FN et VIH : reconnais ton ennemi !

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Politiquehaine

Le Front national et le VIH… c’est une vieille histoire. Ce n’est pas du passé, plutôt du passif. Et les sorties éructées et sérophobes des années 80 de Jean-Marie Le Pen, trouvent, aujourd’hui encore, de très pénibles prolongements dans le parti dirigé par sa fille. Lors de toutes les précédentes élections, AIDES n’a jamais souhaité interpeller les candidat-e-s du parti d’extrême droite, y compris en 2002 lorsque le FN est arrivé pour la première fois au second tour de la présidentielle. Notre façon de rappeler que nous ne considérons pas le FN comme un interlocuteur politique : leurs idées et déclarations publiques restent aux antipodes de nos valeurs, hors de question pour nous de leur donner le moindre écho. 2017, rebelote : le FN est à nouveau en piste et présent au second tour. Depuis 30 ans, cette formation politique instrumentalise le sida pour faire passer ses messages. Elle a toujours considéré les personnes qui vivent avec le VIH et les communautés les plus concernées comme des cibles. Elle a préconisé l’isolement des malades, et décliné les lettres du mot sida en slogans politiques nauséeux. Nous nous sommes dit qu’il était utile de le rappeler. Voici quelques sorties, anciennes et récentes, à garder en tête avant de passer dans l’isoloir. Attention, ça pique.

La violence du discours FN à l’encontre des personnes séropositives a commencé dès 1987. C’était il y a 30 ans, et rien n’a vraiment changé. Triste anniversaire !

1987 : "Les sidaïques sont de véritables bombes virologiques"

Le grand hebdomadaire LGBT de l’époque, "Gai Pied", publie en avril 1987 une interview de François Bachelot, représentant de Jean-Marie Le Pen sur les questions de santé et député FN. Celui qui est aussi médecin cancérologue explique : "Les sidaïques sont de véritables bombes virologiques. On ne fera pas de progrès dans la lutte contre le sida sans isoler les patients". C’est ce bon docteur Bachelot qui a soufflé le terme "sidatoriums" à Jean-Marie Le Pen.

Quelques semaines auparavant, ce même François Bachelot prodiguait déjà ses conseils racistes et antisémites dans une interview à Libération (13 février 1987) : interrogé sur le VIH, il met en garde les Africains "à qui il va falloir expliquer qu’il ne peuvent pas tout faire de leur vie sexuelle". Mise en garde aussi pour les "Israélites" des risques d’infection "du fait de la circoncision".

1987 : "Le sidaïque est une sorte de lépreux"

"Je vous rappelle qu’un sidaïque hospitalisé coûte entre 500 000 et un million de francs par an et que le nombre de ceux-ci double tous les huit mois (…) dans les conditions actuelles, il y a rupture très grave de l’équilibre de la Sécurité sociale", explique Jean-Marie Le Pen, de passage à l’émission politique "L’Heure de Vérité", le 6 mai 1987. Et d’ajouter : "Le sidaïque est contagieux par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. C’est un espèce de lépreux". Suivant les conseils du docteur Bachelot, Jean-Marie Le Pen demande la création de "sidatoriums".

1987 : Quand Jean Marie Le Pen suggère à des députés de "s’injecter de la salive de sidaïque"

Le 2 juin 1987 à l'Assemblée nationale  Jean-Marie Le Pen intervient : "[...] Mme Barzach [alors secrétaire d’Etat à la Santé] ramasse les plumes et se les plante où je pense". Et manifestement dans un très bon jour, le parlementaire d’extrême droite interpelle vivement deux de ses collègues députés François Doubin et André Rossinot, en les invitant à "s'injecter de la salive de sidaïque. Ça, ça prouverait au moins qu'ils sont courageux. A moins qu'ils ne se sentent déjà protégés par le fait qu'ils sont peut-être déjà malades". Concernant la genèse du mot "sidaïque", certains spécialistes en linguistique comme Maurice Tournier se sont penchés sur ce néologisme utilisé par Le Pen père et inventé en 1986 par le journaliste d’extrême droite Guillaume Faye. Ils font remarquer que l’un des seuls mots de la langue française utilisant une construction similaire est le mot "judaïque". Un néologisme légèrement teinté d’antisémitisme donc. A ce sujet, on vous recommande de lire l’excellent billet de Jérôme Martin sur son blog "VendeurSEs de haine".

1990 : Quand le FN traduit SIDA par "Socialisme Immigration Drogue Affairisme"

Les slogans nauséeux, les néologismes à double sens, c’est la marque de fabrique du FN, toutes périodes confondues. Ce slogan est dans la lignée du "sida mental" inventé par Louis Pauwels en 1986 dans un éditorial du "Figaro Magazine".

En mars 1990, Jean-Marie Le Pen déclare : "La voie du déclin où la France s'est engagée (...) peut se résumer dans une formule qui serait celle du SIDA politique, dont les initiales signifieraient : Socialisme, Immigration, Drogue et Affairisme". Cette campagne, le député d’extrême droite la défend le 7 décembre 1990 à l'Assemblée Nationale. Il explique alors : "[...] D'ardentes campagnes basées sur le signe SIDA vont être menées partout. Ce sigle veut dire : "S comme socialistes, gaspilleurs et destructeurs, I comme immigration tiers-mondiste, D comme délinquance, désordre, décadence, A comme affaires, car les scandales politico-financiers sont devenus le pain quotidien honteux du système". L’affiche et son slogan suscitent une très forte polémique et finissent devant les tribunaux. Le 23 mai 1991, la Cour d’appel de Lyon condamne l’utilisation de ce slogan, l’affiche est interdite. Et les juges d’expliquer : "L'utilisation du terme SIDA pour stigmatiser l'immigration, qui représenterait un danger aussi grave que la maladie, porte une atteinte intolérable à la dignité des malades, qui ont droit au respect et à la solidarité et également une atteinte intolérable à la dignité des populations immigrées".

1990 : le "sida social" de Bruno Mégret

Ancien responsable du FN, longtemps numéro 2 du parti dont il n’est plus membre aujourd’hui, Bruno Mégret a toujours beaucoup écrit et passe pour un des théoriciens de l’extrême droite française. Dans un ouvrage intitulé "La Flamme", il parle de "sida social" pour dénoncer le "cosmopolitisme [qui est] une sorte de maladie de l'esprit qui conduit à rejeter son identité propre pour se considérer comme citoyen du monde et à regarder l'univers comme sa patrie". Et Bruno Mégret d’expliquer : "Cette maladie, le cosmopolitisme, a des effets aussi pernicieux que dévastateurs. En instaurant un véritable culte de l'autre, en accueillant sans réserve comme un bienfait systématique tout ce qui vient de l'étranger, elle agit sur la nation à la façon du sida sur le corps humain : elle détruit les défenses immunitaires, celles qui justement permettent à l'organisme de se protéger des corps étrangers indésirables et nocifs". Ambiance.

1993, première sortie de Marine Le Pen : "500 000 séropositifs" à cause du socialisme ?

En mars 1993, à 24 ans, Marine le Pen est candidate pour le Front national pour la première fois aux élections législatives, à Paris. Dans sa profession de foi, elle dénonce le bilan du PS, au pouvoir depuis 1998 : "4,5 millions de chômeurs, 4 millions de délits et de crimes, 7 millions d'immigrés, 500 000 sans-abri" et... "500 000 séropositifs" ! 500 000 séropositifs ? Un chiffre sorti de nulle part : les estimations les plus hautes n’ont jamais dépassé 200 000 personnes. Les personnes vivant avec le VIH sont aujourd’hui environ 150 000 en France.

1993 : Le tract abject du Front national jeunesse

En 1993, le FNJ sort un tract bien en phase avec les valeurs du parti. Son contenu ? "Ne pas intégrer le caractère obligatoire du dépistage dans le cadre d'un plan de lutte contre le sida revient à refuser de lutter efficacement contre la contamination" ; "ne pas se prémunir contre l'importation du sida et de la tuberculose via les flux migratoires nord/sud relève de l'inconscience ou du suicide. A fortiori, lorsqu'il s'agit de femmes misérables qui, à l'instar des Ghanéennes venant chercher fortune en France, tombent dans la prostitution, autre milieu propice à la contraction de la maladie" ; "il faut dès aujourd'hui inventer ou plutôt réinventer la prostitution propre et organisée" ; "considérant que la prévention, au-delà du seul préservatif, doit intégrer un retour à une certaine moralité et à des pratiques sexuelles plus saines et conformes à la nature humaine, il convient en conséquence de lutter contre la permissivité" ; "il faut "exiger la séronégativité des étrangers souhaitant séjourner plus de trois mois sur le territoire national. L'obtention d'un visa sera désormais lié à un examen médical préalable".

1997 : A Toulon, AIDES jugée indésirable par le FN

La ville de Toulon, remportée par le FN aux élections municipales de 1995, supprime toute subvention à l'association AIDES. "La municipalité de Toulon [a] décidé de ne plus subventionner AIDES car elle considère que l'argent des contribuables ne doit pas servir à financer le prosélytisme homosexuel et les prises de position politiciennes de cette association", explique alors Jean-Marie Le Chevalier, maire de Toulon de 1995 à 2001.

1997 : "Les maires FN n'aiment pas les malades du sida", dénonce AIDES

Le quotidien "L’Humanité" publie un article sur la gestion par les villes dirigées par des maires FN, notamment en matière de VIH. "Après dix-huit mois de gestion FN, nous constatons que ces mairies, non seulement refusent de maintenir les subventions versées auparavant, mais ne s'engagent pas dans la prévention alors que la situation est catastrophique autour de l'étang de Berre", explique, à cette occasion, Richard Pivarot, alors président d'AIDES-Provence.

2007 : préservatifs : ça capote pour Le Pen père !

En avril 2007, Jean-Marie Le Pen est, une fois encore candidat à l'élection présidentielle. Le 5 avril, il s'est opposé à la distribution de préservatifs dans les lycées. Fidèle au comique troupier, il conseille à "ceux que ça travaille" de recourir au "manu militari", sous-entendu à la masturbation. A la même période, le candidat d’extrême droite est interrogé, lors d’un débat organisé à Sciences-Po Paris par le magazine "Elle" sur le thème : "Ce que veulent les femmes". On lui pose une question sur la distribution gratuite de préservatifs dans les établissements scolaires. Il réitère : "Pour ceux que ça travaille, je conseille le manu militari, ce sont des méthodes plus simples".

2012 : dépistage obligatoire : le FN est pour !

Le Front national défend depuis assez longtemps le dépistage obligatoire du VIH. On en trouve, par exemple, mention dans son programme en 2012 : "Décréter un dépistage obligatoire dans les cas suivants : pour le personnel soignant, lors de l’examen prénuptial et pour les victimes de viols". On parle bien ici de dépistage obligatoire et pas de proposition de dépistage comme cela se fait aujourd’hui sans aucun problème et dans le respect du choix des personnes. Mais en matière de santé aussi, l’extrême droite aime beaucoup la contrainte !

2012 : le FN choisit ses associations

Le parti d’extrême droite propose un programme pour la présidentielle et les législatives. On y trouve cette mesure : "Diminuer les subventions astronomiques accordées à certaines associations qui font davantage de lobbying idéologique que d’actions réelles en faveur des malades. En revanche, coopérer avec les pays concernés (Afrique, Asie, Europe de l’Est) pour la prévention, via d’autres associations dont le professionnalisme est indiscutable".

2015, David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen : VIH pour… "Virus intellectuellement handicapant"

Actuel directeur de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, sénateur du Var, maire de Fréjus, David Rachline et sa conseillère Sonia Lauvard attaquent en août 2015 le mouvement des Jeunes républicains, dont les militants font une tournée des plages et distribuent notamment des préservatifs. Tous deux expliquent : "Les Républicains souhaitent peut-être, avec ces préservatifs, protéger les touristes contre les idées néfastes de leur parti, à moins que ce ne soit pour les protéger du syndrome du VIH (Virus intellectuellement handicapant), qui frappe ce mouvement depuis bien trop longtemps".

2015 : le FN trouve normal qu’on laisse les usagers de drogues se contaminer

Pas de surprise, le FN s’oppose à toute politique de réduction des risques. En matière d’usage de drogues, c’est le conservatisme le plus étriqué et l’absence de vision de santé publique qui prévalent. C’est notamment le cas à propos des programmes d’échanges de seringues. Le 2 octobre 2015, on délibère à l’Assemblée départementale du Vaucluse. Au moment d’accorder, par vote, les autorisations au président du Conseil départemental pour verser des subventions à des associations dont AIDES, des élu-e-s d’extrême droite se déchaînent : "On ne comprend pas que cette association fournisse des seringues pour que les toxicomanes s'enfoncent davantage dans la drogue".

Pour rappel, la mise à disposition de seringues stériles à la fin des années 80 a permis de faire chuter de façon spectaculaire les contaminations au VIH parmi les usagers de drogues : ces derniers représentaient 30 % des contaminations en 1987, contre moins de 2 % aujourd’hui.

2015 : pour Kelly Beth, candidate FN aux élections régionales : "le sida n’existe pas". Négationniste un jour, négationniste toujours !

La jeune femme est modèle pour les affiches du parti et candidate comme conseillère régionale en 2015. Kelly Betesh est dixième sur la liste parisienne du FN pour les élections régionales en Ile-de-France. Elle commence alors à gagner en notoriété… à son corps défendant. Elle voit sur I-télé un reportage qui évoque le nombre de femmes vivant avec le VIH en France et se lâche sur Twitter. Elle y explique que "le sida n’existe pas" et que c’est "l’arnaque du siècle". Evidemment, ces propos suscitent un tollé et la jeune responsable de la section FN des 5e et 6e arrondissements de Paris fait son mea culpa. Ah sinon, au moment où elle faisait ses déclarations, Kelly Betesh préparait le
concours de médecine !

2016 : la campagne de prévention de Santé publique France attaquée

La sortie en 2016 de la campagne de prévention de Santé Publique France mettant en scène des couples gay révèle des dissonances au sein du FN. En fait, tout le monde au FN est contre… sauf Florian Philippot qui défend une campagne qui décrit des "situations réelles" et estime même que "cette campagne est efficace" (France Info, novembre 2016). Le vice-président du FN Louis Aliot et Nicolas Bay, secrétaire général du parti, parlent de "propagande communautariste" et "d’indécence". Président du groupe FN au conseil régional des Pays de la Loire, Pascal Gannat dénonce "une provocation libérale libertaire, communautariste LGBT et immigrationniste". Interrogée sur les maires qui ont interdit cette campagne, la députée Marion Maréchal-Le Pen explique : "Je pense que ces maires ont eu raison, ça ne tient pas tellement à la question de l’homosexualité, mais surtout à la façon dont sont présentés les comportements sexuels, et que ces affiches sont à la vue de tous, notamment (….) à la sortie d’un certain nombre d’écoles".

Robert Ménard, maire de Béziers, rattaché au mouvement Bleu marine (d’extrême droite donc) fait partie des maires qui ont censuré la campagne de Santé publique France. Il est même allé plus loin en détournant le slogan officiel de la campagne pour un message qui prône la fidélité.

Parlementaire européen, Bruno Gollnish se montre très prolixe à propos de la campagne de Santé Publique France. Le 24 novembre 2016, il explique sur son blog : "Campagne de prévention contre le sida : une aggravation du risque légitimée". Le 7 décembre 2016, il est interviewé par Samuel Régnard sur Fréquence ESJ. Le journaliste lui parle du film d’animation "Sausage Party" et de la campagne. Le député d’extrême droite explique : "Toutes ces affiches que l’on voit dans les rues prennent acte de la promiscuité sexuelle, alors qu’on sait tous que, outre le préservatif, la meilleure façon de se préserver du sida, c’est la fidélité et la continence !". Et Bruno Gollnisch de trancher : "Le vagabondage sexuel est une des causes du sida".

Parfois, on réagit vite, trop et mal ! C’est le cas  de Marie-Pierre Amilhau, élue FN et conseillère municipale à Troyes. L’élue découvre sur Internet une prétendue affiche de la campagne de Santé publique France. Problème, elle prend pour argent comptant un photomontage avec une image pornographique, la mention "Sodomie Fellation Bondage" et le slogan officiel. Manifestement très contente d’avoir levé ce "lièvre" et outrée que le gouvernement socialiste ait décidé de lancer une telle campagne, elle dénonce sur Twitter cette campagne… qui n’est qu’un fake. Gros embarras, réactions en chaîne. L’élue FN est contrainte de fermer son compte Twitter après ce sérieux dérapage.

2016 : les migrants, cause de tous les maux

Ce n’est une découverte pour personne, mais le FN entretient depuis sa création un discours xénophobe qui cible évidemment de façon obsessionnelle les personnes migrantes… y compris en matière de santé. Un exemple ? Au Parlement européen, en 2016, la députée d’extrême droite Mireille d’Ornano, une des fidèles de Jean-Marie Le Pen, interpelle la Commission européenne et dénonce dans une de ses interventions en séance"l’influence des flux migratoires sur le VIH".

2017 : le FN, sans état d’AME !

Le FN veut toujours supprimer l’Aide médicale d’Etat. C’est dans son programme présidentiel. La mesure était déjà présente dans le programme de 2012. Le 1er octobre 2014, Nicolas Bay, secrétaire général du FN, explique — dans un communiqué intitulé : "Augmentation du budget de l’AME : le gouvernement est généreux avec les clandestins et impitoyable avec le peuple français ! Le Front national demande la suppression immédiate de l’Aide médicale d’Etat et de l’ensemble des dispositifs favorisant l’immigration clandestine qui constituent autant d’injustices insupportables à l’égard des Français les plus modestes". Autre grande sortie contre l’AME, celle du député du Gard Gilbert Collard en juin 2014. "Pour la première fois dans notre législation l’infraction est créatrice de droits ! Pas mal pour un Etat dit de droit où la fraude fabrique des droits !", avance-t-il. "A l’origine de cette générosité d’AME du gouvernement Jospin, une belle idée, comme toujours – l’enfer est pavé de bonnes décoctions – éviter la propagation de certaines maladies. Ne serait-il pas plus sage d’empêcher les éventuels propagateurs d’entrer irrégulièrement ? L’aide médicale d’état est devenue le bazar de la charité ! Encore, si on avait les moyens, pourquoi pas ? On n’a que deux mille milliards de dette. Qui paye la perfusion ? Comme on dit l’hôpital se fout de la charité…"

Pot pourri… tout pourri !

Voilà, maintenant chacun-e sait à quoi s’en tenir. Ce "pot pourri", qui n’est hélas pas exhaustif, montre que depuis trente ans, ce parti d’extrême droite s’est opposé aux mesures efficaces de lutte contre le sida. Pire encore, qu’il a prôné une politique d’exclusion, d’enfermement, de stigmatisation des personnes vivant avec le VIH, par des déclarations catastrophistes sur le sida et une vision aussi apocalyptique que paranoïaque de la maladie. Il est également le seul parti politique à avoir installé jusqu’à aujourd’hui les termes "sida" et "VIH" au cœur de son langage politique comme des éléments de disqualification, notamment de ses adversaires. Ad nauseam !

Certains éléments d’analyse proposés dans ce texte s’inspirent des travaux du chercheur Maurice Tournier et notamment de son ouvrage : "Des mots en politique", tome 2, publié en 1997 aux éditions Klincksieck.

Commentaires

Portrait de VihBe

Pourquoi influencer les gens sur des sujets politiques , ils sont tous pourris les uns et les autres la droite comme la gauche .

Portrait de sonia

Excellent bilan de l'action obscurantiste et criminelle du FN dans son histoire "politique". Cependant, la menace persiste

Portrait de Superpoussin

... ou par des subventions publiques et des dons venant de l'ensemble des français?Donner raison à son ennemi n'est pas forcément la meilleure façon de le combattre"1997 : A Toulon, AIDES jugée indésirable par le FN

La ville de Toulon, remportée par le FN aux élections municipales de 1995, supprime toute subvention à l'association AIDES. "La municipalité de Toulon [a] décidé de ne plus subventionner AIDES car elle considère que l'argent des contribuables ne doit pas servir à financer le prosélytisme homosexuel et les prises de position politiciennes de cette association", explique alors Jean-Marie Le Chevalier, maire de Toulon de 1995 à 2001."

Là on ne pourra pas dire que le FN a tort sur toute la ligne.

Faisant partie des supposés 17% dont Aurélien Beaucamp ne veut pas tenir compte je me demande parfois si j'ai tort de trouver tant de défauts à ce parti (qui n'a aucune chance de passer à ces présidentielles, ne pas faire dans son froc)

Pour finir je dirai que le VIH ne fait pas de politique et qu'AIDES ferait bien de s'en inspirer, ne serait-ce que par respect pour l'ensemble des séropositifs.

Portrait de jean-rene

Superpoussin wrote:

"La municipalité de Toulon [a] décidé de ne plus subventionner AIDES car elle considère que l'argent des contribuables ne doit pas servir à financer le prosélytisme homosexuel et les prises de position politiciennes de cette association", explique  Jean-Marie Le Chevalier, maire (FN)de Toulon de 1995 à 2001."

Là on ne pourra pas dire que le FN a tort sur toute la ligne.

Peux-tu expliquer en quoi le FN de Toulon n'a pas "tort sur toute la ligne" ?

Reproches-tu à AIDES son "prosélytisme homosexuel" ou ses "prises de position politiciennes"?

Portrait de jl06

l'asassinat de l,adjoint à la Mairie de Toulon (1999)....il ne se cachait pas d,étre GAY ...

je crois pas que ce  soit le meilleur angle pour attaqué le FN ....on ne compte plus les gays  au FN ....

.les homos sont aussi une cible des bastons de cité ! 

et quand je me moque du Parisianisme ambiant  vous voyez de plus prés le résultat ....pas qu,une vue  de d'esprit ! 

Portrait de Superpoussin

jean-rene wrote:

Peux-tu expliquer en quoi le FN de Toulon n'a pas "tort sur toute la ligne" ?

Reproches-tu à AIDES son "prosélytisme homosexuel" ou ses "prises de position politiciennes"?

Le FN de Toulon justifiait l'arrêt des subventions à AIDES en arguant en particulier du fait que l'association affichait des prises de position politiciennes. N'est-ce pas très exactement ce que fait ici Seronet, bébé d'AIDES?

Que ce soit le FN ou quelqu'un d'autre qui le dise je suis d'accord sur le principe qu'une association recevant des subventions publiques a un devoir de neutralité politique, devoir dont s'exonère AIDES.

Portrait de jean-rene

Mais Superpoussin, si un parti politique prend des positions opposées aux objectifs officiels d'une association, je trouve normal que cette association s'oppose à la prise du pouvoir par ce parti politique

Portrait de Superpoussin

On peut ne pas aimer un parti mais si celui-ci est porteur d'un projet semblant aller à l'encontre des intérêts défendus par une association cette dernière doit d'abord rechercher le dialogue avec ce parti pour tenter de le faire évoluer.

C'est le projet qu'il faut chercher à combattre pas le parti. Si jamais un jour ce parti devait arriver au pouvoir il aura peu de chance d'être enclin à l'empathie envers les séropositifs (puisque c'est d'eux dont il s'agit ici) si ceux censés les représenter se sont auparavant acharnés contre ce même parti.

En s'acharnant contre le FN AIDES entretient un climat d'agressivité porteur de rancoeurs et peut-être même de haines tout en faisant prendre un risque aux séropositifs si jamais un jour ce parti arrivait au pouvoir (ce qui ne sera pas pour cette fois-ci mais aurait pu l'être avec une candidate plus dans le contrôle)

Portrait de jean-rene

Il se trouve, Superpoussin, que le FN est le SEUL parti a avoir un projet qui va à l'encontre de celui d'AIDES. Ce n'est pas de "l'acharnement", c'est une attitude intelligente, car il faut toujours identifier ses adversaires avant qu'il ne soit trop tard.

"Dialoguer avec le FN" !! Tu as bien vu, Mercredi soir que c'était impossible.

Ce que tu proposes est de la lâcheté : ne pas contredire un parti politique dans la crainte que celui-ci parvienne au pouvoir.

Au fait, le FN serait-il un parti fait prêt à "régler ses comptes" une fois au pouvoir ? Tiens, tiens, ça me rappelle 1933 de l'autre côté du Rhin.

Pauvre FN victime de l'acharnement de AIDES ! Imagines-tu des sbires d'AIDES vider manu militari les perturbateurs du FN comme les sbires du FN l'ont fait récemment à l'égard de perturbateurs corses ? Tu hallucines, Superpoussin.

Les fascistes victimes des démocrates, c'est un comble !

Portrait de Superpoussin

Le FN victime de l'acharnement de beaucoup, pas uniquement d'AIDES, et cet acharnement faisant feu de tout bois a finit par décribiliser toute critique de ce parti, de l'immuniser contre toutes attaques.

Aujourd'hui aucune affaire ne peut plus l'atteindre tant il y a eut d'abus, et seuls ses faux pas peuvent désormais le faire trébucher.

En prétendant le combattre AIDES n'a fait en fait que participer à cette décribilisation de la lutte contre ce parti, et ce tout en nous mettant en danger si jamais ce parti venait un jour à prendre le pouvoir.

Pour ce qui est des partis prêts à régler leurs comptes une fois au pouvoir ils sont nombreux dans ce cas en France (quasiment tous) et pour ce qui est des démocrates véritables (pas les auto-proclamés tels) il me semble qu'ils constituent une minorité à croire vraiment aux vertus du débat "démocratique".

Portrait de jean-rene

Mais, Superpoussin, c'est l'utilisatioon systématique du mensonge, du trucage des chiffres, de la calomnie et de la violence verbale  par ce parti, comme par  tous les partis fascistes d'ailleurs, qui fait l'unanimité contre lui et contre eux.

J'espère simplement que les yeux de beaucoup de français égarés par les manipulations du FN, vont bientôt se déciller comme  se sont décillés récemment les yeux des Autrichiens et des Néerlandais.

Portrait de Superpoussin

Malheureusement manipulations, calomnies et violences (pas seulement verbales) sont tout aussi présents chez les anti-FN et du coup cela relativise grandement les défauts de ce dernier tout en décribilisant les premiers.

L'usage permanent du qualificatif de "fasciste" est aussi particulièrement facile, désigne-t-on aussi souvent par "stalinien" tout mouvement plus ou moins marxisant? Même le PCF, pourtant indéniable adorateur de Staline, n'a jamais connu pareil traitement.

Que cela plaise ou pas le FN, comme les autres partis, est composé d'êtres humains qui évoluent comme les autres. Après si au lieu de les apaiser et leur donner nos arguments on les traite en ennemis il y a peu de chance que leur évolution les amène vers plus d'empathie.

C'est trop facile d'exclure l'autre et ensuite de lui reprocher sa haine.

Quand j'écoute Marine le Pen je n'ai aucune envie de voter pour elle mais quand je vois par ailleurs cette débauche d'attaques je me dis parfois que ce serait bien que son parti prenne un jour le pouvoir pour qu'on cesse avec les caricatures et des insinuations menant parfois au point Godwin.

"gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m'en charge !"

Portrait de jean-rene

Quand jai "écouté Marine Le Pen", Mercredi soir, j'ai vu la cheftaine d'un parti, il y a peu encore antisémite et pétainiste (je dis donc bien "fasciste" ), qui s'était déguisée depuis 6 mois en nounou protectrice, attirant ainsi à elle les millions "d'êtres humains comme les autres" victimes de la mondialisation.

Seulement voilà, "chassez le naturel, il revient au galop" : la nounou a, tout à coup, jeté aux orties ses oripeaux et montré ce qu'elle était : la fille de son père, tout comme lui, menteuse, truqueuse, calomineuse et violente.

Dieu (ou n'importe qui d'autre) nous garde que "son parti prenne un jour le pouvoir" car il ne le rendra pas ou il rendra, laissant  notre pays dans un état aussi lamentable que l'idole de son père a laissé le sien il y a 72 ans.

Les pauvres "êtres humains comme les autres" qui auront suivi cette harpie, n'auront plus alors que leurs yeux pour pleurer.

Portrait de sonia

65% pour Macron

35% pour Lepen

Prière de tourner la page Laughing

Portrait de VihBe

L'appât du pouvoir, voilà ce qui intéresse tous ces gens , les politiciens vivant dans la luxure , le compte en banque bien rempli .
Il suffit de voir , tous ceux qui se sont ralliés à E.Macron , cela même qui avant le premier tour portaient des propos et des critiques acerbes voire des invectives ( pour certain )

Oui le débat du deuxième tour était lamentable.

Je ne suis pas d'accord qu'on diabolise le FN et qu'on le compare aux années 33.
Je suis ni xénophobe ni raciste ...
Ah oui disons que les autres partis sont sains ,le FN c'est le diable.
Un dialogue est toujours possible,ce sont les bases de toutes les démocraties, le FN est un parti comme les autres.

Quant à Europe elle a plus profité aux dirigeants des grandes entreprises. Le chômage ne s'est pas amélioré normal si en tant que chef d'entreprise on embauche des travailleurs déportés , pays de l'Est , Portugal qui enrichissent pas les caisses de l’État vu que ces travailleurs paient dans leur pays d'origine les Impôts.
Oui la monnaie unique ( € ) c est plus cool quand on, voyage comme quoi je n'adhère pas à tous les programme Du FN.
En conclusion , nous verrons ce que ferra Emmanuel Macron , héritier de François Hollande !

Portrait de jean-rene

Non, "le FN" n'est pas "un parti comme les autres". Si ses électeurs sont des français comme les autres, les cadres de ce parti sont bien, eux, des fidèles de groupuscules pro-nazis, pro-pétainisies et antisémites. Il n'est que de voir qui était l'adjoint de Marine Le Pen, qui devait la remplacer comme présidente du FN et qu'on a dû bien vite exfiltrer quand on s'est aperçu qu'il avait tenu des propos pétainistes et antisémites.

La famille Le Pen, qui tient le parti, est bien fasciste et s'entoure au maximum de proches qui le sont aussi.

Que la majorité des malheureux qui, par désespoir, votent pour le FN, le soit, c'est évidemment faux; mais, si, par malheur, ils devenaient suffisamment nombreux en France pour que le FN prenne le pouvoir, alors, ils verraient se déchaîner la hideuse haine de l'autre, et la crauté qui animaient les miliciens pro-nazis qui sévirent en France de 1940 à 1944.

Puisse Macron, atténuer leur souffrance afin que, jamais, ce parti ne prenne le pouvoir.