Fonds mondial : Changer de braquet pour en finir avec le sida

Publié par jfl-seronet le 15.09.2013
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Dans quelques semaines, se tient une conférence de reconstitution des finances du Fonds mondial de lutte contre le sida. De nombreuses initiatives sont prises dont celle GFAN (Global fund advocates network). Cet organisme a commandé un rapport qui fait la démonstration implacable qu’il faudrait peu de choses (à l’échelle du monde) comme moyens financiers pour renverser la tendance. AIDES, Coalition PLUS, Solthis et Act Up-Paris ont réagi (12 septembre) à la sortie de ce document qui propose une analyse macro-économique inédite de la lutte contre le sida au niveau mondial.

Dans de nombreux pays du monde, la société civile (principalement les organisations non gouvernementales) se mobilise en faveur du Fonds mondial et tout spécialement de la reconstitution des fonds financiers de cette institution de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose. Récemment, le GFAN (Global fund advocates network), organisme représentant la société civile au Fonds mondial, a demandé à l’institut ICSS un rapport sur les solutions financières. Un solide document qui propose une analyse macro-économique inédite de la lutte contre le sida au niveau mondial.

Un tournant historique

Le rapport du GFAN démontre, s’il en était encore besoin, que la lutte contre le sida est à un tournant historique : les progrès incroyables réalisés depuis 15 ans pour endiguer l'épidémie risquent d'être réduits à néant si nous ne changeons pas rapidement de braquet en termes d'investissement financier. Le rapport confirme également le rôle déterminant des traitements pour casser la transmission du virus, et donc inverser la courbe de l'épidémie. C'est un élément encore nouveau pour le grand public — pas pour les Séronautes —, qui révolutionne la lutte contre le sida. Le rapport insiste sur cinq points principaux.

1 : La fin du sida est à portée de main
Pour la première fois, une personne séropositive pourrait connaître la fin de l'épidémie de son vivant ;

2 : L'investissement dans le Fonds mondial de lutte contre le sida est rentable
1 dollar investi dans la prévention et la mise sous traitement des malades génère 12 dollars de retour sur investissement. Une économie réalisée essentiellement grâce aux infections évitées par l'effet préventif des traitements. Entre 2005 et 2011, l'action du Fonds mondial a même fait chuter la mortalité liée au sida de 25 %. Pour autant, l'épidémie avance toujours plus vite que la lutte ;

3 : Le statu quo financier aurait un coût humain et économique considérable
Le maintien de l'aide financière existante (12 milliards sur la période de 2014-2016, soit 4 milliards par an) conduit inévitablement à une progression de l'épidémie. Le rapport démontre que le statu quo financier se traduirait, sur la même période 2014-2016, par 3,9 millions de nouvelles infections. Devraient alors être mobilisés 47 milliards de dollars pour la prise en charge à vie de ces nouveaux malades. C'est ce que le rapport du GFAN appelle "le coût de l'inaction". Et on se place-là sous le seul angle financier… pas sous celui des conséquences humaines ;

4 : Pour inverser la courbe de l'épidémie, il faut atteindre un point de bascule
Comme le disent AIDES, Coalition PLUS, Solthis et Act Up-Paris depuis plusieurs années, ce rapport démontre l'existence d'un palier en dessous duquel les contributions financières au Fonds mondial ne parviendront pas à inverser la courbe de l'épidémie. Ce palier minimum a été estimé par les experts du GFAN à 15 milliards de dollars. Il ne manquerait donc "que" 3 milliards de dollars aux 12 milliards de contributions actuelles pour renverser la tendance. Soit 1 milliard de plus par an ! Pour les associations, la fin d'une épidémie qui a déjà fait 35 millions de morts vaut largement cet investissement mondial.

5 : Dernier point très important mis en avant dans ce rapport 
Contrairement aux idées reçues, la plus forte augmentation des contributions à la lutte contre le sida ces dernières années vient des pays en voie de développement. En 2011, ces pays ont investi 8,6 milliards de dollars dans leurs programmes nationaux de lutte contre le sida, pendant que les pays du Nord ne contribuaient qu'à hauteur de 4 milliards par an au Fonds mondial. Cet investissement des pays du "Sud" a doublé en cinq ans. Une donnée qui tord le cou à l'image d'un Sud "sous perfusion" qui attendrait l'aide internationale "en se tournant les pouces !". Pour AIDES, Coalition PLUS, Solthis et Act Up-Paris, cette responsabilité partagée entre le Nord et le Sud est une des clefs pour atteindre l’objectif d’une fin de l’épidémie.

Pour les associations, ce rapport montre que l'heure n'est pas à la démobilisation : que refuser d'investir maintenant à la hauteur des besoins, c'est laisser passer la chance d'en finir avec le sida, avec à la clé des millions de morts et de malades supplémentaires. Une augmentation mondiale d'un milliard de dollars par an, voilà ce que coûterait la fin de l'épidémie. Un effort "dérisoire" lorsqu'on le rapporte aux vies sauvées, aux drames évités et aux économies énormes finalement réalisées.

Des ambassadeurs… en campagnes

Ce rapport est une des pièces maîtresses de la campagne "Here I’am", initiée par GFAN, une campagne qui vise l’ensemble des acteurs (membres du GFAN, représentants des institutions nationales et internationales de santé, personnalités, etc.) La campagne est déclinée via les réseaux sociaux, des vidéos, et le témoignage d’ambassadeurs. Il s’agit de militants, d’activistes vivant avec le VIH, le paludisme… qui travaillent dans leur pays respectif… On peut voir leurs témoignages (par exemple, celui de Laurindo Garcia, activiste philippin vivant avec le VIH) sur le site de la Coalition PLUS, dans la section consacrée à la campagne "Here I’am". Par ailleurs, une pétition pour la reconstitution des fonds du Fonds mondial est lancée.

Commentaires

Portrait de pascalcoucou

Avec tout cet argent, ça change chaque année, de nouveaux pays qui se fédèrent pour la recherche, mais chacun dans son coin, à force ça finira bien par arriver, une solution sera établie.

Il serait bien, de plus, qu'ils fassent équipe, pour gérer les avancées et les fausses pistes enfin que cela serve pour ceux qui commencent à se mettre à la recherche d'une solution pour ce virus, je pense aux pays émergents, qui reconnaissent et s’attèlent au problème SIDA,

Avec plein de milliards comme actuellement, ça serait bien si c'était mieux géré, d’après les chercheurs,

Faire pareil que le Téléthon, chacun son pole, et des taches reparties, et des avancées expliquées, ce que je vois très peu dans le VIH dans le Fond Mondial, lien qui suit.

http://www.theglobalfund.org/fr/


Sinon coté Afrique ça bouge, un peu, l'exemple à prendre sur eux, pour leurs voisins qui ne l'ont pas encore fait


http://www.theglobalfund.org/fr/mediacenter/newsreleases/2013-12-06_Afri...


Et la liste des pays arrivant et autres concernés.


www.theglobalfund.org/documents/core/newfundingmodel/Core_NewFundingMode...


                                                  Pascal ... .. .