Grève : le CISS s’irrite en blocs !

Publié par jfl-seronet le 21.11.2012
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Des médecins (anesthésistes, chirurgiens, chefs de clinique, internes, etc.) ont entamé un mouvement de grève lundi 12 novembre pour dénoncer l’accord sur les dépassements d’honoraires signé il y a quelques jours par des syndicats de médecins et la Caisse nationale d’assurance-maladie. Cette grève est dénoncée par le CISS.
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Une grève des blouses blanches… c’est ce qui se déroule depuis ce matin. Le motif ? En fait, il y en a de nombreux, mais c’est surtout l’accord sur les dépassements d’honoraires qui catalyse la grogne. Ce sont surtout des chirurgiens libéraux et des internes des hôpitaux publics qui appellent à une grève illimitée. Plusieurs syndicats et coordinations de médecins prévoient des manifestations contre la politique gouvernementale conduite par la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Interviewée (12 novembre) sur ITélé, la ministre a indiqué que si sa porte restait ouverte elle estimait que l’accord signé dans la douleur fin octobre, était "un bon accord ". Comme il lui est reproché de pas aimer les médecins, Marisol Touraine a dû faire aussi un peu de calinothérapie. "J'ai une très grande considération pour l'ensemble des professionnels de santé (...) ils savent que je suis accessible (...) les discussions, (...) même si nous ne sommes pas toujours d'accord (...) sont courtoises et positives", a-t-elle fait valoir".


Le CISS en colère
Le moins que l’on puisse dire que c’est cette grève ne passe pas bien partout. Elle met carrément en colère le Collectif interassociatif sur la santé (CISS). Dans un communiqué (12 novembre), le CISS dénonce des "blocs qui débloquent". "Des organisations représentant certains internes des hôpitaux ainsi que des chirurgiens et anesthésistes libéraux entament ce lundi une grève illimitée faisant craindre une paralysie des blocs opératoires en France. C’est le nouvel accord sur les dépassements d’honoraires médicaux qui a mis le feu aux poudres : parmi les revendications disparates portées par ce mouvement, l’opposition à tout réel encadrement des dépassements d’honoraires y tient donc une place centrale", note le CISS.
Le problème pour le collectif, c’est qu’il n’y a aucune raison de faire grève sur ce point. "Le nouvel accord conventionnel ne limite absolument pas les dépassements d’honoraires. Que les grévistes se rassurent donc, ils pourront, avec leurs pairs, empocher chaque année plus de 2 milliards de dépassements d’honoraires. Pour le reste, le CISS a assez plaidé sur la nécessaire revalorisation des actes à leur juste prix : qu’on le fasse donc ! Et autrement qu’en prenant exclusivement dans la poche de ceux qui peuvent se payer une complémentaire…"

Les patients comme paravents
"Cette grève se prévaut d’être conduite dans l’intérêt des patients. Ah oui, vraiment ? Rappelons tout de même que la suspension de leur activité par les chirurgiens fait peser sur les personnes ayant une opération programmée ou un accouchement une pression insupportable… D’ores et déjà, la consigne est de réorienter les personnes concernées vers l’hôpital public. Avec les conséquences que l’on peut pressentir sur la désorganisation supplémentaire de cet hôpital public qui n’en a nul besoin !", critique le CISS. "Cette grève est quasi-exclusivement menée dans la préservation des intérêts des médecins concernés. Cessons de prendre les prétendus pigeons pour des oies blanches !", tacle le Collectif.