Hépatite C : les chantiers de l’ANRS

Publié par Franck-seronet le 17.04.2011
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Une cohorte, deux essais thérapeutiques… l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales est particulièrement engagée ces temps-ci dans de nouveaux projets sur les deux nouvelles antiprotéases anti-VHC. Seronet vous dit tout.
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L’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) est engagée dans un important programme de recherche autour de l’arrivée des antiprotéases contre l’hépatite C de génotype 1. L’Agence est notamment le promoteur d’une cohorte (baptisée CUPIC), en collaboration avec l’Afef (Association française pour l’étude du foie) et l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé). Cette cohorte (ensemble de personnes suivies sur le long terme dans le cadre d’une étude épidémiologique) vient de recruter les premières personnes pouvant bénéficier d’une ATU (autorisation temporaire d’utilisation) de cohorte. L’ATU permet, en France, que les personnes malades aient accès aux nouveaux médicaments avant que l’AMM (autorisation de mise sur le marché) ne soit délivrée. Les personnes qui peuvent entrer dans la cohorte CUPIC sont toutes uniquement infectées par le VHC, de génotype 1, puisque c’est sur ce génotype qu’agissent les deux nouvelles molécules en ATU (bocéprévir et télaprevir). Les traitements standards n’ont pas fonctionné chez elles dans le passé, et elles ont développé une cirrhose. Véritable observatoire de la vie sous médicaments, cette cohorte, d’un genre nouveau en France, apportera des informations essentielles sur l’efficacité, la tolérance de ces antiprotéases et la survenue d’éventuelles résistances aux traitements. Des cohortes concernant les personnes vivant avec le VIH existent déjà, elles contribuent grandement à optimiser la prise en charge pour le VIH. CUPIC sera amenée à évoluer pour couvrir le plus possible de champs de connaissances afin de mieux lutter contre l’hépatite C. Jusqu’ici de telles informations n’étaient pas recueillies concernant les hépatites et leur traitement. Plusieurs centaines de personnes devraient participer à la cohorte CUPIC. Enfin, deux essais thérapeutiques, conduits par l’ANRS, commencent en avril. Il s’agit de TELAPREVIH (avec l’antiprotéase télaprévir) et BOCEPREVIH (avec l’antiprotéase bocéprévir). Tous deux concernent des personnes co-infectées par le VIH et le VHC de génotype 1 ayant déjà pris un traitement contre le VHC. Il s’agit de recherches essentielles qui permettront peut-être d’élargir le champ des recommandations pour la prescription de ces antiprotéases dans le cadre de la co-infection.