Hydroxychloroquine : de nouveaux résultats

Publié par jfl-seronet le 03.09.2020
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Thérapeutiquehydroxychloroquine

Une étude préclinique montre que l’hydroxychloroquine n’a pas d’effet antiviral contre le Sars-CoV-2 in vivo.

De nouvelles informations ont été publiées quant à l’utilisation de l’hydroxychloroquine contre la Covid-19, le 22 juillet dernier. Les résultats d’une étude sur les effets de l’hydroxychloroquine, associée ou non à un antibiotique : l’azithromycine, dans un modèle d’infection expérimentale chez le macaque par le Sars-CoV-2, le virus responsable de la Covid-19, font l’objet d’une publication dans la revue scientifique Nature. L’étude a été réalisée sous l’égide du consortium multidisciplinaire REACTing (1). Elle a réuni des scientifiques du CEA, de l’Inserm, de l’Institut Pasteur, du CNRS, de l’Université de Paris-Saclay, de l’AP-HM, de l’Université Claude Bernard Lyon 1 et Aix-Marseille université.

Lancée en février 2020, cette étude visait à évaluer le « potentiel effet antiviral in vivo de l’hydroxychloroquine (HCQ), en traitement prophylactique contre le virus Sars-CoV-2 (avant l’infection pour réduire la charge virale) et lors des premiers jours après infection ». Les effets anti-inflammatoires potentiels de l’hydroxychloroquine n’ont pas été analysés dans cette étude. Comme le détaille un communiqué de presse de l’Inserm, la première étape avait pour objectif de démontrer la pertinence du modèle animal retenu. « Elle a permis de montrer que la maladie observée chez les primates non humains est très similaire à celle observée chez la majorité des patients atteints de la Covid-19 n’ayant pas besoin d’une hospitalisation ». La deuxième étape concernait la caractérisation de la pharmacocinétique de l’hydroxychloroquine, c’est-à-dire l’analyse de sa concentration dans le sang et les tissus pour s’assurer qu’elle atteignait bien un niveau comparable à celui observé chez les personnes humaines traitées avec le médicament. Enfin, différentes stratégies de traitements ont été testées en prévention (avant l’infection des animaux), immédiatement après l’infection, et enfin à distance de l’infection (J + 5 après l’infection – au moment de l’apparition des symptômes), avec ou sans azithromycine, un antibiotique également utilisé dans le traitement de la Covid-19. Des doses de traitement différentes ont également été testées chez certains groupes d’animaux.

Les résultats indiquent que l’hydroxychloroquine « n’a pas protégé les animaux lorsqu’elle était utilisée en prévention de l’infection. Aucune des stratégies n’a, par ailleurs, démontré d’effet significatif sur les quantités de virus Sars-CoV-2 circulant dans l’organisme par rapport à celles détectées chez des animaux traités par un placebo », indique le communiqué de l’Inserm. L’étude montre donc que l’hydroxychloroquine, « qui possède des propriétés antivirales dans certains tests in vitro (à l’aide de cellules en culture), n’a pas d’efficacité antivirale in vivo chez le macaque dans les conditions spécifiques de ces travaux, et ce malgré une exposition pulmonaire importante ». Cette « étude préclinique est complémentaire des études cliniques sur l’hydroxychloroquine ». Elle a permis de mieux comprendre les « mécanismes physiopathologiques du virus Sars-CoV-2 » et d’obtenir des « informations précises sur la biodistribution de la molécule hydroxychloroquine dans l’organisme d’un animal modèle ».

Fin juillet, les résultats d’une étude brésilienne ont été publiés. Mené dans 55 hôpitaux du pays, l'essai clinique publié par le New England Journal of Medicine visait à établir si ce médicament, combiné ou non à l'antibiotique azithromycine, pouvait améliorer l'état des personnes atteintes d'une forme légère ou modérée de la Covid-19. L'étude brésilienne, menée par un groupe de chercheurs-euses et de médecins sous le nom de Coalition Covid-19 Brésil, est parvenue à la conclusion que l'hydroxychloroquine serait inefficace face à la Covid-19. Conduite sur 667 personnes, l’étude a établi que les personnes traitées à l'hydroxychloroquine s'exposaient à davantage de problèmes au cœur et au foie.

(1) : REACTing est un consortium multidisciplinaire réunissant les partenaires de l’Alliance pour les sciences de la vie et de la santé Aviesan (CEA, CNRS, INRAE, Inria, Inserm, Institut Pasteur, IRD, CPU et Conférence des directeurs généraux de centres hospitaliers régionaux et universitaires) et coordonné par l’Inserm.