Halte à la tuberculose

Publié par jfl-seronet le 02.04.2009
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Mondetuberculose
Le troisième Forum "Halte à la tuberculose" a été l’occasion de rappeler les enjeux de la lutte contre la tuberculose. Une maladie grave qui tue 5 000 personnes par jour dans le monde et qui, dans de nombreux pays, concerne un nombre important de personnes touchées par le VIH. Comme toujours les fonds manquent pour poursuivre l’effort de lutte contre la tuberculose. Et ce d’autant que la crise économique passe par là. Des élus français en appellent au gouvernement français.
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Un forum mondial de lutte contre la tuberculose s’est déroulé du 23 au 26 mars à Rio de Janeiro. Cette réunion s’est conclue sur un appel à intensifier, surtout en période de crise économique, les initiatives contre cette maladie qui fait plus d'un mort toutes les vingt secondes dans le monde. "La tuberculose tue encore 5 000 personnes par jour dans le monde, dont 20 au Brésil, ce qui est honteux", a affirmé Jorge Sampaio, ancien président du Portugal et envoyé spécial de l'ONU à ce troisième Forum "Halte à la tuberculose" qui coïncide avec avec la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose. Lors de son discours, Jorge Sampaio  a rappelé que "La tuberculose et le sida sont de vrais obstacles à la croissance de plusieurs pays car leur réelle richesse sont leur population." "Comment accepter que ces maladies tuent des jeunes dans la force de l'âge", a-t-il dit. "Nous ne devons pas répéter les erreurs du passé et réduire les investissements [dans la santé] en temps de crise", a-t-il poursuivi avant de souligner que la "mobilisation mondiale était l'arme la plus efficace contre la tuberculose multi-résistante" qui frappe 10 % des personnes malades du sida.


En marge de ce forum, des parlementaires et élus de gauche et droite (PCF, PS, UMP et RDG) revenus d'un voyage d'étude au Burkina Faso organisé par AIDES et Avocats pour la santé dans le monde, ont publié une tribune dans Libération (23 mars). Dans ce texte, les élus font d’abord part de leur indignation "face aux millions de décès dus à la tuberculose (…) décès qui sont parfaitement évitables aujourd’hui." Surtout, ils rappellent que la tuberculose "est la première cause de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH/sida." "Au niveau mondial, on estime à 9,27 millions le nombre de nouveaux cas de tuberculose en 2007, ce qui représente une augmentation de 10,5 % des cas par rapport à 2000 », écrivent les élus. Cette année-là, 189 Etats membres des Nations Unies s’étaient d’ailleurs engager à maîtriser cette maladie et inverser la tendance actuelle d’ici 2015. On est très loin du compte.


"Près de 80 % des personnes co-infectées par la tuberculose et le VIH vivent en Afrique et le nombre estimatif des cas de tuberculose VIH positif et des décès liés à cette maladie en 2007, a doublé en comparaison aux années précédentes", rappellent les élus qui dénoncent le "manque de nouveaux outils de traitement et de diagnostic [il n’y a pas de nouveaux médicaments contre cette maladie depuis 50 ans !] qui favorise l’émergence de souches résistante (tuberculose multi-résistante) plus lourdes à traiter." Plus de la moitié des personnes touchées par la tuberculose le sont par une souche résistante aux traitements actuels. Evidemment, une lutte plus efficace contre la tuberculose passe par une augmentation des moyens financiers et notamment l’appui au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. "Avec 6,8 milliards de dollars déboursés et 2,5 millions de vies sauvées depuis sa création, le Fonds mondial est, aujourd’hui, le mécanisme de financement (…) le plus efficace, transparent et participatif. Cependant ce mécanisme de financement nécessite aujourd’hui 5 milliards de dollars de plus pour mettre en place, d’ici 2010, les programmes de haute qualité présentés par les pays." Du coup, les élus réclament que "la France augmente sa contribution au Fonds mondial (…) pour sauver trois millions de malades qui attendent un traitement" et que "l’aide bilatérale à la santé soit augmentée afin de répondre aux besoins spécifiques de certains contextes (…) et populations."


"Aujourd’hui, il n’est plus acceptable que la tuberculose soit si meurtrière alors que nous avons entre nos mains tous les outils pour la combattre et la France doit pleinement contribuer à réparer cette injustice sanitaire."
Voir aussi la campagne "5 milliards pour le Fonds mondial"

 Crédit photo : Rita Willaert