France et santé mondiale : derrière la com’, l’inaction présidentielle

Publié par Rédacteur-seronet le 19.05.2016
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Politiqueprix du médicament

Dans une tribune parue dans la revue médicale britannique "The Lancet", le Président de la République, François Hollande, se targue d’avoir placé la France à la pointe du combat mondial pour le droit universel à la santé. Cette vision est contestée par plusieurs associations, AIDES, Coalition PLUS et Act Up-Paris. Elles estiment que derrière cette "opération de communication, la réalité est tout autre". "Disons le franchement : le quinquennat de François Hollande aura surtout brillé par une inaction constante face aux épidémies mondiales qui continuent de tuer".

L’inaction du président

Le président de la République le reconnaît, face aux épidémies, il y a urgence à agir. "Chaque jour, 16 000 enfants succombent à des maladies évitables, telles que la tuberculose et la rougeole", note-t-il dans la tribune qui ouvre le numéro spécial de "The Lancet". "Ce n’est pas avec des déclarations d'intentions, fussent-elles publiées dans le "Lancet", que la France va changer la donne", tacle le communiqué des trois associations. "M. Hollande veut véritablement agir contre la tuberculose ? Qu'il commence par augmenter les financements du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme", explique le Dr Hakima Himmich, présidente de Coalition PLUS et de l’Association de lutte contre le sida au Maroc (ALCS). Et le communiqué d’expliquer : "Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, institution internationale qui mutualise les contributions des pays riches pour financer les traitements des malades dans les pays pauvres, a déjà fait ses preuves. Il a sauvé dix-sept millions de vies, permis de soigner de la tuberculose plus de treize millions de malades, et de mettre sous traitement plus de huit millions de personnes vivant avec le VIH. Mais il reste tragiquement sous-financé. Résultat, moins de la moitié des malades bénéficient d’un traitement dans le monde".

Ça, c’est pour le constat. Or, notent les associations, le président Hollande "n’a jamais cherché à augmenter la contribution de la France au Fonds mondial" alors que chacun sait que le Fonds est sous-financé. En cela, il se démarque de son prédécesseur Nicolas Sarkozy qui avait, lui, augmenté la contribution française de 20 %. "Cette augmentation de la part française a permis au Fonds mondial de soigner près de 370 000 malades du sida supplémentaires entre 2011 et 2013", rappellent les associations. "Nous le redisons au chef de l'Etat : un mécanisme financier existe pour trouver des ressources nécessaires sans plomber le budget de la France : la taxe sur les transactions financières, qui génère déjà un milliard d’euros par an en France et dont la version européenne, en préparation à Bruxelles, devrait générer 36 milliards d’euros par an selon la Commission", indique le communiqué commun.

Les épidémies risquent de regagner du terrain

"Le Président Hollande se réjouit de constater que "les nouvelles infections à VIH ont diminué de 30 %". Mais rien n’est gagné. Les avancées réalisées depuis quinze ans contre l’épidémie de sida peuvent être réduites à néant si la communauté internationale ne se mobilise pas. L’Onu l’a clairement exposé : sans financements supplémentaires, les nouvelles infections au VIH repartiront à la hausse et le sida fera encore plus de morts. Il manque aujourd'hui sept milliards de dollars par an au niveau mondial pour éradiquer l'épidémie par une mise sous traitement généralisée des malades (un malade sous traitement ne transmet plus le virus, ce qui bloque la chaîne des transmissions). Sept milliards de dollars, c’est moins de 0,01 % du PIB mondial", indiquent les associations. Or, qu’envisage la présidence française ? Au minimum de ne pas baisser sa contribution ; en tout cas, pas de l’augmenter. "Qu’attend le Président pour augmenter la contribution de la France au Fonds mondial, comme vient de le faire la Commission européenne ? Assez de discours, c’est d’actions et de ressources dont nous avons besoin pour mettre fin au sida", rappelle Hakima Himmich. "Le Président Hollande s’était engagé à ce que la France mette tous les moyens pour en finir avec le sida. C’était en 2012. Depuis cette annonce, la contribution de la France au Fonds mondial n’a pas augmenté d’un iota, tandis que chaque mois la pandémie du sida continue de tuer 100 000 personnes et d’en infecter 160 000 autres", dénonce, pour sa part, Aurélien Beaucamp, président de AIDES et administrateur de Coalition PLUS.

Hypocrisie et indécence

Le 2 mai, Jérôme Martin est monté bille en tête sur son excellent blog ("Vendeurs de haine", sur Yagg) pour dénoncer "l’hypocrisie" et "l’indécence" de François Hollande concernant le prix du médicament, un des sujets abordés dans la tribune du "Lancet". Pour le militant et ancien président d’Act Up-Paris, c’est l’évidence que François Hollande n’est pas le mieux placé, ni le plus crédible, pour dénoncer les prix élevés des traitements et réclamer une action internationale sur cette question, puisque le président français n’a, en quatre ans de mandat, "jamais travaillé à une réelle baisse des prix des médicaments, en France comme dans le monde". "Plusieurs des actes politiques de la France sont même contraires à cet objectif", note Jérôme Martin. Pour lui, la réflexion présidentielle se fonde sur un "diagnostic incomplet et biaisé". Incomplet parce que le problème du coût outrancier des médicaments ne se pose pas seulement pour quelques spécialités dans le domaine du cancer ou du VHC, le problème est systémique. Pour Jérôme Martin, il s’agit donc bien d’une réforme contre la "logique globale" du secteur qu’il faut entendre… ce que n’avance pas François Hollande. Le militant conteste aussi le choix du président de vouloir "préserver les impératifs de l’innovation" cautionnant ainsi "la propagande de l’industrie pharmaceutique". Enfin, Jérôme Martin note que la sortie présidentielle serait plus crédible s’il n’y avait un "grand écart" entre le discours et les pratiques. A cet égard, l’exemple de ce qui a été fait pour le Sovaldi (sofosbuvir) dans le traitement du VHC est plus que parlant. Tristement édifiant même !

Commentaires

Portrait de laurent18

de l'inaction  dans tous les domaines en fait !! bientot la fin, tant mieux !

Portrait de jl06

Si je doit revoir sa tronche je quitte Séronet ...peut  pas etre plus clair !!!

Portrait de Charles-Edouard

Ici aussi, plus meme en photo je ne supporte de voir sa tronche...

Erreur de casting

Portrait de Sisang66

il nous l'a met bien dans le Q,  reste encore 1 an à déguster

Portrait de IMIM

Que de promesses de gauche et une politique appliquée de droite......

Des lois imposées de force....

L'étincelle de la COLERE !!!

Nous sommes ds une "démocratie autoritaire"

S'adapter à la réalité de la situation économique???

C'est cette mm réalité qu'il était question de chnger.......