Hollande : la France se donnera "tous les moyens" d'en finir avec le sida

Publié par jfl-seronet le 03.12.2012
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C’est par message vidéo que le président François Hollande est, pour la seconde fois, intervenu sur la lutte contre le VIH/sida. La première, c’était à l’occasion de la Conférence internationale sur le sida de Washington en juillet dernier. La seconde pour les Etats-généraux (26 novembre) des Elus locaux contre le sida, l’association présidée par Jean-Luc Romero. Retour sur un discours.

François Hollande a déroulé à peu près les mêmes arguments que lors de son message à la conférence de Washington. S’adressant aux Elus locaux contre le sida, François Hollande explique : "Vous posez, à l'occasion de votre réunion, une question légitime et forcement provocatrice : "Les politiques veulent-ils la fin du sida ? ". Et je veux donc vous répondre sur le même ton : Oui, la France veut la fin du sida et elle à s'en donnera tous les moyens. Chaque année dans notre pays, surviennent encore plus de 8 000 contaminations. Et dans le  monde, plus de 2 millions. Alors, nous avons à mener la lutte avec obstination, sans répit et sans faiblesse". Cette situation explique François Hollande, impose quatre devoirs : "Le premier, c'est le devoir d'information. Car personne, n'est à l'abri du risque. La première prévention, c'est d'avoir une pleine conscience de la réalité de la menace. Ensuite, il y a un devoir d'humanité. Car les malades du sida sont, aujourd'hui encore, victimes de discriminations insupportables. Un devoir de solidarité. Car à l'échelle mondiale, ce sont les plus pauvres qui sont les plus vulnérables. C'est une injustice qui s'ajoute à d'autres, et elle est intolérable. C'est donc une des priorités que j'assigne à la politique de la France : contribuer à un accès universel aux traitements.  Enfin, le dernier devoir, c'est celui de persévérer. Car la recherche accomplit chaque année des progrès remarquables. Et, l'Etat, j'en prends l'engagement, apportera à cette cause tout son soutien (…) Je vous l'assure, la France restera comme vous, mobilisée jusqu'à la victoire ultime, c'est-à dire jusqu'à la fin du sida. C'est votre volonté, c'est mon engagement".

Voilà, voilà… le problème, c’est qu’on voit mal aujourd’hui comment cela se traduit. Et ce qui se dessine concrètement derrière les belles paroles. Prenons deux exemples : un pour la France, l’autre au niveau international. Sur certains sujets (le droit au séjour pour soins, les soins funéraires, l’accès aux seringues stériles en prison, la sérophobie, etc.) les ministères se renvoient systématiquement la balle, font perdre du temps… Bref, cela n’avance pas. Au niveau international, c’est bien simple : les promesses ne sont pas tenues. AIDES demande ainsi que l’aide publique au développement soit portée à 0,7 % du PIB comme le gouvernement s’y est engagé, et la taxe sur les transactions financières affectée pour moitié aux grandes urgences mondiales dont la lutte contre le VIH/sida. Ce qui n’est pas du tout le cas. Bref, si c’est ainsi que se traduit l’engagement présidentiel, nous ne sommes pas prêts de voir la fin du sida… en France comme ailleurs.

Prudence aussi chez Jean-Luc Romero, président Elus locaux contre le sida et conseiller régional PS en Ile-de-France. Le 26 novembre, il est  interrogé sur Public Sénat. Le journaliste de la chaîne, François Vignal, lui demande s’il a confiance en François Hollande en matière de lutte contre le VIH/sida. "Avec l’élection de François Hollande, on a eu dès juillet davantage d’espoir, avec un Président qui a fait une annonce très forte : une partie de la taxe sur les transactions financières devrait aller à la lutte contre le sida, rappelle Jean-Luc Romero. Il y a un moment de remobilisation. Mais j’ai toujours une confiance mesurée. Il y a des signes forts (…) Mais on attend des avancées sur les salles de consommation de drogue à moindre risque. C’est une annonce, mais ce n’est toujours pas fait. Il faut savoir aussi quel pourcentage de la taxe sur les transactions financière sera consacré au développement et à la lutte contre le sida".