Honte aux labos

Publié par jfl-seronet le 01.02.2014
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Politiquebrevet pharmaceutique

13 ans après le scandaleux procès de Pretoria (voir encart) l'industrie pharmaceutique s'attaque de nouveau aux médicaments génériques en Afrique du Sud. C’est ce que dénonce Act Up-Paris dans un communiqué (23 janvier).

"La semaine dernière, le journal sud-africain "Mail & Guardian" a publié un document dans lequel les plus grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux détaillent la campagne de pression qu'ils projettent de mettre en œuvre pour contrer un projet qui faciliterait la production de médicaments moins chers en Afrique du Sud", explique l’association française. "Quelques jours plus tard, un mail envoyé par Michael Azrak, directeur général du laboratoire Merck en charge de l'Afrique australe et orientale, confirme l'implication de IPASA (l’équivalent du Leem, une fédération de labos pharmaceutiques, en Afrique du Sud) qui avait nié s’être engagée dans le projet.

PhRMA (Pharmaceutical Research and Manufacturers of America) et IPASA ont bien engagé l'agence de lobby américaine Public Affairs Engagement pour, selon Act Up, "dénigrer auprès de l'opinion publique le projet de réforme de la loi sur les brevets qui a pour finalité d'améliorer l'accès aux médicaments génériques". Le montant total de la campagne s'élèverait à 600 000 dollars sur l'année 2014.

Big Pharma !

"Une fois encore, Big Pharma nous montre que rien n'a changé depuis le temps où les industriels du médicament traînaient Nelson Mandela devant les tribunaux pour avoir voulu sauver les séropositifs et séropositives sud-africains. N'en déplaise à Robert Sebbag, vice-président du laboratoire français Sanofi (également impliqué dans la campagne, qui aime à parler du procès de Pretoria comme d'une époque révolue. Les compagnies pharmaceutiques sont et restent des entreprises dont l'objectif est d'accroître leurs chiffres d'affaire et non d'assurer l'accès universel aux soins. Pourtant, des millions de vies en dépendent. Il est temps que les pouvoirs publics s'interrogent sur la viabilité d'un système dans lequel les médicaments sont des biens commerciaux comme les autres", explique l’association. Le ministre de la Santé sud-africain, Aaron Motsoaledi, a dénoncé un complot de "dimension satanique" et "génocidaire". De son côté, le ministre du Commerce et de l'Industrie, Rob Davies le soutient. "A notre connaissance, aucune autre personnalité politique ne s'est prononcée publiquement. Le gouvernement "socialiste" de François Hollande sera-t-il le complice silencieux de cette initiative criminelle ?", avance l’association.

Les demandes d’Act Up-Paris

Act Up-Paris exige des pouvoirs publics français : "qu'ils condamnent avec la plus grande fermeté la campagne planifiée par l'industrie pharmaceutique", "qu'ils soutiennent le gouvernement sud-africain dans son projet de réforme de la loi sur les brevets", "qu'ils organisent un sommet international sur l'accès aux médicaments pour apporter des solutions décentes aux problèmes posés par les brevets" et "qu'ils interviennent auprès de la Commission européenne pour que celle-ci cesse sa politique de renforcement des brevets qui risque d'entraver l'accès aux médicaments génériques abordables dans les pays du Sud".

Le procès de Pretoria
En 2001, des entreprises pharmaceutiques décident d’attaquer le gouvernement sud-africain sur la loi sur les médicaments que le pays a adopté en 1997. Cette loi donne au ministre de la Santé de larges prérogatives pour recourir à des importations parallèles, des licences obligatoires et une substitution par les génériques. Or cette loi, selon les compagnies pharmaceutiques, porte atteinte aux droits d'exclusivité conférés à leurs médicaments grâce aux brevets. Le droit des brevets doit donc l'emporter et la loi, dont l'application est bloquée depuis le dépôt de la plainte en 1998, doit être modifiée. Le 19 avril 2001, les 39 entreprises pharmaceutiques ont retiré leur plainte contre le gouvernement sud-africain, sans que celui-ci ait transigé sur la loi incriminée. Avec ce procès, la question du traitement des malades, Sud africains et de tous ceux des pays pauvres, va enfin pouvoir être abordée, pour le Sida et pour toutes les pathologies contre lesquels les traitements sont trop chers.

Commentaires

Portrait de lounaa2

Je suis dégouté ils n'ont honte de rien !!!

C'est criminel , comment supporter l'idée que d'autres séropos meurent faute de traitement ,

Tout cela parce que ils sont des pays pauvres ,

c'est inhumain et scandaleux quand on c'est ce que les tris leur rapportent mde !

oui la recherche coute cher , mais sa fait des années que ils se sucrent !

Leur société et plus que milliardaire ...

Et dire que ils avaient oser porter plainte contre Mandela c'est une HONTE ...

Mais il na pas trembler devant leur magouilles infames ...

Petit rappel de Mandela son leg au lgbt , ( son propre fils était mort du sida ) ...

Merci jlf pour le billet !  merci  à Act up et tout ceux qui luttent contre cette infamie ...

http://yagg.com/2013/12/06/nelson-mandela-son-heritage-pour-les-lgbt-daf...