Europe : les dépenses de santé en baisse

Publié par jfl-seronet le 18.12.2012
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Chiffresdépense de santéaccès aux soins

Les dépenses de santé en Europe diminuent pour la première fois depuis des décennies, note le "Panorama de la santé : Europe 2012", un rapport de l’OCDE et de la Commission européenne, mais cette baisse inquiète… aussi. Explications.

Les dépenses de santé ont reculé au sein de l’Union Européenne en 2010, au moment où les pouvoirs publics à court de liquidités ont limité les dépenses afin de réduire les déficits budgétaires, indique le "Panorama de la santé : Europe 2012", rapport conjoint de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) et de la Commission européenne. Cette chute des dépenses de santé par habitant et en pourcentage du PIB met fin à la hausse observée au cours des années ayant précédé la crise économique, lorsque les dépenses de santé par habitant augmentaient deux à trois fois plus vite que les revenus dans de nombreux pays. D’un taux de progression annuel moyen de 4,6 % entre 2000 et 2009, les dépenses de santé par habitant sont passées à moins 0,6 % en 2010. C’est la première chute que connaissent les dépenses de santé en Europe depuis l’année 1975, indique le rapport.
Quelques exemples : en Irlande, les dépenses de santé ont reculé de 7,9 % en 2010, alors que leur taux de progression annuel moyen entre 2000 et 2009 était de 6,5 %. En Estonie, les dépenses de santé par habitant, publiques et privées confondues, ont chuté de 7,3 % en 2010. En Grèce, on estime qu’elles ont décliné de 6,7 % en 2010, après avoir connu une progression annuelle de 5,7 % entre 2000 et 2009.


Le problème, c’est que cette baisse n’est pas sans conséquences. Le rapport met ainsi en garde quant aux effets possibles à long-terme pour la santé des populations de cette réduction ou de ce ralentissement des dépenses dans la quasi-totalité des pays de l’Union Européenne. Par exemple, les dépenses de santé consacrées à la prévention des maladies ne représentent que 3 % du total. "Les pouvoirs publics subissent des pressions pour maintenir le niveau de financement des soins aigus et choisissent donc de réduire d’autres dépenses, telles que les programmes de santé publique et de prévention. En 2010, seuls 3 % en moyenne des budgets de la santé dans les pays de l’Union Européenne ont été affectés à des programmes de prévention et de santé publique, dans des domaines tels que l’immunisation, le tabagisme, l’alcool, la nutrition et l’activité physique", pointe le rapport qui avance qu’il peut être pourtant "bien plus efficace de financer des programmes de prévention aujourd’hui que de traiter des maladies demain".

D’autres chiffres

Le "Panorama de la santé : Europe 2012" indique que c’est aux Pays-Bas que les dépenses de santé en pourcentage du PIB étaient les plus élevées (12 %) en 2010, suivis par l’Allemagne et la France (11,6 %). La part du PIB allouée à la santé était en moyenne de 9,0 % dans les Etats membres de l’Union Européenne, contre 9,2 % en 2009.


Médecins : malgré des craintes de pénurie, le nombre de médecins par habitant a augmenté dans quasiment tous les Etats de l’UE au cours des dix dernières années, puisqu’il est passé en moyenne de 2,9 médecins pour 1000 habitants en 2000 à 3,4 en 2010. Cette progression a été particulièrement rapide en Grèce et au Royaume-Uni.


Rapport généralistes/spécialistes : on compte désormais bien plus de spécialistes que de généralistes dans quasiment tous les pays, en raison du désintérêt pour la médecine "familiale" traditionnelle et d’un écart de rémunération croissant entre les uns et les autres. La progression lente, voire la diminution, du nombre de généralistes suscite des craintes quant à l’accès de certains groupes de population aux soins primaires.