Grâce à Monsieur Hirschel, mon estime personnelle s'est grandement améliorée

Publié par olivier-seronet le 23.07.2008
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Jusqu'à il y a peu, je me maudissais de savoir que j'étais séropo. Je vivais avec une épée de Damoclès sur la tête.

Et si je contaminais quelqu'un ? Comment je vivrais avec cela ? Et si cette personne m'intentait un procès en m'exposant aux yeux de la société ? Je suis séropo sous traitement, mais je suis intégré, j'ai un boulot. Dois-je oublier ma vie sexuelle pour me préserver socialement ? J'ai dit une fois dans un sauna que j'étais séropo à un type qui voulait du sexe trash sans capote avec moi parce que "j'avais l'air clean". Il m'a vomi dessus et il est parti en courant, blanc comme un linge. Il a eu de la chance que je ne lui mente pas et moi j'ai découvert que j'étais "sale". Mes derniers conjoints refusaient la fellation avec moi juste parce qu'ils savaient. En revanche, ils auraient pu sucer n'importe qui du moment qu'ils ne savaient pas et alors rapporter d'autres IST à la maison, genre herpès, pas facile à soigner pour un séropo. Bref le sexe n'était pas déjà facile, mais faire l'amour ... Et pour cause, j'avais été contaminé avec mon conjoint précédent en connaissant son état sérologique. Mon cerveau avait si bien intégré le danger que j'ai dû recourir aux pilules bleues pour avoir tout de même une érection.


Mais grâce à Monsieur Hirschel, mon estime de moi s'est grandement améliorée. Je suis fier de connaître mon statut sérologique même s'il ne changera pas. Je suis un être responsable parce que je suis suivi et que je m'y intéresse. Du coup au moindre signe d'une IST, je suis traité rapidement. Le conjoint qui m'a contaminé mentait à son docteur, refusait les traitements ou ne les prenaient pas. Si j'avais su, j'aurais pu influer sur mon ami pour qu'il me protège lui aussi en prenant un traitement.


C'est aussi une incitation à l'observance surtout depuis que je suis à nouveau célibataire, donc fragile. Le prochain n'aura pas à être forcément séropo et je pourrais peut-être avoir une vraie relation parce que la capote limite beaucoup l'échange dans un couple. Du coup, je peux à nouveau croire à une histoire d'amour sans passer pour une midinette. En attendant, je prends les précautions de base et sans complexe : le préservatif pour les pénétrations et rien et pas d'angoisse lors d'une fellation sans éjaculation, plus de besoin impérieux de révéler mon statut et/ou de faire signer une décharge afin d'éviter un procès pour empoisonnement lors d'une banale relation sexuelle.


J'en parle autour de moi et même si je rencontre beaucoup de sceptiques et d'ignorants, c'est un bon moyen d'inciter chacun à se faire dépister et suivre non seulement pour le VIH mais pour toutes les IST. Du coup, j'aimerai connaître l'avis de AIDES sur ce sujet car celui du Syndicat National des Entreprises Gaies et du Conseil National du Sida ne me satisfont pas puisqu'ils m'excluent comme homo. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas d'études sur le sujet ? Je ne vois pas clairement dit que les hétéros n'auraient droit qu'à la pénétration vaginale sans préservatif et plein d'hétéros ont des pratiques anales. Alors soit Hirschel interdit formellement la sodomie aux hétéros, soit je veux une étude pour les homos ! Puisque plusieurs pays autorisent le mariage gay, on devrait pouvoir trouver quelques couples homos, sérodifférents et stables dans le monde.


D'autant qu'une majorité des gays est bien suivie médicalement et sait qu'elle prend des risques en faisant l'amour, c'est loin d'être le cas chez les hétéros...


Je pense que les quelques séropos qui n'éprouvent ni culpabilité, ni responsabilité ne verront de toute façon aucun changement avec cette annonce. Quant à ceux qui ne rentrent pas dans le champ de cette annonce, je ne peux que souhaiter de nouveaux traitements efficaces pour eux. Il me semble que si leur vie n'est pas améliorée par Hirschel, elle n'est pas non plus dégradée et ils peuvent tout de même espérer.
La masse qui se pense séronégative à vie ne voudra peut-être jamais admettre que nous pouvons être inoffensifs et ne changera pas son point de vue après un quart de siècle de terreur médiatique. Mais moi je sais que je peux vivre et partager sans risque et s'il faut mettre un préservatif pour le plaisir peut-être que cette fois je banderai vraiment....