Hôtel-Dieu : les urgences fermées en novembre 2013

Publié par jfl-seronet le 18.05.2013
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Politiqueaccès aux soinshôpital

Le 4 novembre prochain, l’Hôtel-Dieu, en restructuration depuis deux ans, perdra ses urgences. Un centre de santé sera créé à la place. Cette décision attendue est contestée. Explications.

"A partir du 4 novembre, le service d’accueil des urgences (SAU) sera transféré vers les autres sites, c’est-à-dire Cochin, Saint-Antoine, Saint-Louis-Lariboisière et le Pitié-Salpêtrière. Nous allons faire des travaux et répartir les moyens nécessaires pour accueillir plus de personnes dans ces hôpitaux. En même temps ouvrira à l’Hôtel-Dieu une structure pluridisciplinaire de soins ambulatoires pour des consultations sans rendez-vous qui fonctionneront 24 heures sur 24, avec un plateau de radiologie et la présence d’un Smur en continu", confirme Mireille Faugère, directrice générale de l’AP-HP dans une interview au Parisien (15 mai). Autre décision, l’Hôtel-Dieu va accueillir le siège de l’AP-HP, l’actuel est mis en vente. Dans son interview, Mireille Faugère motive ces décisions par le fait que l’hôpital n’était plus "rentable".

Bertrand Delanoë menace… un peu

Cette annonce a fait réagir, notamment Bertrand Delanoë, le maire de Paris. "Alors que l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris [AP-HP] vient d’annoncer son projet de transformation des urgences de l’Hôtel Dieu, je tiens à rappeler que le maintien d’un accueil en urgence pour toute personne qui le nécessite au centre de Paris est un impératif", indique le maire. "Je souhaite que les concertations et travaux au sein de l’AP-HP se poursuivent car de nombreuses incertitudes subsistent sur le renforcement des autres services d'urgences, préalable indispensable pour le service d’accueil en urgence 24 heures sur 24 envisagé sur le site de l’Hôtel Dieu. Je n’admettrai pas que la fermeture d’un service public central à Paris conduise à une dégradation de l’accès aux soins", tonne le maire. "En ce qui concerne le projet de rénovation de l’Hôtel Dieu dans son ensemble, je rappelle qu’il nécessite une modification du Plan Local d’Urbanisme, et que la Ville de Paris réserve pour l’heure son accord à des garanties claires sur le maintien d’une offre de soin de qualité", avance Bertrand Delanoë.

En réactions

Comme l’explique "Le Parisien" (15 mai), cette annonce "a fait l’effet d’une petite bombe dans le milieu politique parisien". Les élus communistes et du Parti de gauche, de même que le maire écologiste du 2eme arrondissement Jacques Boutault (qui entend être tête de liste EELV aux municipales 2014) parlent d’un "coup de poignard contre la santé" et s’inquiètent d’un éventuel "désert médical" au cœur de Paris, indique le quotidien. "Le projet de restructuration actuel n’est rien de moins qu’une opération immobilière", attaque Jacques Boutault, cité par Le Parisien. De son côté, l’adjoint au maire de Paris à la Santé, le député PS Jean-Marie Le Guen défend le projet de restructuration de l’Hôtel-Dieu. Act Up-Paris a réagi (14 mai) sur le mode : "Le démantèlement de l’Hôtel-Dieu est une déclaration de guerre faite aux malades". L’association "appelle le gouvernement PS-PRG-EELV à faire machine arrière. Cette décision pèsera lourd aux prochaines municipales. Que les socialistes qui ont un peu à cœur les intérêts des malades se fassent enfin entendre".

Au final que restera-t-il ?

Si on en reste au rapport de préfiguration (la base de travail à la direction de l’Assistance publique) l’Hôtel-Dieu, nouvelle formule, se divisera en trois principaux pôles, dont seulement un sera dédié à l’accueil des malades, dans un centre de santé qui fonctionnerait en continu avec des médecins généralistes et spécialistes pour des consultations sans rendez-vous. Ce service bénéficierait d’un plateau technique d’imagerie et d’analyses médicales. Comme le rappelle Le Monde (14 mai), Jean-Marie Le Guen avait expliqué en février comment il voyait le service : "Un centre d’accès aux soins en urgence ouvert 24h/24 à tous les cas non graves", autrement dit aucun malade ne serait donc plus hospitalisé sur place. Selon "Le Parisien", des écoles d’infirmières et de chirurgie pourraient s’installer, ainsi qu’une série de structures de "santé publique" qui plancheront par exemple sur l’étude et la prévention des épidémies.