Grippe : le vaccin, recommandé, gratuit et simple

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Chaque hiver, la grippe saisonnière touche des millions de personnes en France. Elle peut entraîner des complications graves, particulièrement chez les personnes fragiles et provoque, chaque année, des décès. La vaccination est utile, gratuite, simple et recommandée pour toutes les personnes vivant avec le VIH et/ou une hépatite. Explications.

La grippe saisonnière, quels risques ?

La grippe est une infection respiratoire aiguë et violente. Elle n’est pas bénigne et ne doit pas être confondue avec un rhume — ce n’est pas du tout la même chose. La grippe se manifeste par de la fièvre, des frissons, des courbatures, des douleurs musculaires, des maux de gorge, une extrême fatigue, etc. Son évolution peut être compliquée en raison d’une virulence particulière du virus ou d’une fragilité des personnes. La vaccination est la principale mesure de prévention de la grippe, même si elle ne peut garantir une protection individuelle à 100 % contre le virus. La politique vaccinale vise à protéger les personnes pour lesquelles la grippe peut être grave, expliquent les autorités de santé. C’est la raison pour laquelle cette vaccination est prise en charge à 100 %. Les antibiotiques ne sont pas efficaces.

Vaccination : qui est concerné ?

L’Assurance maladie prend en charge à 100 % les frais de vaccin pour les personnes concernées par les recommandations vaccinales du Haut Conseil de la santé publique. Il s’agit pour les "recommandations générales" des personnes âgées de 65 ans et plus ; et pour les "recommandations particulières", de toutes les femmes enceintes et des personnes atteintes de différentes pathologies. C’est le cas des personnes qui ont des déficits immunitaires dont les personnes vivant avec le VIH quels que soient leur âge, leur charge virale VIH ou leur nombre de CD4. C’est également le cas des personnes qui vivent avec une hépatite.

Quels sont les vaccins contre la grippe saisonnière ?

Chaque année, le vaccin est différent et dirigé contre les trois types de virus qui ont le plus circulé en Asie avant d’arriver dans nos pays. Si on a été vacciné l’an dernier, on ne sera peut-être pas protégé cette année et on doit, si on est à risque, se faire à nouveau vacciner. Plusieurs vaccins sont disponibles en pharmacies de ville en France.

Comment ça se passe en pratique ?

En France, un courrier personnalisé (prenant en compte l’âge, la situation médicale et la notion de première vaccination ou non) est normalement adressé aux assurés concernés. Il est accompagné d’un dépliant d’information et d’un imprimé de prise en charge (pour la gratuité). Deux cas se présentent :
- Vous avez déjà été vacciné contre la grippe les années précédentes. Sur présentation du bon de prise en charge qui vous a été envoyé, le pharmacien vous remet gratuitement le vaccin. Vous allez ensuite voir une infirmière ou votre médecin traitant pour être vacciné.
- Vous n’avez jamais été vacciné contre la grippe les années précédentes. Votre médecin traitant vous prescrit le vaccin s’il le juge nécessaire, en signant l’imprimé de prise en charge. Sur présentation de cet imprimé, le pharmacien vous remet gratuitement le vaccin. Vous allez ensuite vous faire vacciner par votre médecin traitant ou une infirmière.

Sachez qu’on peut aussi faire le choix d’acheter soi-même le vaccin sans le bon. Il coûte entre 6 et 7 euros. Attention, le vaccin doit se conserver au frais (entre 2° et 8°C) ; ne le laissez pas trainer longtemps après l’avoir acheté ou récupéré en pharmacie.

Que dit le rapport d’experts 2013 sur la prise en charge du VIH ?

Si la grippe saisonnière n’est pas plus fréquente chez les personnes vivant avec le VIH, elle peut se manifester de façon plus prolongée. Et chez certaines personnes, augmenter le risque de complications et de mortalité. Les données disponibles sont en faveur d’une efficacité du vaccin. La grippe, comme sa vaccination, semble pouvoir entraîner une élévation transitoire et modérée de la charge virale VIH (prenez-le en compte si vous utilisez le traitement comme moyen de prévention). En revanche, elle n’entraîne pas de modification significative du nombre de CD4. La vaccination sera réalisée exclusivement par le vaccin inactivé. En présence de symptômes grippaux (fièvre, frissons, courbatures, douleurs musculaires, extrême fatigue, etc.), il est recommandé (vacciné ou pas) de consulter son médecin traitant.

Infos pratiques

Le site ameli permet de s’informer sur la grippe saisonnière et de s’orienter dans le parcours de vaccination. Il permet également d’obtenir des informations pratiques sur la vaccination et de choisir son professionnel de santé ou son établissement de soins en fonction notamment des actes et des tarifs pratiqués.

Grippe, pneumocoque et hépatites
Le vaccin contre la grippe est recommandé pour toute personne ayant une hépatite (recommandation du Haut Conseil de la santé publique de 2012) avec ou sans cirrhose. L’association française pour l’étude du foie (AFEF) recommande tout spécialement cette vaccination pour les personnes transplantées du foie, celles atteintes d’un cancer du foie traité ou non. L’AFEF rappelle que le vaccin contre le pneumocoque est recommandé par la Haute Autorité de santé (recommandations 2013) chez les personnes ayant une cirrhose compensée ou décompensée. La survenue d’infections pulmonaires à pneumocoque est supérieure à celle de la population générale. La vaccination se fait en deux fois : une première injection (vaccin conjugué 13-valent) suivie d’une seconde (vaccin polyosidique 23-valent) deux mois plus tard. Un rappel tous les trois ans est conseillé.