François Bayrou : "L’aggravation de la précarisation entraîne une plus grande vulnérabilité face à l’épidémie"

Publié par jfl-seronet le 13.03.2012
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présidentielles 2012ModemFrançois Bayrou
Député, président du Modem, François Bayrou fait campagne pour la troisième fois pour l’élection présidentielle, après un score de 18,57 % des voix en 2007. Sollicité par Seronet, le candidat centriste a accepté de parler de sujets sur lesquels il s’est jusqu’à présent peu, voire pas exprimé : lutte contre le sida, salles d’injection supervisée, pénalisation de la sérophobie, étrangers malades, financement de la santé, etc. Interview exclusive sur Seronet.
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En 2011, différentes mesures législatives ont été prises concernant la situation des personnes étrangères et tout spécialement celles qui sont malades, qu’elles soient ou non en situation irrégulière. L’Aide Médicale d’État (AME) a été ainsi largement réformée et le droit au séjour pour soins sévèrement attaqué. Que pensez-vous de ces décisions et quelle lecture politique en faites-vous ?

Je n’approuve pas la politisation extrême et polémique de ces sujets. Cela est très malsain. L’accès au soin, surtout lorsqu’il s’agit de personnes gravement malades, c’est d’abord un geste d’humanité et de solidarité. Mais c’est aussi un sujet de santé publique et de risques pour toute la population. C’est de ce double point de vue que je me place : tout être humain, s’il est malade sur le sol français et a besoin de soins d’urgence, doit pouvoir les recevoir quels que soient son statut, son origine, sa couleur de peau, sa religion, ses papiers.


Si vous êtes en situation, comptez-vous revenir sur ces décisions, en rétablissant le droit au séjour pour soins, en supprimant le droit de timbre pour l’accès à l’AME ? Ou pensez-vous que l’AME doive être intégrée dans l’Assurance maladie et ne plus être un dispositif à part ?
Nous ne pouvons pas tout déséquilibrer à tout instant. Rétablir le droit au séjour pour soins, cela ferait appel d’air. Et nous ne pouvons pas nous le permettre. Je ne trouve pas que le droit de timbre soit anormal, ni immoral, sauf évidemment en cas d’urgence, car le devoir médical en cas d’urgence ne se discute pas. Sur la question plus large du financement de l’AME, il y a une certaine logique à ce que l’Etat intervienne, parce qu’il est garant et responsable de la solidarité, et soutienne la Sécurité sociale qui repose sur les cotisations sociales des assurés et des employeurs.

Ces dernières années, les choix du gouvernement en matière de comptes sociaux ont eu des conséquences importantes sur la vie des personnes malades et tout spécialement celles qui sont atteintes d’affections de longue durée comme les personnes atteintes d’une hépatite ou du VIH ?  La mise en place des franchises médicales, la multiplication des déremboursements de médicaments, la hausse du prix des consultations, des forfaits hospitaliers… ont eu pour conséquence d’augmenter le reste à charge pour les personnes malades et surtout de renforcer une logique individuelle contre la solidarité collective. Que pensez-vous de ces décisions ?
La première priorité est de rétablir l’équilibre de nos finances publiques, nationales et locales, ainsi que nos comptes sociaux. Cet équilibre retrouvé est la meilleure garantie d’un accès aux soins égal pour tous. Je suis convaincu que des marges d’économie existent, qui ne sont pas dans la simple logique comptable, mais dans une meilleure organisation du parcours de soins. Je pense notamment à la création de maisons médicales d’urgence pour désengorger les hôpitaux. Cela permettrait une économie de 2 milliards par an.
Pour les plus fragiles, ceux qui sortent des minima sociaux et qui ne bénéficient donc plus de la CMU [couverture maladie universelle] ou de la CMU-C [couverture maladie universelle complémentaire], il faut inventer un nouveau système de protection afin qu’ils ne renoncent pas à se soigner. Je défends l’idée d’un Bouclier santé, inspiré de la mutuelle universelle qui existe en Alsace-Moselle.

En matière de dépenses de santé, de tarification, d’équilibre des comptes sociaux… que faut-il éviter et quelles propositions faites-vous ?
Ce qu’il faut éviter, c’est ce qui est en train d’arriver insidieusement : déficit des comptes sociaux, coupes budgétaires justifiées par la seule comptabilité, déserts médicaux, et au bout du compte, angoisse des patients et démoralisation des personnels de santé. On peut y remédier sans forcément faire de grands chambardements. Nous avons surtout besoin de repenser l’équilibre de la Sécurité sociale et son équité dans un souci de restructuration, de mise en réseaux, et d’échange sur les bonnes pratiques.

En matière de santé, le gouvernement actuel a tout misé sur la contribution des malades, les taxes sur les labos et les mutuelles et un programme contraignant d’économies pour les hôpitaux. Cette politique a d’ores et déjà des conséquences sur l’organisation des soins et la qualité de la prise en charge des personnes malades, notamment celles atteintes d’une affection de longue durée. On peut le mesurer avec ce qui se passe avec l’AP-HP en Ile-de-France. Selon vous qu’est-ce qui pose problème dans cette politique et que proposez-vous ?
Je le redis avec conviction. La seule logique comptable nous conduit à une santé à deux vitesses ou plutôt, d’un côté ceux qui disposeront de moyens pour payer plus, de l’autre ceux qui seront obligés de différer toujours plus la visite chez le médecin et de sacrifier leur santé. Je crois que nous avons un nouveau modèle à inventer. Bonnes pratiques, mise en réseaux, meilleure coordination des parcours, je crois qu’il faut enfin faire confiance aux médecins et trouver avec eux le meilleur équilibre.

On parle beaucoup de démocratie sanitaire. Est-ce que cette idée vous intéresse et si oui… comment la concevez-vous ?
La démocratie, c’est affaire de dialogue, d’information et de transparence. Alors oui, elle est hautement nécessaire dans le domaine de la santé. Les affaires récentes comme le Mediator, plus anciennes comme le sang contaminé, démontrent, à l’évidence, que la confiance dans la médecine, dans le système de soins, peut être à tout moment fragilisée et mise à mal. La démocratie sanitaire, c’est l’idée juste que les usagers de la santé soient considérés de l’intérieur et non de l’extérieur du système de soins. Qu’ils aient leur mot à dire, qu’ils puissent saisir des instances, et cela est un grand progrès.

Nicolas Sarkozy s’est engagé lors de sa première campagne présidentielle à augmenter de 25% sur la législature le montant de l’allocation aux adultes handicapés. Il a récemment indiqué que la promesse serait tenue en 2012. Il y a eu plusieurs augmentations, malgré tout, les personnes qui en sont bénéficiaires vivent toujours sous le seuil de pauvreté. Du coup, de nombreuses associations et structures syndicales ou politiques, réunies au sein de Ni pauvre, Ni soumis, demandent à ce que cette allocation soit remplacée par un revenu d’existence aligné sur le SMIC. Etes-vous favorable à cette mesure ? Cela est-il, selon vous, finançable et si oui dans quel système ?
Cette idée de revenu d’existence ou de revenu universel qui a des partisans de tous les côtés de l’échiquier politique est bien sûr une idée généreuse, mais avec quoi voulez-vous la financer ? Avec de la dette et du déficit alors que nous sommes déjà dans le rouge et que nous risquons chaque jour une nouvelle dégradation par les agences de notation ? Avec de l’impôt supplémentaire alors même que nous avons déjà une pression fiscale et sociale parmi les plus élevée d’Europe ? En revanche, je crois que nous devons urgemment nous atteler au chantier de la dépendance que je ne sépare pas du handicap. Elu, je lancerai un plan "Face à la dépendance" qui devra capitaliser sur l'expérience acquise depuis une dizaine d'années au moins, sur le travail des médecins, des associations, de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, qui fera jouer tous les leviers disponibles, recherche médicale et pharmacologique, amélioration de la prise en charge dans les maisons, soutien aux aidants et mise en œuvre de la solidarité nationale et de la mutualisation du risque. J’ajoute quelque chose de très important pour moi : dans une société à vocation humaniste, la lutte contre la solitude est première. Or, tout, à commencer par les règles administratives, pousse à l’isolement. Je donne souvent cet exemple parce qu’il est frappant : quand deux, trois ou quatre personnes veulent se regrouper pour s'entraider dans la crise et que certaines d'entre elles reçoivent par exemple des minima sociaux, on coupe les minima sociaux ! On marche sur la tête. C’est cela qu’il faut rompre.


Un mot également sur le RSA [revenu de solidarité active, ndlr] que nous devons absolument améliorer pour qu’il réintègre davantage les gens sur le marché du travail. La puissance publique doit faire ce qu'elle peut pour que les gens retrouvent un travail. Je vais avoir prochainement un débat avec Martin Hirsch sur ce sujet [le débat a eu lieu le 12 mars 2012, ndlr].

A la suite de l'affaire du Mediator, le gouvernement a proposé et fait adopter un projet de loi sur le médicament. Que pensez-vous de ce texte ? Quelles en sont les faiblesses ? Quelles mesures pensez-vous mettre en place dans ce domaine si vous êtes en situation ?
L’affaire du Mediator est extrêmement révélatrice. Il a fallu le courage et l’obstination d’une poignée de personnes, Je pense à Irène Frachon presque seule contre tous, pour que la vérité sorte enfin. On voit combien les connivences, les réseaux d’influence, disposent d’une puissance de feu hors normes pour enterrer les dossiers. Dès 2007, je prônais la mise en place d’autorités indépendantes chargées de l’alerte et composées d’experts libres, exempts de liens susceptibles de créer des conflits d’intérêt qui interfèrent gravement dans la prise de décision. La transparence doit être le maître-mot de notre organisation sociale et civique.

En matière de lutte contre les hépatites et le VIH/sida, des organisations non gouvernementales réclament la mise en place de mesures qui ont fait leur preuve à l’étranger dont les programmes d’échange de seringues en prison, les créations de salles de consommation supervisée, l’accompagnement à l’injection, l’auto-prélèvement chez les personnes usagères de drogues (ce qui favorise l’accès aux services de santé). Etes-vous favorable à leur mise en place ?
La politique de prévention dans le domaine de la santé est déterminante. Je suis donc favorable aux méthodes qui ont fait leur preuve dans la diminution de la transmission du VIH/Sida chez les héroïnomanes, y compris bien évidemment l'échange de seringues. Concernant l'encadrement de l'administration de drogues, il est évident que nous devons de plus en plus mettre en place des prises en charge médicalisées, connaissant les polypathologies des usagers de drogues, afin d'assurer un suivi médical. De manière générale, notre pays améliorera les problèmes de santé publique liés à la drogue en préférant une approche médicalisée plutôt que purement répressive, cette dernière étant dangereuse quant à la transmission du virus.


Ces derniers mois, le débat a été particulièrement intense sur la question de la légalisation de la consommation des drogues. Il y a eu des initiatives politiques, des revendications associatives… Selon vous, doit-on revenir sur la loi de 70 et si oui de quelle façon ? Etes-vous favorable à la légalisation et si oui de quoi ? La dépénalisation est-elle, selon vous, une décision de santé publique et quelles limites y mettez-vous ?
La prévention de la consommation de la drogue a subi, reconnaissons-le, des échecs. Lorsqu’on étudie en profondeur les expériences étrangères, elles ne sont pas pleinement convaincantes, ni dans un sens ni dans un autre. Voilà pourquoi je pense que nous ne pourrons prendre de décisions irréversibles qu’après avoir acquis des certitudes partagées. En attendant, il nous faudra rester intraitable dans la lutte contre les réseaux mafieux, contre les dealers qui exploitent les dépendances les plus dures, et qui pourrissent de surcroît la vie de certains jeunes à qui on fait miroiter l’argent facile.

Ces dernières années, les avancées scientifiques en matière de VIH/sida ont été majeures. Paradoxalement, les avancées sociales (meilleure acceptation sociale du VIH, lutte contre les discriminations liées à l’état de santé…) ont été quasi inexistantes. Une récente affaire (celle de Dax, il y a quelques mois) a montré les limites de la loi pénale actuelle en matière de sanction des agressions sérophobes. Etes-vous favorable à ce que la sérophobie soit, comme c’est par exemple le cas pour l’homophobie, sanctionnée par la loi et reconnue comme une circonstance aggravante ?
La République, c'est la volonté de vivre ensemble, c’est l’idée que les discriminations doivent être traitées pour ce qu’elles sont : une insulte aux principes républicains. Les politiques doivent comprendre ce que représentent les discriminations pour ceux qui les subissent, ceux qui viennent des quartiers en difficulté, ceux que leur orientation sexuelle ou leur origine ou la consonance de leur nom ou leur religion désignent comme "différents". Et je dois ajouter que les personnes séropositives sont parmi les plus discriminées. Il y a bien sûr la loi y compris la loi pénale et le travail qu'effectue le Défenseur des droits, mais je pense que nous n'avancerons pas sans une envie commune de réussir qui implique des actions volontaires de la puissance publique. A commencer par la signature du Protocole 12 à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales qui vise à promouvoir l'égalité de tous par la garantie collective d'une interdiction générale de discrimination.

De très nombreux pays ont modifié leur législation concernant la pénalisation de la transmission du VIH. Certains l’ont renforcée (en Afrique…), d’autres l’ont assouplie (Suisse par exemple) notamment avec les avancées scientifiques sur le rôle du traitement en matière de transmission du VIH. On assiste, par ailleurs, à une multiplication des plaintes en France. Ce phénomène vous alarme t-il et si oui comment y répondre ? Cela passe-t-il par une modification de la législation actuelle, d’autres solutions ?
La question de la pénalisation de la transmission volontaire du VIH est une question qui en cache d’autres. La prévention et de l’information sont-elles efficaces ? Notre arsenal législatif est-il suffisant ? Je ne répondrai évidemment pas à l’emporte-pièce. Car cela n’est pas un sujet de "politique", mais des enjeux de santé et de sécurité. Il faut que les acteurs, les experts parlent en premier.

Une nouvelle disposition de la loi LOPPSI 2 instaure le dépistage sous contrainte de personnes présumées séropositives lorsqu’elles ont été en contact avec des dépositaires de l’autorité publique (forces de l’ordre, huissiers…). Cette mesure a été adoptée malgré les mises en garde de la Société française de lutte contre le sida et un avis du Conseil national du sida qui pointent une atteinte aux droits de l’Homme et les effets contreproductifs en matière de dépistage, alors même que le gouvernement développe un programme d’incitation au dépistage. Que pensez-vous de cette mesure ? Doit-elle être conservée ?
J’ai voté contre la loi dite "LOPPSI 2". Ce texte contredit tout ce à quoi nous croyons lorsque nous faisons le choix de construire une société de confiance et non de méfiance. Ce sujet dont on voit immédiatement l’importance et les enjeux, tout à la fois de santé publique et de protection de l’intimité, aurait mérité un débat moins frontal et surtout moins politique.

Le débat sur la prostitution est animé entre les partisans de l’abolition et ceux qui y sont opposés. Des associations de personnes travailleuses du sexe, de lutte contre le sida et un organisme officiel tel que le Conseil national du sida mettent en avant qu’une abolition de la prostitution voire une pénalisation des clients auraient un impact négatif sur l’accès aux droits et aux soins des personnes qui exercent cette activité et des conséquences en matière de santé publique : obstacles supplémentaires dans l’accès aux structures de soins, de prévention du VIH et des IST, de dépistage. Etes-vous favorable à cette abolition ? Si oui, pour quelles raisons et si non, comment comptez-vous renforcer les droits des personnes concernées, notamment sur les enjeux de santé les concernant ?
Les exemples nous viennent du monde entier pour nous dire que ni la prohibition ni la pénalisation n’ont jamais fourni une solution satisfaisante. Mon intime conviction, c’est qu’il nous faut viser en priorité non pas les victimes mais les profiteurs, les proxénètes qui sont des trafiquants d’êtres humains. La prostitution est une des formes insupportables de l’esclavage moderne.

Des organisations non gouvernementales réclament la création d’une taxe sur les transactions financières dites aussi "taxe Robin des Bois" dont le produit permettrait de financer la santé et le développement, la lutte contre la pauvreté et le changement climatique à l’échelle mondiale. Cette taxe pourrait rapporter, chaque année, des milliards d’euros. Etes-vous favorable à cette taxe et si oui comment comptez-vous la mettre en œuvre ?
Cette taxe, j’y suis favorable depuis 2005. A l’époque, ce sont les députés européens UDF qui ont porté cette idée devant le Parlement de Strasbourg. Cette proposition est désormais sur la table et je me félicite de la décision de la France et surtout de l’action décisive de Philippe Douste-Blazy [ancien ministre, il dirige aujourd’hui UNITAID, ndlr] qui a porté ce projet avec détermination et enthousiasme. Mais je regrette que le gouvernement ne soit pas allé plus loin, la mini-taxe décidée étant à un taux très bas par rapport à ce qui se fait déjà au Royaume-Uni ou au Brésil.

Selon vous, qui doit gérer le produit de cette taxe et à quoi doit-il être affecté ?
Je propose d’affecter 10% des revenus de la taxe sur les transactions financières au développement, afin de venir à bout des plaies qui menacent la stabilité du monde, telle que la faim, l’illettrisme de masse, les pandémies et le dérèglement climatique. En ce qui concerne l'aide au développement, il est essentiel d'obtenir l'accès universel aux médicaments essentiels, tout particulièrement aux antirétroviraux de deuxième et troisième lignes. Par des mécanismes de financements innovants type UNITAID ou Fonds Mondial mais aussi comme la "Medicines Patent Pool Initiative" mis en place par UNITAID à la demande de la société civile, tout particulièrement Médecins Sans Frontières.

Le gouvernement oppose souvent aux organisations non gouvernementales, lorsqu’elles demandent à la France de tenir ses engagements en matière d’aide publique, le fait que la France ferait déjà beaucoup en matière de développement, notamment sur les questions de santé, via Unitaid, la contribution française au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Partagez-vous cet avis et que proposez-vous sur les questions d'aide au développement international, par exemple en matière d’accès universel aux traitements des malades touchés par le VIH ?
Elu, je m’engagerai à respecter l’objectif de consacrer 0,7% de notre PIB d’ici 2017 à l'aide publique au développement. C’est notre responsabilité de grande puissance que d’aider les plus faibles, les plus exclus. Dois-je rappeler que le Royaume-Uni qui connaît une situation de crise comme la nôtre réussit depuis 2010 à augmenter son aide de 40% par an et s’apprête à respecter les 0,7% dès 2013.

Cette année, l’épidémie de sida a 30 ans. Concernant cette maladie, qu’est ce qui vous frappe aujourd’hui ?
Ce qui me frappe, c’est que l’aggravation de la précarisation entraîne une plus grande vulnérabilité face à l’épidémie. Parce que la précarisation signifie également perte de repères, manque d’information. L’Etat ne doit donc pas baisser la garde.

AIDES parle souvent à propos de ses militants et de ceux qui luttent contre le VIH/sida de personnes séro-concernées, qui se sentent concernées à des titres divers, de façon plus ou moins directe par le sida. Comme homme, citoyen, militant, candidat à l’élection présidentielle, vous sentez-vous séro-concerné ?
Bien sûr, je me sens concerné. Tout simplement parce que je suis père et grand-père.

Propos recueillis par Jean-François Laforgerie.