Enceinte et séropositive, oui je le peux !

Publié par olivier-seronet le 22.11.2010
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désir d’enfant
Au Québec, le dépistage du VIH fait partie de la série d’analyses effectuées chez les femmes nouvellement enceintes. Certaines femmes doivent, du coup, partager leur bonheur d’être porteuse de vie et celui, plus difficile, de vivre ce bonheur à travers la séropositivité.

A Montréal, les jeunes femmes enceintes qui sont diagnostiquées séropositives sont généralement adressées par leur médecin traitant au Centre maternel et infantile sur le sida (CMIS) de l’hôpital Sainte Justine. Il s’agit d’une situation très particulière car, au moment, où la femme est porteuse de vie, elle reçoit en même temps l'annonce de sa séropositivité qui reste, même de nos jours, encore reliée au sida voire à la mort. Lors d'une première visite, la future maman rencontre l’infirmière de la clinique puis le médecin et enfin une des travailleuses sociales. Cette dernière s’assure de la bonne compréhension qu’a la jeune femme des informations qui viennent de lui être fournies. En effet, nombreuses sont les jeunes femmes qui considèrent encore qu’un diagnostic de VIH équivaut à une annonce de mort. Il faut donc expliquer, qu’ici, au Canada, les traitements sont disponibles et accessibles et permettent de mettre au monde un enfant en santé. Contrairement à d’autres groupes où le diagnostic peut être parfois suivi d’une période plus ou moins longue de déni, la femme enceinte devient, elle, “captive” de son suivi de grossesse. Elle reste donc en contact dès les premières semaines avec le milieu hospitalier et la travailleuse sociale qui va prendre le temps de l’accompagner en l’écoutant afin qu’elle trouve un sens à son histoire. Elle devra peut-être d’abord réfléchir sur ses propres préjugés concernant le VIH. Au fur et à mesure des consultations, elle pourra déterminer avec la travailleuse sociale des objectifs à atteindre : il peut s’agir de se dévoiler, de convaincre le conjoint de se faire tester ou encore d’atténuer les tensions à l’intérieur du couple après le diagnostic (…) Les travailleuses sociales veillent aux besoins des futures mamans et en leur offrant un soutien personnalisé, une aide matérielle et des références dans différents organismes communautaires qui peuvent les aider durant leur grossesse et les premiers mois avec leur bébé. Les femmes enceintes sont vues tous les mois par le médecin afin de commencer à la vingtième semaine un traitement antirétroviral qui empêchera la transmission du virus de la mère à l'enfant. Puis,  les quatre dernières semaines, les femmes viennent chaque semaine pour un suivi clinique. Suite à l’accouchement, elles peuvent quand elles le veulent avoir accès aux travailleuses sociales et aux infirmières. Oui, au Québec, tout comme dans la plupart des pays occidentaux, la technologie et les structures permettent à une femme séropositive de donner vie à un enfant séronégatif en santé !


Remerciements à Patricia Connoly et Guylaine Morin, travailleuses sociales au CMIS, de l’Hôpital Sainte Justine

Illustration : Yul Studio