Homos : Criminaliser entrave la lutte contre le sida

Publié par jfl-seronet le 01.08.2012
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Des lois dans nombre de pays criminalisant l'homosexualité et la séropositivité entravent la lutte contre le VIH/sida, pointe un rapport indépendant commandé par l'ONU. Elles ont pour conséquence de gaspiller des ressources précieuses et surtout de coûter des vies humaines. Explications.
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C’est un rapport indépendant commandé par l'ONU qui, à quelques jours de la conférence mondiale sur le sida de Washington, a mis les pieds dans le plat. Pour ce rapport, la commission s'est notamment fondée sur les témoignages de plus de mille personnes dans 140 pays. Ce rapport de la Commission mondiale sur le VIH et le droit se fonde sur des cas établis de mauvaise utilisation par des gouvernements, partout dans le monde, de leur système juridique pour combattre le VIH/sida. "Un trop grand nombre de pays gaspille des ressources essentielles en appliquant des lois archaïques qui ignorent la science et perpétuent la stigmatisation" des homosexuels, regrette ainsi Fernando Henrique Cardoso, ancien président du Brésil qui préside cette commission. "Plus que jamais, nous avons la possibilité de débarrasser les générations futures de la menace de l'infection par le virus du sida", poursuit-il. "Nous ne pouvons pas permettre à l'injustice et à l'intolérance d'entraver ces progrès, surtout pas en ces temps de difficultés économiques", plaide l'ancien président brésilien.


Dans ce rapport, les auteurs pressent les Etats du monde d'abroger les lois qui criminalisent la transmission du VIH ou la non-divulgation de la séropositivité. Le rapport rappelle que dans plus de 60 pays, exposer un partenaire sexuel au VIH ou lui transmettre le virus constitue un délit criminel. Plus de 600 personnes séropositives dans 24 pays y compris les Etats-Unis, ont été reconnues coupables de tels crimes, précise le rapport.
Par ailleurs, la Commission appelle les gouvernements à recourir à la loi pour mettre fin à la violence contre les femmes et les jeunes filles, et à résister aux pressions internationales visant à privilégier le commerce aux dépens de la santé de leurs citoyens, notamment pour produire des médicaments de deuxième génération à bas coûts. Elle recommande aussi la décriminalisation des relations sexuelles entre personnes de même sexe, de la prostitution volontaire et de la consommation de drogues pour donner aux populations vulnérables l'accès aux services de santé. Comme d’autres groupes, cette commission défend donc une approche de santé publique et pas une approche uniquement répressive. Concernant, l’homosexualité, le rapport note que 78 pays criminalisent les relations sexuelles entre les hommes, et l'Iran et le Yémen appliquent la peine de mort pour les homosexuels. Enfin plus d'une centaine de nations pénalisent certains aspects du travail du sexe ce qui empêche ces personnes d'avoir accès aux services essentiels de prévention et de soins contre l'infection avec le VIH. Seronet y reviendra de façon plus détaillée.