ou des jeunes consommateurs qui ne maîtriseraient pas leur consommation », explique une étude réalisée par Santé publique France s’appuyant sur des entretiens individuels ; étude dont les résultats ont été publiés en décembre 2021 dans la revue Alcoologie et Addictologie. « Ils ne se sentent donc pas concernés », concluent les auteurs-rices, estimant qu'il y aurait tout à gagner à encore mieux médiatiser le Dry January ; une médiatisation qui serait d’autant plus efficace si elle bénéficiait de l’appui de l’État, ce que ce dernier se refuse à faire.

Le Dry January : Pourquoi ? Comment ?
À l’origine, le Dry January est une expérience britannique lancée par Alcohol Change UK en 2013. Depuis, les chercheurs-ses en ont évalué les effets bénéfiques. « Ce que nous vous disons ici a donc été mesuré sur plusieurs millions de personnes dont, déjà, des milliers de Français-es ! », explique le site.
Les bénéfices sont une peau fraiche et plus belle, un sommeil amélioré donc plus d’énergie, une perte de poids, une économie d’argent, une meilleure santé puisque l’arrêt durant un mois fait un bien considérable au corps et un merveilleux sentiment de victoire et de fierté !
Les personnes qui s’inscrivent à la campagne ont plus de chances de tenir le mois. « Là encore, c’est prouvé ! » expliquent les organisateurs-rices, qui rappellent que l’inscription permet de « recevoir les e-mails avec les recettes, les trucs et astuces pour trouver des alternatives à l’alcool, des conseils d’experts, les lieux partenaires,… mais aussi trouver du soutien et de l’aide en cas de souci ! »

 

Commentaires

Portrait de jl06

Une coupette par jour ....désolé pour les fans de l,abstinence !

Portrait de bernardescudier

Écrit en anglais Wouahhh c’est fantastique l’abstinence 

Portrait de lucklam

nicht drei, abber sechs !

Portrait de jl06

Moi être feignant ...

Portrait de lucklam

ce n'est pas tant dans une traduction mais plus dans une raisonnance 

Portrait de jl06

Alors le titre en Anglais ,le commentaire en deutsch ....donc jy vais aussi ....

IO FACCIO IL SECCO GENNAIO !  Quand même  plus beau merde  ....(humour )

bonne APM 

Que le mistral balaie les méfaits, que le soleil illumine vos journées.

Portrait de Superpoussin

Le prosecco est-il un mouvement pro régime sec?

Aidez-moi avec les langues estrangères.

Portrait de Superpoussin

Plus sérieusement on peut légitimement être choqué qu'une action aidant à réduire l'alcoolisme ne reçoive pas le soutien de l'Etat. Mais si celui-ci était vraiment engagé contre l'alcoolisme laisserait-il des pinardiers bénéficier de subventions pour la promotion de leurs boissons alcoolisées sous prétexte qu'il s'agirait d'un patrimoine culturel à défendre?