G8 et sida : tous unis... pour ne rien faire !

Publié par jfl-seronet le 03.07.2013
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PolitiqueG8fonds mondial

Ah qu'elle semble révolue cette époque où chaque G8 était l'occasion d'engagements solennels sur le front de la lutte contre le sida. Qu'il semble oublié le sommet de 2005 à Gleneagles où les nations les plus riches du monde s'engageaient à atteindre l'accès universel aux traitements avant 2010. Promesses non respectées, histoire ancienne et pourtant les problèmes se posent toujours… mais le G8 s’en fout et la France n’est pas en reste.

"Qu'elle semble loin cette promesse, faite en 2010 par les nations les plus riches du monde, d'offrir à 15 millions de malades un traitement qui sauverait leurs vies. Face à leur incapacité à tenir leurs promesses, ces mêmes nations ont visiblement trouvé la parade : le silence. Un silence assourdissant", dénoncent AIDES et Coalition Plus dans un communiqué (18 juin). "Pour la première fois, la lutte contre les grandes pandémies sera totalement absente des résolutions de ce G8. Les grandes nations rivalisent d'ingéniosité pour ne surtout rien faire qui permette de mettre fin au sida", expliquent les deux associations qui ont dressé un petit "tour d’horizon" de ces grands pays riches qui font si peu.

France : l’arlésienne

François Hollande s’est engagé à mettre fin au sida… sans moyens financiers supplémentaires. La taxe sur les transactions financières n’a toujours pas été attribuée à la lutte contre le sida et aux grandes urgences mondiales. Pire, la France risque d’être le seul grand pays à ne pas augmenter sa contribution au Fonds mondial. En fait, elle a déjà été dépassée par le Royaume-Uni au rang de 2e donateur mondial de la lutte contre les pandémies.

La Grande-Bretagne au chevet des banquiers

La Grande-Bretagne va augmenter l’aide publique au développement et sa contribution au Fonds mondial… et traîner la taxe Robin des Bois devant les tribunaux. La Grande-Bretagne va déposer un recours contre le projet de coopération renforcée visant à mettre en place une taxe sur les transactions financières dans onze  pays européens.

Allemagne : vive l’austérité

Angela Merkel s’est prononcée en faveur de la taxe Robin des Bois… pour remplir les poches du shérif de Notthingham. L’Allemagne, elle, fait partie des onze pays qui vont créer une taxe européenne sur les transactions financières. Mais Angela Merkel ne s’est pas encore prononcée en faveur d’une allocation d’une partie de la taxe sur les transactions financières européenne aux biens publics mondiaux et à la solidarité internationale.

Etats-Unis : les brevets avant la santé

Barack Obama va donner plus d’argent... pour acheter des traitements qui coûteront plus chers. Depuis l’échec du traité ACTA, les Etats-Unis continuent leur offensive contre les médicaments génériques et pour les brevets pharmaceutiques dans leurs accords de libre-échange bilatéraux.

Japon : régime de complaisance

Le Japon est un leader régional de la lutte contre le sida… tant qu’il ne s’agit pas de s’opposer aux Etats-Unis. Le Japon est partie prenante d’une des offensives contre les génériques menées par les Etats-Unis avec onze pays asiatiques : le Trans Pacific Partnership. Face aux Etats-Unis qui poussent pour un régime de brevets très strict, le Japon n’a pas encore osé s’exprimer.

L’Italie à crédit

L’Italie pourra maintenir sa contribution au Fonds mondial… puisqu’elle ne l’a pas payée depuis 2009. L’Italie n’a tenu aucune de ses promesses de don au Fonds mondial depuis 2009 : ni les 260 millions d’euros promis au Fonds mondial en 2009 et 2010, ni les 30 millions supplémentaires annoncés par Silvio Berlusconi au G8 de l’Aquila.

Canada : financements oui, droits non

Le Canada est l’un des acteurs de la lutte mondiale contre le sida… mais sacrifie les droits des malades. Fier de l’augmentation de sa contribution au Fonds mondial en 2010, le Canada pourrait poursuivre sur sa lancée en 2013. Sauf que le pays criminalise encore certaines formes de transmission du VIH, et s’oppose aux réformes des politiques de drogue fondées sur la santé publique.

Russie : la totale !

La Russie met tout en œuvre… pour faire exploser le sida et la tuberculose. Absence de politique de prévention et mises sous traitement tardives, criminalisation de l’usage de drogue et conditions de détention déplorables, pression exercée sur les organisations non gouvernementales, homophobie et interdiction de parler des "relations sexuelles non traditionnelles" dans l’espace public. Résultats : des épidémies de sida et de tuberculose qui explosent littéralement, comme nulle part ailleurs dans le monde.